Samedi 22 Août

Départ matinal de l’île de Ko Chang pour la joyeuse troupe. Pas même la possibilité pour ce pauvre Thomas d’entamer sa journée par son bol de riz quotidien, non. Bien entendu, à l’approche de ces 3 occidentaux aux allures de routards, ça ne manque pas, un taxi nous propose de nous emmener au port pour le ferry. Le sourire narquois ; le trésorier de l’association « Mais vous êtes foot !» demande le prix et banjo (pas banco !) ; c’est 600 Bats sinon t’y vas à la nage... Pour une fois le président, lui, prend la « blague » avec légèreté et nous montons dans un autre taxi quelques minutes plus tard pour un prix 10 fois moins cher (si, si). Arrivés dans le bateau, sieste pour tout le monde (ben ouais, oh, on vient de passer 3 jours sans trop de prises de têtes alors le réveil à 6heures du mat, pas top !) On prend quand même le temps de regarder l’itinéraire et là, ça va être chaud ! Il faut nous rendre au Cambodge en remontant la frontière vers le nord et en passant par Chatambury. Toutoune, à qui le réveil n’a pas ôté la rapidité du crotale en rut, saute du Tuk-tuk qui nous ramène du port dès qu’il aperçoit un bus qui se rend dans la bonne direction. Ni une, ni deux, les deux autres loulous sautent aussitôt dehors avant de se faire alpaguer par le chauffeur du dit Tuk-tuk qui demande 20 Bats pour 15 mètres… Grognement du président, mais bon en même temps, si on saute dans ce bus de l’autre côté de la rue, y’a moyen de gagner un sacré paquet de temps et, qui sait, rêvons éveillés, d’être au Cambodge (et plus précisément proche d’Angkor Wat) dès ce soir…

Arrivée à Chatambury à 11h50. Bonne nouvelle, le bus suivant vers Poipet et son poste frontière est à 13 heures. Pile poile le temps de déjeuner tranquillement et nous voilà repartis, décidément cette journée s’annonce bien, même pour une journée de transport. On va y être ce soir on vous l’dit! Départ vers la frontière, dans le bus, scène assez irréelle, majoritairement des asiatiques (là c’est juste pour Matthieu que c’est encore irréel après une semaine en Asie), mais surtout le contraste frappant d’un militaire, qui, à chaque fois qu’il passe le long d’un temple dédié à sa religion, prie dans le bus. C’est pas nos militaires qui prendraient un chapelet dès qu’ils passent devant une église Fieu ! La piste se révèle quelque peu défoncée et le chauffeur ne ralentit pas. Ici pas de sac pour taper un renard, y’a même intérêt à être prêt si on veut monter ou descendre ! Pas d’arrêt de bus pour les futurs voyageurs, c’est un coup de klaxon ; 2 qui montent, 2 qui descendent et en avant Guingamp ! En même temps, le chauffeur a l’air assez fan de son appareil car tout le monde prend ! Les piétons sur le bord de la route comme les voitures qui ne roulent pas assez vite (à allure normale en somme). Arrivée à Sa Kaeo 3 heures plus tard, là ça commence à faire long, il est 16 heures dans le chef lieu de cette province déclarée comme telle en 1993 et mitoyenne du Cambodge. Quand on vous dit qu’on se rapproche !

Arrivée à la frontière de Poipet à 19h30. On s’arrête pas en si bon chemin et tout en espérant que l’on ne va pas passer 3 plombes pour le visa, on se motive à chercher un Tuk-tuk jusqu’au poste frontière. Las, ce mécréant nous fait bifurquer vers un endroit ou 4 thaïlandais nous proposent de faire des visas pour pas chers. Fort de son expérience passée (ben ouais « il a fait le tour du monde lui » dixit Toutoune), le président sent l’entourloupe. Pas un pigeon à se faire arnaquer au boneto le Roroo ! Evidemment une fois les doigts dans le processus et pas de tuk-tuk pour vous sortir de là, ça sent la mélasse ! Après quelques discussions « houleuses », on finit par avoir les visas (sans même être sûr de leur validité une fois à la frontière) pour un poil moins cher. Direction le poste frontière où nous passons sans problèmes. Nous voilà au Cambodge ! Génial ! Evidemment, n’y tenant plus, les joyeux lurons demandent le prix d’un visa délivré directement au poste, conclusion : 20% moins cher ! Grrrr ! On traverse et là, stupeur, celui qui nous a entourloupé nous attend de l’autre côté !!!!! (Explique-nous l’utilité d’un visa alors ?!) Il nous propose même de nous emmener à la gare routière ou de nous présenter un de ses copains qui nous emmènerait en taxi à Siem Reap, la ville la plus proche des ruines d’Angkor Wat, notre prochaine destination. Un mal pour un bien, nous essayons la gare routière où évidemment les bus ne fonctionnent plus jusqu’au lendemain matin. Là, c’est décidé, on dégage en vitesse à pied histoire de semer notre Némésis (ben ouais il nous a pourri une journée bien lancée le bougre !), puis après avoir trouvé une « Guest House » modique, nous nous rendons pour un dernier dîner dans cette ville qui semble ne vivre que, et pour, le poste frontière. Toutoune jamais rassasié et ne désirant pas rester sur un échec trouve enfin un bus le lendemain matin, 8 heures, pour nous rendre à Siem Reap. La prochaine et dernière destination du jour devient alors vite très claire, au pieu !

