Le 28/11/2008 :
Après 30 heures de trajet, « Santissima Trinidaty puerto Nuestra Senora del Buen Ayre » nous tend les bras. Il est 20h00 et l’effervescence urbaine bat son plein. Nous redécouvrons les joies de la circulation en accordéon à bord de notre premier taxi porteno (comprenez de Buenos Aires) et découvrons cette immense ville qui a vu débarquer des bateaux entiers d’immigrants venus d’Europe. Pour le coup, on se croirait presque dans une capitale du vieux continent. Mais l’exotisme du voyage refait rapidement surface… D’abord, il faut dialoguer avec le « chofer », bon ça passe encore, on arrive à se débrouiller en Castechano (le Castillan prononcé à l’Argentine) pour lui indiquer notre destination, et qu’avant il est nécessaire de nous déposer devant un guichet automatique afin de retirer de « la plata ». Dès lors, commence un périple financier sans fin. Une, deux puis trois banques refusent de nous délivrer des billets et chaque fois, pour des raisons différentes. Thomas, le financier, s’agace et commence à se poser des questions sur le fonctionnement économique de ce pays… Au bout d’une heure de recherche, Thomas arrive finalement à retirer du cash et cela à quelques pas du 4806 avenida Santa Fe, c'est-à-dire l’adresse où se situe l’appartement que nous avons loué pendant trois semaines. Ce dernier, très fidèle aux photos visualisées sur Internet quant à l’espace, l’ameublement etc. l’est beaucoup moins quant à son exposition : les fenêtres donnent directement sur une artère très empruntée (l’avenida Santa Fe) et, par conséquent, très bruyante…

Maintenant plongés dans le quartier Palermo Hollywood (oui madame !), nous décidons d’aller explorer les environs après avoir pris nos repères et déposé nos bagages dans l’appartement. Nous passerons quelques temps à l’Unico (un bar toujours plein) avec deux françaises (Magalie et Laurène, venues travailler à Buenos Aires pour un an).
Le 29/11/2008 :
Déjeuner Salade au « Oui-Oui », petit (très petit) restaurant sympathique. Pendant qu’Aurélien rédige une chronique, Thomas et Romain tentent un saut a la Bombonera, le stade mythique de Buenos Aires, afin d’acheter des places pour le prochain match de Boca Juniors. Malheureusement, pas possible d’en obtenir puisqu’un derby San Lorenzo vs Huracan se déroule au même moment dans le fameux stade. Les deux compères rentrent, clopin-clopant et bredouilles.
Le 30/11/2008 :
On tente le tout pour le tout afin d’assister au match de Boca Juniors aujourd’hui. Nous nous rendons directement à la Bombonera deux heures avant le coup d’envoi, dans l’espoir de trouver trois tickets gagnants !


Face à l’imposante construction, une gigantesque file d’attente s’est constituée. Nous la contournons pour aller à la recherche de la billetterie. Un policier nous indique une rue à quatre blocs de là, nous y allons. Il faut se frayer un chemin à travers la foule éparse, mais nous en profitons également pour découvrir ce joli quartier de Boca, ou, autrement dit, pour se plonger dans le Buenos Aires des années 50. Chaque rue se termine par un barrage policier filtrant l’accès au stade. Nous trouvons finalement la rue indiquée. Un policier nous explique que les guichets sont fermés depuis plusieurs heures déjà et qu’il nous sera alors impossible de rentrer aujourd’hui…AH ! Comme il semble loin le temps de l’Afrique où rentrer dans un stade ne représentait qu’une formalité. Evidemment, nous ne souhaitons pas acheter un billet à un vendeur de rue, puisque les prix sont exorbitants et que dans la majorité des cas, ce sont des faux. Il ne nous reste alors plus qu’une seule solution : regarder le match avec des aficionados de Boca autour d’une cerveza bien fraîche. Après avoir expliqué notre désespérante situation au taximan, celui-ci nous propose un endroit réputé pour retransmettre les matchs à Recoleta, un des quartiers de Bs.As. Et pour cause, le bar se nomme « loco por futbol » (« fou de foot »).


Nous essayons de rentrer, une serveuse nous explique que ça n’est pas possible, qu’il n’y a plus de place !...journée maudite !...Alors que nous commençons à partir, un monsieur nous prend à parti et nous propose de rentrer avec lui. La chance nous sourit enfin ! Nous entrons donc dans ce temple de la retransmission footballistique où quatre écrans géants et une trentaine de petits écrans sont parsemés un peu partout, permettant aux clients d’assister au match quelle que soit sa place. Jorge, le monsieur qui nous a invités, nous explique que la serveuse, pensant que nous étions anglais, ne souhaitait pas nous faire rentrer, de peur que nous ne consommions rien… Le match se déroulant, nous voyons l’équipe de Boca s’imposer face au Racing. Tout cela dans une ambiance surchauffée.
Le 04/12/2008 :
La balle sous le bras, nous nous baladons dans le magnifique « parque 3 de Febrero » situé à dix minutes à pied de l’appartement. Ce véritable poumon urbain fut construit par un paysagiste français sur le modèle du bois de Boulogne avec fontaines, lacs, jardins et beaucoup d’espaces verts propices à une partie de football improvisée. Nous traquons donc l’odeur du cuir et le son du ballon rebondissant. Nous déambulons aux côtés des joggeurs, hockeyeurs, rollers men, qui se défoulent le long d’un lac. Nous observons les multiples profs de gym délivrant leurs conseils à des actifs en mal d’entretien physique. Au bout d’une vingtaine de minutes, nous découvrons sur une verte esplanade entourée d’arbre, cinq portenos qui taquinent le ballon. Nous leur demandons s’il est possible de se joindre à eux, ce qu’ils acceptent derechef. Deux tee-shirts par terre d’un côté et un tee-shirt face à un robinet de l’autre constituent nos nouveaux buts. Un 4 vs 4 débute alors. Ces jeunes argentins, avec le mulet bien ancré sur la « cabeza » pour certains, prennent plaisir à jouer et cela est réciproque. A la fin de la partie, nous nous promettons de nous revoir : rendez-vous 18h demain, c’est noté.

