Le 24/10/2008 :

L’atterrissage s’effectue à 10h30 à l’aéroport de Douala, capitale économique du dernier pays africain de notre périple. Les esprits tentent de suivre les corps, plongés dans une seconde dimension suite à ce voyage aérien. C’est avec grand plaisir que nous découvrons Joseph et Jean-Pierre, deux membres de Culture Foot Solidaire qui constituent un agréable comité d’accueil. Ils ont déjà lancé les formalités pour obtenir le visa du Cameroun. Il faudra, malgré tout, plus de trois heures d’attente avant d’obtenir le précieux sésame. Joseph et Jean-Pierre nous conduisent alors vers un hôtel « dans notre budget ». Ce sera 60 000 FCFA pour trois personnes au final (90 euros….gloups !), mais il est difficile de négocier ici et, vu comment les deux membres de Culture Foot se sont démenés pour venir nous chercher et nous trouver un hôtel, nous acceptons. Demain est un autre jour.

Durant la soirée, en compagnie de Joseph ainsi que de son épouse, nous dégustons, dans la festive rue de la joie, du poisson braisé (soles et bars), accompagnés d’aloco ainsi que de pâtes de Manioc : un délice !

Le 25/10/2008 :

Rencontre avec les élèves de l’école de football St Julio ce matin. Le temps de quelques photos et d’un discours et nous voila déjà repartis ! Ce passage express s’explique par un coup de fil de Jean Claude Mbvoumin, l’organisateur de la conférence du jeune footballeur. Nous avons déjà rencontré Jean Claude en France, et c’est grâce à lui que les rencontres avec Moïse (Burkina) et Moustapha (Mauritanie) ont été possibles. Aujourd’hui, il nous propose d’assister à la finale de la coupe du Cameroun se tenant à Yaoundé à 16h00. Il faut partir tout de suite en somme ! Récupération des bagages à l’hôtel et direction gare routière. Jean-Claude en personne vient nous chercher en compagnie de Martin, le responsable média de la conférence. La rencontre est furtive, mais cela nous permet d’en apprendre un peu plus sur le déroulement de la conférence et sur le travail acharné que Jean Claude devra livrer le long des trois prochains jours. Il nous apprend au passage, pour notre plus grand malheur, qu’Aimé Jacquet, pour des raisons personnelles, ne pourra venir…petite moue collective, nous ne pourrons parler de la ligue 1 avec Memet.

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Suite à un voyage de quelques heures le long d’une route bordée par une végétation luxuriante qui ne semble jamais finir, nous arrivons à Yaoundé à 17h00. Il est encore temps d’assister à la deuxième période entre le Cotton Sport et les Aigles Noirs. Malheureusement, les taximen refusent de nous conduire au stade étant donné que les routes pour y parvenir sont condamnées pour l’occasion (présence du premier ministre oblige). Ce sera donc devant le petit écran du resto de la gare routière et accompagné d’un poulet aloco que nous suivrons la finale de la coupe du Cameroun, remportée par Cotton sport.

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Nous nous installons par la suite à l’hôtel Jouvence 2000 où Gyséle Eyike, la personne en charge de l’hébergement au sein de l’association, nous a réservé une chambre. Dépôt des bagages puis direction l’hôtel Montfébé où nous retrouvons avec un plaisir non dissimulé une tête que nous connaissons bien. Il s’agit de Moustapha Mohamedou, notre cher ami Mauritanien. En effet, dans le cadre du challenge Sidi Mohammed Abbas (voir la chronique), Moustapha a lui aussi été invité afin de faire partager au monde du football africain, l’action extraordinaire qu’il mène depuis plusieurs années au côté de Moulay Abbas. Ce dernier, non présent, est retenu au Canada. Encore une fois, nous ne pourrons le voir…un jour viendra, inch’allah ! C’est donc au sein du restaurant de l’hôtel que nous offrons à Moustapha un maillot de l’équipe du Ghana dédicacé par Mr Abedi Pelé (l’idole de ce supporter de Marseille). Moustapha a également quelques choses pour nous : trois magnifiques pantalons mauritaniens accompagnés de leur ceinture traditionnelle. Tout le monde a donc un petit quelque chose ! La discussion se poursuit pendant plusieurs heures, comme si nous nous étions quittés hier. Ce même soir, nous rencontrons Bertrand, un agent de joueur bavard et jovial, et Lionel, photographe attitré de la conférence.