Dimanche 23 Août

Re-levé 6 heures du matin pour choper le bus. Un bol de riz pour Thomas et nous voilà dans le bus grâce à 3 Cambodgiens, sans qui grâce à leur traduction, nous n’aurions jamais su qu’un changement doit se faire à Phumi Phnum Liep (allez comprendre ça en Khmer vous !). Après un changement dans la ville précédemment citée, nous arrivons enfin à Siem Reap, il est midi et il nous reste du temps pour la journée, parfait ! Le trésorier, toujours dans les bons coups, saute dans un Tuk-tuk et disparait tandis que le Président et le membre honoraire discutent entre eux. Retour de Thomas 15 minutes plus tard qui vient de trouver une Guest House à 2 dollars la nuit (oui au Cambodge on ne retire que des dollars, la monnaie étant encore trop dévaluée et étalonnée sur la devise de l’Oncle Sam). En guest : internet et des films gratuits sur la télé du bar! La classe ! Déjeuner puis visite de la ville de Siem Reap qui ne vit majoritairement que grâce au tourisme. C’est en effet le départ obligé pour l’endroit le plus touristique du Cambodge, les ruines d’Angkor Wat ! Nous décidons de rester ici 3 jours. On ne refera sans doute jamais ça ; hors de question de le faire à la va-vite ! Le temps d’une négo avec un chauffeur de Tuk-tuk et emballé c’est pesé, Mr Sambo, notre chauffeur, nous guidera durant 3 jours. De son vrai nom Taveing (« Homme long » ndlr), il nous guidera à travers les différents temples situés à quelques 6 kilomètres de là… Dîner rapide et discussion au houblon pour Thomas et Matthieu ; le Président travaille alors faut pas le déranger…

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Lundi 24 Août

Première journée à Angkor Wat. Départ plus tardif comparé aux précédentes matinées. Nous y sommes ! Armés des caméras, des appareils photos et de moults batteries nous entamons les visites. Et à 20 dollars les 3 jours, on ne va pas faire les fainéants ! Bien évidemment, nous commençons par le haut du panier, le temple d’Angkor Wat lui-même. Construit au début du 12ème siècle par le monarque Suryavarman II, il s’agit du plus grand temple de toutes les ruines d’Angkor ! Avec un mur externe de 36 kilomètres (excusez du peu), il est le temple le mieux conservé de tous et est resté, malgré toute l’histoire du Cambodge, un important centre religieux pour le pays. Au début hindou, puis bouddhiste, il est maintenant le Cambodge de part son architecture Khmer mais aussi sa symbolique ; au point d’être présent sur le drapeau national. Et on peut dire que ce n’est pas immérité. Malgré le poids des années, on se met à imaginer cette structure au milieu de la jungle, 9 siècles auparavant et le moins qu’on puisse dire c’est que ça en jette quand même sacrément! Une fois à l’intérieur, rien n’est moins impressionnant. Les bas-reliefs se succèdent le long des galeries, les étages des trois galeries rectangulaires construites les unes au dessus des autres donnent une majesté qui n’a rien à envier à nos Versailles, Chambord ou autres trésors culturels. Une fois ce premier – et très majestueux – endroit visité ; Sambo nous emmène vers Angkor Thom. Nous y visitons les temples de Bayon, Baphuon Phimeanakas, Leper King avant de finir par la « terrace of Elephants », sacrée journée ! Ces temples tous situés dans le même endroit forment la deuxième partie des ruines d’Angkor, et bien qu’étant moins majestueuses que leur voisine Angkor Wat, elles n’ont rien à lui jalouser. Nous retrouvons Sambo à la terrasse d’un resto et Thomas trouve un créneau pour prendre en photo un gamin se baladant le long des ruines. Hop, le trésorier de l’association règle le focus et nous fait un beau cliché. Ce sur quoi une jeune fille s’approche de lui et lui demande… 5 dollars ! Ben ouais c’est son frère et même au Cambodge y’a un droit à l’image ! L’ami Toutoune ne se démonte pas et refuse poliment la demande, ce qui lui vaudra de beaux noms d’oiseaux qui, même si on ne les a pas compris, sont bien chargés de sens…

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Repartis dans le Tuk-tuk de Sambo, on enchaîne sur les temples du « petit tour » par Ta Keo, Ta Phrom et Bantey Kolei (ou la piscine royale). A vrai dire un étang assez large pour une baignoire… Mais bon c’est ça le Cambodge, démesure des temps passés ! Là encore, enfants qui nous mettent le grappin dessus à doses de « bonjour monsieur » (en français dans le texte ndlr) avant de nous proposer des bracelets et autres breloques à acheter… Nous cédons et prenons donc une bouteille d’eau (enfin une bière pour Thieu). Revoilà Sambo, qui, se réveille encore comateux et nous ramène à l’hôtel. Notre cher chauffeur commence à exaspérer la troupe à dormir entre 2 de nos visites, on le paye pas à dormir le faignant ! Nous rentrons tout de même à l’hôtel bien ravis de cette belle journée. C’est décidé, nous passerons 3 jours à Angkor (Numb ? Spéciale dédicace pour Jay-Z) !! Petit dîner à Siem Reap une fois rentrés puis une nuit de sommeil bien méritée pour tout le monde.

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Mardi 25 Août

Le temps d’avaler un excellent petit déjeuner à la terrasse de notre « Guest House » que Sambo nous attend en haut de son Tuk-tuk favori. Y’a juste le matin où il ne dort pas en réalité l’animal ! De toute façon, pas question de continuer sur d’autres bases. La troupe a un emploi du temps bien chargé. Au programme, le top of the pop de la crème des temples Khmer avec Pre Rup, East Mebon, Neak Pean, Preah Khan et Ta Som. Rappelez-vous ces temples dans lesquels Angélina Jolie en tenue courte se dandine en tirant sur les méchants à tout va! Pas bête d’avoir tourné là-bas car le cadre est vraiment irréel ! La jungle a repris ses droits sur ces créations humaines et les racines transpercent nombre de monuments ; leur donnant une majesté très particulière. Thomas manque de mourir lorsqu’un serpent lui file entre les pattes, Romain se fait hypnotiser par une gamine qui veut lui vendre des bracelets (à 5 dollareeeeeeeeee) et Sambo nous attend toujours en train de dormir dans son véhicule ; commence à nous courir celui-là ! Encore une fois bien contents de ce début de journée, nous repartons en direction de l’hôtel avant de sortir grignoter un morceau pour déjeuner. Angkor est peut être fini pour la journée mais ce n’est pas la seule chose à voir ou à faire dans la région.

