Mais vous êtes foot !

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vendredi, septembre 12 2008

En route pour le Mali...

Le 29 aout 2008

Journée détente pour les trois baroudeurs puisqu’ils vont visiter la belle île de Gorée, au large de Dakar. Pour s’y rendre, un seul moyen, le bateau. Nous hélons un taxi, ce dernier nous conduit sur le port puis nous attrapons la navette de 12h30. Après 25 minutes de traversée, nous voilà sur cette fameuse île de Gorée surnommée « l’île aux esclaves » du fait de son histoire. Ancien carrefour de la traite négrière, cette île rocheuse est habitée par un calme prodigieux. Les rues sinueuses sont bordées de vieilles maisons coloniales aux façades ocres, roses, jaunes et aux volets bleus. Au pied de chaque bâtisse, des bougainvillées poussent de façon anarchique, colorant un peu plus les ruelles de cet imposant rocher.

Ile de Gorée

ruelle de Gorée

Devant ce spectacle coloré, nous montons en haut de l’île en empruntant une allée bordée de baobabs qui donne sur une vue imprenable de la Skyline Dakaroise. Ensuite, direction la maison des esclaves, lieu incontournable de l’île car c’est le symbole de la traite négrière. Le conservateur nous explique l’histoire sombre de ce magnifique bâtiment pendant environ 20 minutes. Nous finissons la journée à nous balader tranquillement sur l’île avant de retrouver la pollution et les embouteillages de Dakar. 18h, nous rentrons à l’hôtel.

Gorée again

31 août 2008 : récits croisés, les trois camarades se séparent temporairement

C’est avec le chant du Muezzin de Ngor qu’Aurélien se lève à 6h30. C’est pour lui le grand départ pour le Mali. Sa mission, récupérer Sarah à l’aéroport de Bamako mardi soir. Lyo, son compagnon de voyage et ami de St Louis, l’attend en bas de l’auberge, plus ou moins frais. Après un passage au « Régal », petit complexe touristique, Lyo dit au revoir au dirigeant (Ali) qui l’a logé quelques jours auparavant. Les deux compères arrivent à 8h du matin à la gare routière, transformée en piscine d’eau stagnante suite aux importantes pluies de la veille. Hésitation entre taxi collectif (7 places) ou taxi-brousse (18 places). Ils optent finalement pour le taxi-brousse qui relie Dakar à Kidira, la dernière ville Sénégalaise avant la frontière Malienne. Aurélien et Lyo attendent que le taxi se remplisse avant de partir et le délai est évidemment très variable d’un jour à l’autre. Pour eux, ce sera une attente de 4h30 puisqu’ils décollent enfin à 12h30 de la gare routière la plus grouillante du pays de la Teranga. Ils ont acheté trois places pour deux afin d’obtenir un minimum de confort (et oui) pour parcourir ces quelques 700 Km, une ballade de santé en France mais un vrai parcours du combattant ici. Les étapes sont régulières et ils ont un espace vital nécessaire. Tout cela concorde à leur faire passer un agréable voyage. La route est en majorité goudronnée mais à vue de nez, 40% de cette dernière regorge de bosses et de nid-de-poule. Les 100 derniers km avant Tambacounda (ville étape) sont constitués exclusivement d’une piste difficilement praticable et très accidenté. C’est vers 0h qu’ils atteignent enfin Tambacounda.

Pendant ce temps, Thomas et Aurélien profitent de ce dimanche pour dormir et taper la balle dans un terrain de Ngor avec des Guinéens et des Sénégalais. Rincés de ce match, les deux cousins terminent la journée devant une bonne bière bien méritée, tout en admirant le splendide coucher de soleil.

Un petit foot à Ngor

Bière sur la playa

01 septembre 2008

Arrivés à Tambacounda vers 0h, Aurélien et Lyo ne savent pas dans quelle ville dormir : Kidira ? (Sénégal), Kayes ? (Mali) ou pourquoi pas Bamako ? Mais cette option semble la moins adaptée. A Tambacounda, un autre taxi-brousse prend le relais. « C’était prévu ? » demande Aurélien au chauffeur. « Oui oui » lui répond-il. « Ah bon ». rétorque Aurélien. (C’était vraiment très intéressant…) Ensuite, un changement de véhicule, pas de problème pour les deux compères mais ils n’ont maintenant plus que deux places pour deux. Ils abandonnent certaines personnes avec qui ils ont créé des liens, mais rien de bien grave au fond sauf que là, le taxi-brousse à une configuration différente que précédemment : trois places à l’avant, des grilles, une banquette de quatre avec un strapontin au milieu, une deuxième banquette quatre places avec un strapontin et au fond deux banquettes quatre places se faisant face. Donc si nous faisons le compte, ce charmant véhicule peut contenir au mieux : 2+4+4+8=18 personnes, mais comme plus il y a de monde et plus on rentabilise, le chauffeur a bourré à bloc le camion arrivant à entasser 25 personnes…Bon c’est vrai, il y en avait trois dehors sur le marchepied, il n’empêche que, c’est dans ce genre de moment que l’on perçoit la justesse de l’expression « serrés comme des sardines ». C’est comme si vous preniez le métro un matin de forte affluence et que vous étiez obligés de pousser la porte pour qu’elle se ferme et qu’au lieu de 10 ou 20 minutes de trajet, vous en aviez pour 5h30. 5h30 pour faire 200 km.