Le 26/10/2008

Le soir, nous nous installons à l’hôtel Montfébé. Après une semaine de mission catholique en dortoir de six, pour un prix de 4 euros par personne, au Ghana, le contraste est séduisant. Après une longue et tumultueuse discussion, nous décidons de passer trois nuits au sein de cet hôtel quatre étoiles afin d’être plongé dans l’ambiance de la seconde Conférence du Jeune Footballeur Africain. Nous devrons donc déambuler dans les mêmes couloirs que René Charrier (vice-président de l’UNFP), Philipe Doucet (Canal Plus, « la palette à Doudouce » !), Christian Karembeu et Mr Wilfried Lenke (Conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies pour les sports au service de la paix et du développement). De nombreuses personnes respectables en somme !

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Le marbre du hall, les lustres et le magnifique point de vue sur la ville sont, entre autres, quelques points rendant ce lieu très différent de tous les hôtels rencontrés auparavant. Les trois routards sont un peu perdus dans tant de dorures ! Cependant, ils ne se laissent pas abattre pour autant ! Et, après avoir déposé leurs bagages poussiéreux dans les chambres, commandent derechef une bière pression dans l’un des deux bars de l’hôtel. Nous devisons alors au côté de Moustapha, Bertrand et Lionel en regardant le 59ème classico entre le Paris Saint Germain et l’Olympique de Marseille. Ce soir là, Bertrand supporter du PSG, (et oui, il y en a encore ;)) sourire aux lèvres, chambre gentiment Moustapha qui voit son équipe fétiche perdre lamentablement à domicile contre le rival haï. Sans l’avoir vu arriver, nous réalisons que Christian Karembeu, entouré d’une dizaine de personnes, se trouve à côté de nous. Il jette régulièrement des coups d’œil vers le petit écran. Mais le champion du monde s’éclipsera manger avec la délégation avant même la fin du match. De notre côté, on se dit qu’on a bien fait de venir ici, on aura bien le temps de parler avec lui pendant ces trois jours.

Nous finissons la bière, tentons un saut au « night balafon », la boîte de nuit de l’hôtel, puis nous allons nous coucher afin d’arriver en forme le lendemain au palais des congrès. Eau chaude (la première fois en trois mois !), climatisation, télé (avec câble s’il vous plaît), lit douillet, terrasse avec vue imprenable….la nuit va être bonne dans cette divine chambre !!

Le 27/ 10/2008 :

Réveil à 8h30, récupération des badges « Culture Foot Solidaire », que nous amarrons solidement à notre cou sur le champ. Nous sommes des I.S. (Invités Spéciaux). La navette collective étant remplie, nous empruntons un taxi juste pour nous trois. Le palais des congrès se situe en fait sur une colline faisant face au Mont Fébé, il faut moins de cinq minutes pour l’atteindre. Nous arrivons finalement en même temps que Mr Karembeu et Mme Lallart (UNESCO, fondatrice des écoles de l’espoir). Nous montons le tapis rouge de l’entrée après que les photographes aient finit de canarder l’arrivée du footballeur français. Le comité d’accueil est constitué par des danseurs traditionnels. Dans le hall, nous avons également droit aux clichés photographiques. Des hôtesses nous accueillent et nous montrent le chemin vers la salle de la conférence. Le lieu est quasiment vide. Aux côtés de Lionel, Bertrand, Moustapha, Christian Karembeu, Jean Pierre Paoli (speaker du Stade de France et du PSG) et quelques journalistes, nous attendons l’arrivée du Ministre des Sports. Ce dernier doit faire une allocution qui sera suivie par celle de Son Excellence Roger Milla, président d’honneur de la seconde Conférence.

