03 Octobre :
Après une heure de trajet de piste et accompagné par UB 40 (red red wine, falling in love etc…), nous arrivons à la frontière Burkina/Ghana. Alors là, c’est un mélange de Kassen, de français et d’anglais qui se rencontre. Nous essayons donc de comprendre ce que nous disent les chauffeurs de bus et de taxi et ça n’est pas une mince affaire ! Finalement, après avoir rempli les formalités habituelles, nous optons pour le taxi. Le chauffeur nous amènera à Bolgatanga d’où nous prendrons un bus direction Kumasi, LA ville du football au Ghana. Mohamed Ahmed, le taxi driver est donc le premier Ghanéen que les 3 journalistes globe trotter rencontrent. Si vous vous trouvez à Bolgatanga un jour (on ne sait jamais ça peut arriver), il s’agit de l’homme à connaître. Sa philosophie étant que les touristes croisant son chemin passent en sa compagnie le moment le plus agréable possible. Son premier métier est policeman. A chaque poste de police et de douane, Mohamed crie tout sourire quelque chose d’incompréhensible, sorte de mot de passe qui permet de passer allégrement tous les barrages. Qui plus est sa course de 8000 FCFA pour effectuer 45C km à 3 défie toute concurrence à notre avis.
Arrivés à Bolgatanga, Mohamed nous amène vers la compagnie de bus la « most confortable » dont le dernier véhicule de la journée pour Kumasi vient juste de partir. Brutalement, la pluie se met à tomber en torrent. Nous continuons notre recherche et trouvons finalement un bus qui part ce soir, dans 2 heures environ. On passe l’attente longue de plus de 4 h au final sous une pluie tropicale bien épaisse, le changement de bus avec le déplacement des bagages (dont une vache de fort beau gabarit aux pattes attachées qu’il faut pousser à 3 personnes pour qu’elle s’encastre dans la soute….) et let’s go !
04 octobre
C’est parti pour un voyage de folie, sept heures de trajet pour relier Kumasi, la ville du football. Le trajet se passe bien dans l’ensemble malgré quelques petites frayeurs sur la route. Pour cause, le second bus dans lequel nous embarquons est certainement le bus le plus miteux d’Afrique : fauteuils déchirés qui laissent apparaître leur rembourrage moisi, tremblements incessants de la porte arrière, amortisseurs usés et surtout le bus est bondé...L’allée principale est occupée par des voyageurs, ravis d’être assis sur des strapontins.
Nous partons sous un déluge, une bonne pluie tropicale pour bien rappeler que la saison des pluies n’est pas terminée. On pourrait croire que nous sommes à l’abri dans le bus mais non ! L’eau pénètre dans la carlingue du véhicule, l’inondant en partie, néons compris...rien n’est épargné. Thomas, assis tranquillement au milieu du bus, doit sans cesse bouger ses jambes pour ne pas être mouillé. De son côté, Romain ne peut dormir puisqu’il est régulièrement gêné par de grosses gouttes qui perlent au dessus de lui.
Nous arrivons tout de même sain et sauf à Kumasi vers 5h du matin. Epuisés par ce voyage folklorique, une autre mission nous attend. Trouver un hôtel. Pendant que Thomas et Romain récupérèrent les bagages, Aurélien part explorer les environs (tel Indiana Jones). Il repère au loin une grande bâtisse au look plutôt étrange. Sur la façade blanche, il est indiqué en gros « Hôtel Pollux » (no comment). C’est parti ! Bagages à la main et d’un pas fatigué, nous accédons à l’accueil. On nous informe qu’il faut patienter une heure, le temps de nettoyer la chambre. Très bien, nous attendrons. Le petit déjeuner vite avalé dans une gargote fort sympathique, nous revenons à l’hôtel et rencontrons un « ptit gars » (désolé, personne ne se rappelle de son véritable nom) qui nous informe qu’un match de foot se joue au stade à 14h. Il s’agit de Kotoko, le club de Kumasi qui rencontre l’Etoile du Sahel, grand club Tunisien. L’enjeu : la qualification pour les phases finale de la Ligue des champions Africaine. Match capital pour Kotoko. En cas de défaite, la première place qualificative sera quasiment inaccessible. Nous bavardons dix minutes puis allons nous coucher. 14h : Arrivée au stade Baba Yara. Après une âpre négociation, nous franchissons le portail de la sécurité en tant que journalistes puis atterrissons dans la tribune VIP. Les équipes, escortées par une myriade de policiers, font leurs entrées sous les applaudissements du public. Le coup d’envoi est donné, Kotoko domine la première mi temps puis marque avant les arrêts de jeu. Le score à la pause est de 1-0 pour Kotoko. Début de la deuxième mi temps, l’Etoile du Sahel égalise. La pression monte d’un cran pour les joueurs du Ghana mais vers la 65ème minute, l’arbitre siffle un penalty en leur faveur. Voila le moment idéal pour reprendre la main.

