Samedi 01 aout
Une fois les formalités douanières effectuées, nous foulons enfin les terres Thaïlandaises. C’est en compagnie de notre ami « fêtard », Andy, que nous goutons à la fameuse hospitalité de ce peuple fort sympathique. En effet, chargés de nos gros sacs, nous errons sous une chaleur étouffante dans les rues de Rantau Panjang à la recherche de la gare routière quand s’arrête soudainement une jeep. Pris de pitié, le chauffeur nous adresse un large sourire et nous invite à grimper à l’arrière de son pick-up. Evidemment, nous acceptons cette généreuse offre et montons à bord. Une fois arrivés sur place, nous nous rendons compte que c’est à la gare ferroviaire que nous sommes ! Nous grimpons donc chacun sur un scooter (avec nos gros sacs) et nous filons vers le terminal de bus. Dix minutes de trajet plus tard, nous réservons nos places pour le bus de Phuket puis profitons de notre temps libre pour refaire le plein d’énergie en cassant la croute. Une bonne heure s’écoule, nous gagnons enfin nos sièges et prenons nos aises. Au programme : 12 heures de route soit une bonne nuit en perspective.
Dimanche 02 aout
5h du matin, le soleil se lève sur les côtes thaïlandaises inondant au passage le bus d’une douce lumière matinale, signe que le moment est arrivé pour les trois amis de se réveiller. Par la fenêtre, nous apercevons un alignement de bâtiments aux devantures crasseuses, pas de doute, nous sommes à Phuket. Le bus arrive enfin en gare. Une fois fraichement débarqués, nous attrapons un taxi qui nous dépose au port. Eh oui, la route n’est pas terminée puisque que nous devons maintenant embarquer sur un ferry pour gagner la fabuleuse île de Koh Phi Phi. Cette dernière est populaire car c’est ici qu’a été tourné le film « la Plage » avec Leonardo Di Caprio. Après un voyage maritime de trois bonnes heures, les magnifiques plages de l’île se dessinent enfin à l’horizon. Malgré les ravages du Tsunami en 2004, ce petit bout de terre qui flotte dans l’océan indien regorge de beautés naturelles inestimables intactes: Plages paradisiaques, faune et flore sous marine époustouflantes et un paysage chaotique charmant. Nous consacrons la fin de journée à vagabonder dans les ruelles du village puis achevons notre visite sur le terrain de foot situé au bord de la plage. Le spot est assez exceptionnel. Logé au pied d’un pic rocailleux, le praticable est enveloppé d’un coté par une série de petite cabane en bois qui font guise d’habitations et de l’autre par une mer d’un bleu turquoise qui jalouserait l’artiste français, Yves Klein. C’est l’endroit idéal pour botter la balle, Andy et Thomas s’y collent. Les règles sont simples, à chaque but une équipe sort pour être immédiatement remplacée. Les parties sont complètement décousues, aucunes passes n’aboutissent, les tirs ne sont pas cadrés puis le jeu collectif est inexistant. Pour cause, le terrain est complètement accidenté et par conséquent, tout exploit personnel demande un effort surhumain.

Malgré un slalom difficile entre les multitudes bosses qui tapissent le praticable et le contournement des noix de coco qui jonchent le terrain, Thomas n’inscrira aucun but manquant même une belle occasion. La partie s’achève dès la tombée de la nuit et nous profitons de la proximité de la mer pour nettoyer nos corps suintant dans une eau qui doit avoisiner les 30°C.