Lyo et Ien

Assis sur la banquette de derrière, Aurélien et Lyo sont contraints de changer régulièrement de position du fait du manque de place. Déjà un peu fatigués par le voyage précédent, 20 minutes dans ce taxi les épuisent physiquement. Dans un premier temps, Lyo dort contre la fenêtre pendant qu’Aurélien sommeille le dos fléchi, la tête reposant sur son poing qui se dérobe toutes les trois secondes lorsqu’il s’endort subitement. Puis c’est au tour d’Aurélien de se poser contre la fenêtre pendant que Lionel tente de roupiller la tête sur ses genoux. Et rebelote, Aurélien se repenche en avant, sa tête vacille, puis se pose sur ses genoux ou parfois sur les genoux d’un voyageur en face qui vous fait bien comprendre, par un petit coup sec que ses quadriceps ne vous serviront pas d’oreillers.

no comment

La piste, en terre rouge comporte des trous particulièrement béants après les intempéries climatiques. Le taxi vire, tangue, roule dans les trois plans de l’espace et le chauffeur roule à 30 km/h en moyenne. Il se fait même doubler par des camions…Un calvaire. Les voyageurs du marchepied étant descendus en cours de route, Lyo veut à son tour aller dehors pour posséder un peu plus d’espace vital mais il n’est pas question qu’un toubab aille dehors au cas où il tomberait lamentablement. Dans ce genre de cas, il n’y a plus qu’une solution : accepter, faire avec et tenter malgré tout de passer un bon moment. Les deux acolytes ne pouvant pas dormir ils parlent longuement avec quelques voyageurs mais surtout entre eux. Dans ces circonstances, on se confie, on parle de la vie, de l’amour et on apprend à se connaître tels des compagnons de cellule qui comblent leur solitude et leur désespoir dans le dialogue intimiste (Thomas tient à signaler que ce passage cucul la praline a été rédigé par Aurélien, Thomas ne fait que recopier ses écrits). Vers 6h du matin, ils arrivent à Kidira. Qui dira que nous sommes poisseux, cernés et puant sera dans la vérité (ouh la bonne blagouse). Pourtant, cet état ne rebute pas le fou du village qui vient à leur rencontre. Sa bouche édentée ne l’empêche pas de rire aux éclats lorsqu’il nous voit. Il est muet et ne communique que par le rire. Il prend la cigarette allumée qu’Aurélien fumait puis exécute des gestes incompréhensibles que les deux compères tentent d’analyser. Il semble plus sale qu’eux même et paraît les apprécier. Il sert la main de Lyo et prend Aurélien dans ses bras en rigolant. Cela touche Aurélien, mais il se dit aussi que ce contact furtif peut être l’occasion d’échanger quelques bactéries que son corps n’a jamais connues, Et la suite de l’histoire lui donnera raison. C’est dans un petit poste de police à l’air libre qu’ils se font tamponner leurs passeports. Les compagnons du commissaire sont assez singuliers, il s’agit de grosses sauterelles vertes qui virevoltent dans tous les coins. On imagine bien alors, en se les prenant dans les jambes et le visage, qu’une invasion de ces bêtes peut constituer une pluie. Les deux voyageurs trouvent tout de suite un car qui part pour Bamako. La décision est prise. Vu l’état dans lequel ils sont, autant aller jusqu’au bout. Le bus, de la compagnie « GlanceTour » (le meilleur du Mali) part à moitié plein, il est 7h30 du matin.

no comment

Ils découvrent alors un paysage rural extrêmement verdoyant (saison des pluies oblige) et malgré le soleil ardent, il règne autour de cette brousse une sensation de fraicheur. Plusieurs forets de baobab croisent leur chemin. Lyo s’extasie devant la masse imposante de ces arbres sacrés. Aurélien, lui, les trouve beaucoup plus chétifs que ceux observés au Sénégal, mais bon, la fatigue peut apporter avec elle son lot d’hallucinations. Arrivés à la gare routière de Kayes, première grande ville du Mali, Aurélien fait la rencontre avec les pires latrines qu’il n’ait jamais vues (et senties) et pourtant il commence à avoir une belle collection en mémoire. Le bus repart, mais cette fois-ci, il est rempli. La route entre Kayes et Bamako est splendide : collines verdoyantes, grande savane, nombreux points d’eau et arbres majestueux. Un régal pour les yeux. Lyo discute avec un Malien qui est parti vivre en France depuis 15 ans, il s’appelle Fily. Lui aussi, il rejoint Bamako. Il leur propose de venir dormir chez lui cette nuit, si les deux compères le souhaitent. Pourquoi pas. La fin du voyage approche, ils achètent leurs dernières madeleines et poches d’eau glacée aux vendeurs qui viennent s’agglutiner au car à chacun de ses arrêts. L’arrivée dans la capitale du Mali se fait sentir. C’est à 22h que le véhicule entre en gare de Bamako. Une voiture attend déjà Fily. Ils embarquent avec lui. Très peu de temps après leur arrivée, on leur sert du poulet aux alocos. Un pur bonheur après ces 32 heures de trajet un peu éprouvantes. Pour finir, ils trouvent un grand lit douillet dans lequel ils se jettent pour une bonne nuit récupératrice de 10h. Merci Fily, c’est grâce à toi qu’ils ne se sont pas galérés à chercher un hôtel dans cette grande ville inconnue à leurs yeux et qu’ils ont pu reposer leurs corps meurtris (oh le mytho) dans un confort très bienvenu.

