LE 29/12/2008 :
Nous revoici donc dans la capitale Fédéral. L’appartement loué est situé, cette fois-ci, dans un quartier différent, le quartier résidentiel de Belgrano, beaucoup plus tranquille que Palermo l’agitée. De plus, le studio est bien plus fonctionnel et sympathique que le précédent (terrasse, asado, piscine !…). Nous prenons donc possession des lieux avec un large sourire.
LE 30/12/2008 :
Ces quelques jours au sein de la capitale, vont nous permettre de renforcer notre « Castechano », l’espagnol d’Argentine. En effet, cinq jours durant, nous décidons de suivre deux heures de cours quotidiens. Nous contactons Jorge Dominguez par téléphone, un ancien joueur de Boca, dont Jean Marc Guillou nous avez donné le contact.
LE 31/12/2008 :
Ce dernier jour de l’année 2008 se déroule sous une chaleur étouffante. Nous ne savons pas encore exactement ce que nous allons faire pour le réveillon, mais plusieurs possibilités s’offrent à nous : diner chez Jorge Dominguez qui nous a fait la proposition la veille ; rester entre nous ; ou retrouver Laurène et Magalie, les deux françaises qui habitent dans la colocation de 17 personnes. Nous aviserons donc le moment venu. En attendant, nous allons à la rencontre de Dito Rubinstein durant l’après-midi, un psychiatre Porteño aficionado de football qui nous a été recommandé par Hugo Sanudo. Mais si, rappelez-vous, l’aimable personne qui nous a sponsorisé trois nuits dans une maison d’hôtes à Rio de Janeiro (merci encore pour ce séjour fantastique !). C’est dans un café du Centro, (face aux préparatifs du rallye Dakar) que se déroule la discussion en compagnie de Dito. Il nous raconte comment il a vu évoluer « El Pibe de Oro » de sa prime jeunesse à maintenant, quelle est la passion du football pour les Argentins etc.…Nous nous quittons au terme de plus d’une heure de palabres.
La soirée arrive vite et il y a un hic ! Impossible de joindre Jorge pour cause de téléphone défectueux et de fermeture des locutorios (centres téléphoniques) et nous ne savons pas où il habite. L’option qui se profile est celle-ci : un bon dîner entre nous pour commencer, puis direction la coloc. Rien de tel qu’un bon asado maison, accompagné d’épinards à l’ail, ainsi que d’un bon Lopez à la robe intense et aux arômes de fruits rouges. Les 12 coups de minuit sonnent et annoncent un spectacle étonnant auquel nous ne nous attendions pas. Les Argentins (comme les Italiens) fêtent le nouvel an à renforts de grands feux d’artifices qui durent plusieurs dizaines de minutes chacun. Du balcon, la scène est magique ! En face, à droite, à gauche les flèches colorées explosent dans le ciel étoilé de Buenos Aires. Egalement, quelques lampions en feu, lancés des fenêtres de maison, naviguent dans la voûte céleste. Suite à ce magnifique spectacle, nous allons rejoindre Laurène et Magalie chez elles. Nous arrivons donc dans la colocation aux trois maisons, puis poursuivons par une soirée à l’extérieur. Nous nous dirigeons vers cette dernière à l’aide d’un…bus scolaire !! Il est spécialement affrété pour nous et conduit par le père d’un des convives. Voila une idée sympathique pour se balader en ville. Nous ne rentrerons à l’appart qu’au petit matin.
LE 02/01/2009 :
En début d’âpres midi, nous rencontrons Jorge Dominguez accompagné de son frère. En 1984, cet Argentin, ancien joueur de Boca, a intégré l’équipe de Nice, au coté de Jean Marc Guillou. Ce sera ensuite Toulon, Nîmes et Tours avant de revenir en Argentine en 1991, au sein d’une équipe de 1ère division qui, aujourd’hui, n’existe plus : Maldijun de Corienthes. Le meilleur souvenir, pour cet amoureux de l’hexagone, est d’avoir pu évoluer dans des grands clubs Français et il avoue par la suite « si tu touches à la France, alors tu me touches ». Sympathique rencontre.
LE 03/01/2009 :
Voila six semaines que nous avons quittés São Paulo et six semaines que Romain s’est fait emplâtrer l’avant-bras, le poignet et la colonne du pouce. Et, un mois et demi, il s’agit du temps nécessaire pour qu’une fracture bénigne du tiers distal du scaphoïde se consolide. En ce samedi, Romain et Aurélien partent à la recherche d’un hôpital afin de réaliser une radio de contrôle et, si possible, retirer le carcan anti-brachial de notre président bien aimé. Nous tentons, en premier lieu, un hôpital public. Le service est gratuit mais, nous sommes prévenus, l’attente risque d’être longue. Nous entrons donc dans l’hôpital Belgrano et tentons de trouver le service d’orthopédie. Nous questionnons alors le premier homme en blanc venu. Il s’agit du prêtre de l’établissement. Ce dernier nous apprend, qu’a cette heure ci, il n’y a plus un seul médecin au sein de l’établissement…seulement deux médecins de garde alloués aux urgences subsistent. Après un rapide regard dans la salle d’attente, nous proclamons que notre urgence n’est pas si urgente… Deuxième établissement : c’est un centre médical privé. Normalement, pas d’attente, mais bien plus cher…l’attente ne sera effectivement pas longue, le centre est fermé ce samedi. Tant mieux pour le portefeuille. Troisième établissement : l’hôpital Alemania, un établissement très moderne et, parait-il, aux compétences élevées. Le souci, eh bien, il est le même qu’a l’hôpital public : seules les urgences accueillent les patients en ce jour de week-end. Nous comprenons vite, mais il faut nous expliquer longtemps : suite à cette recherche infructueuse, nous comprenons donc qu’il vaut mieux chercher un hôpital en semaine ! Nous reviendrons donc lundi.
LE 05/01/2009 :
C’est reparti mon kiki ! Y’a-t-il un orthopédiste dans la ville ? Acte 2.
Nous jetons d’abord notre dévolu sur un l’hôpital le plus proche du studio : pas d’ortho, pas de rhumato, pas de radio aujourd’hui…on commence à comprendre plus rapidement maintenant : nous prenons la poudre d’escampette.
Deuxième établissement : l’hôpital Italiano. Y’a-t-il un service d’orthopédie ? OUI Avec un médecin ? OUI ! Des manips radios ? OUI !! Nous comprenons alors qu’il vaut mieux rester ici. (Je vous dis, plus la peine de nous expliquer longtemps…). Camper serait peut-être le terme le plus juste : plus de 5h30 au total au sein de l’hôpital ! Consultations (4 au total), radiographie (6 au total) et, ENFIN, découpage de plâtre ! Enfin presque….l’orthopédiste (ayant vécu en France au passage) demande un plâtre bi valves à l’orthoprothésiste. Le soignant réalise alors deux coupures longitudinales à l’aide de sa scie circulaire sans dent. Romain sent que la libération est proche, mais, le plâtre reste résolument en place avec ses 2 coupures. La déception est grande. Finalement, le médecin retire bel et bien le plâtre suite à la radio impeccable du méchant petit os appartenant au carpe droit de notre président bien aimé. OUF !
LE 06/01/2009 :
Nous profitons de la journée ensoleillée pour aller prendre quelques clichés du stade mythique situé au cœur de Boca : La Bombonera. Après l’avoir vu plein, nous le voyons vide, quelle sensation étrange ! Romain en profite pour le mitrailler en photo tandis que Thomas, songeur, se remémore le match Boca-Colon auquel nous avons eu la chance d’assister quelques semaines auparavant. Une bonne heure passée, nous partons en direction d’Avellaneda, une banlieue de Bs Ars, visiter le stade du Racing puis celui d’Independiente. Les deux structures se situent à quelques centaines de mètres l’une de l’autre. Surprenant ! Le stade d’Independiente est en plein travaux, mais, nous réussissons tout même à pénétrer à l’intérieur grâce à la gentillesse des gardiens, qui acceptent de nous ouvrir les portes.
Quelques photos après, direction le stade El Cilindro De Avellaneda. Ce stade cylindrique (vous l’aurez compris) accueille l’équipe du Racing. Après quelques bavardages en espagnol fabriqué, Thomas et Romain, accompagnés du responsable du stade, pénètrent dans l’enceinte sportive. Clichés et vidéos sont les occupations des deux cousins jusqu'à ce que l’équipe du Racing rentre sur la pelouse. Le responsable du stade nous invite gentiment à évacuer les lieux. Ca serait trop bête de louper l’entrainement de cette fameuse équipe de 1ère division ! Ainsi, nous partons à la recherche du responsable presse de l’équipe. L’homme à trouver se nomme Pablo Aguilera. Une bonne heure après, nous voila face à lui. Ce jeune gaillard d’environ 35 ans se montre extrêmement serviable et aidant. Il nous fait visiter les lieux, nous raconte l’histoire de l’équipe et nous invite par la suite à assister à l’entrainement puis à la conférence de presse. Malheureusement, l’heure tardive nous oblige à partir et nous sommes alors contraints de décliner son invitation concernant la conférence.
LE 07/01/2009 :
Après le check-out du studio, nous nous dirigeons vers la gare routière de Bs As afin de prendre un bus direct pour Mar Del Plata, la plus grande station balnéaire d’argentine. La destination a été choisie dans le but de rencontrer Nico Gomez (le neveu d’Hugo Sanudo). Après 5h30 de bus, nous voila au sein de cette ville en front de mer. Nous jetons notre dévolu sur l’auberge Yanquetruz.