La soirée se termine dans une paillotte située sur la plage qui fait office de bar en compagnie d’Andy et d’un groupe de Français fraichement rencontré. Le monde est au RDV et une atmosphère bien tranquille plane au dessus de Ko Phi Phi. Certains feront la fête jusqu’à l’aube et d’autres, comme nous, épongerons notre soif en avalant quelques jus de noix de coco…car c’est bien connu, l’association « MaisVousEtesFoot ! » ne boit pas d’alcool. Eh oui…
Lundi 03 aout
Après une bonne nuit de sommeil, nous désertons notre hôtel pour gagner l’embarcadère. Rejoints par le groupe de français connu la veille, nous arpentons le ponton à la recherche d’un pécheur susceptible de nous faire visiter les îles situées aux alentours. Après une négociation plutôt âpre, nous embarquons dans une sorte de pirogue armée d’un vieux moteur typique du pays et débutons notre grande traversée vers la fameuse île qui abrite la mythique plage du film « the Beach » (avec Di Caprio et Ledoyen). Une fois à bon port, nous débutons notre visite par la découverte d’une crique splendide enfermée par d’imposants pics rocheux. Seul un maigre couloir maritime permet d’y accéder en bateau. Notre voyage continue en direction d’un autre spot plus réputé, la plage de « la plage ». Notre embarcation navigue tranquillement sur les eaux turquoise et stoppe à quelques dizaines de mètres d’une échelle quelques peu usée. Seul possibilité pour accéder sur l’île car cette dernière est délimitée par de hauts pitons rocailleux qui emprisonne en son cœur un bout de terre habillé d’une végétation luxuriante. Aussi, comme l’exige le capitaine de notre yacht, nous effectuons un magnifique saut périlleux vrillé pour terminer par un saut de l’ange mémorable puis gagnons la côte en exécutant une petite nage papillon. Nous traversons une patinoire constituée de rochers aiguisés comme des lames de rasoirs puis arrivons enfin au pied de cette échelle bouffée par le sel. Après ce parcours digne d’un Ko Lanta, nous pénétrons enfin sur l’île. Munis non d’une machette mais de nos tongs, nous empruntons les sentiers qui parcourent l’île de long en large pour déboucher enfin sur la plage mythique du film « the Beach ». Nous consacrons une bonne heure à la découverte de ce spot naturel hors du commun. Une fois que l’île a dévoilé tous ses secrets, nous rebroussons le chemin, escaladons l’échelle et regagnons notre pirogue de fortune.


A notre retour, le capitaine nous invite à grimper en haut d’un rocher haut de 17 mètres puis de plonger. Romain et Andy acceptent le défi. L’ascension vers le point de saut est difficile mais ils parviennent tout de même à y parvenir. Sans réfléchir, les deux aventuriers des eaux s’élancent puis accomplissent un majestueux… saut en bouteille, « Ah, c’est tout » fait remarquer Thomas.
Notre périple maritime continue par du snorkling puis par une ballade autour de la forteresse rocailleuse. La promenade touche à sa fin, il est l’heure de rentrer sur notre île. Notre pirogue s’éloigne et bercés par le roulis des vagues, nous admirons au passage un magnifique coucher de soleil qui impose un silence unanime au sein de l’embarcation. Moment de méditation pour certains passagers et de rêverie pour d’autres. Une fois de retour, chacun rejoint son hôtel pour une bonne douche. La soirée se termine dans le même bar que nous avons fréquenté la veille mais cette fois-ci, l’association « MaisVousEtesFoot ! » a troqué le jus de noix de coco pour un jus de carotte…folle soirée en perspective.
Mardi 04 aout
Il est l’heure de quitter ce jardin d’éden pour retrouver un autre paradis, l’île de Ko Pha-Nang. Nous sautons dans le ferry en direction de Phuket et prenons place sur la terrasse du bateau situé sur le toit. Après un voyage éprouvant du fait d’une mer plus qu’agitée, nous débarquons sur le continent mouillés de la tête au pied. Nous hélons un taxi et dégotons une chambre à deux pas de la gare. Toujours en compagnie de notre ami Andy « le fêtard », nous partons sillonner les rues de cette ville connue du grand public du fait des ravages provoqués par le tsunami. Voila une heure que nous errons dans les artères de Phuket sans trouver de restaurant capable de rassasier nos appétits d’ogres. A l’extrémité d’une petite rue, nous débouchons sur une grande place, guère séduisante en soi mais celle-ci est occupée par quelques jeunes qui tapotent la balle. Romain s’incruste dans le groupe et aussitôt, un joueur devinant notre penchant pour le foot, part chercher deux petits buts et nous convie à disputer un match. L’offre est tentante mais nous devons décliner l’invitation car la faim tiraille nos estomacs et nous n’avons pas les chaussures adéquates pour jouer. Au même moment, logé derrière le volant de son monospace, un conducteur nous invite à grimper à l’arrière de son véhicule pour nous déposer dans un restaurant et tout ça sans contrepartie financière ! Sans trop se poser de questions et sans savoir comment il a eu connaissance de la cause de notre vagabondage (la quête d’un endroit où se sustenter), nous ouvrons la portière puis grimpons à l’intérieur du véhicule.