Mais c’est d’abord Jean-Claude Mbvumin, président de Culture Foot Solidaire qui ouvre la cérémonie d’ouverture par un discours de bienvenue et de remerciements. Il est suivi du Ministre des Sports, puis de Roger Milla (un des plus grands joueurs africains, pour ceux qui ne connaissent pas, c’était dans les années 70, il est un véritable demi-dieu sur le continent noir). Suite à la cérémonie d’ouverture, tout le monde se retrouve dans le hall, nous en profitons pour sortir la caméra et tenter d’interviewer quelques personnes. Nous commençons par Jean Pierre Paoli. Musicien avant tout, JPP est un fidèle de Culture Foot Solidaire. Il était d’ailleurs déjà présent lors de la première conférence organisée en France. Nous interrompons l’interview, puisque Roger Milla, sur la demande d’Aurélien, accepte notre interview. Il nous explique l’amitié profonde qui le lie à Jean Claude, ainsi que les valeurs que véhicule le football à ses yeux : le respect et la cohésion sociale, « le football peut assurer une vraie paix entre les peuples ». Son plus beau souvenir est la participation du Cameroun à la Coupe du Monde. Après cet entretien improvisé de quelques minutes, Mr Milla retourne à ses occupations. Nous ne savons pas encore que nous serons amenés à le revoir et cela d’une manière plus intime encore.

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L’après-midi, sans avoir toutes les informations nécessaires au déroulement de la journée, nous arrivons à connaître en partie le planning de Mr Karembeu. Nous décidons de nous calquer dessus. De fait, nous le retrouvons, sous une belle averse, au stade annexe omnisports où il vient observer quelques matchs et discuter avec les jeunes joueurs qui viennent le voir. Il se révèle très abordable. Bertrand et Lionel sont également de la partie. Nous discutons aussi avec Mme Lallart, qui nous donne quelques adresses en Amérique du Sud ainsi qu’en Asie et nous raconte la belle histoire des écoles de l’espoir. En 15 ans, l’UNESCO, a mis sur pied une dizaine d’écoles à travers le monde. Ces dernières sont des écoles d'éducation non-formelle avec apprentissage aux métiers, pour les enfants de la rue qui ne sont pas inscrits au registre d'état civil. Elles sont en général parrainées par un footballeur professionnel (Mickael Sylvestre, Christian Karembeu…).

Retour à l’hôtel.

Le 28/10/2008 :

C’est une journée chargée et riche en émotions qui nous attend aujourd’hui.

La journée débute par un petit déjeuner en compagnie de Christian Karembeu. Nous discutons alors du projet, de voyage ainsi que de la conférence avec cet ancien de France 98 qui se révèle un personnage très simple dans les relations humaines. La journée commence bien ! Puis, direction palais des congrès. L’accueil est toujours aussi dansant, mais le public a l’air plus dense aujourd’hui. Nous retrouvons la troupe des invités de la conférence : Bertrand, Lionel, Moustapha, Nathalie, une réalisatrice de documentaire d’origine anglaise ainsi que deux espagnoles venues également tourner un documentaire sur le football et les enfants. Mr Roger Milla ouvre la journée par un discours puis c’est Philippe Doucet (arrivé la veille à l’hôtel) qui anime les débats de la matinée, appelant les différents protagonistes à l’estrade.

Récompensé par Culture Foot Solidaire !

C’est avec stupéfaction, que nous sommes invités à monter à notre tour ! En effet, aujourd’hui, chaque personnage œuvrant pour une meilleure éthique du football se voit remettre un trophée. Et ce trophée est remis à Romain des mains du Président de la Fédération Camerounaise de Football avec les félicitations de Mr Karembeu ! Sous les applaudissements, Aurélien tente d’expliquer les objectifs du tour du monde au micro de Mr Doucet. L’émotion est grande, la surprise incroyable et le trophée magnifique ! Par la suite, c’est au tour de Moustapha de recevoir son trophée. Celui-ci n’étant pas très à l’aise devant un auditoire, le moment se révèle plutôt amusant.