LE 08/01/2009 :
Nous découvrons le vrai visage de cette base touristique pour Porteños, sorte de grouillant mélange entre Nice (pour les bâtiments et la corniche) et la Baule (pour le côté populaire). Les plages, remplies à craquer, accueillent les vagues de l’Atlantique Nord. Des cabines par centaines, des parasols à n’en plus finir et quelques baigneurs. Les trente kilomètres de plages visibles depuis la corniche laissent à peine apparaître le sable gris-marron. Une telle concentration de plagistes et sans doute unique au monde ! Vous l’aurez compris, pour la tranquillité, il faut aller voir ailleurs. En outre, malgré les mails et les appels téléphoniques, nous n’arrivons pas à joindre Nico Gomez.
LE 10/01/2009 :
Nous arrivons enfin à joindre Nico Gomez. Le seul hic (et pas des moindres), c’est que ce dernier se trouve à 250 km de là et revient à Mar Del Plata le jour où nous partons…pourtant nous l’avions prévenu bien avant. Enfin, il faut faire avec. Nous ne jouerons pas au futsal, ni avec une équipe de D3, comme il était prévu. Puis l’hôtel étant lleno (plein), nous posons les bagages à Casa grande, une auberge bien plus sympathique.
LE 11/01/2009 :
Thomas et Aurélien vont découvrir les plages à fleurs de falaise situées à une heure de bus. Toujours beaucoup de monde, mais on respire quand même mieux. Au fil de la ballade, nous rencontrons des Argentins de Bs As en plein 2 contre 3. Thomas propose alors de s’incruster dans la partie, ce qui est accepté avec grand plaisir. Le tout est filmé par Aurélien. On aura quand même réussi à faire un foot à Mar Del Plata !
La journée se termine à l’Estadio Mundialista de Mar del Plata. Match un peu spécial car c’est la première journée du tournoi d’été, à l’affiche un classico: Racing-Independiente. Les supporters des deux équipes sont au RDV. Malgré un bon jeu du Racing, Independiente remporte la partie sur un 4-0 cinglant. Score impardonnable pour un classico…
LE 12/01/2009 :
Le match Racing-Independiente fait la une des journaux…l’entraineur du Racing, Mr Llop, est sur la sellette, il doit s’expliquer devant les journalistes cet après midi lors d’une conférence de presse. Nous contactons Pablo, qui nous invite à y participer. 14h, nous voila aux portes de l’hôtel Amerian, nous rencontrons Pablo qui nous avertit que Mr Llop ne souhaite plus parler du match. Pas de problème ! Nos questions ne portent pas sur le match mais sur le foot Argentin en général. L’entraineur du Racing accepte alors de nous recevoir. Quel privilège !
La surprise ne s’arrête pas là car Pablo nous invite à participer cet après-midi à l’entrainement du Racing. Après un déjeuner (eh oui, nous sommes en Argentin, déjeuner vers 16h…) avalé en vitesse, Romain se rend tranquillement au lieu de l’entrainement. Derrière les grilles, quelques journalistes et fans du club se sont réunis en espérant pouvoir prendre des clichés ainsi que des vidéos de l’entrainement. Pas de bol pour eux, l’entrée est interdite à la presse à la demande de Mr Llop. Seul Romain, le petit frenchie, doté de sa camera et de son appareil photo est autorisé à rentrer sur le praticable pendant une bonne demi-heure…Quelle chance !
LE 13/01/2009 :
Après le check-out matinal, direction…la gare routière. Aujourd’hui, direction Cordoba. Le bus ½ cama est à moitié plein, ce qui n’est pas pour nous déplaire. De plus, nous avons droit à notre petit plateau repas vers 22H00 (bah oui ça fait plaisir), trois films (oui madame !) et des boissons à volonté : café (comme d’hab.) et…whisky ! Ce qui est déjà moins banal… mais nous n’abuserons pas des bonnes choses, puisque le sommeil frappera sans prévenir.
LE 14/01/2009 :
Après 17h de bus super confortable, nous arrivons donc dans la deuxième ville du pays, Cordoba, éternelle rivale de Bs As. Les nuits se dérouleront au sein d’une auberge de jeunesse : le Palenque hôtel. Journée visite aujourd’hui, car Cordoba regorge de monuments historiques dont certains sont classés au patrimoine mondial par l’UNESCO : Iglesia de la compañada de Jesus (la plus ancienne église d’Argentine (1640), Colegio Marino etc. le tout sous une chaleur étouffante. Nous avons choisi Cordoba comme ville étape, puisqu’à Punta Del Diablo, un dénommé Marcelo ? avec qui nous avions fêté Noël nous proposa une halte dans sa ville natale. Au-delà de l’intérêt touristique et festif de Cordoba (12% de la population est composée d’étudiants…), dont Marcelo nous parla, il promit également d’organiser quelques parties de foot.

