Mardi 10 mars 2009

Après un vol bien tranquille et une escale à Panama City, Aurélien et Romain posent enfin les pieds dans le pays tant redouté : la Colombie. Arrivés à Cali en fin de journée, ils sont accueillis par le gérant de l’hôtel Iguana, où nous attend bien sagement Guillaume, jeune docteur brillant qui vient de terminer sa thèse et qui s’est vu offert en récompense l’immense honneur de partager deux semaines en compagnie des prestigieux membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». Dans la voiture qui les emmène vers leur ami de toujours, Aurélien et Romain constate que le climat semble bien agréable à Cali. Presque 21h et le thermomètre affiche 26°… Vers 21h30, les deux compères découvrent leur hôtel et par la suite leur chambre. Dans celle-ci, c’est un Guillaume endormi qu’ils découvrent. Ils se font donc un plaisir de le réveiller en lui faisant des bisous. Parce que, comme nous le disions dans le précédent post, c’est important les bisous. Après ces retrouvailles joyeuses donc, le trio se dirige vers un restaurant capable de sustenter l’appétit gargantuesque de Guillaume. Et, alors qu’ils ripaillent tranquillement dans une rue populaire et bruyante, c’est un visage connu qu’ils aperçoivent dans une voiture. Eh oui, le trésorier de l’association, cousin Toutoune, rentre sereinement d’un match de Copa Libertadores de l’America Cali. Accompagnés de Carlos et Diana (sa copine), il se joint avec plaisir au trio, non sans leur avoir fait des bisous au préalable. S’en suit une soirée agréable autour d’une bière, pendant laquelle Aurélien et Romain font plus ample connaissances avec les amis colombiens de Thomas.

Mercredi 11 mars 2009

Journée très calme pour les trois mousquetaires (parce qu’ils étaient quatre, les trois mousquetaires). En effet, le principal objectif de la journée est de trouver un moyen de visionner le match de Champion’s League opposant Barcelone à Lyon. C’est chose faite après avoir passé en revue les différentes chaines de la TV de l’hôtel. Ils sont alors rejoints par un israélien, fan de Barcelone, et d’un suisse, plutôt neutre (surprenant non ?). Armés d’une bière dans chaque main, les français vont vite déchanter en voyant le jeu barcelonais mettre à néant les espoirs lyonnais. A tel point qu’ils finiront par zapper et regarder l’autre match entre Manchester et L’Inter. Arrivé après la bataille, Carlos propose aux frenchies d’aller se changer les esprits en visitant Cali. Très bonne idée qui les occupera jusqu’à 1h du matin.

Jeudi 12 mars 2009

Aujourd’hui, c’est le quart d’heure culturel ! Alors que Thomas a déserté ses devoirs de trésorier pour partir à la découverte de la capitale colombienne, Guillaume, Aurélien et Romain vont parfaire leur culture quant à la faune de Colombie : direction le Zoo de Cali ! Là bas, ils contemplent des singes plutôt sympathiques, des papillons multicolores, des grenouilles venimeuses, des alligators pas très vifs et un tigre vraiment impressionnant. A la suite de cet intermède instructif, le trio a prévu de jouer un foot en compagnie des amis de Carlos. Une partie franco colombienne donc…qui malheureusement, tombe à l’eau en raison de l’indisponibilité des joueurs colombiens. La peur peut être ? La réputation des dribbles chaloupés d’El Presidente l’aurait elle précédé ? Dieu seul le sait. Toujours est-il que personne ne jouera au foot aujourd’hui ! La joute est reportée au lendemain…

Vendredi 13 mars 2009

Levés en début de matinée, les jeunes gaillards que nous sommes avons prévu d’aller visiter le club favori de Carlos, l’America Cali. Malheureusement, toutes nos tentatives pour joindre les responsables du club resteront vaines. Et comme un malheur ne vient jamais tout seul, le match amical Colombie France est de nouveau annulé…quand ça veut pas, ça veut pas ! (phrase très souvent employée par les footballeurs, les vrais) Pour se faire pardonner, Carlos propose aux trois anciens tourangeaux de découvrir Cali by Night. Proposition alléchante qu’ils se font un plaisir d’accepter. Après tout, il faut bien fêter la thèse de Docteur Gaud !

