Le 29 aout 2008
Journée détente pour les trois baroudeurs puisqu’ils vont visiter la belle île de Gorée, au large de Dakar. Pour s’y rendre, un seul moyen, le bateau. Nous hélons un taxi, ce dernier nous conduit sur le port puis nous attrapons la navette de 12h30. Après 25 minutes de traversée, nous voilà sur cette fameuse île de Gorée surnommée « l’île aux esclaves » du fait de son histoire. Ancien carrefour de la traite négrière, cette île rocheuse est habitée par un calme prodigieux. Les rues sinueuses sont bordées de vieilles maisons coloniales aux façades ocres, roses, jaunes et aux volets bleus. Au pied de chaque bâtisse, des bougainvillées poussent de façon anarchique, colorant un peu plus les ruelles de cet imposant rocher.


Devant ce spectacle coloré, nous montons en haut de l’île en empruntant une allée bordée de baobabs qui donne sur une vue imprenable de la Skyline Dakaroise. Ensuite, direction la maison des esclaves, lieu incontournable de l’île car c’est le symbole de la traite négrière. Le conservateur nous explique l’histoire sombre de ce magnifique bâtiment pendant environ 20 minutes. Nous finissons la journée à nous balader tranquillement sur l’île avant de retrouver la pollution et les embouteillages de Dakar. 18h, nous rentrons à l’hôtel.

31 août 2008 : récits croisés, les trois camarades se séparent temporairement
C’est avec le chant du Muezzin de Ngor qu’Aurélien se lève à 6h30. C’est pour lui le grand départ pour le Mali. Sa mission, récupérer Sarah à l’aéroport de Bamako mardi soir. Lyo, son compagnon de voyage et ami de St Louis, l’attend en bas de l’auberge, plus ou moins frais. Après un passage au « Régal », petit complexe touristique, Lyo dit au revoir au dirigeant (Ali) qui l’a logé quelques jours auparavant. Les deux compères arrivent à 8h du matin à la gare routière, transformée en piscine d’eau stagnante suite aux importantes pluies de la veille. Hésitation entre taxi collectif (7 places) ou taxi-brousse (18 places). Ils optent finalement pour le taxi-brousse qui relie Dakar à Kidira, la dernière ville Sénégalaise avant la frontière Malienne. Aurélien et Lyo attendent que le taxi se remplisse avant de partir et le délai est évidemment très variable d’un jour à l’autre. Pour eux, ce sera une attente de 4h30 puisqu’ils décollent enfin à 12h30 de la gare routière la plus grouillante du pays de la Teranga. Ils ont acheté trois places pour deux afin d’obtenir un minimum de confort (et oui) pour parcourir ces quelques 700 Km, une ballade de santé en France mais un vrai parcours du combattant ici. Les étapes sont régulières et ils ont un espace vital nécessaire. Tout cela concorde à leur faire passer un agréable voyage. La route est en majorité goudronnée mais à vue de nez, 40% de cette dernière regorge de bosses et de nid-de-poule. Les 100 derniers km avant Tambacounda (ville étape) sont constitués exclusivement d’une piste difficilement praticable et très accidenté. C’est vers 0h qu’ils atteignent enfin Tambacounda.
Pendant ce temps, Thomas et Aurélien profitent de ce dimanche pour dormir et taper la balle dans un terrain de Ngor avec des Guinéens et des Sénégalais. Rincés de ce match, les deux cousins terminent la journée devant une bonne bière bien méritée, tout en admirant le splendide coucher de soleil.


01 septembre 2008
Arrivés à Tambacounda vers 0h, Aurélien et Lyo ne savent pas dans quelle ville dormir : Kidira ? (Sénégal), Kayes ? (Mali) ou pourquoi pas Bamako ? Mais cette option semble la moins adaptée. A Tambacounda, un autre taxi-brousse prend le relais. « C’était prévu ? » demande Aurélien au chauffeur. « Oui oui » lui répond-il. « Ah bon ». rétorque Aurélien. (C’était vraiment très intéressant…) Ensuite, un changement de véhicule, pas de problème pour les deux compères mais ils n’ont maintenant plus que deux places pour deux. Ils abandonnent certaines personnes avec qui ils ont créé des liens, mais rien de bien grave au fond sauf que là, le taxi-brousse à une configuration différente que précédemment : trois places à l’avant, des grilles, une banquette de quatre avec un strapontin au milieu, une deuxième banquette quatre places avec un strapontin et au fond deux banquettes quatre places se faisant face. Donc si nous faisons le compte, ce charmant véhicule peut contenir au mieux : 2+4+4+8=18 personnes, mais comme plus il y a de monde et plus on rentabilise, le chauffeur a bourré à bloc le camion arrivant à entasser 25 personnes…Bon c’est vrai, il y en avait trois dehors sur le marchepied, il n’empêche que, c’est dans ce genre de moment que l’on perçoit la justesse de l’expression « serrés comme des sardines ». C’est comme si vous preniez le métro un matin de forte affluence et que vous étiez obligés de pousser la porte pour qu’elle se ferme et qu’au lieu de 10 ou 20 minutes de trajet, vous en aviez pour 5h30. 5h30 pour faire 200 km.