Un tunisien, offusqué par la décision de l’arbitre, se précipite vers lui pour se faire entendre. Mais rien à faire, l’arbitre est catégorique, la faute est justifiée. Le tunisien hausse la voix mais cette altercation verbale attire l’attention des policiers qui rentrent aussitôt sur le terrain pour calmer les deux protagonistes. Très vite la situation s’envenime. C’est toute l’équipe du Sahel, staff technique inclus, qui rentre sur le terrain pour soutenir son camarade. Un bras de fer commence entre policier et Tunisiens. Les insultes fusent entre les deux camps et quelques coups sont échangés. Cette scène hallucinante durera environ quinze minutes.
Le match reprend son cour sous la surveillance attentive des policiers qui sont positionnés tout autour du terrain. Kotoko tire le penalty puis marque ce qui leur permet de reprendre la main. Le match est tendu, une altercation peut éclater à tout moment. La fin de la partie approche, Kotoko mène toujours mais, coup de théâtre, l’arbitre accorde un pénalty à l’Etoile du Sahel. Kotoko, fair play, ne le discute pas et accepte la sanction. Les Tunisiens égalisent.
Après vingt minutes d’arrêt de jeu, le coup de sifflet final est donné par l’arbitre, la police se précipite sur le terrain pour emmener un membre du staff technique tunisien en prison. Et rebelote, solidaire, toute l’équipe du Sahel (sauf l’entraineur qui regarde d’un air désespéré la scène) rentre à nouveau sur le terrain pour prendre sa défense. Une altercation musclée éclate entre policiers et Tunisiens. Les moyens de dissuasion sont cette fois ci plus importants puisqu’on voit débouler, sur le praticable, un véhicule blindé appartenant à la police. C’est sous le regard de 30 000 paires d’yeux que les policiers attrapent, frappent et trainent le tunisien jusqu’au camion. L’arbitre, lui, attend sa propre évacuation. Escorté par des militaires, il sort du terrain sous les insultes et des projectiles (composés majoritairement de bouteilles d’eau et d’œufs) lancé des tribunes par les spectateurs mécontents. Sur le terrain, les tensions s’apaisent, les militaires escortent dans la foulée l’équipe des visiteurs jusqu'à son bus.
Au même moment, les tribunes se vident d’un coup, tous se rendent aux alentours du stade pour lyncher l’équipe invitée. Leur bus est secoué, frappé, et ralenti par la horde. Du haut des gradins, trois petites têtes blanches regardent les mouvements de foule se dérouler autour de l’enceinte sportive. Par sécurité, nous préférons patienter tranquillement dans la tribune VIP en compagnie des journalistes sportifs en attendant que la situation se calme. Deux heures après la fin du match, nous décidons de quitter le stade pour rejoindre notre hôtel. Escortés par Aly, journaliste et responsable des supporters de Kotoko, nous traversons l’enceinte sportive sous le regard de spectateurs mécontents qui nous confondent avec des supporters Tunisiens.
Arrivés dans notre hôtel, une petite douche pour se relaxer puis expédition pour trouver un lieu où diner. Eh oui, ça creuse ce type de journée ! Nous errons dans les rues de Kumasi à la recherche d’un restaurant qu’on ne trouvera d’ailleurs jamais. Nous tombons tout de même sur un stand qui vend du poulet riz à emporter. Un régal. Nous discutons puis sympathisons avec le cuistot, Ebenezer, qui nous invite, par la même occasion, à participer à l’entrainement de son équipe de foot le lendemain à 6h30. Romain accepte pour le surlendemain (il veut quand même un peu dormir le dimanche) tandis que Thomas et Aurélien se gardent bien de prendre position pour un foot aussi matinal.