Après le départ d’Aurélien, c’est au tour de Romain et de Thomas de préparer leur long périple. Ils emprunteront « l’express », train mythique qui relie Dakar-Bamako en trois jours. Vestige de l’époque coloniale, ce train est certes l’un des plus beaux du monde mais aussi l’un des plus lents du fait de ses nombreux déraillements, problèmes mécaniques ou pertes de wagons… Mais la lenteur de ce train ne réfrène pas l’ardeur de ces deux voyageurs assoiffés d’aventure. Arrivés à l’ancienne gare coloniale de Dakar, les deux cousins rencontrent trois dames assises sur un banc en bois, elles revenaient tout juste de Bamako par le train. Tandis que Romain engage la discussion, Thomas poireaute au guichet. 30 min après et les deux billets en main, les deux cousins sortent de la gare. Départ mardi à 13h50 de la gare d’Hann.

Stade de Ngor

Pour leur dernier après-midi à Dakar, ils décident de se rendre au stade Senghor pour prendre quelques photos. Après avoir déposé nos cartes d’identité au poste de sécurité du stade, Romain dégaine l’appareil photo tandis que Thomas sort la caméra, Et c’est parti pour la mitraille vidéo…C’est sur la pelouse de cet imposant stade de 60 000 places qu’ils rencontrent M. Boucher, l’entraîneur de Génération Foot (centre de formation affilié au FC Metz) avec qui ils bavardent un long moment. Fin d’après-midi, ils décident de rentrer tranquillement à leur hôtel. Logiquement, ils se rendent donc au poste de sécurité pour chercher leurs cartes d’identités et attendre patiemment que le gardien leur donne. 20 min plus tard, pas de carte, le vigile les rassure et leur demande de patienter encore, chose qu’ils savent très bien faire après deux mois en Afrique. 1h30 après, le chef de la sécurité (chaussé d’une belle paire de tong à paillettes multicolores) leur apprend la triste disparition de leurs cartes d’identités…Énervés, ils repartent à l’hôtel.

02 Septembre 2008

Lever 7h, direction l’Ambassade de France pour signaler la perte de leurs cartes. Arrivés là-bas, la dame de l’accueil les invite gentiment à passer au commissariat de police faire une déclaration de vol. Impossible pour eux de faire quoique ce soit sans ce papier, leur départ pour Bamako étant trop proche, ils diffèrent cette tache administrative à la semaine prochaine. Après un bon déjeuner au viking, ils prennent un taxi pour la gare d’Hann. Arrivé là-bas, le taxi man leur explique, avec un français hésitant, que le reste du chemin est impraticable en voiture et qu’il faut alors marcher quelques mètres…Chargés comme des mules, ils commencent la recherche de cette fameuse gare. Rien à proximité. Ils demandent alors à un policier de les aider et celui-ci les informe que la seul gare de Dakar se situe a environ 10 km d’ici…Il leur arrête donc un taxi et explique au chauffeur leur destination…C’est reparti pour un tour. Le taxi driver, cigarette au bec, se faufile dans des ruelles sinueuses, boueuses et gavées de trous, inondées par les pluies torrentielle de la veille... 15 minutes après, ils arrivent près de la gare…Mais pas la bonne, les voilà revenus au point de départ, soit, la gare de Dakar. À croire que personne ne connaît la ville. Du coup, ils reprennent encore et encore un taxi, en expliquant bien le lieu de destination. Le chauffeur les rassure en affirmant qu’il connaît très bien, c’est parti…Il est 13h40, soit 10 minutes avant le départ du train. Le chauffeur prend l’autoroute, rentre dans le village d’Hann, s’engage sur un chemin en terre puis les dépose devant une maisonnette située en bordure des rails. 13h50, nous arrivons à l’heure.

La belle gare d'Hann

De nombreux passagers sont déjà présents et attendent le train. Certains patientent déjà depuis longtemps. Comme eux, ils s’installent à l’ombre puis essaient de s’occuper. Romain lit tandis que Thomas regarde jouer les gamins au bord des rails. 15h et aucun train à l’horizon…16h : le néant. Seules quelques femmes vêtues de boubous colorés portant des bassines sur leurs têtes déambulent le long des rails. Dix minutes après, des cris de femmes se font entendre. Thomas se lève puis aperçoit un homme en sang de la tête au pied s’éloigner des passagers…Apparemment un voleur. Portés par deux de ses camarades, il essaie de s’échapper, mais ses poursuivants, plus rapides, le rattrapent aussitôt. Devant le regard désabusé des policiers, une bagarre éclate à 20 contre trois. Le voleur finit à terre, une bonne partie de son cuir chevelu arraché. Bref voilà le sort réservé aux brigands. C’est la population qui punit, la police ne s’en mêle pas. C’est en quelque sorte la justice sauvage. Cet incident nous oblige à redoubler de prudence. 17h: un train se dessine à l’horizon. Thomas prépare ses bagages, prêt à embarquer. Romain, lui, allongé, ne bouge pas d’un poil. Un train bleu aussi rempli qu’un métro parisien le jour d’une grève s’arrête. Quelques personnes en sortent puis d’autres y montent. Le chef de gare informe Thomas que ce train n’est pas le leur. Fausse joie, Thomas se rallonge et Romain rigole. En bref, ils verront une dizaine de trains comme celui-ci…