Samedi 14 mars 2009

Réveil tardif, rapport à la fiesta de la veille. Journée repos donc, et planification des prochains jours.

Dimanche 15 mars 2009

Changement de décor pour le trio. En effet, après une fouille en règle de leurs sacs à dos par la police colombienne, Gui, Ien et Ro grimpent dans un bus qui les entraine vers Bogota. Là bas, il est prévu d’essayer d’assister à l’entrainement d’un des deux clubs de la ville : Los Millonarios. Mais auparavant, un voyage pénible avec en guise de climax, une entrée interminable dans la capitale colombienne. Et une fois arrivés, la découverte d’un hôtel loin de prêter à sourire. En effet, il est situé dans un quartier qui, de nuit (et spécialement le dimanche apparemment), se montre franchement loin d’être séduisant. Au contraire, plutôt inquiétant, voire même carrément effrayant ! Les rares personnes que l’on peut voir depuis les fenêtres de nos tristes chambres semblent peu recommandables, tout comme la décoration du bâtiment faisant face à la chambre du Président...

Bogota...charmand

Lundi 16 mars 2009

Le lendemain, Aurélien s’empare du téléphone et appelle successivement la fédération de football de Colombie ainsi que les clubs professionnels de la ville de Bogota. Après plusieurs échecs, nous jetons notre dévolu sur l’un des clubs historiques du pays : Los Millonnarios. Nous décidons donc de partir au siège de ce club afin d’en apprendre sur le fonctionnement, de connaître le planning des entrainements et éventuellement interviewer le président. Commence alors un long road trip dans les rues polluées de Bogota. Après des recherches interminables, nous finissons par trouver le siège administratif de l’ancien club d’Alfredo Di Stefano (avant son passage au Real Madrid). Là bas, nous apprenons que les deux prochains entrainements seront à huis clos pour préparer le prochain match. De plus, le président et le chef de presse ne sont pas présents…et ne sont pas surs de l’être avant le surlendemain. Il est donc décidé par les trois compères d’abandonner leurs recherches sur Bogota et de filer directement vers leur prochaine destination, Villa de Leyva. Ils y arrivent en début de soirée et découvrent une jolie petite ville coloniale plongée dans la pénombre. Installation dans l’hôtel et dodo bien mérité.

Mardi 17 mars 2009

Réveil tranquille et petit déjeuner dégusté sur la place principale de la ville. Le ciel est menaçant et les trois tourangeaux ne savent qu’en penser. Le programme est finalement établi après un déjeuner vite avalé. Visite d’une curiosité de la région, une maison entièrement construite en terre cuite et éventuellement du parc archéologique qui la jouxte. Puis tentative de s’introduire dans un petit match de foot en fin de journée. La première partie du programme se passe sans encombre. Au détour d’un chemin, nous découvrons une drôle de maison, ressemblant étrangement à celles que Tolkien décrivait dans « Le Seigneur des Anneaux » lorsqu’il parlait des habitations hobbits. Après une heure passée à explorer les recoins arrondis d’une maison débutée il y a plus de cinq ans puis il est temps de rebrousser chemin afin de trouver un terrain de foot. Malheureusement, le temps grisâtre et le crachin intermittent a découragé les footballeurs amateurs de Villa de Leyva. Pas de foot donc mais, en lieu et place, un apéro qui s’éternisera et nous permettra de faire plus ample connaissance avec les habitants de cette ville pour le moins paisible…

