13 avril 2009

Une fois nos passeports tamponnés, nous trouvons un hôtel dans le centre ville de San Carlos, petit bled coincé entre le lagon de Nicaragua et le rio San Juan. Nous profitons de la fin de journée pour planifier nos prochains jours et faire un point financier. Au programme : 4 jours à El Castillo. Sur le plan financier, le calcul est rapide, nous disposons de 80 dollars soit 10 dollars chacun par jour…gloups. Après avoir récolté quelques informations auprès des locaux, nous apprenons qu’il n’existe aucun distributeur d’argent dans les alentours. Le plus près se trouve sur l’Isla de Ometepe, soit le chemin inverse de notre destination. Malgré ce hic financier, nous décidons tout de même de tenter l’aventure et de nous rendre à El Castillo via le rio San Juan.

14 avril 2009

Nous attrapons le bateau de 13h et commençons la descente du rio San Juan. Ce fleuve, large comme la Loire, s’étend sur 199km de long et constitue à certains endroits la frontière entre le Nicaragua et le Costa Rica. Il prend sa source dans le lagon Nicaragua pour se jeter ensuite dans les Caraïbes. La végétation qui borde le rio est sublime et la faune très riche. Nous traversons des petits villages composés de quelques dizaines d’habitations vétustes puis arrivons à El Castillo, au bout de trois heures de traversée. Nos regards sont happés par une vieille forteresse érigée sur le haut d’une colline. Construite en 1675 par les espagnoles, ce bâtiment avait pour but de repousser les invasions des pirates qui étaient attirés par l’or de Granada. Aujourd’hui, cet édifice riche en histoire est l’attraction touristique du village. Pourtant, il parait bien petit vue de notre embarcation…Une fois à quai, nous cherchons un hôtel bon marché puis atterrissons à l’hospedaje Universal. La chambre se révèle assez petite et rudimentaire mais la terrasse offre une vue imprenable sur le rio et les lits sont bien confortables, une fois n’est pas coutume.

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Nous profitons de la belle lumière de fin d’après midi pour visiter les lieux et casser la croute. La soirée se termine sur la terrasse à scruter le rio. Une petite demi-heure après, les deux cousins s’endorment paisiblement, bercés par le murmure des rapides situés à 100 mètres de leur hospedaje.

15 avril 2009

Nous prenons la journée pour se familiariser avec les lieux et pour se reposer. Malgré une visite poussée de la ville, aucune trace de ballon rond et pour cause, au Nicaragua, le football est détrôné par le base-ball puis le basket-ball. Drôle de pays non ?! Cependant, nous rencontrons un habitant du coin qui nous propose d’organiser un foot avec ses amis à 9h demain matin. Parfait, nous acceptons l’invitation. Point de RDV, son restaurant.

Nous consacrons le reste de la journée à écrire, lire, écouter un petit Pink Floyd tout en regardant les enfants du village se baigner dans les eaux tièdes du rio. Plus loin, nous assistons à des va et viens incessants de pirogues en bois appartenant certainement à des pécheurs ou à des habitants vivant dans les pueblos situés aux alentours. Pendant ce temps là, le soleil décline doucement, arrosant le village de couleurs chaudes, signe que l’aiguille approche des 19h. Nous troquons le livre pour les couverts et partons casser la croute dans un restaurant situé à proximité des quais.

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Après avoir ingurgité un bon poulet accompagné de frites, nous reprenons nos activités mais cette fois ci, éclairés à la lumière de la bougie ! En effet, en cette douce soirée, El Castillo est victime d’une coupure d’électricité générale (qui durera jusqu'à l’aube tout de même).

16 avril 2009

Levés 8h, nous sautons le petit déjeuner par manque de moyens financiers puis chaussons nos belles chaussures de foot usées. Pour la deuxième fois, nous partons à la rencontre de notre ami footballeur. Nous empruntons la rue principale du village, saluons les locaux d’un regard amical puis pénétrons dans le restaurant. Nous patientons un petit moment pour apercevoir, quelques minutes après, le bout du petit nez de notre organisateur de talent. Ce dernier, un peu gêné de nous annoncer la nouvelle, reporte le match à 14h, faute de joueur. Pas de problème, attendre, c’est notre dada…héhé

14h, comme convenu, nous voila devant la porte de son restaurant. A notre grande surprise, les lieux sont vides. L’organisateur, un peu perdu, nous invite à revenir à 16h car ses amis sont indisponibles. « Nom d’une bourrique à trois pattes, c’est abusé » acquiescent les cousins désabusés. Bref, nous trouvons facilement une occupation jusqu'à 16h.