Un train loin d'être vide

20h…Rien 22h…Découragés, quelques personnes s’en vont. 23h…Premier coup de gueule rapide d’un passager pointant du doigt le manque de professionnalisme du personnel de gare. Ce fut bref car cinq minutes après cette altercation, le calme revient. 00h… La même personne vient se plaindre une nouvelle fois. Très vite, les femmes se joignent à lui. Un bras de fer commence alors entre les passagers qui veulent des explications et le chef de gare qui tente vainement de calmer le jeu. Une véritable révolution éclate dans cette petite gare tranquille d’Hann. Romain et Thomas, allongés sur leurs sacs respectifs, regardent d’un œil amusé cette scène folklorique. Pour la première fois depuis 13h50, le chef de gare leur explique la cause de ce retard: Problème de frein. Mytho ou vérité ? Fatigués, les deux cousins se regardent puis rigolent.

03 septembre 2008

La révolution au sein de la gare d’Hann a porté ses fruits puisque quelques minutes après, un train aux couleurs du Sénégal pointe le bout de son nez. Pas de doute, cette fois ci c’est bien le leur. Tous les passagers remballent les tapis et préparent les bagages sauf Romain, qui, n’y croyant plus, reste allongé. En effet, il a bien raison, puisque le train passe devant leurs yeux, sans s’arrêter, comme si le conducteur voulait les énerver. En réalité, les freins du train ne répondant plus, il a dû s’arrêter un peu plus loin pour ensuite faire marche arrière afin que les passagers puissent embarquer…Ce voyage commence plutôt bien… Bref, ils montent à bord et gagnent leurs couchettes. Quatre lits par compartiment. Ils partagent la leur avec la femme du chef de la sécurité du train. Cette charmante personne va se révéler être leur maman pendant tout le voyage. D’autres passagers s’installent en classe économique alors que quelques clandestins trouvent refuge entre les wagons ou sur le toit. Vers 1h, le train démarre enfin (sans frein)…euh non, les montagnes russes seraient une description plus exacte. Un temps d’adaptation est nécessaire pour s’habituer aux balancements incessants des wagons dûs à un mauvais entretien des rails. Persuadés qu’ils allaient se renverser. Romain et Thomas se regardent, rigolent puis s’endorment.

Vue latérale du monstre

Cousin Romain inside the train

9h du matin, Thomas se lève en premier. Arrêtés à Thiès (80km de Dakar). 7h pour faire 80 malheureux Km. Ouah. À ce rythme, il leur faudra un mois pour arriver à Bamako. Freins réparés, nous repartons, Thomas, accoudé a une fenêtre, regarde le paysage qui défile : terre rouge, brousse à perte de vue, falaise et de temps à autre, des petits villages de huttes au milieu de l’immensité du Sahel. Le seul avantage de la prodigieuse lenteur de l’express est de pouvoir découvrir tranquillement ce paysage unique. Le spectacle continue lorsqu’on arrive dans une gare de village : les habitants se précipitent alors depuis les bleds du coin aux fenêtres du train pour vendre des bananes, épices et produits locaux…À l’intérieur, les voyageurs s’amassent aux fenêtres et font leur marché.

L'outback Sénégalais

Village du Sénégal

Selon la taille des bleds, le train peut rester une bonne heure en gare…Dans ce cas, les deux cousins sortent du train pour acheter des victuailles et de l’eau. Au sifflet du chef de gare, tous les passagers courent vers leurs wagons respectifs (toit compris). Les plus lents, eux, attrapent le convoi en cours de route. Ce train de métal verdâtre, roulant sur deux malheureux rails posés à même le sol en friche, continue sa route péniblement jusqu'à la prochaine gare. L’utilisation du klaxon se révèle très fréquente puisqu’indispensable : cela permet, soit de faire fuir les animaux trop proche des voies, soit d’avertir les passagers placés sur le toit de l’arrivée d’une branche trop basse. Au moment du dîner, quelques femmes cuisinent dans les couloirs. Certains préparent le rituel du thé avec leur propre fourneau alors que d’autres s’adonnent à la prière sur leur tapis…Bref une expérience unique et très folklorique.

Après le dîner, chacun s’occupe comme il peut, Romain essaie de lire quand l’électricité fonctionne et Thomas traîne dans les couloirs. D’autres, allongés sur leur couchette, discutent entre eux jusqu'à pas d’heure. Les discussions de tout genre vont bon train. (Thomas est très fier de ce jeu de mots). Fin de la journée, ils ont quitté la région du Siné Saloum…ils rentrent maintenant dans l’une des plus grandes régions du Sénégal : Tambacounda.

04 septembre 2008

Toutoune et Romain, réveillés vers 8h, constatent que le train est arrêté à Kidira, dernière ville du Sénégal. Invités à prendre le petit-déj par la femme du chef de sécurité, ils descendent du train la tête dans le cul. Le menu : pain kiri (périmé selon Romain) avec du lait de chèvre…humm. Ils restent 1 heure dans ce petit village. Le train repart, passage de la frontière du Sénégal sans problème. Pareil pour celle du Mali. Quelques montagnes, recouvertes d’un léger tapis vert, se dessinent au fur et à mesure qu’ils pénètrent dans les terres Maliennes. Romain et Thomas passent la journée entière, accoudés sur le rebord de la fenêtre, à scruter le splendide paysage verdoyant du Mali. À part quelques pannes au milieu de la brousse, le voyage s’est bien déroulé.