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En effet, rappelez-vous que nous logeons à Siem Reap. Et la ville qui vit du tourisme d’Angkor Wat se situe à quelques kilomètres du lac de Tonle Sap, le plus grand lac d’eau douce d’Asie du sud-est (rien que ça). Une superficie de plus de 2700 m², avec une profondeur d’un mètre environ qui va se multiplier quasiment par six (!!) lors de la saison des moussons. Et comme on est juste après la saison des pluies, autant dire que le lac s’étend à perte de vue ! L’idée nous a pris de tenter le coucher de soleil sur le lac. Notre cher chauffeur nous emmène donc en Tuk-tuk au bord de ce dernier. Bon, là autant dire que les bateaux s’agglutinent et qu’évidemment, notre ami chauffeur connaît des copains. Après une mini négociation qui nous laisse clairement l’impression de s’être fait arnaquer, nous montons dans notre chaloupe en direction du lac. Le delta est bien rempli et nous tombons donc sur le village de pêcheurs qui vivote au grès du niveau de l’eau. En effet, en saison sèche, le lac voit son niveau baisser puisque ce dernier, avant de rejoindre Phnom Penh, retrouve sur sa route le Mékong (au sud pour les fans de géographie). A ce moment de l’année, les pêcheurs sont donc tout proches de Siem Reap. Plus tard dans l’année, il est possible de retrouver ces itinérants du monde marins bien plus au sud du pays.

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Le soleil se couche lentement derrière de beaux nuages (grrrrr). Les photos ne seront donc pas forcément au goût de Thomas. Mais avec les personnes qui vivent de cet écosystème, nous ne serons pas décus. Elevage de crocodile (si,si), petites buvettes qui tanguent avec le reflux et aussi, un nombre assez important de mutilés qui, sur leurs esquifs aussi frêles que dangereux (bassines, bacs de polystyrènes ???) viennent mendier quelques dollars aux toubabs en bateaux… Image assez surprenante de ces enfants (pour la grande majorité) qui cherchent par tous les moyens à se faire de l’argent. Nous rencontrons même une jeune fille tentant de nous vendre un serpent (d’eau douce espérons) encore en vie. Bon, au final, ce sera coca pour tout le monde puis retour à l’hôtel. Soirée courte et couchage matinal, demain le réveil sonne tôt.

Mercredi 26 Août

Dernier jour à Angkor, alors on va optimiser. Levés 5 heures histoire de (re) faire Angkor Wat mais cette fois-ci au lever de soleil (après le coucher raté de la veille, pas question de louper ça). Bon, le seul truc c’est qu’on est pas tout seul en arrivant et ça sent vraiment le piège à toubabs… Malgré cela, la majesté du moment et les images qu’il en reste valent vraiment le coup ! On se dit même qu’il est hors de question de ne pas vraiment aller jusqu’au bout et décidons de partir pour des temples un peu plus reculés, Bakong, Preah Ko et Lokei, tous trois temples bouddhistes dont le dernier se targue de posséder 60 fidèles. Les enfants aux crânes rasés courent le long des charriots en allant récolter les légumes avec les gosses du coin.

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Et oui, un moine bouddhiste a interdiction de travailler ! En tous cas c’est sûr ce fait établi que nous visitons le troisième temple et rencontrons un moine balbutiant quelques mots d’anglais. Nous passons une petite heure avec ce dernier qui nous apprend que malgré son choix de vie spirituelle, il souhaiterait retourner étudier et devenir professeur ! Curieuse nouvelle et apparemment pas forcément du goût de ses frères religieux qui nous regardent d’un drôle d’œil… Au final, le temps de le « parrainer » pour ses livres et cahiers (ou la restauration du temple on ne saura jamais), nous repartons en direction de notre hôtel. Moins touristiques et en pleines restaurations, ces temples plus typiques nous ont permis de souffler davantage en comparaison des jours précédents. Journée faste aussi pour notre président qui reprend le crayon et se pose à faire quelques croquis pendant que Matthieu et Thomas commencent à discuter un peu plus avec Sambo. Après un échange autour d’un coca, notre chauffeur commence à délier sa langue et à se livrer un peu plus sur l’histoire de son pays et l’inévitable impact sur sa famille. Autant dire que là, c’est pas ‘Amour, Gloire et Beauté’ ! Famille déplacée hors de leurs terres d’origines par le régime de Pol pot ; cousins emprisonnés, parents disparus… Cette discussion cristallise bien l’horreur vécue par le peuple Khmer durant les années 70-80. Du coup, c’est avec un regard quelque peu différent sur notre guide-chauffeur que nous rentrons à notre hôtel dans l’après midi. Nous saluons Sambo et montons faire nos sacs. Le reste de la journée est calme et consiste pour nous à faire les derniers préparatifs pour notre départ de demain : Phnom Penh.

Jeudi 27 Août

Direction la capitale. Nous trouvons un bus qui va nous y emmener. Evidemment c’est Sambo qui va nous déposer à la gare routière car celle-ci se situe à perpète ! Hors de questions d’y aller par nous-mêmes bien évidemment. Nous grimpons dans notre bus vers 11h et partons pour 6 heures de trajet vers la capitale. Nous y arrivons en fin d’après-midi et sommes de suite alpagués par des dizaines de cambodgiens demandant un « Tuk-tuk Sir », « Vous allez où ? » (en français dans le texte), « Guest House Sir ? ». Mais là, on a la technique... Armés de nos plus beaux sourires, nous déclinons ces invitations pour nous poser 20 mètres plus loin le temps de siroter un coca et regarder notre guide pour les hôtels. Autant dire que nos amis Khmers ne souhaitant en aucun cas délaisser leurs fières montures motorisées, nous pouvons réfléchir tranquillement à notre nouveau point de chute. Après quelques brèves discussions, c’est décidé, nous optons pour une Guest House non loin de là… que nous ne trouverons malheureusement jamais. Tant pis, ce n’est pas ce qui manque et le prix d’une chambre à trois pour les compères défie toute concurrence ! Nous avons même la télé et une possibilité de regarder un match du championnat brésilien, ce qui rappelle aux deux cousins un temps pas si lointain lorsqu’ils foulaient l’Amérique latine accompagné du marcassin joyeux.