Or, donc, cela fait déjà plusieurs jours que nous essayons de contacter Marcelo, mais en vain !! Finalement, il apparaît spontanément en personne au Palenque hostel qu’il nous avait d’ailleurs conseillé (ambiance internationale oblige…). Ereinté par sa journée de travail (et oui il bosse pendant l’été), il propose alors de se voir le lendemain pour une partie de football avec quelques uns de ses amis.
LE 15/01/2009 :
Marcelo nous a prévenus : le foot se déroulera à 21h00 avec 12 de ses amis. Ce dernier vient nous chercher en voiture à 20h30 et vamonos ! Accompagné par un groupe de blues-country Argentin (Los Venticincos), nous découvrons d’autres quartiers de Cordoba. Vingt minutes plus tard, nous arrivons dans un endroit où les nombreux terrains ne peuvent se compter avec les deux mains ! Plus d’une quinzaine de praticable se côtoient ici en dur ou en gazon. Une dizaine de personnes attendent déjà sur place. C’est finalement à 15 que nous rentrons sur le terrain en terre. Ce sera alors un 7 contre 7. Romain et Aurélien jouent dans la même équipe (en défense) avec Marcelo également, le portier de la formation. « El Presidente » devrait pourtant plutôt reposer ses petons endoloris par quelques tendinites chroniques ainsi que son poignet fraîchement desemplâtré. Mais, rien n’y fait, l’attrait du jeu est plus forte. Aurélien strappe alors lourdement le bonhomme, afin qu’il profite de cette rencontre prometteuse. Thomas, lui, filme cette partie sous une belle lumière estivale de fin de journée.
Durant une heure, nous nous régalons ! Le niveau de jeu est bon, les joueurs engagés et de très bon esprit. Romain, obligé de fuir les contacts défensifs trop violents, brille plutôt en attaque avec, en paroxysme, une séquence reprise de volée où la balle percute violemment la transversale. De son côté, Marcelo fait plusieurs arrêts décisifs et exécute de parfaites relances. Enfin, Aurélien se donne à fond aujourd’hui et réalise un de ses plus beaux matchs du tdm. Le match se finira sur un 6-6.
Une belle lumière, un bon esprit, du beau jeu, des buts….un très beau match en somme ! On ne pouvait donc se séparer de nos compagnons comme cela. En avant donc pour la 3e mi-temps ! Elle se déroule dans un bar tout près de là où nous goutons la bière au Fanta… (Mea culpa à certains amis belges…). Nous parlons de foot, de l’Argentine et de la France. Au fil de la discussion, Lucas gérant de bar qui défendait à nos côtés, vient à nous poser une question des plus sérieuses. Il veut qu’on lui confirme les idées qu’il possède sur la population française et sur la gente féminine en particulier : « Alors c’est vrai qu’elles ont beaucoup de poils sur le corps et surtout sous les aisselles les françaises ?? »…le ton est sérieux, du moins ce n’est pas une blague, il y croit vraiment ! Nous lui répondons : « Et bien, pas plus qu’ailleurs, en tous cas surtout moins que les femmes portugaises » (mea culpa à certaines amies portugaises, mais fallait bien qu’on se défende….). Sa deuxième interrogation est encore plus étrange et percutante. D’autant plus percutante que, depuis le Brésil, ce n’est pas la première fois que nous entendons cette légende urbaine sur les habitants de l’hexagone. Lui, d’un ton sérieux, « Et puis, vous ne vous lavez pas beaucoup vous les français », nous : « Bah deux ou trois fois par semaine quoi », lui : « Ah oui, ici on se lave tous les jours tu sais », nous : « Non c’est pour rire, on se lave tous les jours en France, parfois même deux ou trois fois pour certains ! Pourquoi penses-tu que nous soyons plus sales que d’autres ? » Lui, toujours aussi sérieux : « Et bien, vous fabriquer les meilleurs parfums au monde, c’est bien pour cacher les mauvaises odeurs non »….no comment ! Nous lui répondons que nous possédons surtout les meilleurs nez…Mais toujours est-il que cette croyance est vraiment ancrée en Amérique du Sud !!! Nous avons crée les parfums pour contrer nos mauvaises odeurs corporelles, elle n’est pas bonne celle là A nous donc, d’exporter une autre image (odeur ?) de la France. Mais puisque, pour nous, les lessives sont assez aléatoires, ce n’est pas encore gagné…
De notre côté, nous avons également une question sur les femmes de Cordoba. En effet, depuis que nous sommes arrivés dans cette ville, la constatation fut nette : les poitrines des habitantes de Cordoba paraissent californiennes !! Coïncidence ou réalité ? Nous posons alors cette question d’une importance majeure… Lucas approuve la justesse de notre diagnostic : à Cordoba, plus qu’ailleurs en Argentine, les femmes ont de fortes poitrines. Hérédité ou bistouri ? « La majorité sont siliconées ». Ah ! La raison ? « Il y a une tradition ici, c’est d’offrir un très beau cadeau aux jeunes filles de 15 ans. Pendant très longtemps, c’était un voyage et, depuis quelques années, ce cadeau s’est transformé en une réfection des glandes mammaires »… La réponse est stupéfiante !
Suite à cette charmante discussion, Matthias, un des amis de Lucas, propose une partie de poker chez lui. Voila une bonne nouvelle ! C’est alors la première fois que nous pénétrons au sein d’une maison argentine. Accueillis part la Mama, le papa et un gros, gros dogue allemand, nous prenons donc place sur la table dehors où est sortie la mallette. Nous sommes huit joueurs. La première partie est remportée par Romain, la deuxième par Aurélien et la troisième (non pas par Thomas, on risquait alors de se faire renvoyer à coup de crocs canins…) par Alexis, un autre ami de Marcelo. C’est ce dernier qui nous raccompagne à notre hôtel. Au passage, il s’arrête chez lui afin de nous offrir quelques cadeaux !! On ne s’y attendait pas ! Il nous remet alors le t-shirt du club de Cordoba, l’IICC ainsi qu’un pin’s et un petit cadre en bois de ce même club. Sympathique, non ?
A 3h30, nous voila donc à l’hôtel. Nous devons nous réveiller dans 2h30 pour prendre le bus…Finalement, nous décidons de rester éveiller et de converser avec les autres occupants de l’auberge rentrants de quelques soirées agitées…