Au Mali

Brousse Malienne

05 septembre 2008

Ils se réveillent vers 8h. Leur « train mate »(cf dictionnaire d’anglais) leur indique que le train s’est arrêté dans un village à 15 Km de Bamako. La raison de cet arrêt est claire : un ouvrier s’est broyé la main. Ils poireautent ainsi environ 1h dans ce bled perdu. Le train repart puis s’approche petit à petit de Bamako. C’est vers 10h qu’ils arrivent enfin à destination. Tous les passagers descendent de l’imposant train. Les quais fourmillent de marchands, de taximan, de voleurs…Bref, le gros bordel. Romain et Thomas prennent leurs bagages et se dirigent vers la sortie. Un taxi les conduit à la mission catholique de Badalabouglou, lieu de rendez vous avec Aurélien et Sarah. Arrivés là-bas, c’est la douche directe suivie d’une bonne bouffe. Vers 12h, nous frappons à la porte de notre compagnon de route. Encore endormi, Aurélien ouvre, sourit, sort de la chambre et leur raconte ses aventures. Les trois camarades sont heureux de se retrouver et se font des bisous. Romain, ravi de revoir « Gros Nez » pince joyeusement les tétons de ce dernier.

dimanche, août 31 2008

Road trip Sénégal

Le 12 Août 2008 : Départ pour le Sénégal.

Aujourd’hui, c’est une journée de transport qui nous attend. Nous avons décidé de relier Saint Louis (Sénégal) à Nouakchott. 400 km séparent les deux villes, le voyage ne devrait pas être trop long. Le taxi collectif qui nous amène à Rosso (frontière Mauritanie/Sénégal) démarre à 13h. A son bord : le chauffeur, 2 passagers Sénégalais à l’avant et les 3 compères du TDM à l’arrière. Le trajet se déroule bien. Plus nous descendons vers le Sud et plus le paysage devient arboré et verdoyant. Nous nous rapprochons bel et bien d’une vallée fluviale, tant mieux ! Parce-que le désert c’est bien, mais après quinze jours de Mauritanie, on se sent, comme qui dirait, un peu…asséché.

Fleuve frontière Sénégal-Mauritanie

Arrivée à Rosso Mauritanie. Là, épisode « toubab guet-apens » : un Sénégalais qui a voyagé avec nous, nous présente deux mecs. Ces derniers nous expliquent qu’il vaut mieux passer avec eux pour prendre le bac, car les douaniers prennent de gros bakchichs ici. Ils en demandent 1500 UM par tête. Au départ, personne ne semble chaud pour cette solution et surtout pas Thomas qui soutient mordicus que la proposition est beaucoup trop onéreuse. Les deux sénégalais palabrent, commencent à prendre nos bagages et, la fatigue aidant, nous décidons finalement de les suivre. Ils achètent le billet pour le bateau, s’occupent des formalités administratives et basta. Nous voilà au bord du fleuve Sénégal dont la couleur marron-orangé révèle un lit probablement très argileux. Il n’est pas possible d’observer une once de vie aquatique dans cette eau gorgée d’alluvions et par conséquent d’une extrême opacité. C’est finalement en pirogue que nous traversons les 500 mètres de fleuve séparant les deux pays. Il est probable que nous ayons subi une arnaque, et c’est avec regret que nous lâchons les (presque) derniers Ouguiyas de nos poches. En même temps il fallait bien les dépenser….

Rosso

Un taxi nous amène à la gare routière. Plusieurs rabatteurs nous accostent pour nous vendre un trajet en taxi ou en minibus afin de rejoindre Saint-Louis. Nous optons pour le minibus. Ensuite, c’est au tour des vendeurs d’eau fraîche, de gâteaux sec (sur le paquet de ces gâteaux très secs, un titre assez marrant : « Le sommet du goût »…humm ! c’est tellement vrai ;)), de Fanta ainsi que des enfants demandant l’aumône, de nous entourer. Nos bagages installés sur la galerie, nous montons dans le minibus qui attend d’être rempli. Il attendra longtemps et nous avec…Plus de 2h d’attente dans cet engin qui tient encore, miraculeusement, le coup pour encaisser un embrayage (du moins nous l’espérons). Ça y est, nous partons ! Ah non ! 500 mètres plus tard : la douane. Tout le monde descend ! 15 minutes plus tard, on repart, cool ! Au bout de quelques km, un homme en uniforme somme le chauffeur de s’arrêter, de quoi s’agit-il ? Un autre poste de douane, les 15 passagers descendent ! Les douaniers cherchent des noises à deux Sénégalais pour une histoire de portable….15 min plus tard nous repartons, cool ! Au bout de quelques km, un homme en uniforme somme le chauffeur de s’arrêter, de quoi s’agit-il ? Un autre poste de douane, tout le monde descend !...Nous croiserons une dizaine de postes de ce genre sur la route. Bon, les toubabs ne sont pas inquiétés un seul instant : pas de passeport demandé, pas de fouilles, juste un salut de la main parfois. 100 km et 3h plus tard, nous atteignons Saint-Louis, il est 22h. Nous avons donc parcouru 400 km en 9h de temps… Giresse, un ami de Moustapha Sall, nous accueille et nous cherchons avec lui une chambre d’hôtel. Pour 18000 FCFA, nous avons une chambre très propre avec w-c, salle de bains, deux ventilateurs et quatre lits munis d’une moustiquaire. Grâce à ça, Thomas est aux anges et va très bien dormir. Diner avec Giresse et dodo.