Celui-ci nous fait découvrir la ville puis nous arrête en face de la devanture d’un restaurant très bon marché. Nous prenons place en terrasse et commandons quatre bières, une pour nous puis une autre pour notre hôte. Evidemment, le restaurant appartient à la famille du charmant monsieur mais le rapport qualité/ prix des plats est vraiment intéressant. Nous passons une agréable soirée en sa compagnie et une fois le festin achevé, notre nouvel ami se propose de nous ramener à notre hôtel gratuitement. Ce n’est pas en France qu’on verrait ça ! Le ventre plein, nous gravissons les trois étages de la maison puis nous nous écroulons comme de vieux steaks dans nos lits.
Mercredi 05 aout
Levés tôt car nous devons nous rendre sur l’île de Ko Pha-Nang ce soir et pour cause, demain se déroule la fameuse « »Full Moon Party» ». Nous attrapons un bus, enchainons par deux heures de ferry pour finalement arriver à destination vers 16h. Nous poursuivons notre périple en traversant une partie de l’île en taxi ou nous rencontrons Sophie et Louise (miss pom-pom), deux françaises qui vadrouillent en Asie depuis quelques mois. Le véhicule nous dépose devant notre hôtel puis et nous saluons nos deux nouvelles copines. La propriétaire des lieux nous propose une chambre à un prix défiant toute concurrence, pas loin de 90 baht pour trois. Nous parcourons environ 5 mètres puis la propriétaire s’arrête devant une vieille bâtisse croulante nichée entre la route, un grillage branlant et une espèce de rivière qui dégage une odeur nauséabonde. En guise de lits, un empilement de tapis de sol probablement infestés de puces et de cafards. Nous déclinons l’offre poliment et partons visiter l’hôtel d’à coté. Grande surprise, celui-ci propose des bungalows luxueux pour trois personnes, plantés sur la plage et pour un prix plus que raisonnable (environ 4€/personne). Pour être franc, nous n’avons jamais trouvé mieux depuis notre départ. A l’intérieur, frigo, clim, une grande salle de bain, une immense terrasse et des fenêtres énormes offrant une vue imprenable sur la mer turquoise. Trois marches nous séparent de la plage.

A quelques bungalows du notre, se trouvent trois charmantes Françaises qui répondent aux doux noms de Marie, Aurélia et Soukeyna et avec qui nous sympathisons très rapidement. En face, nous rencontrons Jérôme, un autre français accompagné de sa copine Puki, une Thaïlandaise. Vous l’aurez compris, les habitants de ce charmant hôtel sont à 90% french.
Sur la plage de sable blanc en face de notre habitation, se dresse une large table entourée de longs bancs, qui devient vite le point de ralliement pour l’apéro. Aussi, après un coucher de soleil appréciable, nous partageons la soirée en compagnie de nos nouveaux amis, rejoints plus tard par Louise et Sophie pour déguster quelques bouteilles de bières sous une pleine lune magnifique et bercés par le doux bruit des vagues. La soirée s’achève tard dans la nuit.
Jeudi 06 aout
Journée repos pour la troupe française car tous préfèrent réserver leurs forces pour la « »Full Moon Party» » qui doit se dérouler ce soir. Au menu de la journée, baignade, bronzette et repos. L’après midi touche a sa fin, le soleil commence à se tapir derrière la ligne d’horizon, tel un navire sombrant dans les profondeurs océaniques. A sa place, se dresse fièrement dans le ciel orangé, la lune tant attendue par les fêtards et qui plus tard dans la nuit, deviendra parfaitement ronde. A partir de ce moment, la «Full Moon Party» pourra commencer.