LE 16/01/2009 :
Alors que tout le monde part dormir, nous réunissons nos affaires (dans les pattes de la femme de ménage.)Il est 6h30. Après cette nuit blanche, il nous suffit seulement d’arriver à prononcer « terminal de bus por favor » au chauffeur de taxi. Un café avalé dans un petit resto et nous voila les fessiers vissés dans notre bus semi cama (comprenez un dossier inclinable à 120°). Les ronrons du moteur et le balancement dans les virages tiennent lieu de véritable berceuse. En quelques minutes nous voila dans les bras de Morphée. Parfois, on ouvre les yeux pour observer de magnifiques paysages, mélangeant canyons, grands espaces et montagnes, pour aussitôt se replonger dans un sommeil profond. Le trajet se passe sans encombre. Jusqu’à San Martin, une bourgade éloignée d’une vingtaine de kilomètres de Mendoza, la destination finale. Sans eau et n’ayant pas mangé depuis plus de douze heures, Aurélien décide d’aller chercher quelques sandwichs et de l’eau pour subsister à nos besoins. Il quitte le bus, se dirige vers la boutique et fait les emplettes, le tout en moins de deux minutes. Seulement voila, lorsque celui-ci sort brandissant vaillamment las achats culinaires sur le quai de la gare, il se sent soudainement saisi par une sensation étrange. Un doute surgit dans son esprit, mais il ne souhaite pas le prendre en compte. Le malheureux cherche alors son bus où est écrit « Chevallier » en gros, mais en vain ! Et oui, Aurélien se retrouve abandonné sur le quai d’une gare routière, le bus ne l’a pas attendu !! Il imagine alors que le véhicule, alerté par ses deux compagnons fera demi tour pour venir le chercher, mais cela est une utopie ! A la billetterie, on lui explique que ses deux collègues ont été avertis et l’attendront au guichet « Chevallier » à Salta (j’insiste sur le nom de la compagnie, car il est inadmissible de ne pas compter le nombre de voyageurs après une pause ! Alors ! Hein ! On ne se laissera pas faire, on ne lâchera pas l’affaire ! ). Pendant ce temps, le dernier larron prendra un collectivo (bus local), ralliant Mendoza en 40 minutes. Les retrouvailles sont chaleureuses et les larmes, non contenues, coulent à grosses gouttes, qu’il est bon de se revoir ! (bon d’accord, c’est très romancé, nous sommes beaucoup moins expressifs que cela en réalité…)
Nous partons alors, main dans la main, héler un taxi (parce qu’on aime bien ça, héler les taxis) qui nous mène jusqu’à notre prochain hôtel : l’hospedaje tanya. De la rue, nous pouvons voir, pour la première fois de notre vie, les contreforts de la plus longue chaîne montagneuse du monde : la Cordillère des Andes.
LE 17/01/2009 :
Petite visite de la ville (ainsi que de l’aquarium et du serpentarium pour Aurélien). Nous rencontrons Coralie, une française voyageant seule. Petite soirée avec dégustation d’un des vins de Mendoza (90% de la production nationale) un Trapiche Malbec (originaire de Cahors !).
LE 18/01/2009 :
C’est jour de match aujourd’hui ! Au menu : rencontre Racing/ River Plate pour le Torneo de Verano. Nous devons retrouver Pablo Aguilera, le responsable presse du Racing, que nous connaissons depuis Buenos Aires. Arrivés au stade des Malouines construit en 1978 pour la Coupe du Monde d’Argentine (en pleine dictature du Général Videla), nous achetons nos places pour les tribunes du Racing, club que nous suivons depuis plusieurs semaines. Nous commençons par casser la croûte avant de nous installer, une heure avant le coup d’envoi, sur les gradins. Finalement, Thomas failli se casser une dent sur un beau bout de cartilage de la succulente saucisse du Pancho…Oubliant la douleur, Thomas accompagne Aurélien afin d’interviewer quelques supporters du Racing hommes et femmes, jeunes et anciens. Ils feront alors la rencontre de la plus incroyable des machines à fabriquer de la barbe à papa : une sorte de robot tout aux couleurs du club : blanc et bleu. Son propriétaire est présent à chaque rencontre, qu’elle se situe à Buenos Aires, Mar Del Plata ou Mendoza…