Le 13 Août 2008 :

Romain, hyper motivé se réveille à 6h30 pour assister à l’entraînement du club «la Linguère de St Louis», ancien club de Giresse désormais entrainé par Amara Traoré, un ancien joueur de Gueugnon. Son reportage dans l’intimité des vestiaires donne un aperçu des différents dirigeants de ce club de première division. On y apprend également comment on dit « sport en chambre » en Wolof (le dialecte Sénégalais) : wagger…c’est déjà ça de gagné ! Pendant ce temps Thomas et Aurélien roupille sous les ronrons des ventilateurs. Dans l’après-midi, nous retournons tous les trois au stade afin d’assister à deux matchs amicaux et réaliser un film. Nous fêtons notre mois de Tour Du Monde avec sandwich et cocas, on a mis les grands moyens.

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Le 14 Août 2008 :

Réveil à 8h30. Nous devons interviewer Amara Traoré, l’entraîneur du club. Finalement, ce sera une interview de Samba Fall, l’entraîneur des gardiens de but de l’équipe nationale de la Linguère que nous réaliserons. Il fut également portier au sein de l’équipe des Lions du Teranga. Le rendez-vous avec Amara Traoré a donc été avorté par l’absence de ce dernier. Absence dut à des obligations professionnelles. En effet, il est responsable du comité de normalisation de Saint-Louis. Nous partons alors visiter cette jolie ville maritime. Ancienne cité coloniale, Saint-Louis fut un temps la capitale du Sénégal. Son activité économique était principalement basée sur l’entreprise la plus inhumaine qui existe : la traite des esclaves. C’est aussi, après l’abolition de l’esclavage, grâce à la gomme arabique et à l’arachide que ce port de pêche s’est développé Aujourd’hui, on peut encore observer les maisons coloniales laissées sans entretien ainsi que de multiples traces de l’occupation française : des monuments aux morts, une préfecture ainsi qu’un pont dont les plans furent soi disant dessinées par Eiffel, le pont Faidherbe.

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Rosso

Reste qu’il fait bon flâner ici. Après une halte rafraîchissante dans un petit resto avec vue sur fleuve, nous rencontrons Oumar, un Saint Louisien qui, comme de coutume paraît être quelqu’un de très polyvalent : guide, vendeur, négociateur, serveur dans un campement sur la plage… mais, à la différence des nombreux autres guides rencontrés, avec lui tout cela est vrai ! Il travaille donc dans un campement à 4 km de là, le « Tahiti Beach ». C’est une soirée de pleine lune. Nous nous posons sur le sable blanc de cette plage longue de 10 km. Le ciel constellé d’étoiles, le va et vient des vagues et le son entraînant du djumbé accompagnent notre farniente. Des milliers de crabes courent tout autour de nous, et particulièrement sur le sable humide. Nous profitons, simplement.

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Le 15 Août 2008 :

Depuis que nous sommes à Saint Louis, tout le monde ne cesse de nous parler du 15 Août. Il semble que ce soit la plus grosse fête de l’année où tous les touristes (Sénégalais et toubabs) dansent et chantent jusqu’au bout de la nuit. Nous attendons cela avec impatience ! Une journée tranquille se déroule sous le doux climat Saint Louisien. C’est en sirotant une Gazelle bien fraîche (LA bière Sénégalaise) que nous faisons la rencontre d’abord d’un groupe d’étudiant français, puis de Lio et Lilette, deux Nancéens en vacances. Le premier, pantalon bouffant, cheveux blond vénitien mi-long, yeux clairs et dépassant le mètre 80 a le physique du play-boy voyageant à la cool. Il a plaqué ses boulots (manœuvre et barman) et sa vie française pour se consacrer au voyage. Ses objectifs ? Aucun ! Si, apprendre la percussion en Afrique….il fallait bien qu’il trouve une excuse….Lilette a 39 ans, c’est son premier voyage en Afrique.

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Nous discutons longuement à la terrasse de l’hôtel, puis décidons de plonger à l’intérieur de la fièvre Saint Louisienne. Nous retournons au bar de la veille où se produit Pape Niang, un batteur-chanteur aveugle qui envoie du lourd ! Oumar nous rejoint ; il nous conseille un autre endroit où la fête bat son plein. Après cet agréable concert, nous rentrons dans l’Iguane, une boîte tenue par un toubab, qui présente tout ce qu’il y a de plus commun. Pas beaucoup de monde, hip-hop+++ : nous y restons une heure. Toujours à la recherche des danseurs fous à travers les rues de Saint-Louis, nous rentrons à pied à l’hôtel. La déception nous gagne, cette soirée aurait pu se dérouler n’importe quel jour de l’année, nous n’y aurions vu que du feu ! Le 15 Août à Saint Louis, une légende urbaine ? On va dire, pour nous rassurer, que nous étions dans les mauvais endroits aux mauvais moments…