Rejoints par Sophie et Pompom, la délégation française se masse hâtivement vers la table située sur la plage. La préchauffe débute en consommant quelques bières puis en papotant sur divers sujets. Trois bonnes heures s’écoulent et il est temps de décamper de l’hôtel à destination de la plage où se déroule la «Full Moon Party». Une fois sur les lieux, le spectacle est stupéfiant. Sur le sable, ont été érigés de larges podiums recouverts de danseuses balançant leurs corps dévêtus (petit excès de Toutoune qui s’enflamme, les gens étaient en maillot de bain, soyons sérieux tout de même) au rythme de la musique. Plus bas sur la plage, la surface sableuse est entièrement masquée par de jeunes couples fraichement conçus ou par quelques ivrognes bourrés avant l’heure. Bref, le mètre carré disponible est une denrée rare sur la plage de Hat Rin. Regroupés près d’un podium, nous accordons la plupart de notre temps à rire aux blagues hilarantes d’Andy et à danser sur la musique techno que crachent une multitude d’enceintes gargantuesques. Bref, la soirée s’achève à l’aube pour la majorité d’entre nous. L’avis est unanime au sein de l’association « MaisVousEtesFoot ! », cette « petite fête » est l’une des meilleurs de notre vie.
Vendredi 07 aout
Evidemment, tout être normalement constitué doit, après une telle soirée, se reposer… et bien sur, nous en faisons partie. Aussi, nous consacrons l’après midi à dormir. Notre journée commence vers 18h, les français se réunissent au point de ralliement habituel, à savoir la table ronde, située en face de notre bungalow. Cette fois ci, pas de folie. Après avoir évoqué les souvenirs de la veille, chacun part se réfugier dans les bras de Morphée.
Samedi 08 aout
Journée repos mais nous tentons tout de même de taper la balle en nous rendant dans un restaurant. Le serveur, étant un footeux, doit probablement être informé sur l’actualité footballistique de l’île. Malheureusement, ce jeune cuistot nous annonce qu’aucune partie n’est programmée et que le terrain de foot le plus proche se situe à plusieurs kilomètres d’ici. Bref, nous abandonnons l’idée de jouer et retournons à l’hôtel retrouver nos amis francophones. Après un diner copieux composé de riz et de noix de cajou, nous enchainons en nous rendant dans un bar fourré dans les rochers. Ici, nous dansons les pieds dans l’eau…la classe ! Nous rentrons une nouvelle fois… à l’aube.
Dimanche 09 aout
Il est l’heure de quitter ce havre de paix et d’abandonner nos compagnons français car nous devons nous diriger vers Bambung, à l’académie JMG de Thaïlande…et la route est longue. Andy nous escorte jusqu'à Bangkok. 12 heures de route sont nécessaires pour atteindre la capital du pays et encore une fois, nous passons la nuit dans le bus.
Lundi 10 aout
La tête enfarinée, nous arrivons à bon port vers 9h du matin. Nous faisons nos adieux à notre compagnon de route, Andy, avec qui nous avons partagé deux semaines de voyage inoubliables, puis nous embarquons dans un autre bus en direction de Chonburi. Une fois arrivés, nous grimpons encore dans un autre véhicule qui nous mène vers le bled de Bambung. Ici, nous sommes dans un village aussi perdu que le bourg Tremblay les Gonesses situé dans le département de la Seine saint Denis. Une fois débarqués du bus, nous examinons les rues du bourg en quête d’une cabine téléphonique pour signaler notre présence à Eric Decroix, le directeur technique de JMG Thaïlande. Une fois en ligne, cet ancien footballeur nous informe qu’il nous envoi une jeep...eh oui, l’académie est logée au cœur des rizières, à quelques kilomètres de Bambung et il est donc impossible de s’y rendre à pied. La voiture pointe le bout de son nez et nous faisons la rencontre de Soumet, le coach adjoint d’Eric qui nous conduit au centre. Là bas, Eric nous accueille avec un grand sourire puis débute une longue discussion entre nous et cet ancien joueur du FC Nantes. Nous faisons aussi la connaissance d’Adrien, un Français de 23 ans, venu faire un stage sportif chez JMG.