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Dans la soirée, Thomas reçoit un coup de téléphone d’un de ses amis français qui nous propose de sortir avec lui pour retrouver d’autres expatriés. Le trésorier de l’association, n’étant pas chaud à l’idée de partir seul sans ses amis, pousse Romain et Matthieu à l’accompagner. Nous trouvons donc un restaurant (indien…) sur le chemin du point de rendez-vous en attendant Régis. Celui-ci nous retrouve vers la fin du repas et nous emmène dans un bar qu’il fréquente avec d’autres expats. Le temps de papoter avant de changer d’endroit, nous passons une bonne soirée et rentrons ensuite contents, pas trop tard mais bien fatigués tout de même par cette journée. Après tout, il ne faut pas se lever tard demain, c’est la dernière journée complète de l’ami Thieu et nous devons faire quelques visites avant son départ.

Vendredi 28 Août

Nous nous levons tranquillement dans la matinée et décidons de commencer par le tristement célèbre musée S21. Autant dire que comme début de matinée, les 3 amis ont connu mieux ! Appelé aussi Tuol Sleng ou encore « Musée du crime génocidaire » il s’agit d’une ancienne école de l’époque coloniale française reconvertie à partir d’avril 1975 en camp de torture et de détention par Pol Pot et ses sbires. Et comme si l’intro ne suffisait pas, les Khmers rouges ont eu la bonne idée de stocker toutes leurs archives telles les photographies, films et tableaux représentant des scènes de tortures et autres ravissantes archives… De 75 à 79, les Khmers rouges vont torturer et assassiner plus de 10000 personnes (!!) dans ce lieu. Ouvert ensuite en tant que musée en 1979 après la chute du régime, on retrouve dans le premier bâtiment toutes les photos et portraits des prisonniers passés. 4 salles en enfilades les unes des autres remplies de photos (…) Le ton est donné et nous tous restons évidemment bien silencieux… Aux étages, rien de plus sympathique non plus entre cellules exigües où certains prisonniers attendaient leurs sorts, ou encore d’autres cellules plus larges pas forcément plus funkies… Si l’on rajoute à priori 20000 enfants passés par le camp (et pas retrouvés), le résultat devient réellement horrifique! Et dire que mis à part Pol-pot (décédé), les Khmers rouges ne sont toujours pas tous jugés ; certains étant même toujours présents dans les plus hautes sphères de l’Etat…

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Après cette première visite bien glauque mais tout de même nécessaire afin de cerner les souffrances de ce peuple, nous passons à la visite du vieux palais de la capitale. Du coup, avec un peu plus de soleil et des temples n’ayant rien à envier à ceux de Bangkok, la journée change rapidement de visage. Construit en 1866 par le roi Norodom, il fut inauguré 4 ans plus tard (rapides les gars, pas mal). Inspirés de la culture Khmère, les constructions furent réalisées par des architectes français et khmers. On retrouve d’ailleurs dans une des salles des fleurs de lys au sol, preuve que nos ancêtres travaillèrent bien en collaboration avec les Cambodgiens de l’époque. Comme à Bangkok, le temple est composé de plusieurs bâtiments dont la salle du trône, un pavillon artistique mais aussi de grands jardins. Malheureusement toute cette belle brochette de lieux à visiter est fermée au public et n’ouvre ses portes que lors de manifestations royales. Les frenchies se dirigent donc dans le sens de la file (oui nous sommes respectueux, même en tant que Français) et finissons par arriver dans la pagode principale – ou Pagode d’Argent. A l’intérieur se trouve des tonnes de différents Bouddhas dont le principal tout en émeraude. Il s’agit aussi du sanctuaire des cendres royales. Y’a plus dégueu comme tombeau… En continuant la visite, nous tombons aussi sur le pavillon de fer, ou un cadeau d’une des femmes de Napoléon III au roi Norodom 1er. Genre de tas de métal qui jure bien avec le reste des lieux mais assez typique de ces relations entretenues si longtemps entre notre Mère Patrie et le Cambodge. Nous repartons tout de même un peu déçus par le nombre d’endroits fermés au public. On aurait bien aimé, nous, marcher dans les parcs et flâner un peu plus.

Mais pas le temps de se reposer de toute façon car il nous reste une bonne visite à faire. En l’occurrence plus proche du shopping de toubabs qu’autre chose, puisque nous prenons la direction du marché Russe. Héritage de la patrie d’Andreï Archavine (ou de Sergeï Semak pour les fans du PSG… au choix), cet endroit est LE lieu où l’on trouve de tout. Et en le visitant, nul doute que cette réputation n’est pas infondée. Nous passons successivement des étales de fruits aux grillades de poissons puis des étoffes aux bols de riz avant de continuer entre produits ménagers et carrosseries ! On comprend mieux les centaines de Tuk-tuk (Sir ?) entassées à la sortie. Le temps donc pour les trois amigos de faire quelques courses (on est devenu pas mauvais en négo et en plus sans râler…), nous retrouvons un véhicule avant de rentrer nous poser à l’hôtel. Régis nous propose de débuter le week end par une soirée typiquement « cambodgienne ». Nous ne le retrouverons jamais ce soir-là ; mais n’en passerons pas moins une soirée mémorable.