Après cette matinée riche en émotions, l’après-midi s’égrène avec les discours de différentes personnalités du football africain et mondial. Robert Nouzaret (UNECATEF), qui insiste sur la nécessité des échanges Nord/Sud. Marie José Lallart (UNESCO), fondatrice des écoles de l’espoir. Patrick Wincke (FFF). Franck Appi (journaliste à Stv, chaîne camerounaise). Vitus Derungs (FIFA), qui met en avant six propositions de loi voulue par l’organisme international de football. Mosengo-Omba (UEFA). Moustapha Kamara (avocat d’origine Sénégalaise), qui nous fait découvrir les rouages juridiques des transferts des joueurs. Ce sont donc les principaux conférenciers de ce jour. Plus de six heures de conférences animées par Philippe Doucet auront constituées cette après-midi fort instructive.

Le 29/10/2008 :

Le matin, pendant que Romain travaille consciencieusement sur les chroniques, Thomas et Aurélien assistent à la conférence de presse donnée par Philippe Doucet au Hilton de Yaoundé. Les différents acteurs de la veille sont présents : Gisèle, Bertrand, Lionel, Nathalie, Martin, les espagnoles….On a comme l’impression d’appartenir à une petite communauté formée autour de l’événement. Par conséquent, nous nous trouvons parfaitement à notre aise. Mr Doucet répond aux questions des journalistes concernant le football français, sa vision du foot africain et les rouages du travail de journaliste à Canal Plus. D’un coup, la salle se lève, quelqu’un d’important semble être arrivé. Il s’agit de Mr Milla, accompagné de Jean Claude. Ils prennent place près du journaliste français.

Suite à la conférence, il n’existe pas de programme établi. Romain rejoint ses deux amis après avoir travaillé dur pour le projet à l’hôtel Montfébé. Face à un expresso hors de prix, nous méditons sur le sort de notre journée. Philippe Doucet nous annonce alors qu’il se dirige visiter le club fondé par Jean Alain Boumsong, en compagnie de Mr Winckle (FFF), Mr Garcia (responsable du centre de formation du Havre) et Mr Gauthier, le manager du Boum’s club. Ce dernier propose à Thomas de faire des clichés de la rencontre afin de parfaire le book du club. Et c’est parti ! Mr Gauthier nous affrète une voiture tandis qu’il nous suit en jeep aux verres fumées en compagnie des trois français. Arrivés sur le terrain, nous observons l’entraînement des joueurs. Thomas, très investi dans son rôle de photographe, mitraille terrain et joueurs. Peu de temps après, Philippe Gauthier sort de son coffre boissons et denrées préparées au Hilton. Nous dégustons alors sandwiches et frites quatre étoiles sur le terrain de Jean Alain Boumsong et aux côtés de trois passionnés du ballon rond…il y a quand même pire comme moment dans la vie !

Boums Club

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Par la suite, Mme Boumsong (la mère de Jean Alain) prononce un discours face à la centaine de joueurs. Son briefing tourne particulièrement autour des bons résultats scolaires essentiels à la poursuite de l’aventure au sein du Boum’s club. S’en suit de nombreux clichés en compagnie des enfants. C’est Mr Doucet (Canal Plus Horizons oblige) qui a le plus la côte. Tout le monde veut une photo à ses côtés et le journaliste se plie au jeu. « Allez une dernière », s’évertue-t-il à répéter et c’est dix autres sollicitations qui suivent ! Nous sommes également pris à partie parfois et posons avec certains joueurs nous aussi… Les trois français ayant un avion à prendre à Douala, ils repartent dans la foulée de ces séances photos. A notre tour, nous quittons le terrain. Petit arrêt à un match de quartier pour prendre quelques clichés, puis direction l’hôtel.

Yaounde

Nous y retrouvons Lionel, Bertrand, Moustapha Kamara (l’avocat français) et Delphine, la secrétaire de Culture Foot Solidaire. Ce soir, un dîner est prévu chez Mr Roger Milla. Nous en serons. En premier lieu, nous récupérons les bagages, puisque, ça y est, l’épisode quatre étoiles s’achève ce soir. Notre futur logement se fera au sein de l’église presbytérienne du quartier Bastos où les chambres coutent six euros par tête. Retour à la réalité !