Ensuite, nous tentons de trouver Mr Estruchi, un contact que nous a donné Pablo afin d’assister au match depuis la tribune presse. Nous arrivons devant l’entrée « presse et invités » et rencontrons Mr Estruchi à qui nous expliquons brièvement notre projet et notre demande. Il nous redirige alors vers le responsable presse du match, Norberto Etchezuri, un homme d’une soixantaine d’année, qui tout sourire, acquiesce tout de suite pour nous faire entrer en tribune presse. Dans la foulée, il nous accompagne à travers le couloir, prévient les gardes de sécurité ainsi que les placeuses que nous n’avons pas de carte de presse, mais que nous avons, malgré tout, accès à ce que l’on souhaite…photos, films, sortie des vestiaires, conférence de presse… MERCI NORBERTO !
Assis dans la tribune presse donc, nous assistons, dans un stade rempli au tiers, au début de la rencontre et au déroulement de la première mi-temps. Lors de la pause, Norberto revient vers nous pour nous annoncer que se déroule une dégustation d’huile d’olive ! Il demande au stand de nous servir en olive et de l’huile sur petit pain…puis nous dirige vers les deux dauphines (sorte de miss régionale) qui lutteront pour la nomination de miss « vendanges », lors de la compétition en Mars prochain… Le match reprend et le contraste entre les supporters de River (très nombreux) et ceux du Racing est toujours aussi criant. Le match se finira sur le score de 1-1.
Après le match, nous descendons voir les joueurs de River à l’étirement, retrouvons Norberto et tentons de faufiler notre petite caméra afin d’entendre l’interview de Pipo Gorosito, l’entraîneur de River, qui est assailli par les journalistes. Finalement, nous allons du côté de Racing. Ici, bien que les journalistes soient présents également, l’ambiance est plus calme. Nous retrouvons Pablo et assistons à l’interview de l’entraîneur du Racing club ainsi qu’a certains joueurs. Lorsque tout ce beau monde part, nous les imitons et présentons nos « au revoir » aux différents acteurs que nous avons rencontrés ce soir. Norberto, nous donne, au passage, le nom et l’adresse du responsable presse à Salta, pour le match River/ San Lorenzo du 28 Janvier. MERCI NORBERTO !
Retour à l’auberge en taxi avec deux journalistes de Mendoza.
LE 19/01/2009 :
Quittant les cépages de Mendoza à travers une route mariant montagnes pastelles et plaines verdoyantes, nous rallions la future étape après 8 heures de bus : La Rioja. De là, nous partirons visiter un des endroits les plus extravagants du Nord-Ouest Argentin : la vallée de la lune.
LE 20/01/2009 :
Pour la première fois durant ce tour du monde, nous louons une voiture pour la journée. Cela, afin de visiter la vallée de la lune située à 4h de route de La Rioja. Départ matinal donc et arrivée à midi dans ce parc protégé où se trouve le fossile de dinosaure le plus ancien de la planète : l’herosaurrus. En effet, la plus grande particularité de ce parc, outre ses paysages variés et incroyables, se situe dans son « ancienneté ». En fait, il s’agit du seul endroit au monde où l’on peut observer l’époque du triasique du début à la fin (entre 180 et 250 millions d’années).