Samedi 29 Août

Ca y est, après un levé (très) tardif, l’ami Thieu prépare ses valises et s’en va sur son… Tuk-tuk. Et oui ! Il est temps pour les deux cousins de saluer l’ami depuis le lointain avec un petit pincement au cœur (et après moults bisous). Pour lui les vacances sont finies et le retour sera sans doute difficile. Bye l’ami et merci pour ta venue ! Après des adieux déchirants, les deux cousins regagnent leur chambre et se reposent tranquillement dans leur hôtel situé derrière l’imposant marché central.

Dimanche 30 aout

Matinée repos et travail.

Plus tard dans l’après midi, nous désertons l’hôtel pour nous rendre au stade olympique. La pluie a laissé place à un soleil encore très timide mais suffisamment présent pour arroser la ville d’une lumière séduisante. Après avoir négocié sévère le prix du tuk-tuk, le chauffeur nous conduit vers le complexe sportif érigé sous l’ère du roi Norodom Sihanouk dans les années 60.

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Faisant partie intégrante du patrimoine historique du pays, cet imposant monument sportif situé au cœur de la capital est le lieu de rendez vous d’une multitude de jeunes qui s’adonnent à leurs hobby préféré. De la boxe en passant par la natation, ce bâtiment possède toutes les infrastructures sportives nécessaires pour ravir la population.

Pour les deux cousins, ca sera plus une après midi « découverte » des lieux et photos.

Lundi 31 aout

Après une bonne grasse mat’, nous abandonnons notre hôtel en direction du K-West, un café situé le long du quai Sisowath. C’est dans ce lieu huppé de Phnom Penh que nous devons rencontrer Baptiste, un cambodgien qui a longtemps habité en France. Par conséquent, ce dernier manie parfaitement la langue de Molière ce qui facilite grandement la discussion. Passionné du ballon rond, cet ancien lyonnais nous dévoile tous les secrets footballistiques de son pays. Et Baptiste connaît bien ce milieu puisqu’il tape régulièrement la balle avec d’autres mordus du ballon rond. Après avoir bavardé une bonne heure, ce fou de foot, désireux de nous aider dans notre quête footballistique, nous communique les coordonnées de Buddhapong Norodom, neveu de l’actuel roi, ainsi que celles du prince Amarithivong Norodom, alias Nal, le frère de ce dernier et accessoirement ancien joueur dans l’équipe nationale.

Nous évacuons les lieux tard dans la journée en direction d’un restaurant pour avaler un bon plat de riz gluant.

Mardi 01 septembre

Une pluie torrentielle s’abat sur cette capitale considérée jadis comme « la perle de l’Asie du sud est » privant ainsi les cousins de toute possibilité de sortir. Ca sera donc une journée placée sous le signe du travail et du repos. Nous profitons aussi de notre temps libre pour préparer nos prochaines journées en contactant Buddhapong Norodom (alias Chep) puis Amarithivong Norodom (alias Nal).

Mercredi 02 septembre

C’est par une journée ensoleillée que les deux baroudeurs partent rencontrer Chep, le petit fils de l’ancien roi Sihanouk. Le point de rendez vous: son bureau, dans les locaux d’une chaine de TV cambodgienne où il occupe le poste de journaliste sportif. Une fois sur les lieux, Chep nous accueille en nous adressant un grand sourire et nous invite par la suite à prendre nos aises dans un des innombrables bureaux de la chaine. Tout comme Baptiste, le membre de la famille royale pratique le français parfaitement. Quelle chance pour les membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». L’entretien dure une bonne heure, le contenu de la discussion est extrêmement riche et nous permet ainsi d’obtenir, en plus des informations fournis par Baptiste, une excellente vision du football cambodgien (qui fera probablement l’objet d’une chronique de la part de cousin Romain…). Par la suite, Chep nous invite à se joindre à lui dans l’après midi pour assister à un match de la Cambodian Premiere League entre Khemara Keila, le club historique de la royauté, et Preah Khan Reach, le club de la gendarmerie. Evidemment, nous répondons présents.

14h, Romain et Thomas pénètrent dans le stade olympique et la surprise est au rendez vous… Les alentours de l’enceinte sportive sont entièrement colonisés par de jeunes footballeurs qui ont fragmentés l’immense surface goudronnée en une myriade de petits terrains. Nous zigzaguons entre les poteaux généralement signalés par une tongue ou un t-shirt puis accédons à l’intérieur du stade. Chep, déjà sur place nous interpelle puis nous présente à Scott O’Donell un Australien qui occupe la prestigieuse place de sélectionneur de l’équipe nationale Khmère. Ce dernier, enchanté par notre projet, accepte de nous donner rendez vous le lendemain, pour une interview dans un restaurant situé en ville.

Le match se termine sur une victoire de Khemara Keila par le score de 3 buts à 1. Suite à cette partie, c’est maintenant aux globe-trotters de chausser les crampons et d’intégrer l’une des multiples équipes présentes aux abords du stade. Nous quittons Chep pour retrouver d’autres inconditionnels du ballon rond. Les deux cousins contournent l’imposant bâtiment sportif pour aboutir sur un terrain bien original. En effet, le praticable est facilement remarquable car au milieu de celui-ci, se dresse un immense lampadaire comme égaré du paysage urbain. Le praticable, recouvert d’un tapis de terre est aujourd’hui une véritable piscine boueuse et pour cause, il pleut presque tous les jours sur la capitale Khmère, saison des pluies oblige. Malheureusement pour les deux cousins, il est difficile pour eux de s’insérer dans le match car les équipes sont complètes. Après avoir soutiré quelques renseignements de la bouche des spectateurs qui regardent le match d’un œil amusé, nous sommes invités à revenir demain vers 16h. Parfait.

Un tuk-tuk plus tard, nous voilà à notre hôtel…prêts à aller ingurgiter notre bol de riz quotidien.