La journée continue par la visite furtive des lieux puis par la présentation de l’ensemble des académiciens soit deux promotions (13-14 puis 15-16 ans). Petite particularité ici, la moitié des enfants proviennent de Cote d’Ivoire. Pour cause, l’académie d’Abidjan a du fermer ses portes pour de multiples raisons que nous ne détaillerons pas et par conséquent, les joueurs on été transférés ici...mélange amusant.
Nous enchainons la journée en contemplant l’entrainement sous les conseils avisés du coach Eric. Une fois terminé, les jeunes footballeurs se jettent sous la douche puis partent casser la croute. Nous partageons notre diner avec Adrien ainsi qu’avec quelques académiciens.
Mardi 11 aout
Journée type avec les académiciens. Le matin, entrainement puis école. L’après midi, sieste puis entrainement pendant lequel Romain fera équipe avec Eric et Adrien pour se mesurer aux académiciens lors d’un tournoi à 4 contre 4. Pour les enfants, le diner est suivi d’une heure de cours avec un professeur particulier. Ensuite, après un tel planning, c ‘est dodo pour tout le monde avec extinction des feux à 21h. Evidemment, nous ne sommes pas soumis aux mêmes lois que ces jeunes athlètes aussi nous profitons de notre fin de soirée pour travailler ou bavarder avec Adrien.

Mercredi 12 aout
Journée très importante pour la première promotion puisqu’ils sont invités à disputer un match avec le club universitaire de Kasem Bundit situé près de Bangkok. Le match va être extrêmement serré puisque lors de la dernière rencontre, les académiciens ont réalisés un match nul 4-4. L’arbitre siffle le début match. Au vu des premières minutes, difficile de deviner qui sera le vainqueur, les deux équipes jouent bigrement bien. Au fur et à mesure que l’aiguille de l’horloge tourne, les joueurs JMG faiblissent et commettent des maladresses récurrentes inimaginables venant d’eux. Ces erreurs vont leurs couter cher puisque le club de deuxième division inscrit deux buts lors de la première mi-temps.
Le deuxième acte ne sera pas plus glorieux. Malgré les conseils judicieux d’Eric, la dream-team JMG encaissera trois autres buts. Au sifflet final, le panneau d’affichage annonce une sévère défaite des académiciens de 5-0. L’ambiance d’après match est plutôt morose mais les sourires reviendrons vite une fois arrivés au centre… eh oui, pourquoi une telle défaite ? A coach Eric de trouver les causes et de les expliquer aux adolescents !
Jeudi 13 aout
Journée type avec les académiciens.
Vendredi 14 aout
Cette fois-ci, c’est au tour de la deuxième promotion de disputer leur match. Au programme, les 13-14 ans de JMG contre une des meilleures équipes de Rayong. Blottis à l’arrière d’une jeep en compagnie de quatre académiciens, nous parcourons une bonne centaine de kilomètres avant d’atteindre la destination finale, à savoir le terrain de foot. Fait surprenant car le match a lieu dans une école fréquentée par une infinité de gamins portant tous le même uniforme. On se croirait pour un peu, au milieu d’un établissement situé au cœur de la Chine populaire, impossible de chiffrer le nombre d’écolier, un million serait une litote !!! Le bus, suivi de la jeep, pénètrent dans l’enceinte scolaire puis stoppent à proximité du terrain. Autant dire que notre arrivée n’est pas très discrète. Thomas, caméra à la main, film ce moment comique. Eh oui, imaginez une infinité de paire d’yeux vous scrutant d’un air curieux et amusé. Déstabilisant, non ? Bref, les footballeurs en herbe « made in JMG » se préparent paisiblement tandis que l’autre équipe pointe le bout de ses crampons. Et la, badaboum…surprise ! À première vu, l’âge moyen des joueurs doit côtoyer les 17 ans, leur taille et leur corpulence ne trompent ni un pro comme Eric…ni nos yeux attentifs. Et la balance le prouvera. Certains des joueurs possèdent un poids supérieur à 55 kilos alors que celui des académiciens oscille entre 35 et 45. « Arf, la victoire risque d’être difficile, il ne va pas falloir jouer physique avec eux…» se dit Thomas.