Arrivé chez Roger Milla. Il est toujours difficile d’exprimer ce que l’on ressent lorsque l’on rentre dans l’intimité d’un personnage aussi populaire. C’est un grand moment ! Roger Milla, trois participations en Coupe du Monde, qui a fait rêver tant d’enfants et fait battre la chamade à tant de camerounais et de français ! Nous sommes, ce soir, chez lui ! Mais il n’est pas là pour le moment…nous l’attendons donc, assis dans les confortables canapés de la terrasse extérieure et sirotant une bière spontanément proposé par le serveur de la maison. Nous en profitons pour filmer le S.E. ROGER MILLA taillé dans les buis du jardin, un cadeau du jardinier. Au bout de quelques minutes, Mr Milla arrive tout sourire. Il salue tout le monde et, à notre plus grande surprise, nous lance un « tiens, vous n’êtes pas encore partis vous ? ». S’en suit un repas constitué de brochettes, d’aloco et d’un peu de spiritueux fort goutû. Sur une question banale d’Aurélien, Mr Milla amène ce dernier faire un petit tour extérieur du propriétaire, moment intime….le diner se poursuit tranquillement, on discute football, Afrique, France…puis le temps de partir se fait sentir. Un autographe pour « MaisVousEtesFoot ! », une dernière photo souvenir et on saute dans le taxi. Finalement, la soirée ne se finit pas comme cela. Nous nous retrouvons au Safari, une boîte réputée de Yaoundé où nous éclusons quelques bières aux côtés de nos compagnons de Culture Foot Solidaire.

Chez Roger

LE 30/10/2008 :

Nous sentons aujourd’hui que la page de la conférence se tourne. En effet, fini le 4 étoiles, pas de restaurant, pas de clim (même pas de ventilo), pas de terrasse et pas de room service…Mais toutes les bonnes choses ont une fin et c’est sans regret aucun que nous gagnons nos pénates. Les derniers jours ont été extraordinaires, un peu hors réalité et nous revoilà plongé face aux conditions d’un voyage à long terme. Mais aucun spleen là dedans, c’est avec le sourire que nous retrouvons notre vie plus spartiate, c’est aussi ça l’aventure !

LE 01/11/2008 :

Journée travail rythmée par les chants religieux. Et oui ! Petite soirée tout de même dans le quartier Bastos non loin de l’Eglise Presbytérienne. Par conséquent, nous ne sommes pas rentrés très très frais dans nos lits monacaux.

LE 02/11/2008 :

Après une courte nuit, Romain et Thomas sont réveillés par des coups frappés à leur porte. C’est Etienne Daho ! Bon d’accord ce n’est pas le vrai. Romain a rencontré ce charmant personnage lors d’une visite chez le coiffeur. Cinq minutes de discussion ont suffi pour organiser un foot (le dernier en Afrique pour les trois compères). A peine le temps d’enfiler leurs crampons et voilà que les deux fêtards de la veille se dirigent vers l’un des meilleurs terrains de la ville en compagnie d’Etienne Daho donc. Comme ils arrivent en retard, l’homonyme de notre chanteur (?) national propose à Romain de ne jouer que la seconde mi-temps. Tant mieux. Thomas n’est pas encore très réveillé et « El Presidente », toujours un peu pendillo. Qu’à cela ne tienne, vingt minutes plus tard, Romain se lance tout de jaune vêtu vers le praticable tandis que Thomas filme et prend quelques clichés.