Jeudi 03 septembre

En route vers notre point de rendez vous avec Scott, le sélectionneur de l’équipe Cambodgienne. Le tuk-tuk stoppe devant un restaurant qui fait le coin avec l’avenue de l’indépendance et une petite rue dont le nom m’a échappé… mais évidemment ce défaut de mémoire n’affectera pas la bonne compréhension de ce blog. Logés confortablement dans les chaises de l’enseigne, nous patientons un court moment avant de voir apparaître la silhouette imposante du coach. L’entretien démarre et cette fois-ci la langue utilisée est celle de Shakespeare que nous avons aujourd’hui fort bien apprivoisé (of course my dear). Comme lors des précédentes rencontres, notre interlocuteur nous apporte des informations clés qui permettent un meilleur déchiffrage du football Khmer, cette fois vu depuis l’œil d’un Aussie.

Une fois l’interview achevée, le Raymond Domenech cambodgien se propose de nous conduire en jeep jusqu’au stade olympique. Evidemment nous acceptons l’invitation, cela nous évite de perdre 10 minutes à négocier un tuk-tuk et on le sait, le temps c’est précieux.

Quelques minutes sont nécessaires pour atteindre notre destination. Les alentours du terrain sont vides. Seuls quelques chiens errants occupent les lieux et n’hésitent pas à se faire remarquer en urinant un peu partout. Heureusement, cette fois ci, nous n’aurons pas à attendre bien longtemps puisque très vite, commencent à défiler une ribambelle de scooters tunés, portant sur leur selle de jeunes Cambodgiens gominés prêts, à en croire leurs maillots et leurs chaussures, à taquiner la balle. Les aboiements incessants des chiens vagabonds ont laissé place aux rires poussés par ces inconditionnels de foot.

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L’aiguille tourne et indique pas loin de 16h. Les abords du stade sont pris d’assauts par de jeunes footeux à une vitesse fulgurante, laissant ainsi peu de chance aux malheureux retardataires de trouver un coin de bitume pour taper la balle. Ici, passé une certaine heure, le m² disponible est une denrée aussi rare que le m² parisien. Par chance, les deux cousins ont prévu le coup et sont arrivés bien en avance. De fait, Romain peut intégrer une équipe. Le match est sur le point de débuter, le ballon est placé à coté du lampadaire car ce dernier occupe le point d’engagement. L’arbitre siffle le début du match et aussitôt le ballon fuse… et parfois même effectue des changements de trajectoire soudain en rebondissant régulièrement sur cette obstacle peu ordinaire. Après le foot volley, voici le foot flipper mais ceci ne parait guère gêner les joueurs qui semblent complètement obnubilés par la partie. Ici, ça dribble dur, roulettes, petits ponts, talonnades… et même le poteau qui trône au milieu du terrain comme serait une chaise au milieu du désert a droit à « des passements de jambes ». Bref, nous sommes au milieu de la partie et les buts s’enchainent à belle allure mais la pluie s’invite au match transformant le terrain en bouillasse qui ravirait les catcheuses Américaines. Pas question de stopper ou de troquer les crampons pour des bottes car ici, au stade olympique, rien ne peut arrêter une partie de foot, à part le chronomètre. Et c’est le cas. Quelques minutes après le début de l’averse, le temps est écoulé, il est l’heure de quitter le terrain. Romain, ravi de sa partie avoue tout de même « au début, je n’ai pas beaucoup touché la balle car ici, si tu ne beugles pas hello, personne ne te voit. Mais sinon c’était sympa ». Aussi, cette précieuse info en poche, nous décidons de revenir le lendemain et cette fois-ci, El Presidente mettra en exécution son plan « hello » en espérant évidemment que cela fonctionnera.

Sur le chemin du retour, nos regards sont happés par un match quelque peu « exotique ». En effet, se dispute au pied du stade un match 100% africain. Tous sont des immigrés, pour la plupart du Nigéria, venus tenter leur chance dans le championnat cambodgien. Certains y viennent débuter une carrière, d’autres cherchent à signer un dernier contrat avant de rentrer au pays. En attendant, tous se réunissent quotidiennement aux abords du stade, dans le but de se maintenir en forme et éventuellement, d’attirer l’œil des recruteurs susceptibles de passer dans le coin…bon courage les gars ! Attirés par l’ambiance joviale qui règne autour de l’aire de jeux africaine, nous venons discuter quelques minutes avec les joueurs qui patientent tranquillement sur la touche. Ceux-ci nous invitent à revenir demain 17h ! Cool, un zest d’Afrique au Cambodge !

Vendredi 04 septembre

Levés vers 8h car nous avons rendez vous à 10h avec Ravy Khek, l’ancien président de la fédération de football Cambodgienne. Aujourd’hui chef d’entreprise, ce personnage a été l’un des principaux artisans de l’émergence du football au Cambodge. Il a notamment été à l’origine de la venue du sélectionneur australien Scott O’Donell. C’est donc une rencontre très intéressante pour les deux cousins qui profitent pleinement de ces 60 minutes de discussion avec Ravy pour emmagasiner d’autres renseignements aussi bien footballistiques que culturels.

Une fois l'interview achevée, les deux cousins grimpent dans un tuk-tuk en direction du stade olympique. Nous traversons la surface bétonnée qui enveloppe le stade puis patientons sagement l’arrivé des joueurs.