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Le 16 Août 2008 :

Nous assistons à deux matchs opposant quatre équipes de quartier au stade «Babacar Gueye». Dans un cybercafé, nos chevilles servent de repas aux féroces moustiques qui profitent de la lenteur de la connexion. Nous retrouvons Lio et Lilette et partons dîner ensemble. C’est un petit parcours du combattant que nous faisons. Le premier resto auquel nous pensons, et que nous peinons à trouver, est fermé. Soit ! Dirigeons nous vers le deuxième qui nous fait envie. Le séjour dans ce dernier sera de courte durée. Un serveur nous dirige vers une table, nous prenons alors places. Cependant, au regard des prix affichés ainsi qu’à la probable très longue attente, nous partons au bout de dix minutes, nos estomacs ne comprennent pas ce qui se passe et crient : « Famiiiiiiine ! ». Retour vers le bar d’hier près duquel est installé un petit barbecue à la sauvette proposant des brochettes. Le repas pique-nique se déroule alors sur les bords du fleuve Sénégal, moment très agréable pour nos estomacs… Un des membres du groupe d’étudiant rencontré hier nous apprend par téléphone qu’une bonne soirée se déroule à « la taverne », nous décidons alors de les rejoindre. En effet, à l’intérieur d’une jolie cour aérée, un groupe de musique se produit. Nous retrouvons alors le groupe de l’hôtel, dont Manal et Anne-Julie, un petit couple fort sympathique ma foi. Aurélien semble reconnaître une des musiciennes. Elle joue de la basse et possède un signe nettement distinctif, elle est albinos. Serai-ce la fille de Salif Keïta ? Il demande alors au vendeur de cd qui rôde dans le coin et celui-ci, un Keïta également, lui répond par l’affirmative ! Nous écoutons en ce moment même un groupe (Jac et le Takeifa) dont un des membres est la fille d’une star continentale, il s’agit de Maah Koudia Keïta ! Cette musique de qualité pousse au déhanchement et le fait d’avoir Maah Koudia sous les yeux à quelques mètres devant un public restreint (30 personnes au maximum), ça donne encore plus envie de se lâcher…Un très très bon moment !

Le 17 Août 2008 :

Journée tranquille. Nous attendons de réaliser l’interview de Giresse. Il nous avait proposé 15h30. Ce sera finalement vers 19h00…Soirée avec Lio et Lilette.

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Le 18 Août 2008 : Départ pour Saly.

Après un au revoir aux deux français, nous chargeons les sacs sur nos épaules direction la gare routière. Trois heures de taxi-brousse plus tard nous voila rendus à Thiès, ville étape où nous effectuons un changement de taxi. Nous avons maintenant le reflexe de poser nos fesses sur les places de derrière où l’on est sur d’avoir un dossier (oui madame, nous pensons à notre confort). Une heure plus tard, arrivée à Mbour, ville qui nous permet rallier Sally où habite, à priori, Julien Lesage, un ami français qui nous a proposé de nous accueillir quelques jours. Julien habite au Sénégal depuis plus de deux ans, il s’est d’ailleurs marié ici. En fait, il nous annonce, par téléphone, qu’il réside non pas à Sally mais à Popenguine, située à 30 km de là. Nous avons à peine le temps de déposer les bagages en bord de route qu’une jeep s’arrête. A son bord trois baïfas (Sénégalais adhérant au rastafarisme) nous conduisent vers cette petite ville. C’était sans compter sur une boîte de vitesse capricieuse et bruyante (on ne pouvait pas aller à plus de 30 km/h), obligeant à s’arrêter prématurément. Un autre taxi prend alors le relais pour nous conduire à Popenguine. C’est dans une petite auberge « chez Ginette » que nous retrouvons enfin Julien.

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Il est assis, les cheveux aux vents, les reflets du soleil scintillant sur les nombreuses vagues de la mer sévissant juste derrière son dos. Maxime, son frère, l’accompagne. Ces deux là semblent très sereins dans ce magnifique cadre où la savane verdoyante accroche les falaises rouges qui viennent se perdre dans le ventre de l’Atlantique. Loin de la ferveur de la ville, nous sommes dans un véritable havre de paix. Par la suite, nous rencontrons Marthes, la femme de Julien pétillante de vie. C’est dans une chambre de leur maison que nous déposons les bagages. Après une agréable soirée avec des amis Popenguinois de Julien, le lit à moustiquaire est la bienvenue. D’ailleurs, ici, pendant la saison des pluies et particulièrement cette année, les charmants vampires miniatures sont nombreux et agressifs. P.D.M. (Pschitt !, Doxycicline et Moustiquaire) de rigueur.

Le 19 Août 2008 :

Nous assistons à un match sur le terrain de Popenguine. Sous une légère pluie, c’est un magnifique Baobab qui nous accueille. Il semble monter la garde de ce terrain en dur bordé par une terre rouge où gambadent quelques chèvres et chevaux. A quelques centaines de mètres, des collines verdoyantes se découvrent et lancent un appel à l’exploration. Le soir, nous dégustons un succulent riz au poisson majestueusement préparé par Marthes, cordon bleu hors pair.