Le parc constitue en cela un paradis pour paléontologue. C’est avec un convoi d’une vingtaine de voitures, mené par un guide, que nous quittons l’entrée du parc. Nous réaliserons cinq étapes en 3h30 et 50 kilomètres. Le tout accompagné d’explications géologiques et biologiques. Des paysages lunaires (justement !), des boules de pétanques naturelles toutes de sable faites, une barre rocheuse au rouge ocre saisissant, un sous-marin construit par le vent et l’eau à travers une montagne, des champignons géologiques et quelques vigognes seront les principales rencontres réalisées lors de cet excursion automobile.


De retour vers La Rioja, nous empruntons quelques sentiers non battus. Nous nous retrouvons alors au sein d’un tout petit village possédant un terrain de foot très atypique de part sa forme et sa localisation (de jolies montagnes en arrière-plan). Nous rencontrons alors quelques habitants et taillons le bout de gras quelques minutes avec eux. Le temps semble s’être arrêté dans cette toute petite bourgade constituée d’une dizaine de maisons. Mais, le temps, malheureusement, nous n’en avons pas encore la maîtrise de notre côté, et, par conséquent, devons partir avant qu’il ne soit trop tard pour rendre la voiture.

LE 21/01/2009 :
Nous nous dirigeons aujourd’hui vers Cafayate, petite bourgade délicieusement paisible de 12000 habitants, adossée aux contreforts de la Cordillère des Andes, à 1660 mètres d’altitude. Il parait que c’est ici que sont fabriqués les meilleurs vins blancs du pays…Toujours est il que la douceur de vivre caractérise bien Cafayate. Cette dernière sera notre porte d’entrée vers les vallées Calchaquiés et la Quebrada de Las Conchas, deux des sites les plus spectaculaires du Nord-Ouest Argentin.
LE 22/01/2009 :
Pour visiter la Quebrada de Las Conchas (La vallée encaissée des coquillages), nous décidons de louer des vélos à Cafayate, mettre les vélos dans un bus qui nous mène 50 km plus loin et de revenir à vélo vers Cafayate. Pendant le trajet en bus, nous découvrons des paysages variés et spectaculaires : les roches rouges, vertes, jaunes, des formations géologiques zoomorphiques, des plaines verdoyantes et le large lit du Rio qui coule au fond de la vallée.

Nous sommes déposés à la Garganta Del Diablo, soit une immense faille dans la roche, cousine de l’anfiteatro. La dernière, forme donc une sorte d’amphithéâtre naturel par lequel on accède grâce à une étroite entrée. La roche rouge, d’une cinquantaine de mètres, est constituée par un empilement de strates en forme de vagues et l’endroit pousse l’esprit à imaginer quelques rituels ancestraux se déroulant dans ce lieu où chante le vent. On reprend ensuite la route, tranquillement, en admirant, les yeux grands ouverts, la nature qui s’offre à nous. Les arrêts photos sont nombreux pour immortaliser la douce lumière sur le flanc rouge de la montagne, la couleur crème du fleuve ou juste pour profiter du poids du silence. Vous l’aurez compris, à ce rythme lancinant, nous n’avions parcouru, au bout d’une heure, que quelques kilomètres sur les cinquante totaux.

Au bout de deux heures, nous commençons à sentir nos petits mollets de footballeur et surtout, la fraîcheur qui gagne l’atmosphère chargée en gris nuages. Allez, on va se dépêcher un peu pour ne pas finir trempés jusqu’aux os. Mais nous ne sommes qu’à la moitié du parcours, nous venons de parcourir 20 km de routes de montagnes. Trente minutes plus tard, les éclairs déchirant le ciel depuis quelques temps, des gouttes d’un litre et demi chacune nous tombent doucement puis violemment au visage ! Nous continuons dans l’adversité, montons des routes raides à 20%, controns le vent et la pluie, jusqu'à ce que nous trouvions, oh miracle, une petite maison en dure, qui, arrivant à point nommé, abritera nos corps transis et gelés. Nous attendons donc…la pluie cesse, puis reprend de nouveau…nous attendons encore. Pas de jeu de cartes, pas de whisky, bref un sale moment pour espérer ! Un moment donné, la pluie cesse pendant une dizaine de minutes et c’est là que nous décidons de reprendre le chemin.