Pourtant, deux mi-temps de 45 minutes plus tard, le score est clair : 7-0 en faveur de JMG. Magnifique match et victoire largement méritée. Le bus repart vers le centre mais contrairement à la première promotion, l’ambiance à l’intérieur du véhicule est joviale.
Pour nous, c’est la dernière soirée à l’académie. Eric nous invite ainsi qu’Adrien à diner dans un restaurant planté au cœur d’une ville bien spéciale : Pattaya, située à une heure de route de Bambung. Nous dégustons de bons plats typiquement thaïlandais puis continuons la soirée à taper un billard. C’est aussi ici que nous apprenons le « geuh geuuuuh » qu’utilisent abondamment les locaux. Aujourd’hui encore, nous en cherchons la signification exacte. Nous rentrons au centre vers 2h.

Samedi 15 aout 2009 ( Rédaction par Matthieu)
Soumet dépose les cousins à l’aéroport de Bangkok Suvarnabhumi. Tous se reverront le lendemain pour un futsal mais il est temps pour le moment de se diriger vers le terminal des arrivées. Le périple n’est pas fini, mais c’est l’ami Thieu qui vient se joindre à la joyeuse troupe pour deux semaines. Yahou ! On se cherche, on s’aperçoit et fatalement…. On se fait des bisous (rappelez-vous qu’on aime bien ça nous les bisous) ! Après de brèves discussions du style « t’es gras Thieu, tu vas en chier sur le terrain », direction le centre de la ville et le quartier des backpackers de Khao San Road, au centre de Bangkok, afin de trouver un hôtel pas cher. Brèves négos, on cherche dans les petites rues et on trouve une chambre avec 3 matelas pour 600 baths la nuit : 12€. Un déjeuner frugal plus tard, l’ami Thieu part se reposer et les cousins filent sur le net donner des nouvelles et travailler. Dîner en ville et petite veillée à la terrasse de l’hôtel, l’ami a en effet ramené des produits typiques de la mère patrie pour le plus grand plaisir des deux compères qui retrouvent le sourire en voyant saucisson et pastis sortir du sac à dos… La veillée ne durera pas bien longtemps, demain le programme est chargé avec un futsal et un match de Thaï league à la périphérie de Bangkok.
Dimanche 16 aout 2009
Réveil matinal dans la moiteur thaïlandaise et départ vers un petit resto qui deviendra très vite notre cantine à Bangkok. Thieu cherche ses tartines confitures alors que Thomas prend le premier de ses 3 plats de riz quotidiens… Le repas avalé, nous devons nous rendre dans un endroit imprononçable afin de retrouver Soumet et taper le cuir au cours d’un futsal. Nous aidant de la serveuse nous parvenons à négocier un taxi-meter (comprenez un taxi classique qui évite de se prendre la pollution mais avec la clim à -20°C) et nous diriger vers notre point de rendez-vous. Evidemment, personne. Pas de Soumet et personne ne parle anglais. Nous dérivons donc à la recherche de l’endroit tant espéré, suivant un coup une pseudo équipe de jeunes puis guidé par Soumet au téléphone (enfin). Malheureusement : retour au point de départ. Après moult allers-retours nous entendons un Klaxon de l’autre côté de la route. Soumet nous y attend. Toutoune et Thieu sautent derrière le pick-up et Roroo part faire la causette d’avant match sur le siège passager. 10 minutes plus tard nous voilà arrivé dans un cadre pour le moins original. Nous sommes en effet sous un pont du périphérique de Bangkok ! Terrains bitumés, les appuis vont faire mal ! Soumet nous présente brièvement tous les gamins qui tapotent la balle. Certains d’entre eux sont des anciens élèves de Soumet (celui-ci faisait du bénévolat avec les jeunes Thaï issus des quartiers pauvres) et le coach assistant est apparemment très apprécié.