05 octobre
6h30, la journée commence par un malentendu. Ebenezer frappe vigoureusement à la porte de notre hôtel pour nous convaincre de venir à l’entrainement. Ahahaha ! La bonne blague. Aucun de nous trois ne trouvera la motivation pour se lever. Du coup, on prolonge notre nuit jusqu'à 12h. Nous passerons une bonne partie de l’après midi en compagnie de Ebenezer. On assiste à plusieurs matchs du championnat anglais dans une sorte de vidéoclub pour footeux, puis notre nouveau compagnon nous présente le coach de son club. Nous bavardons un court instant avec celui-ci qui renouvelle l’invitation pour venir participer à l’entrainement du lendemain. Romain accepte, Thomas et Aurélien hésitent (jouer ou dormir, il faut choisir).
Après avoir acheté notre plat favori : poulet riz à emporter pour 1€, retour à l’hôtel pour une soirée repos. Moment idéal pour Romain qui demande à se faire masser par Aurélien. Mais ce petit plaisir est écourté par deux invitées surprises. Deux jeunes demoiselles, inconnues jusqu’alors, frappent à notre porte, rentrent puis s’assoient sur les deux seuls fauteuils libres de notre chambre en bazar. Etonnés et amusés, nous comprenons rapidement la cause de leur présence et les invitons, avec courtoisie à sortir. Elles sourient puis quittent la chambre. Quel hôtel bizarre !!!! Nous comprenons alors que cet hôtel propose une prestation particulière : des filles de joie…
06 octobre
Réveil à 6h30 pour la troupe des joyeux baroudeurs. Aurélien et Romain partent avec Ebenezer taper la balle tandis que Thomas profite de leur absence pour écrire une chronique. Après le match, direction le stade où nous devons rencontrer Aly, notre bodyguard d’un soir et notre contact avec l’équipe de Kotoko. Ce journaliste sportif, réputé au Ghana, nous donne davantage d’informations concernant les dérapages constatés lors du match Kotoko vs Etoile du Sahel.

Nous restons quelques heures en sa compagnie puis il nous dépose à la gare routière STC pour qu’on puisse acheter nos billets de bus pour Sekondi, ville où doit se dérouler le prochain match de l’équipe nationale du Ghana. Tickets et diner en main (poulet riz, vous l’aurez deviné) nous rentrons à l’hôtel.
07 octobre
Arrivée à Sekondi vers 18h. Après de longues recherches, nous trouvons un hôtel en centre ville. A coté, se trouve un stand qui fait office de bar, tenu par Charity, une charmante demoiselle. Nous passons notre première soirée à boire quelques bonnes bières fraiches en compagnie d’un policier (beaucoup de gardiens de la paix au Ghana). Dans cette petite ville tranquille située sur la côte du Ghana, doit se disputer le 11 octobre un match de qualification pour la prochaine Coupe du Monde (et accessoirement pour la Coupe d’Afrique des Nations). A l’affiche : les Black Stars du Ghana contre le Lesotho.

09 octobre
Nous apprenons que les Black Stars s’entrainent cet après midi au stade situé à quelques kilomètres de Sekondi et décidons alors d’y assister. Arrivés sur les lieux, nos cartes de journalistes nous permettent de pénétrer dans l’enceinte sans grosse difficulté. Sur la pelouse, nous apercevons les joueurs de l’équipe nationale dont le défenseur Lyonnais, John Mensah ou encore Stephen Appiah, ancien numéro 10 de la Juventus. L’entrainement terminé, nous retournons à Sekondi pour casser la croute. Le choix est limité : Saucisse ou…poulet riz ! Hmmmm, malgré des recherches poussées, nous constatons qu’aucun restaurant n’existe dans cette petite ville.
10 octobre
Levés vers 10h, destination le stade afin de récupérer nos accréditations pour le match de demain. Ce document, réservé aux journalistes, permet l’accès à la tribune presse. Une fois le sésame en main, nous prenons la route du retour puis rencontrons Aly, venu spécialement de Kumasi pour assister au match. Après quelques bavardages, il nous propose de se rendre à l’hôtel Raybow où séjournent les joueurs, occasion rêvée pour nous de procéder à quelques interviews. Nous embarquons dans un taxi direction Takoradi, une ville voisine de Sekondi.