16h, même lieu et même cinéma qu’hier, une horde de scooters à la « easy riders » déferle sur l’esplanade, tachetant le ciel azur d’un nuage grisâtre chargé de CO2. Chaque motorbike pouvant transporter un, deux, trois voire même quatre joueurs (eh oui, on rentabilise l’essence ici) les équipes sont ainsi vite constituées. La partie débute alors assez rapidement. Après un toro improvisé avec les joueurs, Romain prend sa place dans le 11 de départ avec la ferme intention de mettre à exécution son plan « hello ». Pourtant, très vite, il se rend compte que les joueurs vont très peu le solliciter. La faute surement, à un niveau de jeu trop faible à ce poste inhabituel d’attaquant, mais aussi à une excessive habitude de ses partenaires à porter la balle en permanence… Aussi, malgré les beuglements incessants d’El Presidente « hello ! Hello ! hellloooooooo ! », celui-ci va prendre tellement peu de plaisir durant la première mi-temps qu’il décide de quitter la partie afin de rejoindre les nigérians.

Les deux baroudeurs du dimanche contournent donc le stade pour s’adonner à une nouvelle partie de foot mais cette fois-ci, avec des coéquipiers autrement plus souriants et…plus joueurs ! Même lieu, même décor que précédemment sauf qu’ici, les joueurs passent plus de temps à parlementer et à crier qu’à jouer… Nous contemplons cette scène joviale d’un œil amusé comme si nous avions déjà vécu ces moments auparavant. Ahhh l’Afrique, c’est ça qu’on aime ! Romain parviendra même à intégrer une équipe et à obtenir la balle sans beugler « hello » à tout bout de champ…quel bonheur ! La journée touche à sa fin et nous rentrons épuisés à l’hôtel vers 19h.

Samedi 05 septembre

Aujourd’hui, direction le vieux stade national pour assister à un match amical de l’équipe première du Royal Bassac FC. Celle-ci est entrainée par Nal qui en est aussi le capitaine au poste de milieu offensif. Buddhapong est aussi de la partie, aligné quant à lui au poste de milieu défensif. Malheureusement, aujourd’hui, l’association « MaisVousEtesFoot ! » sera seulement spectatrice. En effet, l’équipe démarre le championnat bientôt et il n’est donc pas possible pour Romain d’intégrer l’effectif. Mais à défaut de tapoter la baballe avec la famille royale en cette journée nuageuse, Buddhapong nous convie le lendemain à intégrer l’équipe B du Royal Bassac FC. Ainsi, nous disputerons un dernier match avant de quitter la capitale Khmère. Bonne nouvelle ! La journée s’achève par une petite bière avec Régis dans un petit pub situé non loin de l’hôtel.

Dimanche 06 septembre

13h, c’est au croisement d’un carrefour que les deux cousins guettent l’arrivée de Baptiste. Ce dernier, joueur indéboulonnable de l’équipe du Royal Bassac FC, doit nous emmener sur les lieux du match. Quelque minutes après, l’imposante jeep aux fenêtres teintés pointe le bout de son pare choc. Nous grimpons à l’intérieur pour ensuite nous diriger vers le terrain qui se situe assez loin de la ville. Une fois sur place, le spot est très attrayant. Pour y accéder, il est nécessaire de franchir une sorte de pré où cohabitent poules et vaches tout en contournant des creux inondés d’eau. Suite à cette traversé périlleuse, nous aboutissons enfin sur le terrain. Au loin, quelques temples Khmères, tapissés d’une peinture aux couleurs claires viennent contraster avec un ciel bien gris, annonciateur d’une pluie certaine. Sur le bord droit du praticable, un préau vétuste servait jadis de tribune pour la famille royale. Aujourd’hui, elle est colonisée par les spectateurs curieux. Sur le coté gauche, se dresse une grande bâtisse où se déroulait les plus grands combats de coqs du pays. Dorénavant, cet édifice a perdu sa fonction d’origine, cette activité ayant été interdite par le gouvernement cambodgien.

Sur le terrain, s’échauffent les joueurs de l’équipe adverse tandis que les joueurs du Royal Bassac FC arrivent, comme la pluie, au compte goutte. Une fois sous les tribunes, les gouttes se transforment en une véritable averse diluvienne inondant le terrain et les alentours. Une fois les membres de l’équipe royale en tenue, la partie commence. Malgré les conseils avisés du coach Nal, le capitaine du Royal Bassac équipe A, son équipe est en déroute. Pas facile de jouer avec de telles conditions climatiques. Chaque passe, pourtant bien dosée, aboutit soit dans une flaque d’eau, soit directement dans les pieds de l’adversaire. Vous l’aurez compris, le terrain est une vraie piscine et l’eau mélangée à la terre rend le praticable extrêmement glissant. Il est certes très drôle de contempler une telle partie surtout quand Romain, rentré pour la seconde période avec ses belles chaussures sans crampons, court pour ensuite finir la tête la première dans la boue. Ici, la difficulté première n’est pas forcement d’attraper le ballon mais de rester debout. Pourtant, l’équipe adverse semble être mieux préparée et fait vibrer le filet de nombreuse fois. Il faut tout de même signaler que le goal, de petite taille, est une vraie passoire. Ainsi, cette partie de foot « version Benny Hill » prend fin…en même temps que l’averse ! Bref, le Royal Bassac FC s’incline sur un score… honorable (que nous ne mentionnerons pas, ;)). Nous remercions Nal, les joueurs et surtout notre guide footballistique, Baptiste, de leur précieuse aide puis retournons à l’hôtel.

Lundi 07 septembre

Nous abandonnons la vie trépidante de la capitale pour rejoindre la modeste ville de Kampot. Quelques heures de bus sont nécessaires pour atteindre notre destination mais une mauvaise surprise attend ses passagers puisque la vieille cité coloniale est complètement engloutie sous les eaux. Et pour cause, un barrage (Made by Chinese) situé à proximité de la ville a éclaté causant donc les inondations. Au cœur de la ville, le niveau de l’eau atteint par moment la hauteur des cuisses des locaux sans pour autant geler la circulation. Heureusement pour nous d’ailleurs puisque nous empruntons un tuk-tuk pour gagner notre hôtel.