16h, les cousins, vêtus de leurs tenues de foot, retournent une nouvelle fois sur le lieu de rendez-vous rencontrer leur « ami ». Arrivés sur place, l’expression de son regard semble plutôt synonyme de mauvaise nouvelle. Pas besoin d’être un grand chaman d’une tribu paumée au fin fond de la Mésopotamie du sud pour comprendre que la partie va une fois de plus tomber à l’eau. Bingo… Il nous invite tout de même à nous rendre sur le terrain de foot à 18h, il est possible que ses amis y soient à cette heure tardive.

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Marre de se prendre des vents, nous partons immédiatement sur le terrain de foot du village situé au bord du rio San Juan en espérant dégoter une partie. Arrivés sur place, la surprise n’est pas au RDV. A part quelques enfants qui tripotent la balle, rien de très passionnant. Nous prenons tout de même quelques clichés car le spot est intéressant puis repartons en direction de l’hôtel. Nous faisons nos sacs puis profitons de notre dernière soirée pour … ne rien faire, c’est tellement bon. Juste écouter la nature et observer le soleil se coucher.

17 avril 2009

Nous quittons ce havre de paix de 1200 habitants en empruntant le bateau de 7h. Nous traversons les quelques dizaines de kilomètres qui séparent El Castillo de San Carlos en trois bonnes heures. Arrivés à destination, nous investissons nos derniers dollars dans l’achat de deux billets de ferry pour rejoindre l’époustouflante Isla de Ometepe. 60 km sépare le continent de l’ile. Une broutille. Il faudra tout de même 12h pour s’y rendre. Assis en seconde classe, avec les locaux, nous avons tout de même droit au visionnage des clips des années 80 (notamment un très bon « Can’t Touch This » de MC Hammer), de l’intégrale de Céline Dion (Aïe…), d’un film d’épouvante (The Eye 2) plutôt bienvenue après l’épouvantable chanteuse évoquée auparavant puis à l’intégrale de Los Tigres de on ne sait plus quoi, groupe mexicain, mélange entre les Gypsy King et les Musclés (du haut niveau donc). Bref, de quoi avoir un bon mal de crane. Heureusement, la nature a eu pitié de nous et nous a offert un merveilleux couché de soleil qui a permis d’égayer cette traversée. Nous arrivons vers 1h du matin sur l’Isla de Ometepe puis trouvons refuge à l’hospedaje Ortiz située dans un petit village de 2770 habitants, Altagracia,

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18 avril 2009

Levés vers 10h, nous profitons de cette belle journée ensoleillée pour visiter le nord de l’ile. Direction Moyogalpa, seul village doté d’un distributeur d’argent. Nous empruntons un bus dont l’état est loin de friser la perfection et scrutons le paysage défiler devant nos petits yeux mal réveillés. Le décor est saisissant. L’ile est formée de deux volcans qui portent les noms de Conception et Maderas. Le premier, toujours en activité, a une forme presque parfaitement conique. Le deuxième, éteint, possède un lac en son sommet. La végétation est d’une richesse inouïe. Chaque arbre possède des fleurs différentes coloriant ainsi le paysage de couleurs chaudes telle une peinture de Gauguin (vous remarquerez la belle envolée de Toutoune, artiste poète qui gagne à être connu). La faune est toute aussi riche, oiseaux à gogo dont l’urracas qu’on peut trouver partout sur l’ile ou encore des singes hurleurs…bref, voila l’ile rêvée de Robinson.

A Moyogalpa, une fois l’argent retiré (ouf, ça y est !), nous profitons de notre présence dans le village pour flâner dans les rues et observer la vieille église coloniale qui orne la place principale.