Assis sur la banquette de derrière, Aurélien et Lyo sont contraints de changer régulièrement de position du fait du manque de place. Déjà un peu fatigués par le voyage précédent, 20 minutes dans ce taxi les épuisent physiquement. Dans un premier temps, Lyo dort contre la fenêtre pendant qu’Aurélien sommeille le dos fléchi, la tête reposant sur son poing qui se dérobe toutes les trois secondes lorsqu’il s’endort subitement. Puis c’est au tour d’Aurélien de se poser contre la fenêtre pendant que Lionel tente de roupiller la tête sur ses genoux. Et rebelote, Aurélien se repenche en avant, sa tête vacille, puis se pose sur ses genoux ou parfois sur les genoux d’un voyageur en face qui vous fait bien comprendre, par un petit coup sec que ses quadriceps ne vous serviront pas d’oreillers.

La piste, en terre rouge comporte des trous particulièrement béants après les intempéries climatiques. Le taxi vire, tangue, roule dans les trois plans de l’espace et le chauffeur roule à 30 km/h en moyenne. Il se fait même doubler par des camions…Un calvaire. Les voyageurs du marchepied étant descendus en cours de route, Lyo veut à son tour aller dehors pour posséder un peu plus d’espace vital mais il n’est pas question qu’un toubab aille dehors au cas où il tomberait lamentablement. Dans ce genre de cas, il n’y a plus qu’une solution : accepter, faire avec et tenter malgré tout de passer un bon moment. Les deux acolytes ne pouvant pas dormir ils parlent longuement avec quelques voyageurs mais surtout entre eux. Dans ces circonstances, on se confie, on parle de la vie, de l’amour et on apprend à se connaître tels des compagnons de cellule qui comblent leur solitude et leur désespoir dans le dialogue intimiste (Thomas tient à signaler que ce passage cucul la praline a été rédigé par Aurélien, Thomas ne fait que recopier ses écrits). Vers 6h du matin, ils arrivent à Kidira. Qui dira que nous sommes poisseux, cernés et puant sera dans la vérité (ouh la bonne blagouse). Pourtant, cet état ne rebute pas le fou du village qui vient à leur rencontre. Sa bouche édentée ne l’empêche pas de rire aux éclats lorsqu’il nous voit. Il est muet et ne communique que par le rire. Il prend la cigarette allumée qu’Aurélien fumait puis exécute des gestes incompréhensibles que les deux compères tentent d’analyser. Il semble plus sale qu’eux même et paraît les apprécier. Il sert la main de Lyo et prend Aurélien dans ses bras en rigolant. Cela touche Aurélien, mais il se dit aussi que ce contact furtif peut être l’occasion d’échanger quelques bactéries que son corps n’a jamais connues, Et la suite de l’histoire lui donnera raison. C’est dans un petit poste de police à l’air libre qu’ils se font tamponner leurs passeports. Les compagnons du commissaire sont assez singuliers, il s’agit de grosses sauterelles vertes qui virevoltent dans tous les coins. On imagine bien alors, en se les prenant dans les jambes et le visage, qu’une invasion de ces bêtes peut constituer une pluie. Les deux voyageurs trouvent tout de suite un car qui part pour Bamako. La décision est prise. Vu l’état dans lequel ils sont, autant aller jusqu’au bout. Le bus, de la compagnie « GlanceTour » (le meilleur du Mali) part à moitié plein, il est 7h30 du matin.