Après avoir franchi la sécurité de l’hôtel, nous accédons à une grande cour où sont réunis journalistes et joueurs des Black Stars. Notre objectif est simple : rencontrer John Mensah ou Stephen Appiah. Malheureusement, ni l’un ni l’autre ne sont disponibles à notre arrivée. Aussi, nous patientons au bar et commandons une bière. Le temps se fait long, aucun joueur ne parvient à se libérer. Une heure après et quelques bières plus tard, Mensah, par personne interposée, décline notre interview. Déçu, Aurélien va à la rencontre d’Appiah et lui explique les grandes lignes de notre projet. Ce dernier, sympathique, promet de nous accorder un moment si les trois prochaines interviews prévues sur son planning et le rassemblement de veille de match le lui permettent.
Pendant ce temps, toujours accoudés au bar, nous rencontrons deux clients de l’hôtel, un Finlandais et un Anglais, deux collègues respectivement photographe et pilote, avec qui nous discutons un long moment. Un journaliste de la radio profite de notre présence pour nous poser quelques questions concernant la préparation de l’équipe, Aurélien, d’une voix déjà quelque peu entamée par les bières qui s’enchainent, répond : « Training was very professional, it’s sure, they gonna win » Merci Aurélien pour cette observation. Une heure après, pas de Stephen Appiah en vue et donc pas d’interview. La cour de l’hôtel étant presque vide, seul l’entraineur-adjoint des Black Stars sirote une bière au bar, nous décidons de retourner à notre hôtel. Il est une heure du matin…
11 octobre
Jour du match Ghana-Lesotho. Nous embarquons dans un taxi. Arrivés dans le complexe sportif, nous prenons place dans la tribune presse. Les équipes déambulent sur le terrain devant le regard de 40 000 spectateurs soit le double de la capacité officielle du stade. En effet, cette dernière n’étant que de 20 000 places, les couloirs du stade se trouvent donc entièrement occupés par des supporters, provoquant des mouvements de foule récurrents. Le coup d’envoi est lancé, les Black Stars dominent nettement la partie puis marquent deux buts durant la première mi-temps. Le stade est en délire. La deuxième mi-temps sera dans la même lignée. Au coup de sifflet final, le tableau d’affichage affichera 3-0 en faveur des Black Stars. Les gradins se vident doucement, en partant nous rencontrons un journaliste d’une radio locale qui nous propose de nous rendre au Raybow Hotel afin de recueillir l’impression des joueurs concernant le match.


Voila notre deuxième chance de rencontrer Appiah et Mensah ! Deux heures après (pas de taxi libre aux abords du stade), nous arrivons enfin à l’hôtel. Journalistes et joueurs sont présents sauf…Appiah et Mensah. Génial…nous interrogeons tout de même quelques joueurs (l’un d’eux évolue à Rennes) en attendant que les deux stars arrivent. Quelques heures plus tard, la cour de l’hôtel est quasi vide, excepté trois allemands, assis à une table, et l’entraineur adjoint des Black Stars qui sirote une bière (impression de déjà vu…). Sachant que nos chances de rencontrer le défenseur Lyonnais ainsi que l’ancien numéro 10 de la Juventus sont quasi nulles, nous terminons la soirée à la table des allemands en dégustant une bonne bière locale. Au plus grand plaisir de Thomas, l’objet de la discussion porte sur la finance.
14 octobre
Nous profitons de nos derniers jours à Sekondi pour faire un match avec des locaux. Pas difficile de trouver une équipe car tout le monde joue au foot ici. Quelques pas sont nécessaires pour rencontrer un groupe de jeunes, balle au pied. Ces derniers, enchantés d’affronter des toubabs, nous amènent sur une sorte de parvis situé au pied d’une gigantesque cathédrale.


Les équipes se forment et la partie débute aussitôt. Le match dure environ 45 minutes. Aurélien et Romain jouent tandis que Thomas, fidèle à son poste de cameraman, filme la scène. A la fin du match, la troisième mi-temps commence. Nous bavardons un long moment avec les joueurs. L’un deux, Rodolphe, se distingue particulièrement puisqu’il n’est autre que le neveu d’Appiah (eh oui, encore lui). Chose encore plus inouï, il doit se rendre à Accra vendredi pour voir son oncle (qui lui finance ses études). On profite donc de l’occasion pour lui demander s’il est possible de rencontrer son tonton. « Pas de problème » dira t-il plus tard dans la soirée. Ah, enfin ! On va l’avoir notre interview ! (en fait, nous ne le reverrons jamais, faute de temps) La soirée s’achève devant un bon poulet riz accompagné d’une bonne bière locale.