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Le 21 Août 2008 :

Suite à un réveil matinal, Julien, Maxime, Nabou, Marie-Clo (une cousine et une sœur de Marthes), Thomas, Romain et Aurélien partent explorer un lieu singulier à Popenguine : Le cap de naze. La troupe marche pendant 1 km sur le sable de la plage avant d’atteindre la fameuse falaise surplombant l’océan. Aurélien commence à grimper la pente douce faite de gravier volcanique pour atteindre le sommet, 100 mètres plus haut. Il est suivi par Thomas et Romain qui découvrent à leur tour le panorama extraordinaire qu’offre ce point de vue. Derrière, une étendue verdoyante (la réserve naturelle de Popenguine). A gauche la roche rouge. A droite, la petite ville de Popenguine entourée de baobab, de manguier, de goyavier….et en face, l’océan à perte de vue. Sur lequel nous distinguons, d’ailleurs, trois tours au loin, situées à 80 km : Dakar.

Le 22 Aout 2008

Ce matin, c’est un réveil en musique qui nous extirpe de notre matelas. Fary et Eddy se sont installés dans le jardin afin de nous faire découvrir leurs talents de percussionnistes. C’est Fary, le meilleur percu du village, qui mène la danse. Aujourd’hui, il n’est pas au top de sa forme selon Julien. Reste que ce dernier est impressionnant dans sa technique et sa fusion avec l’instrument. On est obligé de danser sur ces rythmes entrainant. Cameraman oblige, Thomas filme ce moment unique.

Le 23 Aout 2008

Un foot sur la plage a été organisé en début d’après midi. Quelques personnes sont présentes sur le sable, mais il commence à pleuvoir. Nous trouvons un abri en attendant les joueurs. Lorsqu’ils arrivent, la pluie redouble d’intensité. C’est Romain le premier qui rejoint le petit groupe pour une séance de jonglage. En moins de deux minutes de temps, le voila trempé jusqu’aux os. Julien, Max et Aurélien viennent à leur tour rejoindre la partie. Un 5 vs 5 s’organise. Au départ, le match devait être divisé en deux mi temps de 15 min. Finalement, ce sera une seule mi temps de 90mn…

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Romain commence par un coup d’éclat, il passe un petit pont et transperce la ligne défensive. Mais les toubabs, bien que très volontaires vont être un peu dépassés par l’endurance et la technique des quelques joueurs habitués à ce terrain particulier. Après une bonne douche bien méritée, la petite troupe se prépare pour une soirée musicale au « keur de sable », hôtel restaurant fort sympathique. Après avoir commandé quelques gazelles, la troupe de musiciens arrive au compte goutte. C’est d’abord un percussionniste qui lance les festivités, puis un autre, caché dans les fourrés, déambule avec son djembé pour venir se placer près du premier. Chaque musicien rentre de cette manière (flute, harmonica et autres percussions…). C’est ensuite à trois délicieuses danseuses de rentrer en scène. Chacune d’elles s’élancent à tour de rôle dans l’aire de danse. Très énergiques, elles utilisent tout leur corps et semblent se laisser envahir, comme dans un état de transe, par ces rythmes endiablés. Il s’agit en fait d’une danse traditionnelle du Sénégal : le ballet. Les spectateurs peuvent venir danser également, ce que font la majorité des Sénégalais. Julien est le premier toubab à aller sur scène, c’est un musicien qui vient le chercher comme s’il connaissait les talents de ce danseur qui provoque cris et applaudissements dès ses premiers pas. Maxime rejoint en trombe son frère et se déchaine sur la piste. On dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Le spectacle se finit par une danse générale. Un très bon moment festif !

Le 24 Aout 2008

La journée, hivernage oblige, se déroule sous une pluie torrentielle incessante. Cette dernière provoque comme chaque jour (mais particulièrement aujourd’hui) des coupures d’électricité à répétition. Les activités principales sont alors jeux de cartes et Ludo (jeu de société très répandu au Sénégal) à la lueur des bougies.

Le 25 Aout 2008

Visite de l’île de Fadiouth à 80 km de Popenguine. Entouré de mangroves, ce village de 8000 âmes est construit sur un amas de coquillages et de coquilles d’huitres. De plus, il doit aussi sa notoriété grâce à son cimetière mixte. Tombes catholiques et mausolées musulmanes cohabitent dans une parfaite harmonie. Chose plutôt rare dans un pays composé de 94% de musulmans.

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Du cimetière, nous empruntons une pirogue à perche pour observer de plus près les greniers à mil sur pilotis situés sur une petite ile bordée de mangroves. L’aller se passe bien. Au retour, nous ne pouvons être que spectateur du rideau de pluie qui avance inexorablement vers nous. En moins d’une minute, nous voila trempé de la tête au pied, le déluge dure tout le long du voyage retour (10-15min). Le beau temps revient juste au moment où nous accostons. Soleil, ciel bleu, chaleur. Le contraste est saisissant.

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Le 26 Aout 2008

Nous déjeunons chez Pascal et Sylvianne, un couple de Français installés à Popenguine depuis 5-6 ans. Nous profitons de notre dernière après midi sur Popenguine beach. Puis, comme pour fermer la boucle, nous assistons à un magnifique coucher de soleil « chez Ginette » en compagnie de Julien, Max et Marthes. Soirée repos car demain levé 6h pour Dakar.