Ils découvrent alors un paysage rural extrêmement verdoyant (saison des pluies oblige) et malgré le soleil ardent, il règne autour de cette brousse une sensation de fraicheur. Plusieurs forets de baobab croisent leur chemin. Lyo s’extasie devant la masse imposante de ces arbres sacrés. Aurélien, lui, les trouve beaucoup plus chétifs que ceux observés au Sénégal, mais bon, la fatigue peut apporter avec elle son lot d’hallucinations. Arrivés à la gare routière de Kayes, première grande ville du Mali, Aurélien fait la rencontre avec les pires latrines qu’il n’ait jamais vues (et senties) et pourtant il commence à avoir une belle collection en mémoire. Le bus repart, mais cette fois-ci, il est rempli. La route entre Kayes et Bamako est splendide : collines verdoyantes, grande savane, nombreux points d’eau et arbres majestueux. Un régal pour les yeux. Lyo discute avec un Malien qui est parti vivre en France depuis 15 ans, il s’appelle Fily. Lui aussi, il rejoint Bamako. Il leur propose de venir dormir chez lui cette nuit, si les deux compères le souhaitent. Pourquoi pas. La fin du voyage approche, ils achètent leurs dernières madeleines et poches d’eau glacée aux vendeurs qui viennent s’agglutiner au car à chacun de ses arrêts. L’arrivée dans la capitale du Mali se fait sentir. C’est à 22h que le véhicule entre en gare de Bamako. Une voiture attend déjà Fily. Ils embarquent avec lui. Très peu de temps après leur arrivée, on leur sert du poulet aux alocos. Un pur bonheur après ces 32 heures de trajet un peu éprouvantes. Pour finir, ils trouvent un grand lit douillet dans lequel ils se jettent pour une bonne nuit récupératrice de 10h. Merci Fily, c’est grâce à toi qu’ils ne se sont pas galérés à chercher un hôtel dans cette grande ville inconnue à leurs yeux et qu’ils ont pu reposer leurs corps meurtris (oh le mytho) dans un confort très bienvenu.
Après le départ d’Aurélien, c’est au tour de Romain et de Thomas de préparer leur long périple. Ils emprunteront « l’express », train mythique qui relie Dakar-Bamako en trois jours. Vestige de l’époque coloniale, ce train est certes l’un des plus beaux du monde mais aussi l’un des plus lents du fait de ses nombreux déraillements, problèmes mécaniques ou pertes de wagons… Mais la lenteur de ce train ne réfrène pas l’ardeur de ces deux voyageurs assoiffés d’aventure. Arrivés à l’ancienne gare coloniale de Dakar, les deux cousins rencontrent trois dames assises sur un banc en bois, elles revenaient tout juste de Bamako par le train. Tandis que Romain engage la discussion, Thomas poireaute au guichet. 30 min après et les deux billets en main, les deux cousins sortent de la gare. Départ mardi à 13h50 de la gare d’Hann.

Pour leur dernier après-midi à Dakar, ils décident de se rendre au stade Senghor pour prendre quelques photos. Après avoir déposé nos cartes d’identité au poste de sécurité du stade, Romain dégaine l’appareil photo tandis que Thomas sort la caméra, Et c’est parti pour la mitraille vidéo…C’est sur la pelouse de cet imposant stade de 60 000 places qu’ils rencontrent M. Boucher, l’entraîneur de Génération Foot (centre de formation affilié au FC Metz) avec qui ils bavardent un long moment. Fin d’après-midi, ils décident de rentrer tranquillement à leur hôtel. Logiquement, ils se rendent donc au poste de sécurité pour chercher leurs cartes d’identités et attendre patiemment que le gardien leur donne. 20 min plus tard, pas de carte, le vigile les rassure et leur demande de patienter encore, chose qu’ils savent très bien faire après deux mois en Afrique. 1h30 après, le chef de la sécurité (chaussé d’une belle paire de tong à paillettes multicolores) leur apprend la triste disparition de leurs cartes d’identités…Énervés, ils repartent à l’hôtel.
02 Septembre 2008
Lever 7h, direction l’Ambassade de France pour signaler la perte de leurs cartes. Arrivés là-bas, la dame de l’accueil les invite gentiment à passer au commissariat de police faire une déclaration de vol. Impossible pour eux de faire quoique ce soit sans ce papier, leur départ pour Bamako étant trop proche, ils diffèrent cette tache administrative à la semaine prochaine. Après un bon déjeuner au viking, ils prennent un taxi pour la gare d’Hann. Arrivé là-bas, le taxi man leur explique, avec un français hésitant, que le reste du chemin est impraticable en voiture et qu’il faut alors marcher quelques mètres…Chargés comme des mules, ils commencent la recherche de cette fameuse gare. Rien à proximité. Ils demandent alors à un policier de les aider et celui-ci les informe que la seul gare de Dakar se situe a environ 10 km d’ici…Il leur arrête donc un taxi et explique au chauffeur leur destination…C’est reparti pour un tour. Le taxi driver, cigarette au bec, se faufile dans des ruelles sinueuses, boueuses et gavées de trous, inondées par les pluies torrentielle de la veille... 15 minutes après, ils arrivent près de la gare…Mais pas la bonne, les voilà revenus au point de départ, soit, la gare de Dakar. À croire que personne ne connaît la ville. Du coup, ils reprennent encore et encore un taxi, en expliquant bien le lieu de destination. Le chauffeur les rassure en affirmant qu’il connaît très bien, c’est parti…Il est 13h40, soit 10 minutes avant le départ du train. Le chauffeur prend l’autoroute, rentre dans le village d’Hann, s’engage sur un chemin en terre puis les dépose devant une maisonnette située en bordure des rails. 13h50, nous arrivons à l’heure.