Villa de Leyva

Mercredi 18 mars 2009

C’est une journée transport qui se profile pour les trois camarades. Et Aurélien en est ravi, lui qui se découvre au réveil atteint d’une angine blanche. C’est alors pour lui le début d’un long calvaire. Un premier bus nous mène à Tunja. Depuis cette ville, Guillaume, Aurélien et Romain doivent prendre un second bus pour Bucaramanga. Une fois montés dans ce dernier, Guillaume et Romain se rendent très vite compte que le chauffeur fait preuve d’une insouciance toute relative dans sa conduite. Dépassements dans les virages, sur des routes de montagne svp et limites de vitesse allègrement franchies. On pourrait croire que les membres de MVF sont habitués à ce type de comportement, et ils le sont ! Mais ce chauffeur a vraiment battu des records de débilité. On lui délivre donc la palme de la mauvaise conduite sans aucune hésitation. Et pour cause, même le secrétaire générale de l’association, qui luttait alors contre une poussée de fièvre carabinée, s’est rendu compte de la dangerosité de ce chauffard colombien ! Bref, finalement, après avoir serré les fesses pendant de longues heures (et visionné un film inoubliable avec Steven Seagal) nous arrivons sain et sauf à Bucaramanga. De là, nous sautons dans un bus qui va nous mener au petit matin vers Santa Marta.

Jeudi 19 mars 2009

Aujourd’hui, les trois copains ont décidé de partir à la découverte des plages de la region. Lovées dans une crique, les plages de Taganga aux eaux bleues cristallines sont entourées d’une vegetation extremement aride, poussant a plonger dans leurs eaux rafraichissantes. Là bas, ils font la rencontre de Michel, un baroudeur sympathique et bavard, qui a voyagé aux quatre coins de la planète. Ils discutent en sa compagnie toute l’après midi et finissent la journée autour d’une bière en admirant le coucher de soleil et les pêcheurs qui rentrent après une longue journée de travail.

Parc Tayrona

Vendredi 20 mars 2009

Grasse matinée puis départ pour le parque Tayrona. Enfin en théorie, car en pratique, cela va se révéler un peu plus complexe. Pour trouver le bus nous y menant tout d’abord, nous passerons une bonne heure à déambuler de lieux en lieux afin de trouver « l’arrêt de bus » (en fait, juste un stationnement en face d’une boutique, en plein marché). Puis nous louperons l’entrée du parc…pour enfin constater que celui-ci est fermé et ne rouvrira ses portes que dans la matinée du lendemain. Les trois plaisantins se voient donc obligés de trouver un hôtel à proximité. Ce sera chose faite, dans des habitations soi disant « écologiques »…

Samedi 21 mars 2009

Levés de bonne heure, nous partons à la conquête du parc Tayrona. Après une bonne heure de marche en plein cœur d’une végétation luxuriante, nous découvrons une plage paradisiaque, réputée toutefois pour son caractère dangereux. Nous décidons donc de filer vers la suivante. Trente minutes plus tard, nous arrivons dans un autre endroit de rêve, voire même mieux ! Et pour cause, doté lui aussi de plages paradisiaques, il comprend aussi un praticable de football, situé entre la plage, les cocotiers et les tentes des campeurs. Après midi farniente puis football. En effet à défaut de jouer, les trois compères assistent à une partie (très animée) du championnat local. Guillaume s’improvise commentateur pour les vidéos et Romain prend quelques clichés pour immortaliser cette rencontre engagée et engageante (le public se montrera plutôt enthousiaste). S’en suit une soirée tranquille et une nuit difficile dans la tente, en compagnie des moustiques.

Parc Tayrona

Parc Tayrona

Dimanche 22 mars 2009

Levés à 6h du matin, Guillaume et Romain constatent que le ciel est loin d’être bleu…ils décident donc de réveiller le marcassin joyeux et de prendre le chemin du retour afin de ne pas passer une journée sous la pluie, dans la tente. Nous n’aurons donc pas passé plus d’une journée dans le parc. Mais qu’importe, ce fut bon !