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Malgré le bon niveau physique, tout se passe bien pour Romain jusqu’au moment où son défenseur attitré (surnommé « Gros » par ses camarades…) décide de confondre le ballon avec la cheville de notre président. Il chute alors de tout son long ! Son genou est tout râpé et, ce qui est plus gênant, son poignet droit tout endolori…pourtant, pas de faute sifflée. Bravant la douleur, Romain continue tout de même à jouer. Dix minutes plus tard, « Gros » nous refait la même. Toujours pas de faute sifflée. Devant ce laxisme arbitral, Romain décide de préserver son intégrité physique et quitte le match. Pas question de perdre une cheville avant le Brésil et l’Argentine. Après un coca partagé avec Etienne Daho et les différents joueurs de l’équipe, Romain regagne l’Eglise Presbytérienne afin qu’Aurélien réalise les premiers soins (application d’un antalgique/anti-inflammatoire, réalisation d’un strapping). Le doute d’une atteinte d’un des petits os du carpe plane alors. Fissure ou fracture du scaphoïde, du trapèze ou peut être du premier métacarpien ? Seul le temps nous le dira, puisqu’il est nécessaire d’attendre deux semaines avant de réaliser une radio de ce type afin de pouvoir interpréter correctement le cliché.

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LE 03/11/2008 :

Nous avons rendez-vous avec Mr Bertrand, un personnage qui tente de nous rencontrer depuis notre arrivée au Cameroun. Nous ne savons pas exactement ce qu’il compte réaliser avec nous. Il s’agit en fait, du gérant d’une entreprise de médiatisation autour de l’événementiel. Nous décidons alors de le mettre en relation avec les gens que nous avons déjà rencontré au cours du voyage et qui pourraient nécessiter une vitrine afin que leur projet prenne de l’ampleur (Papa en Mauritanie, Moustapha et le challenge en Mauritanie, Culture Foot Solidaire au Cameroun).

Passage à la pharmacie et achat d’une attelle anti brachial pour le poignet de Romain. C’est aussi le temps des dernières ballades et discussions dans les rues africaines, accompagnées d’une certaine nostalgie mélangée à l’excitation de la découverte d’un continent inconnu de nous trois, l’Amérique du Sud. Nous nous laissons imprégner par la lumière solaire si particulière, par les odeurs, les sons et les sourires des habitants de ce continent si riche d’un point de vue humain, environnemental et social.

Le taxi vient nous chercher à 20h00. Une course folle nous entraine en direction de l’aéroport de Yaoundé situé à 20km de là. Et c’est parti pour un voyage aérien en quatre étapes. En principe, nous partons le 3 Novembre à 23h30 pour arriver à Rio de Janeiro le 5 vers 12h00. Le plan de vol est le suivant : Yaoundé/ Casablanca ; Casa/ Marseille ; Marseille/ Rome ; Rome/ São Paulo ; São Paulo/ Rio de Janeiro. Et oui, entre deux continents, l’association vient faire un coucou à son pays natal, et cette étape se révélera particulièrement marquante.

Nous commençons par le check-in habituel où nous « rencontrons » l’équipe nationale cadette des Lions Indomptables qui se déplace en Algérie ce soir même. Nous tentons une approche caméra à la main, mais l’entraîneur ne semble pas en accord avec notre démarche et nous prie d’éteindre l’appareil. Ensuite, nous nous dirigeons vers le resto afin de faire passer les deux heures d’attente qu’il nous reste à patienter. Arrivés dans la salle, une mélodie familière parvient à nos oreilles. Et pour cause, il s’agit de la Marseillaise ! Le drapeau tricolore apparaît sur le petit écran, qu’est ce donc que ceci ? V’là t’y pas que la chaîne nationale a décidé de nous souhaiter un bon départ avec LE match de l’équipe de France dont on n’a pas envie de se rappeler : la finale de la CM 2006 contre l’Italie ! Mais le destin est bien composé de signes qu’il est nécessaire de décrypter. Ce match dont chacun connaît le bien triste épilogue fut, telle l’apparition d’un chat noir, l’annonciateur d’une déconvenue majeure qui nous attendait quelques minutes plus tard. La dame dans le haut parleur de l’aéroport invite les passagers de notre vol à se rendre vers la porte d’embarquement. Nous exécutons. Devant les escaliers menant aux départs, une douanière nous faut remarquer : « Vous n’avez pas payé la taxe de l’aéroport messieurs, je ne peux vous faire entrer ». Une taxe ? Quelle taxe ?? Personne ne nous a prévenu qu’il fallait débourser 10000 FCFA (15 euros) chacun afin d’être dans le droit de quitter le sol camerounais par la voie des airs ! Nous nous énervons un peu, allons nous renseigner et, au bout de quelques minutes, nous comprenons que sans le tampon faisant foi du paiement de la taxe, nous serons condamner à observer, depuis le tarmac, notre avion prenant son envol. Le problème majeur est que les dernières économies ont été dépensées dans le sandwich dégusté devant la maudite finale. Retirer de l’argent ? Oui, c’est une solution, mais le premier distributeur est situé à 20 km de là. Premier avion, première galère, il va être bien ce voyage !! Que faire alors ? Heureusement pour nous, une fonctionnaire de l’ aéroport travaillant à a trésorerie, nous propose un marché. Elle nous avance les fonds avec ses propres deniers et nous la remboursons le lendemain à Marseille via une compagnie de transfert monétaire. C’est sur cet accord de confiance que la porte des départs s’ouvre à nous. Finalement nous décollons bien à l’heure et dans le bon avion…ouf ! Au bout de 30 minutes, court arrêt non prévu à Douala…bon pourquoi pas, ça fera cinq escales au lieu de quatre…