Une fois installés, le maître des lieux, nous invite, quelques heures après, à déménager au premier étage, dans une chambre« VIP ». La raison ? Un léger tapis d’eau inonde le rez-de-chaussée de l’hôtel, dont notre belle chambre. Ravis, les deux cousins s’exécutent puis gagnent le niveau supérieur du bâtiment… Plus de luxe pour le même prix…cool !!!!

Mardi 08 septembre

Après une bonne grasse mat’, les deux voyageurs partent à la découverte de Kampot. Le niveau de l’eau ayant légèrement augmenté durant la nuit, Thomas troque son jean pour son maillot tandis que Romain chausse ses super sandales en cuir adaptées pour ce genre d’intempérie. Et c’est parti ! Nous plongeons nos pieds poilus dans l’eau glaciale puis déambulons, sous une légère pluie, dans les rues inondés de cette charmante petite ville. Après un déjeuner dans un bouiboui du coin (au menu, riz et œufs, pour changer), les cousins découvrent le stade qui, évidemment, est recouvert d’une épaisse nappe d’eau. L’idée de disputer un match de foot endiablé avec les locaux est vite remplacée par l’envie de quitter cette ville car il est clair que dans ces conditions, la vie dans ce bourg, habituellement paisible, va rapidement devenir un brin ennuyeuse. Cependant, après une discussion hautement philosophique, nous décidons tout de même de rester et d’en profiter pour rattraper notre retard sur le blog et les chroniques.

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Mercredi 09 septembre

Evidemment, vu le contexte actuel, les deux cousins restent dans leur chambre « VIP » pour taquiner le stylo. Une chronique et une petite partie du blog verra le jour en cette sombre journée de septembre.

Jeudi 10 septembre

Le niveau de l’eau à considérablement baissé et le ciel gris a laissé sa place à un soleil éclatant. Les deux ermites sortent alors de leur trou pour faire une petite ballade à vélo. Direction, Kep, une petite station balnéaire créée en 1908 par les Français, située à 25 km de Kampot. La route est d’une beauté inouïe. Nous traversons la verdoyante campagne Khmère qui, de par son atmosphère et le rythme tranquille des travaux, semble n’avoir pas changé depuis l’ère angkorienne. De longues rizières, occupés par une multitude de villageois coiffés du traditionnel chapeau pointus composent ce paysage sublime. Vient s’ajouter à ce spectacle visuel incroyable, la gentillesse des locaux qui n’hésitent pas à nous saluer spontanément par un large sourire ou par un grand « heeeello ». Bref, la découverte de ces quelques villages Chams bourrés de vie : un très bon moment.

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Nous rentrons à l’hôtel en fin d’après midi.

Vendredi 11 septembre

Repos puis visite de la ville sous un soleil éclatant.

Samedi 12 septembre

Aujourd’hui, c’est le grand départ via Phnom Penh pour Ho Chi Minh, (anciennement Saigon), la capitale économique située au sud du Vietnam. Une fois arrivés à la gare routière de la capitale Khmère, le chauffeur du bus pour Ho chi Minh, nous invite poliment à quitter son véhicule. Et pour cause, nous n’avons pas de visa, juste un papier délivré par les autorités Vietnamiennes qui nous permet d’en obtenir un à la frontière. Après une relecture minutieuse du document, cette autorisation est valable seulement si nous arrivons par les airs or ce n’est pas le cas. Ainsi, notre départ pour Saigon est avorté et remis à plus tard le temps de gérer cet imprévu.

Un peu déprimé par ce contretemps fâcheux, nous réalisons que nous ne serons pas en mesure de quitter le Cambodge avant lundi soir. Ceci dans le meilleur des cas car tout dépendra de la rapidité avec laquelle l’ambassade du Vietnam pourra nous délivrer un visa. Nous regagnons donc l’hôtel où nous avions fait nos adieux à Matthieu et boudons pour le reste de la journée…

Dimanche 13 septembre

Nous profitons de cette journée pour visiter le camp d’extermination de Choeung Ek, situé à 15 km de Phnom Penh. Exploité pendant trois ans par les Khmers rouges, c’est ici qu’étaient amenés les prisonniers de Tuol Sleng pour être liquidés. Aujourd’hui, on dénombre au total 129 charniers dont seulement 80 ont été mis à jour permettant ainsi de retrouver les ossements d’environ 9000 personnes, soit la moitié du nombre de victimes estimé. A l’entrée du site, se dresse un imposant mémorial en forme de stupa abritant des milliers de crânes entassés sur des étagères. Comme la prison S21, ce site impose un silence absolu surtout quand l’on sait les atrocités qui se sont déroulées dans ce lieu tristement célèbre.

Après cette « visite » quelque peu traumatisante, un tuk-tuk nous ramène au centre ville en direction du Capitol, un restaurant de routard où nous devons rencontrer Régis, notre ami de Paris, afin déguster un bon steak frite à 1$. Une fois le ventre plein, les deux cousins rentre à leur QG se jeter dans les bras de Morphée.

Lundi 14 septembre

Dernière journée au Cambodge. Au programme, un réveil matinal pour investir l’ambassade du Vietnam et y faire la demande de visa. Là bas, surprise ! le visa sera délivré dans la journée ! Youhou ! Nous pourrons donc partir demain et arriver à Saigon en début d’après midi ! C’est avec le sourire que nous allons donc prendre notre collation du matin pour ensuite enchainer sur la gare routière afin de réserver nos billets de bus. Collation de midi puis sieste. Tuk-tuk, ambassade du Vietnam, re-tuk-tuk et retour à l’hôtel pour y préparer nos sacs. Demain, le départ est prévu à 6h, ce sera donc une soirée calme et sans évènement particulier.

Mardi 15 septembre

Nous quittons difficilement ce merveilleux pays en direction d’un autre : le Vietnam où nous attendent depuis deux jours déjà (retard oblige) les enfants de l’académie SCAVI Rocheteau, managée par Henri Attamaniuk. Mais ça, c’est une autre histoire…