Parc Tayrona

De retour à Santa Marta, Romain apprend des locaux que Santa Marta n’est autre que la ville natale du « Pibe », Carlos Valderrama, le célèbre joueur colombien ayant joué deux saisons sous les couleurs de Montpellier. Carlos, son père, vit non loin de l’hôtel. Nous décidons donc d’aller le rencontrer afin de réaliser son interview. Arrivés en face de son humble demeure, les trois compères constatent que non seulement Papa Valderrama est présent, mais aussi tout le reste de la famille ! En effet, dimanche des rameaux oblige, l’ancien capitaine de la sélection nationale a décidé d’organiser une petite sauterie avec, comme invité d’honneur, son propre fils, « El Pibe » ! Le mur d’enceintes qui crache du reggaeton empêche toute tentative d’interview mais papa Valderrama accepte de nous revoir le lendemain matin à 10h. Malheureusement, il ne proposera pas aux trois compères de rester en sa compagnie pour attendre la venue de son fils Carlos. S’en suit une visite d’un véritable lieu de culte en Colombie, la statue géante du Pibe, en face du stade de Santa Marta. Tellement célèbre que plusieurs bus de touristes locaux sont stationnés à proximité afin que les colombiens, véritables adorateurs de Carlos, puissent mitrailler l’œuvre d’art aux cheveux plus vrais que réels…la journée se termine sur une tentative de foot avortée par des barbelés acérés qui ont effrayé les fesses des trois compagnons, pourtant bien décidés à taper le cuir…

Lundi 23 mars 2009

Le lendemain matin, Aurélien et Romain vont à la rencontre de Carlos « Papa Valderrama ». Dans un premier temps, celui-ci se montre un peu bourru mais très vite, il se détend et l’interview se termine bras dessus bras dessous avec Aurélien. Dix minutes de plus et l’ancien capitaine de la sélection colombienne nous aurait fait des bisous (car il devait probablement le savoir, pour les membres de « MaisVousEtesFoot ! », c’est important les bisous). A la suite de cette agréable moment, les deux trublions rejoignent Guillaume pour prendre la direction de Cartagena, la plus grosse destination touristique de Colombie. Arrivés en fin de journée, ils rejoignent cousin Toutoune autour d’une pizza bien grasse.

Mardi 24 mars 2009

Le quatrième mousquetaire du football rejoint ses compatriotes à leur hôtel car nous avons rendez vous avec des jeunes footeux pour disputer un match. Pour l’occasion, El Presidente sort l’artillerie lourde pour impressionner ses adversaires au cas où les petits ponts ne marcheraient pas. Il enfile alors sa tunique favorite, celle du FC Nantes puis chausse ses crampons. Comme convenu, nous pointons le bout de notre nez à 15h au milieu du parc Centenario où nous retrouvons l’équipe adverse. Ca sent le match Tours-Cartagena à plein nez cette histoire. Nous traversons un petit bout de la ville à pied et pénétrons sur un immense terrain situé au pied de l’imposante forteresse de Cartagena où flotte le drapeau tricolore bleu, rouge et jaune. A notre grande surprise, nos amis refusent la partie (la peur de perdre peut être ou c’est le maillot de Romain qui les a tétanisés ?) mais ils nous présentent au coach du club et ce dernier nous invite à joindre l’entrainement. Mais avant, c’est une séance d’étirements orchestrée par Abelardo, l’entraineur adjoint, qui attend les Français sous les yeux amusés de Guillaume et Thomas. Ce petit bonhomme au visage jovial et habillé d’une casquette vieille comme la première paire de Converse de Thomas dicte un à un les mouvements à reproduire. Sifflet au coin de la lèvre, il n’hésite pas à en abuser pour signaler la moindre erreur effectuée par un des deux gringos. Après une bonne dizaine de minute, ce popeye du football envoie Romain et Ien auprès du coach, Pablo. A l’inverse d’Abelardo, Pablo, grand gars, est facilement reconnaissable du fait de sa ressemblance troublante avec Hulk Kogan. Coiffé d’une casquette portant l’enseigne d’une fameuse marque de distribution française, Carrefour sans la citer, il nous invite à nous glisser au sein de l’équipe pour participer à l’entrainement. Au programme : passes, dribbles et contrôles du ballon. Chaque exercice dure en moyenne dix minutes. Pour Romain, la série se passe sans trop de problème en revanche pour Aurélien c’est un peu plus laborieux…( « pas tant que ca man ! » dixit Aurélien)

La journée se termine par deux petits matchs successifs. Suite à cette démonstration footballistique des deux français, Pablo nous invite à revenir demain puis nous informe que l’équipe joue un match amical jeudi. Il nous convie à intégrer l’équipe, invitation que nous ne pouvons qu’accepter.