LE 04/11/2008 :

Au petit matin, nous voila à Casablanca. Grommelant, visages figés, sans sourires, nous reconnaissons quelques mines françaises dans la queue pour l’avion en direction de Marseille. Il faut dire que l’heure est matinale, mais on a beau dire, le français se reconnaît facilement : il est ronchon. Et quand on revient d’Afrique où le sourire est spontané même chez les plus démunis, le contraste est saisissant ! Le départ est dans une heure. Arrivé à 14h sous la pluie battante de la cité phocéenne. L’oncle et la tante de Romain et Thomas ainsi que le papa d’Aurélien sont présents pour accueillir les trois voyageurs un peu ahuris par le voyage et par le fait de ne passer que furtivement en France. Nous voila déjà obligés de prendre notre avion, le troisième du nom. Direction Rome ! Nous débarquons alors dans la capitale Italienne, et comme tout se passait bien jusque là, il était nécessaire qu’une petite galère nous accompagne ici. En effet, l’avion que nous devions prendre a cinq heures de retard. Le départ est donc reporté à 3h00 du matin…c’est super ! C’est avec quelques paumés et démunis trouvant un refuge nocturne dans ce hall, ainsi qu’avec d’autres voyageurs en attente, que nous prenons notre mal en patience. Nous feuilletons entre autres quelques magazines de football. Aux alentours de minuit, un anglais vient à notre rencontre, il a aperçu les magazines de foot. Il nous annonce alors l’impensable : l’équipe de Chelsea sera dans l’aéroport d’ici quelques minutes ! En effet, suite au match AS Roma/ Chelsea, dont le club italien est sorti victorieux, les joueurs anglais prennent un avion direction home sweet home. Caméra et appareil photo aux poings, nous attendons la venue des joueurs avec une dizaine de personnes ayant eu vent du même tuyau. Scolari, Check, Deco, Malouda, Drogba, Anelka défilent sous nos yeux. Nous interpellons Nicolas et tentons de lui parler de notre projet, mais ce dernier, oreillette de téléphone vissée à l’oreille, ne prendra pas le temps de nous entendre (ce qu’il nous fait comprendre tout à fait poliment d’ailleurs). Il signera, malgré tout, une carte de visite de l’association. Etonnante coïncidence que cette rencontre complètement foot pour des porteurs d’un projet comme le notre n’est ce pas ?

Par la suite, nous dégustons une bière aux côtés de l’anglais. Il est organisateur d’événements festifs au sein de la communauté Spiral Tribe, une des plus grandes communautés mondiales organisatrices de raves à travers la planète. Finalement, l’avion décolle à 3h00 comme prévu pour rallier São Paulo ! De là, nous prenons un dernier vol pour débarquer, après plus de 40 heures de voyage, dans la capitale de la Samba : Rio de Janeiro ! Bemvindo a pais de fùtbol !!