De retour à notre hôtel, nous apprenons par le fils de Mario Ortiz (le charmant, serviable et souriant propriétaire de l’hospedaje du même nom) que la première demi-finale du championnat de football de l’Isla se déroule près de Balgue, petit bled situé au sud. Nous avalons un déjeuner à une vitesse inégalable puis partons attraper le bus. Mais ici, la vie marche au ralenti et les bus ne sont pas très pointilleux au niveau des horaires. Nous patientons une bonne demi-heure pour un bus qui ne viendra jamais. Nous avons donc loupé de peu la première demi-finale. Décidément, le foot nicaraguayen ne nous veut pas. Le seul point positif de la journée, est que nous avons rencontré Aurélien et Sarah (nous les avions quitté à San José), les deux amoureux en balade. Par conséquent, nous avons eu le temps de nous faire plein de bisous. Car on ne le dira jamais assez, à MaisVousEtesFoot, on aime les bisous.

19 avril 2009

Aujourd’hui, nous avons prévu en fin de matinée de rejoindre une nouvelle fois le secrétaire général de l’association et sa charmante compagne Sarah. Ainsi, ils pourront nous raconter plus en détail leur séjour au Costa Rica. Nous restons un moment ensemble avant qu’ils ne prennent la route de Granada.

De notre côté, nous partons voir la seconde demi-finale située, selon les locaux, à Moyogalpa. Nous prenons un bus qui, cette fois ci, arrive à l’heure. Nous empruntons une route qui contourne le volcan Conception qui comme tous les jours, est coiffé d’un épais nuage de fumée. Après une vingtaine de minutes de trajet, nous arrivons à destination. Nous questionnons alors une dizaine d’habitants à propos du lieu exact où va se dérouler le match et… recevons une dizaine de réponses différentes ! Pas facile tout ça. Après avoir visité les environs, nous décidons de nous écarter du village en longeant l’axe principal, ceci dans l’espoir de tomber sur le fameux terrain qui accueille la rencontre. A notre grande surprise, nous découvrons un praticable avec pour toile de fond l’imposant volcan conique. Mais malheureusement, celui-ci est occupé seulement par une vache et quelques coqs. Ravis de notre compagnie, ceux-ci nous observent curieusement et nous en profitons pour prendre quelques clichés.

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L’aiguille tourne et le match touche à sa fin, inutile alors de continuer les recherches. Avoir loupé les deux demi-finales se révèle quelque peu…irritant. Nous attrapons un bus et quelques kilomètres plus tard, apercevons un attroupement sur le bord de la route…nom de Zeus ! La demi-finale ! Nous avons tout juste pu entrevoir les joueurs retirer les filets avant que le bus ne reparte. Nous rentrons à l’hôtel, blasés.

20 avril 2009

Réveil matinal pour les deux cousins car ce matin, c’est ballade à vélo du coté de la playa Santo Domingo, la plus belle plage de l’ile. 14 kilomètres aller-retour sépare Altagracia de notre objectif, soit une petite crotte par rapport au 50 km effectués en Argentine. Pourtant, la ballade s’est révélée très sportive du fait de l’état déplorable des routes, de la forte déclivité de ces dernières et de la chaleur suffocante. Mais quel plaisir de pédaler dans un tel décor !

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Nous savourons notre dernière journée sur l’ile en nous baladant dans les environs et prenons quelques clichés. Demain, c’est le départ pour Granada, ville coloniale au passé prestigieux, située sur le bord du lago de Nicaragua.

21 avril 2009

Nous embarquons sur un bateau de pêche qui nous emmène à San Jorge puis enchainons par un bus jusqu'à Granada. Nous pénétrons dans une ville d’une beauté inouïe. La place principale est bordée aussi bien par de vieilles habitations coloniales que d’élégantes églises aux façades peintes de couleurs ocres. Fondée en 1524 par Francisco Fernandez de Cordoba, Granada était jadis une des plus riches cités du pays du fait de sa localisation. Située sur les bords du lagon de Nicaragua, cette ville coloniale était au cœur des échanges maritimes avec le vieux continent. Aujourd’hui, Granada est le spot prisé des touristes.