Une douche après, nous partons taquiner quelques verres d’Aguardiente, l’alcool local du pays, sorte de rhum avec un arrière gout de pastis, dans un bar restaurant situé sur les forteresses de la vieille ville coloniale. Romain, fatigué, nous abandonne en début de soirée tandis que le reste de la troupe continue à festoyer jusqu’au bout de la nuit…eh oui, dans deux jours exactement, Guitou, notre compagnon de passage repart dans ses contrées lointaines…quelle tristesse.

Mercredi 25 mars 2009

15h, Romain et Thomas se dirigent d’un pas motivé vers le terrain de foot pour assister à leur deuxième journée d’entrainement avec l’équipe du RAGF. Gui et Ien, eux, préparent leur journée placée sous le signe du tourisme en commençant par une visite plus poussée de la ville.

Cartagena

Cartagena

Accueillis par Pablo et Abelardo, Romain intègre une nouvelle fois l’équipe tandis que Thomas film le déroulement de l’entrainement. Les exercices sont bien différents de la veille, plus basés sur la technique, l’endurance et la résistance. Et, détail non négligeable, seuls quatre joueurs sont présents (Romain inclu !) Suite à l’entrainement, Pablo nous accompagne à la salle de gymnastique pour la phase de renforcement musculaire. Accompagnés de trois joueurs de l’équipe puis d’une jeune demoiselle, boxeuse professionnelle, nous partons joyeusement vers notre destination située non loin de là. Nous traversons le terrain de foot, franchissons un rio en utilisant de vieilles pierres branlantes comme point d’appui puis pénétrons dans un champ qui fait office de décharge public. Après avoir slalomé entre les innombrables crottes de cheval et la myriade de détritus de tout genre qui jonchent le sol, nous accédons à une petite ruelle bordée par de vieilles bâtisses en bois peint de couleur claire. Parmi ces dernières, l’une abrite ce fameux gymnase. Pablo ouvre le cadenas, fait coulisser une porte recouverte d’affiches diverses puis nous pénétrons dans ce lieu plutôt surprenant…cette salle de gymnastique rendrait envieux tous les grands sportifs de ce monde : 40m² à tout casser, un toit en taule, des toilettes qu’il vaut mieux éviter d’utiliser et un rangement assez négligé. Un ring de boxe certainement aussi vieux que le premier opus de Rocky occupe une bonne partie de la pièce. Au fond à droite, derrière un rideau de couleur ocre, se trouve la salle de musculation : une table pour renforcer les abdos de Thomas, ou pour éradiquer la ceinture graisseuse de Romain et des haltères pour les plus musclés…évidement, pour éviter toute blessure qui mettraient en péril notre projet, nous avons préféré observer (enfin Thomas, car Romain a fait ses exercices conscienseument)…Au même moment, Pablo s’occupe d’échauffer la jeune boxeuse…discrètement, Thomas chuchote à l’oreille d’Abelardo et avec un espagnol qui frise la perfection : « pas mal la chica, elle donne des bons coups », le bras droit de Pablo rétorque avec un petit sourire : « ouais, pas mal pour une championne du monde de moins de 58kg »…gloups. Bizarrement, suite à une telle information, nous regardons l’entrainement un peu différemment.