De nombreux passagers sont déjà présents et attendent le train. Certains patientent déjà depuis longtemps. Comme eux, ils s’installent à l’ombre puis essaient de s’occuper. Romain lit tandis que Thomas regarde jouer les gamins au bord des rails. 15h et aucun train à l’horizon…16h : le néant. Seules quelques femmes vêtues de boubous colorés portant des bassines sur leurs têtes déambulent le long des rails. Dix minutes après, des cris de femmes se font entendre. Thomas se lève puis aperçoit un homme en sang de la tête au pied s’éloigner des passagers…Apparemment un voleur. Portés par deux de ses camarades, il essaie de s’échapper, mais ses poursuivants, plus rapides, le rattrapent aussitôt. Devant le regard désabusé des policiers, une bagarre éclate à 20 contre trois. Le voleur finit à terre, une bonne partie de son cuir chevelu arraché. Bref voilà le sort réservé aux brigands. C’est la population qui punit, la police ne s’en mêle pas. C’est en quelque sorte la justice sauvage. Cet incident nous oblige à redoubler de prudence. 17h: un train se dessine à l’horizon. Thomas prépare ses bagages, prêt à embarquer. Romain, lui, allongé, ne bouge pas d’un poil. Un train bleu aussi rempli qu’un métro parisien le jour d’une grève s’arrête. Quelques personnes en sortent puis d’autres y montent. Le chef de gare informe Thomas que ce train n’est pas le leur. Fausse joie, Thomas se rallonge et Romain rigole. En bref, ils verront une dizaine de trains comme celui-ci…

20h…Rien 22h…Découragés, quelques personnes s’en vont. 23h…Premier coup de gueule rapide d’un passager pointant du doigt le manque de professionnalisme du personnel de gare. Ce fut bref car cinq minutes après cette altercation, le calme revient. 00h… La même personne vient se plaindre une nouvelle fois. Très vite, les femmes se joignent à lui. Un bras de fer commence alors entre les passagers qui veulent des explications et le chef de gare qui tente vainement de calmer le jeu. Une véritable révolution éclate dans cette petite gare tranquille d’Hann. Romain et Thomas, allongés sur leurs sacs respectifs, regardent d’un œil amusé cette scène folklorique. Pour la première fois depuis 13h50, le chef de gare leur explique la cause de ce retard: Problème de frein. Mytho ou vérité ? Fatigués, les deux cousins se regardent puis rigolent.
03 septembre 2008
La révolution au sein de la gare d’Hann a porté ses fruits puisque quelques minutes après, un train aux couleurs du Sénégal pointe le bout de son nez. Pas de doute, cette fois ci c’est bien le leur. Tous les passagers remballent les tapis et préparent les bagages sauf Romain, qui, n’y croyant plus, reste allongé. En effet, il a bien raison, puisque le train passe devant leurs yeux, sans s’arrêter, comme si le conducteur voulait les énerver. En réalité, les freins du train ne répondant plus, il a dû s’arrêter un peu plus loin pour ensuite faire marche arrière afin que les passagers puissent embarquer…Ce voyage commence plutôt bien… Bref, ils montent à bord et gagnent leurs couchettes. Quatre lits par compartiment. Ils partagent la leur avec la femme du chef de la sécurité du train. Cette charmante personne va se révéler être leur maman pendant tout le voyage. D’autres passagers s’installent en classe économique alors que quelques clandestins trouvent refuge entre les wagons ou sur le toit. Vers 1h, le train démarre enfin (sans frein)…euh non, les montagnes russes seraient une description plus exacte. Un temps d’adaptation est nécessaire pour s’habituer aux balancements incessants des wagons dûs à un mauvais entretien des rails. Persuadés qu’ils allaient se renverser. Romain et Thomas se regardent, rigolent puis s’endorment.