Faisant fi des fines gouttes transperçant nos vêtements trempés, nous pensons donc aux 20 km restant à parcourir. Le problème c’est que nous n’avons pas bien chaud, que nos petits muscles et nos coccyx nous font bien comprendre leur ras-le bol et que la route monte, monte, monte à n’en plus finir (bon entrecoupée de quelques descentes, mais pas assez longue…). Cependant, après la pluie, le beau temps. Nous découvrons la vallée avec une lumière incroyable, presque religieuse, dans laquelle s’éveille la faune silencieuse lors du déluge. Le spectacle est vraiment saisissant et redonne des forces pour la suite. Les derniers kilomètres sembleront particulièrement longs, mais, finalement, au bout de 5 h 30 de périple, nous voila de retour à Cafayate, un peu essoufflés quand même… Une journée bien physique en somme, mais inscrite à jamais dans les mémoires de chacun !
LE 23/01/2009 :
Le bus reprend la même route que la veille et nous revivons la magnifique journée d’hier. Aujourd’hui, Salta est notre destination. Elle constitue la plus grande ville du Nord-Ouest Argentin. Au Nord, les Andes et au Sud, Cafayate.
LE 24/01/2009 :
De Salta, les trois compères louent une voiture. Cette fois ci, la location se fait sur trois jours afin de prendre le temps de découvrir le football dans des villages un peu reculés. Nous essaierons donc de rallier Cachi ce soir. Pour atteindre cette dernière, nous traversons des paysages somptueux ! D’abord, la quebrada de Escoipe, vallée très étroite où la piste surplombe le rio du même nom, à travers de superbes montagnes rouges et vertes. Ensuite, la piste monte de plus en plus, en lacets, vers la Cuesta del obispo. Nous atteignons ensuite le point le plus élevé de l’expédition : la Piedra del Molino où est juchée une toute petite chapelle, culminant à 3348 mètres. Puis de là, nous pouvons admirer la Cachi Pampa, ce plateau aride a la rare végétation. Pour terminer, le dernier tronçon est sans doute le plus spectaculaire, surtout pour l’aficionado de western spaghetti. Nous empruntons une route totalement droite sur plus de 12km bordée par une armée de cactus : la recta Tin-Tin. Vraiment impressionnant quand il n’y a personne d’autres que vous dans l’endroit.


Finalement, nous atteignons Cachi. Ce petit village de 8000 habitants est situé à 2200 mètres d’altitude et construit au pied du Nevado de Cachi, culminant à 6000 mètres. Ville reposante, si il en est. Ce soir, ce sera dodo tous ensemble dans la tente posée sur une étendue d’herbe dans le camping de la ville.
LE 25/01/2009 :
Départ matinal sur la route de Molinos. Le but de la journée : trouver un terrain atypique pour jouer un foot atypique ! Nous rencontrons trois villages où existent des terrains, mais, à chaque fois, pas une âme qui vive. Au troisième village, nous demandons à des gens assis à l’arrière d’une jeep, où se trouve leur terrain de football. Coïncidence, nous arrivons pile poil au moment où ces derniers se dirigent vers un terrain non loin de là pour disputer un match de championnat, c’est un tournoi d’été, en fait, organisé par les villages de la circonscription de Molinos. PARFAIT ! Nous suivons donc la jeep pendant une bonne vingtaine de minutes. Finalement, nous quittons la route pour suivre le lit du fleuve asséché, où nous garons notre Chevrolet. Le terrain se situe à 5 minutes à pied. Il se situe dans une vaste plaine verdoyante et est entouré par un cirque de montagnes. Pour la première fois en Argentine, nous ne pouvons cacher notre statut de touriste, puisque nous sommes les seuls à ne pas avoir de sang indiens dans les veines. La majorité des joueurs et des spectateurs sont d’origine Calchaquiés (c’est-à-dire l’ethnie peuplant autrefois les vallées Calchaquiés), les autres sont quechuas ou Aymaras. Le soleil est bien présent et il faut vite trouver un coin d’ombre pour assister à la rencontre Independiente/ San Lorenzo (et oui, le nom de deux grandes équipes de Bs As.).

Le match se déroule donc sous les yeux de quelques spectateurs venus des bourgades alentours et…de trois gringos. Le premier but est pour San Lorenzo sur un penalty réussi. Ensuite, se suivront des successions d’attaque/ défense sans finalité. En tous cas, le contexte est beau et l’engagement est présent. Voila, à défaut d’avoir joué, nous avons assisté à un match impromptu en pleine vallées de Calchaquiés, plutôt pas mal finalement !