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Après avoir bien bavardé avec les différents protagonistes de cette « salle de gym » hors norme, quelques enfants du quartier, âgés de 5 à 6 ans sont invités à enfiler les gants de la championne et à monter sur le ring. Nous assistons alors à un match très folklorique entre deux mômes… très bon moment mais l’aiguille tourne et nous devons retrouver nos deux amis à l’hôtel. Nous quittons la boxeuse, Pablo, les footeux et les enfants puis prenons la route du retour. Arrivés à notre QG, Aurélien, qui pour information est allé chez le coiffeur (donc rigolade pendant dix minutes) nous demande : « vous ne remarquez pas quelque chose de spécial ici? » Thomas rétorque instantanément : « si le coiffeur t’as encore loupé »… « Non » répond il aussi sec, puis nous découvrons soudainement que notre chambre est bien propre et pour cause, Guillaume est parti… Il a confondu les dates ; son vol était cet après midi et non demain… C’est avec tristesse que nous acceptons cette dure réalité qui nous plonge littéralement dans une déprime aussi profonde qu’un trou noir.

Jeudi 26 mars 2009

C’est le grand jour à RAGF car c’est aujourd’hui que le club dispute son match amical contre une autre équipe de Cartagena. Pablo est d’autant plus ravi car il dispose de deux joueurs issus du vieux continent : Aurélien considéré comme « le Ribéry » de l’association MVF à cause de ses coups de speed sur le terrain qui font de lui un joueur hors norme et Romain, plus communément appelé « El Presidente» qui terrorise les joueurs adverses en leur faisant des petits ponts à gogo. Les mousquetaires et esthètes du ballon rond enfilent les maillots du club, s’échauffent avec le reste de l’équipe puis rentrent sur le terrain. Le match commence. Malgré la chaleur étouffante, Aurélien est à la hauteur de sa réputation, il galope partout sur le terrain et choppe parfois le ballon à l’équipe adverse tandis que Romain, comme toujours, cherche des feintes pour exécuter sa spécialité. Soudain et sans que personne ne comprenne pourquoi, le génie du petit pont sort du terrain sous le regard surpris d’Abelardo. Ce dernier demande « Estas cansando ? » et Romain rétorque : «Hay una Cambio, no ? », non non Romain, arrête de fabuler. Suite à cet imbroglio (causé par l’entrée d’un joueur sur le terrain), cousin revient dans la partie.

Cartagena

Vers la fin de la deuxième mi-temps, Rom et Ien sortent pour de vrai (sous les applaudissements) et à la demande d’Abelardo afin de laisser jouer d’autres joueurs de l’équipe. Quelques minutes après, Pablo siffle la fin du match. Victoire 5-1 du RAGF. Nous procédons à des interviews de joueurs, du directeur du club puis d’Abelardo. Pablo, le coach, qui doit arbitrer un deuxième match, ne peut pas se libérer pour répondre à nos questions et nous propose de venir à notre hôtel ce soir pour discuter tranquillement…évidement nous acceptons sa proposition.

20h, Pablo pointe le bout de son nez et nous passons une heure avec lui… A la fin de l’interview, il nous remet en main propre un diplôme du RAGF, preuve vivante de notre passage au sein du club… Encore merci Pablo pour cette distinction.

Vendredi 27 mars 2009

Notre voyage en Colombie touche à sa fin. Nous partons de Cartagena en direction de Monteira puis de cette ville nous attrapons un taxi collectif qui nous amène jusqu'à Turbo. Le voyage est difficile : la piste qui relie les deux villes est dans un état pitoyable et le chauffeur est un gros psychopathe du volant (nous pouvons lui discerner le deuxième prix de la conduite la plus nulle) mais le paysage qui défilent devant nos petits yeux est sublime… Nous arrivons 5h plus tard sain et sauf à Turbo, petite ville nichée sur la côte caraïbe. Nous jetons notre dévolu sur un petit hôtel en face du port.