15 octobre
Un match organisé par Bernard, Ghanéen rencontré chez Charity deux jours auparavant, doit débuter à 16h. Le temps de manger et de prendre une douche et c’est parti pour Zion Land. Le taxi nous dépose à l’extérieur de Sekondi, dans une petite communauté camouflée parmi les cocotiers, papayers, cacaotier, bananiers, palmiers, hibiscus…. Bernard nous accueille et nous présente aux différents joueurs de l’équipe. Le foot débute, Aurélien et Romain, comme d’habitude, jouent la première mi-temps tandis que Thomas, qui prend son rôle de cameraman très au sérieux, filme le match. La partie se termine à la tombée de la nuit.



16 octobre
Journée repos mais aussi, dernière soirée à Sekondi. Pour terminer en beauté notre séjour, nous allons dans la seule boite de nuit de la ville, le Niteclub. Petite bâtisse habillée d’une façade en bois et située à proximité de la mer. Accompagnés de Bernard, nous pénétrons dans ce lieu inconnu. Le Niteclub est assez spacieux, l’éclairage assez rudimentaire et les clients assez…rares, mais ces conditions sont suffisantes pour passer une très bonne soirée.
17 Octobre
Départ vers 13h30 au lieu de 12h pour arriver à Accra vers 18h. Après avoir trouvé un hôtel dans un quartier bien glauque de la ville, nous décidons de nous rendre dans le centre ville pour diner, en espérant trouver autre chose que du poulet et du riz. Mission accomplie, au plus grand bonheur du ventre de Romain, nous trouvons un équivalent du Mac do…humm, ça sera un menu chacun.
Pendant ce moment de pure extase, nous rencontrons Marvin, un ghanéen qui nous propose une soirée karaoké dans un pub. Nous acceptons l’invitation puis partons en taxi en direction du bar. Arrivés sur les lieux, la salle est quasi pleine de white boys venant majoritairement de pays anglophones, en train de chanter et boire des chopes de bière. Et bien sur, nous retrouvons au bar, bière à la main, notre ami, l’entraineur adjoint des Black Stars ! Peut être que cet homme a cerné le potentiel footballistique de Romain et souhaite lui proposer un poste… La soirée est marrante, Aurélien profite du karaoké pour exposer les richesses de son organe vocal en chantant quelques titres de Bob Marley. La soirée se termine vers 4h.
18 octobre
Trop excentrés du centre ville, nous décidons de quitter notre hôtel pour aller à l’armée du salut, situé dans le quartier Osu. L’emplacement et le prix de la nuit nous ont séduits. Nous partageons notre chambre avec Baroudi, un français d’origine algérienne qui gagne sa vie en jouant au foot dans le club de Sekondi (Sekondi XI Wise FC). Ancien joueur de la région havraise (niveau CFA) il a tout plaqué pour tenter sa chance au Ghana. Dans le même hôtel, nous rencontrons deux jeunes footballeurs ivoiriens, venus tenter leur chance dans le pays de Michael Essien, ainsi qu’un Nigérian très calé en matière de ballon rond. Ce sont des coïncidences étonnantes, qui montrent encore une fois le liant que peut constituer le foot entre les individus.
19 octobre
Dimanche, nous sommes invités chez Mr Abedi Pelé, l’un des meilleurs joueurs africains que la planète ait porté. Vainqueur de la Ligue des Champions avec Marseille en 1993 et trois fois Ballon d’Or Africain, il nous accueille chez lui pour une interview. Nous restons 1h30 à parler de son parcours en tant que footballeur puis de son rôle au sein de la FIFA. La discussion se passe d’une manière très simple et, bien que ce soit la première fois qu’il nous rencontre, une impression de familiarité plane sous l’auvent de sa terrasse extérieure. Après cet échange très enrichissant, il nous fait visiter sa maison. Nous tombons sur un véritable musée du football : photos, trophées, ballons d’or décorent l’entrée et le salon. Une demeure remplie de trésors en somme ! Observer trois Ballons d’Or côte à côte reste un privilège extraordinaire et unique dans une vie ! Ce moment est exceptionnel. Nous lui demandons de signer quelques autographes, ce qu’il exécute avec plaisir. Mr Pelé semble donc être une personne abordable et simple dans les relations, ce qui est agréablement surprenant au vu de l’aura qu’il possède dans son pays. La rencontre touche à sa fin. Son fils nous raccompagne à l’hôtel puis nous invite le lendemain à assister à un match composé essentiellement d’anciens internationaux.