Thomas passe derrière la caméra tandis que les deux autres compères se décident à jouer. La règle est simple, 5 vs 5. La première équipe qui prend un pion sort du terrain. 15 minutes plus tard, résultat d’un échauffement écourté (voire inexistant), de la chaleur ambiante (et sans doute du pastis de la veille), les adducteurs de Thieu chauffent un peu trop et celui-ci décide de s’arrêter las, sous les rires gras de Romain « ben ouais mec c’est ça le tour du monde mec ». Au final pour ce dernier, en restant sur le terrain, le constat ne sera pas non plus très flatteur : 3 crochets essuyés en 45 minutes (dont 2 par le même joueur), 1 petit pont, et là c’est Thieu qui se gausse. Mais ce fut aussi une matinée à créditer d’une madjer. Là c’est Thomas qui ricanera car comme lors de tous les autres goals de Rominho, celui-ci ne sera pas filmé… Au final le physique du président et son pressing incessant permettront à son équipe de rester 30 minutes successives sur le pitch. Après deux heures et demie sous une grosse chaleur, la bande de frenchies est invitée chez Soumet pour y prendre une douche avant de partir pour le match de Muangthong United aka. Man Utd (si, si). Cette équipe peut occuper ce soir la tête de la première division de la Thaï League en cas de victoire. Quant on sait qu’elle a gagné le championnat de deuxième division l’année passée, on se dit que cette progression ferait rêver nos clubs de Ligue 1 comme Boulogne Sur Mer, Lens ou Montpellier. Résultat de la soirée : 3-1 pour les locaux : bonne journée tout ça. Retour à l’hôtel en taxi puis veillée pour Matthieu qui, à l’inverse de la veille, ne parvient pas à dormir. Les cousins se couchent eux, le corps bien fourbu par cette bonne journée (en tous cas pour Romain, pas pour Bibi qui lui passe sa soirée à décider où aller ensuite).


Lundi 17 aout 2009
Journée touristique au programme pour les 3 compères avec au menu la visite du Grand Palais et du « Big Buddha ». La journée débute sous une chaleur accablante qui, mélangée à un degré extrême de pollution et à une effervescence inhabituelle dans les rues de la capitale, rend la marche matinale éreintante. En plus aujourd’hui c’est le « Truth today ». Des milliers de thaïlandais arborent en effet les mêmes tee-shirts rouges et sont tous regroupés aux alentours du grand palais pour célébrer ce jour de prière autour du plus sacro-saint des endroits de la capitale du pays. Après une longue errance et de nombreux détours (sécurité oblige et sens d’orientation pourri du président) nous parvenons à nous introduire dans le cœur de la religion thaï. Affublés de pantalons aux couleurs criardes (interdit de rentrer en short...), nous entamons la visite de cet édifice ceinturé par un mur long de plus de 2 kilomètres construit en 1782 et d’une surface de 21800m² ! Autant dire qu’il y a nombres de choses devant lesquelles se pavaner. Le palais regroupe en effet différents édifices tant religieux, comme la Chapelle Royale ou le Buddha d’émeraude, que des bureaux gouvernementaux et des résidences royales. Au sein du palais se mêlent galeries à la gloire des rois passés, retraçant l’histoire des différentes dynasties ainsi que celle du peuple thaïlandais. On comprend mieux pourquoi il y a tant de monde dans les rues aujourd’hui. La royauté et le peuple thaï sont étroitement liés depuis des siècles. Voilà pourquoi il y a tant de portraits de la reine Mom Rachawong Sirikit Kitiyakorn, épouse du roi Bhumibol Adulyadj (aussi appelé Rama IX), qui fait l’objet d’un véritable culte dans le pays depuis son union avec le roi en 1950. A Bangkok comme ailleurs, interdiction de faire l’occidental et marcher sur un billet (frappé à l’effigie du monarque évidemment) si celui-ci s’envole, sous peine de provoquer le courroux des locaux.