Samedi 28 mars 2009

Voila un voyage qui restera dans les annales du tour du monde. Levés à 7h pour embarquer à 8h dans un bateau d’une vingtaine de places. Nous enfilons nos gilets de sauvetage, il est en effet plus prudent vu l’état vieillot de la barque. Nous sortons du port puis le pilote met les gazs… incroyable, la poussé exercée par les deux moteurs du bateau le fait carrément léviter, la coque n’est plus en contact avec la surface de l’eau…A chaque vague, (soit toutes les deux secondes), la barque rebondit puis s’envole, et nous avec … Pour nous, c’est sur, le bateau va se couper en deux, il est dur d’imaginer qu’elle puisse résister à de tels chocs. Du moins, c’est sur, nous aurons des séquelles aux fesses (c’est dans ce genre de moment que nous sommes contents d’avoir un kiné dans l’équipe)… 3h après, nous arrivons enfin à Capurgana, petit village situé sur la côte Caraïbes dans la région du Darien. Cette zone classée très dangereuse et fortement déconseillée aux touristes par les autorités colombiennes, américaines, françaises (bref mondiales) du fait de la présence des FARCS, paramilitaires et narcotrafiquants. En gros, c’est une des régions les plus craignos du monde…gloups.

Carpugana

Pourtant, nous découvrons un paradis, le décor est sublime et l’atmosphère qui règne ici est vraiment agréable et sûre !!!! jamais nous ne sommes sentis en danger… Nous trouvons un hôtel niché sur le bord de mer offrant une vue imprenable sur les eaux turquoises pour un prix défiant toute concurrence (et en plus nous avons notre propre balcon avec hamac…le pied)

Nous déposons nos valises puis attrapons un petit bateau de pêche qui nous amène à Sapzuro, un bled à quelques kilomètres de Capurgana. Ici, la vie marche au ralentie, les habitants sont d’une gentillesse exemplaire et le paysage est digne de celle d’une carte postale. Nous trouvons une petite plage déserte (du moins, elle l’est si on enlève les militaires) avec une eau qui doit avoisiner les 30°C et profitons de la clarté de cette dernière pour admirer la richesse de la vie aquatique grâce à un masque et un tuba.

Nous rentrons à Capurgana vers 17h et à notre surprise, nous assistons à un match de foot de quartier…le décor est assez original. D’un coté, se situe une piste d’atterrissage, de l’autre des petits troquets peints de couleurs chaudes et, à un mètre derrière un but, se trouve une vitrine d’un magasin (pas de bol pour les propriétaires)… Nous observons ce match quelques minutes puis retournons à notre hôtel.

Dimanche 29 mars 2009

Levés tôt car ce matin nous allons au Panama avec un bateau de pêcheur. 8h, nous embarquons puis quittons la côte colombienne. Quelques dizaines de minutes après, nous voila au Panama et plus exactement à Puerto Oblidia, village situé juste après la frontière et habité environ par une centaine d’âmes. Ici, il y a certainement plus de militaires que d’habitants. Nous passons l’immigration puis essayons d’acheter nos billets d’avion pour Panama city. Plus de place. Nous sommes condamnés à errer ici pendant une journée entière…arf. Il y a une chaleur à faire fondre du goudron et l’occupation première du village est de…ne rien faire. Impossible pour nous de se coller à leurs habitudes ainsi nous partons un peu à l’extérieur du pueblo à la recherche d’une plage de rêve. Bingo, trouvée. Une plage déserte bordée de palmiers majestueux avec une eau à 30° et des grosses vagues. Pour couronner le tout, Aurélien le magicien, a dégotté une petite noix de coco que nous dégustons. Apres une baignade d’environ…3 heures, nous rentrons à l’hôtel.

Lundi 30 mars 2009

Départ pour Panama City, nous embarquons dans l’avion…le zinc (15 places) serait un terme plus approprié. L’avion se dirige vers le haut de la piste (la piste étant un peu courte, le coucou doit monter une petite pente afin d’avoir plus d’élan…rassurant non ?), fait demi tour…à ce moment, quand vous constatez l’état déplorable et la petitesse de la piste, il n’y a qu’une chose à faire : respirer un grand coup, fermer les yeux et prier. Le zinc s’élance puis décolle…