Malheureusement, nous n’y restons qu’une petite journée car nous devons jouer un match le lendemain à Managua. Aussi, nous profitons de notre temps libre pour flâner dans les rues de Granada. Nous terminons la soirée en compagnie d’Aurélien, Sarah et de Franzisca, une suisse qui voyage depuis 9 mois. Retour tardif à l’hôtel préparer nos sacs.

22 avril 2009

Nous quittons Granada, direction la capitale : Managua. Située sur les bords du lagon de Managua, cette ville dont le quartier historique a été rasé lors d’un tremblement de terre en 1972 n’a rien d’attirante. Pas de centre, peu de vestiges coloniaux et dangereuse après 19h. Bref, la définition même de la ville glamour… D’ailleurs, vous remarquerez que nous n’avons aucune photo…et pour cause. Il n’y a rien à montrer.

Nous arrivons à notre hôtel, chaussons nos crampons et partons rejoindre Charles, un ami d’Erwan (notre pote windsurfer footballeur breton) avec qui nous sommes en contact depuis quelques mois. Au programme, un 6vs6 sur synthétique à la « Meca de futbol ». La partie commence à 20h et se termine une heure plus tard. Le match est suivi d’une troisième mi-temps. Charles nous invite par la suite à casser la croute chez lui, moment idéal pour faire plus ample connaissance avec ce jeune français que nous ne connaissions que par mail. Charles est venu s’installé au Nicaragua il y a un peu plus d’une année et travaille dans l’énergie solaire. Après de longs bavardages sur le Nicaragua en général, nous rentrons à l’hôtel où nous attendent Aurélien et Sarah. Nous faisons nos adieux à Sarah puisque celle-ci décolle dans quelques heures en direction de notre chère France. Des bisous et nous allons nous coucher les larmes aux yeux…oui oui Sarah, c’est vrai !

24 avril 2009

Nous partons rencontrer le président de la fédération de football nicaraguayenne, Julio Rocha Lopez que nous avions contacté par fax avant de commencer ce fabuleux voyage (la seule fédération, avec l’Uruguay, à nous avoir répondu). Le taxi nous dépose en face d’une petite bâtisse vétuste ou l’on peut lire : Federacion Nicaraguense de futbol. Pas de doute, nous y sommes. Nous pénétrons dans le bureau du Président puis commençons l’entretien. Julio Rocha Lopez, qui parle au passage très bien français, apporte des réponses intéressantes à toutes nos questions concernant le football au Nicaragua. Après une bonne heure de bavardage, nous rentrons à l’hôtel.

25 avril 2009

Une journée très difficile psychologiquement mais en même temps très amusante. Dur, car c’est notre dernière vraie soirée avec notre compagnon de voyage, Aurélien qui, pour des raisons personnelles, a décidé de rentrer en France (il vous expliquera pourquoi dans un communiqué exceptionnel publié en exclusivité très prochainement sur le blog de l’association). Drôle, car nous sommes invités chez Charles à un barbecue où nous passons un très agréable moment. Puis la soirée continue dans un bar de Managua où nous ingurgitons quelques rhums de Caña (la spécialité du pays) et plusieurs bières, mais avec modération bien sur. La fête se termine à l’hôtel vers 5h30 avec un bon plat de pâtes.

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26 avril 2009

Dernière journée au Nicaragua puisque demain nous partons à Tegucigalpa, la capitale du Honduras. Nous profitons de cette dernière journée tous les trois pour parler du bon vieux temps, faire un point sur nos aventures et pleurer toutes les larmes de nos corps qui, doit-on avouer, étaient encore bien remplis de rhum. Après plusieurs embrassades, nous partons nous coucher en promettant à Aurélien que nous le réveillerons le lendemain pour une ultime série de bisous. Malheureusement, nous ne le reverrons plus, celui-ci étant resté sourd aux coups frappés à sa porte à 5h du matin…mais ce n’est que partie remise ! En effet, dans quelques mois, les trois compagnons seront de nouveau réunis et partagerons d’autres belles aventures.

27 avril 2009

Départ en direction de Tegucigalpa, où nous devons rencontrer Marlon, avec qui nous allons partager les prochains jours. La suite au prochain épisode. Ouh ouh ouh ! Suspense !