Nous voilà donc déambulant dans le palais, successivement devant le buddha d’émeraude qui se situe au sein du temple de Wat Phra Kaew. Cette petite statuette taillée dans la pierre et qui fit son apparition en 1434 représente la fierté de tout un peuple et fut l’objet de nombreux conflits entre la Thaïlande et ses voisins. Il s’agit ni plus ni moins du cœur de la religion du pays, ce qui arrachera une réflexion de Romain digne d’un vrai étudiant en histoire de l’Art « c’est une arnaque ce buddha. En plus c’est un nain et on voit que dalle »… La classe… Nous passons ensuite à la terrasse supérieure où se côtoient différents palais. Une fois le grand palais terminé, direction le temple de Wat Pho où se trouve le « Big Buddha ». Plus grand et plus large temple de Bangkok, il abrite la statue orée de Siddhartha Gautama, haute de 15 mètres et large de 46 ; le tout dans une structure étonnement étroite. Cet aspect n’échappera pas à Matthieu qui, pour justifier cette petitesse ainsi que le manque de fenêtres clôturera la visite par une réflexion digne d’un marcassin joyeux en goguette : « Normal que les fenêtres soient si étroites et peu nombreuses, c’est pour qu’on le vole pas l’Buddha… » Re-la classe !

Retour à l’hôtel en tuk-tuk dans la pollution et les gaz d’échappements puis couchés vers 22 heures en prévision du lendemain et du réveil qui est prévu pour 7 heures. Direction l’île de Ko Chang au Sud-est du pays, non loin du Cambodge, destination suivante.
Mardi 18 août 2009
Départ de l’hôtel à 9 heures. Au programme, 5 heures de bus, puis ferry et taxi. Ouaiiiis ! La journée se passe sans accro jusqu’à l’arrivée sur l’île. Là et las, il fait nuit noire et il ne reste plus qu’une voiture pour nous emmener. Pas fou, le conducteur demande 4 fois plus que le prix normal pour nous emmener ! En même temps il n’y a plus que nous sur le quai… Autant dire que les nerfs du président sont mis à rude épreuve tandis que Matthieu et Thomas tentent une sortie désespérée avec les quelques locaux alentours ; malheureusement sans succès… Au final notre ami le conducteur accepte notre dernière offre assez proche du prix habituel. Résultat : 45 minutes de perdues et un Romain qui râle. Moment délectable pour Thieu qui n’avait pas vu ça depuis bien longtemps (et qui en ricane toujours d’ailleurs)… Après une demi-heure de route à l’arrière d’un tuk tu grand format nous arrivons à notre hôtel. Celui-ci nous a été recommandé par la jeune fille de l’agence se situant sur la côte. Pas de déception. Cadre idyllique pour les 3 amis qui pourront passer les jours à venir sur la terrasse du bungalow à seulement 5 mètres de la plage… Petite veillée et dodo avant le levé matinal de Thomas vers 14h, qui réalise, ne lui en déplaise, que « l’eau est quand même bien bleue ». Ben ça couillon !

Mercredi 19 août 2009
Le programme est simple pour les jours à Ko Chang, travail et travail. Y’a du boulot et on est à la bourre ! Romain s’attaque à la Newsletter tandis que Toutoune reprend le journal de bord ; bien décidé à rattraper son retard ! Thieu quant à lui tâchera de rédiger une chronique et la partie du journal de bord sous le regard d’El Presidente « qui va pas le laisser mettre ça en ligne tout seul gamin, t’es ouf ! » L’après midi, Thomas enchaîne sur une interview téléphonique avec un journaliste rencontré à Singapour et qui s’intéresse au projet, ainsi qu’un autre entretien pour RTL. Etant stressé, rien de tel qu’un petit bain (pas plus d’une heure dans l’eau à chercher les courants froids) avant d’attaquer son speech. Journée studieuse et détendue au final qui se terminera par une soirée sur la terrasse à papoter. Ben Fieu ça faisait un an que c’était pas arrivé. Bon ; on gardera les sujets de discussions pour nos petits enfants sous peine de voir El Presidente utiliser la censure si on devait en faire récit maintenant…

Jeudi 20 août 2009
Travail, baignade, travail, baignade puis discussions dont l’on gardera les sujets pour nos petits enfants…
Vendredi 21 août 2009
Travail, baignade, travail, baignade puis discussions dont l’on gardera les sujets pour nos petits enfants… Demain les compères partiront tôt. Destination : Cambodge…