21 octobre
Comme convenu, RDV à 15h avec le fils d’Abedi Pelé. Romain et Aurélien assistent au « Monday stars », l’entraînement hebdomadaire des anciennes gloires de l’équipe nationale. Généralement, les « anciens » affrontent une équipe composée de plus jeunes. Cette configuration s’établit surtout lors des périodes de Noël où tout le monde est réuni. Aujourd’hui, il n’y pas d’anciens que nous reconnaissons, mais il y a bien un match qui attire la foule. Le terrain est rempli du sol jusqu’aux arbres. Ces derniers abritent même quelques spectateurs !


22 octobre
Journée administrative pour les trois compères car il faut s’occuper du billet d’avion afin de nous rendre au Cameroun le lendemain. En effet, nous sommes invités à la Conférence du jeune footballeur Africain qui se déroule le 27 et 28 octobre à Yaoundé.
Ayant réservé nos billets deux semaines avant la date de départ, la compagnie (Opodo sans la citer) a annulé nos réservations sans que l’on comprenne trop pourquoi. Du coup, direction l’aéroport pour acheter de nouveaux billets. Un marathon commence alors. Arrivés au guichet de Virgin Nigeria (la compagnie que nous devions emprunter), l’hôtesse signale que l’avion fait une escale au Nigéria de 12 heures et qu’il faut absolument posséder le visa du pays, quelle belle surprise !! Nous devons être au Cameroun demain et nous n’avons ni les billets ni les visas du Nigeria et du Cameroun (eh oui il n’existe pas d’ambassade du Cameroun au Ghana). Du coup, nous partons prospecter d’autres compagnies aériennes mais les tarifs proposés ne sont pas dans notre budget. Nous optons donc pour le plan galère mais économique : nous passerons par Virgin Nigéria à condition de pouvoir obtenir rapidement le visa nigérian. Suite logique de l’aventure, direction l’ambassade du Nigéria. La sécurité nous invite à repasser demain matin car le service souhaité est fermé. Génial. Enfin, retour à l’aéroport pour réserver les billets. Pour finir, direction l’hôtel pour y passer notre dernière nuit au Ghana…du moins si tout se passe bien.
23 octobre
Levés à 8h, la course commence. Direction l’ambassade du Nigéria afin de déposer les documents nécessaire pour les visas. Retour à l’hôtel, préparation des bagages, interview de Baroudi, une petite bouffe puis récupération de nos passeports auprès de l’ambassade. 16h, arrivée à l’aéroport pour prendre nos billets mais l’hôtesse nous signale qu’elle est dans l’incapacité de les imprimer à cause d’un bug informatique. Il faut patienter. Très bien, on s’assoit par terre puis nous attendons. 17h… notre avion part à 19h et nous n’avons toujours rien.
18h30, les billets enfin imprimés, nous allons d’un pas pressé jusqu'à l’enregistrement, passons la douane puis courons dans les innombrables couloirs de l’aéroport jusqu'à la porte d’embarquement. Sans surprise, nous sommes les derniers à embarquer. A peine assis à nos places respectives, l’avion décolle dans la foulée.
21 h. Arrivée à Lagos. Nous récupérons nos bagages et trouvons une petite brasserie pour manger et boire quelques bières. Nous sympathisons avec les serveuses avec qui nous discutons jusqu'à 3h du matin. Epuisés par cette journée interminable, nous trouvons un endroit tranquille où piquer un petit somme.
24 octobre
Levés à 6h, soit H-3 avant le départ pour Douala. Cette fois, nous sommes en avance. A 7h, nous intégrons l’interminable file d’attente du « check in » puis attendons patiemment notre tour.
Arrivés devant l’hôtesse, celle ci nous fait remarquer que nous ne disposons pas du visa pour le Cameroun. Nous tentons en vain de lui expliquer la situation. Pas d’ambassade au Ghana donc pas de visa. Et c’est reparti pour une corvée administrative…Les minutes défilent et le départ de l’avion approche…après une heure d’attente et quelques coups de téléphone échangés avec notre contact basé à Douala, la situation se débloque et nous obtenons l’autorisation d’embarquer. Mais il faut faire vite car le départ est imminent. Même cinéma qu’Accra, nous passons la douane puis embarquons les derniers. Nous prenons place et l’avion décolle dans la foulée direction le Cameroun !!