Il se fait tard pour organiser un foot ce soir. Nous jetons alors notre dévolu sur un bourg répondant au nom de Seclantàs, où n’apparaît qu’une seule ligne sur « le routâârrd ». L’auberge « la Rueda », pour nous tout seul, est bon marché et fort agréable. Elle donne sur une rue où ne passe qu’une voiture par heure, c’est le calme et la douceur de vivre qui règnent ici. En plus, cerise sur le gâteau, un resto particulièrement gouteux et bon marché jouxte presque l’auberge. Un bon coin en somme !
LE 26/01/2009 :
Durant la matinée, nous allons à la visite de Molinos, village en pisé construit dans une oasis et possédant une église classée monument historique. Puis, nous reprenons la route en direction de Cachi, à la recherche d’un match auquel nous pourrions participer cette fois-là. Nous reprenons la même route qu’à l’aller où nous avions déjà repéré quelques villages aux terrains sympathiques. Finalement, nous opterons pour le village de San-José, situé à 30 minutes de Cachi. Vers 16h, nous arrivons à San José. Thomas va questionner les quelques habitants afin de pouvoir organiser la partie de ce soir. Il est alors convenu de commencer la partie vers 20h, il y aura plus de joueurs à ce moment là. Très bien, cela nous laisse le temps d’aller réserver le camping de Cachi et de faire un tour rapide sur Internet.
Arrivés à 19h30, nous attendons les joueurs, en compagnie des personnes vues cet après-midi. C’est avec deux garçons d’une dizaine d’année, chauds bouillant pour taper la balle, que nous nous échauffons pour notre premier match en altitude moyenne. Au bout de quelques temps, arrivent une dizaine de joueurs à l’âge plus avancé que nos premiers adversaires. Les salutations faites, et quelques passes réalisées en guise d’échauffement, un cinq contre cinq s’organise. Les équipes, très hétéroclites, mélangent grands et petits. En effet, dans chacune des équipes, il y a un petit de 6 ou 7 ans, qui se donne d’ailleurs à son maximum, et qui est traité comme un coéquipier à part entière. Le match commence à la lumière de fin d’après midi (avec un orage au loin) puis se terminera aux lueurs des néons du terrain sur lequel nous jouons. Un peu rincés par cet effort en altitude, les « MaisVousEtesFoot ! » vont retrouver leur nid douillet au camping de Cachi. Demain, les vallées Calchaquiés ne seront plus qu’un souvenir….il faut maintenant retourner à Salta.
LE 27/01/2009 :
Retour sur Salta où nous devons rendre la voiture de location à midi. Même ville, même auberge. Nous y retrouvons Anthony, un fêtard mancunien voyageant depuis 2005 que nous avons rencontré à Cafayate.
LE 28/01/2009 :
La raison de notre retour à Salta est celle-ci : nous devons assister au match River/San Lorenzo ce soir. Nous appelons alors le contact que nous avait fourni Norberto à Mendoza (si, si souvenez-vous !), qui nous renvoie vers quelqu’un d’autre, le responsable presse de ce soir, Mr Pandolfi. Ce dernier, nous demande de l’appeler juste avant d’entrer dans le stade, puisqu’il n’est pas possible d’obtenir l’accréditation de presse cet après-midi. A 19h donc, direction le stade de Salta. Vendeurs de Pancho (hot-dog), de drapeau, de camiseta et autres chapeaux sont les premiers signes annonçant l’arrivée vers le terrain. Comme prévu, nous appelons le responsable presse, il nous propose d’aller vers la porte 5. Nous y allons donc, tentons d’expliquer au vigile, sans grand espoir, qu’une accréditation nous attend et nous donnons le nom du contact de ce soir. Les vigiles nous proposent de rentrer et de nous diriger vers un homme assis face à une table. « Bonjour Monsieur, nous sommes des journalistes français, je crois qu’une carte d’accréditation nous attend, selon les dires de MR Pandolfi. ». Le monsieur face à la table : « Voila messieurs, bon match ». C’est avec un certain étonnement que nous prenons en main les cartes d’accréditation déjà prêtes et obtenues si facilement ! MERCI NORBERTO ! Mr Pandolfi vient ensuite à notre rencontre et nous accompagne juste que dans la tribune presse. Voila, nous y sommes et de manière plutôt confortable !

Après un grand feu d’artifice (signalant le dernier match du tournoi d’été) et les cris et chants des supporters (de River surtout), le match commence. La première mi-temps est serrée et aucune des deux équipes n’arrivent à faire la différence. En seconde mi-temps, le match s’anime un peu. San Lorenzo ouvre le score sur un coup de pied arrêté puis Falcao, le numéro 9 de River (bientôt en Europe selon Romain) fait parler la poudre. Il provoque le penalty égalisateur, le transforme puis délivre une passe décisive de toute beauté qui permet à River de mener 2-1 à dix minutes de la fin. Finalement, San Lorenzo va égaliser sur un but gag, du à une erreur de la part du gardien à 30 secondes de la fin. Le score final : 2-2.
LE 30/01/2009 :
Lentement, nous nous dirigeons vers la frontière du futur pays que nous allons visiter. Pour ce faire, nous montons vers le nord. Aujourd’hui, nous partons vers un village niché à 3000 mètres d’altitude : Humahuaca. Rien qu’avec le nom, on peut déjà sentir la présence de la culture Andine, à des millénaires de Buenos Aires. Nous nous trouvons dans une partie de l’Argentine tout à fait à part et découvrons petit à petit les vieux visages bruns tannés par le soleil, aux rides profondes et évocatrices, les tissus chatoyants et les vendeurs de coca. Un autre monde ! Nous goutons pour la première fois la viande de Lama très gouteuse et découvrons le goût amer de la coca.

Le soir, nous intégrons un tournoi sur le terrain de la ville. Nous jouons avec Anthon, un Suédois rencontré dans l’auberge. Demain, c'est le depart pour la Bolivie.