9h du matin, Thomas se lève en premier. Arrêtés à Thiès (80km de Dakar). 7h pour faire 80 malheureux Km. Ouah. À ce rythme, il leur faudra un mois pour arriver à Bamako. Freins réparés, nous repartons, Thomas, accoudé a une fenêtre, regarde le paysage qui défile : terre rouge, brousse à perte de vue, falaise et de temps à autre, des petits villages de huttes au milieu de l’immensité du Sahel. Le seul avantage de la prodigieuse lenteur de l’express est de pouvoir découvrir tranquillement ce paysage unique. Le spectacle continue lorsqu’on arrive dans une gare de village : les habitants se précipitent alors depuis les bleds du coin aux fenêtres du train pour vendre des bananes, épices et produits locaux…À l’intérieur, les voyageurs s’amassent aux fenêtres et font leur marché.


Selon la taille des bleds, le train peut rester une bonne heure en gare…Dans ce cas, les deux cousins sortent du train pour acheter des victuailles et de l’eau. Au sifflet du chef de gare, tous les passagers courent vers leurs wagons respectifs (toit compris). Les plus lents, eux, attrapent le convoi en cours de route. Ce train de métal verdâtre, roulant sur deux malheureux rails posés à même le sol en friche, continue sa route péniblement jusqu'à la prochaine gare. L’utilisation du klaxon se révèle très fréquente puisqu’indispensable : cela permet, soit de faire fuir les animaux trop proche des voies, soit d’avertir les passagers placés sur le toit de l’arrivée d’une branche trop basse. Au moment du dîner, quelques femmes cuisinent dans les couloirs. Certains préparent le rituel du thé avec leur propre fourneau alors que d’autres s’adonnent à la prière sur leur tapis…Bref une expérience unique et très folklorique.
Après le dîner, chacun s’occupe comme il peut, Romain essaie de lire quand l’électricité fonctionne et Thomas traîne dans les couloirs. D’autres, allongés sur leur couchette, discutent entre eux jusqu'à pas d’heure. Les discussions de tout genre vont bon train. (Thomas est très fier de ce jeu de mots). Fin de la journée, ils ont quitté la région du Siné Saloum…ils rentrent maintenant dans l’une des plus grandes régions du Sénégal : Tambacounda.
04 septembre 2008
Toutoune et Romain, réveillés vers 8h, constatent que le train est arrêté à Kidira, dernière ville du Sénégal. Invités à prendre le petit-déj par la femme du chef de sécurité, ils descendent du train la tête dans le cul. Le menu : pain kiri (périmé selon Romain) avec du lait de chèvre…humm. Ils restent 1 heure dans ce petit village. Le train repart, passage de la frontière du Sénégal sans problème. Pareil pour celle du Mali. Quelques montagnes, recouvertes d’un léger tapis vert, se dessinent au fur et à mesure qu’ils pénètrent dans les terres Maliennes. Romain et Thomas passent la journée entière, accoudés sur le rebord de la fenêtre, à scruter le splendide paysage verdoyant du Mali. À part quelques pannes au milieu de la brousse, le voyage s’est bien déroulé.


05 septembre 2008
Ils se réveillent vers 8h. Leur « train mate »(cf dictionnaire d’anglais) leur indique que le train s’est arrêté dans un village à 15 Km de Bamako. La raison de cet arrêt est claire : un ouvrier s’est broyé la main. Ils poireautent ainsi environ 1h dans ce bled perdu. Le train repart puis s’approche petit à petit de Bamako. C’est vers 10h qu’ils arrivent enfin à destination. Tous les passagers descendent de l’imposant train. Les quais fourmillent de marchands, de taximan, de voleurs…Bref, le gros bordel. Romain et Thomas prennent leurs bagages et se dirigent vers la sortie. Un taxi les conduit à la mission catholique de Badalabouglou, lieu de rendez vous avec Aurélien et Sarah. Arrivés là-bas, c’est la douche directe suivie d’une bonne bouffe. Vers 12h, nous frappons à la porte de notre compagnon de route. Encore endormi, Aurélien ouvre, sourit, sort de la chambre et leur raconte ses aventures. Les trois camarades sont heureux de se retrouver et se font des bisous. Romain, ravi de revoir « Gros Nez » pince joyeusement les tétons de ce dernier.
