Le 05/12/2008 :
Ponctuels, comme à leur habitude, les trois compagnons de voyage pointent leur bout de nez à 18h au même endroit que la veille. Ce samedi, le parc est rempli de monde pour cette journée estivale. L’endroit où nous avons joué hier, n’est par conséquent plus propice pour jouer. A 18h30, nos partenaires arrivent, accompagnés par de nouveaux joueurs. Nous nous déplaçons alors ensemble vers une étendue d’herbe déserte idéale pour pratiquer le football. Nous débutons par un 6 vs 6 et rapidement réalisons qu’aujourd’hui, il ne faut pas « jouer avec des pincettes » ! Tels des pitbulls, les joueurs Argentins s’en donnent à cœur de joie et tout est bon pour récupérer le ballon : tacles litigieux, épaules contre épaule bestiaux etc. Malgré tout, l’ambiance reste joviale et détendue et le match se déroule sans incidents. Petit à petit, d’autre joueurs viennent grossir les équipes respectives jusqu’au moment où plus personne ne sait avec qui il joue, ce qui sonne le glas de la rencontre.
Après l’effort, le réconfort : ce soir, nous sommes invités à la « despedida » (=dépendaison de crémaillère) de deux amies de l’amie française d’une amie d’Aurélien : (vous suivez toujours…) Pauline Kayassinne. Pauline est à Bs As dans le cadre de ses études de musicologie, elle joue du hautbois. A notre plus grand étonnement, Pauline a joué avec un de nos bons amis, excellent joueur de clarinette de son état : Mr Nicolas Blet, dit Bletou. (« Vous lui parlerez du bon vieux quintet ! » nous dit-elle. voila c’est fait, Nico si tu nous lis…on t’embrasse !). Le melting pot est agréable : chiliens, argentins, brésiliens, italiens, français… Nous rencontrons, ce soir là, de nombreuses personnes très partantes pour organiser un foot dans les jours à venir. Nous échangeons donc mails et numéro de téléphone.
Le 07/12/2008 :
Le deuxième sport national d’argentine (après le foot), se pratique à cheval et à l’aide d’une crosse. Il se déroule sur une aire de jeu gigantesque (400/ 200 m.) et, rassemble la classe plutôt aisée de Bs.As. Il s’agit évidemment du Polo. Aujourd’hui, nous allons assister à la demi finale du championnat, nous avons droit d’accéder aux deux matchs. Nous y allons en compagnie de Julie, une française voyageant seule que nous avons rencontrée sur le bateau en rentrant d’Ilha Grande, au Brésil. Julie tente de nous expliquer les règles d’un match de Polo en traduisant ce qu’un spectateur vient de lui dire. Il y a 8 séquences de 7 minutes chacune. Deux équipes de quatre cavaliers s’affrontent, et, à chaque but marqué, le sens de l’attaque change pour chaque équipe. De plus, les cavaliers peuvent changer de quatre à dix chevaux pendant la rencontre. Plus l’écurie est riche et plus elle possède de chevaux évidemment. Les règles sont un peu plus complexes, mais dans les grandes lignes, nous y sommes. L’ambiance est à la mondanité, plus qu’a l’euphorie du jeu. A chaque but marqué, malgré tout, le public applaudit. Il reste que c’est un sport impressionnant à observer et à écouter : le bruit de 8 chevaux au galop en plein sprint, ça vaut le détour !


La journée se termine en nous rendant au stade El Amalfitani pour assister à un match qui promet d’être mouvementé. A l’affiche, le 18ème contre le 17ème : le fameux club River Plate, éternel rival de Boca, contre Godoy Cruz. Nous pénétrons dans l’enceinte. Malgré les résultats décevants de River cette saison, les supporters, eux sont au rendez vous. Des drapeaux rouges et blancs colorent l’immense tribune des « los Millonarios », En face, celle de Godoy Cruz, nettement moins remplie mais suffisamment pour entendre les « barras bravas » scander leurs chants de guerre. Le coup d’envoi est donné, River Plate est rapidement mené au score malgré l’ambiance de feu dans le stade. La deuxième mi-temps voit « les millionnaires » revenir au score suite à une poussée hallucinante du public, qui n’a pas cessé de chanter à tue tête pendant plus de cinq minutes. Malgré tout, le jeu du club au maillot rouge et blanc reste trop pauvre pour maintenir l’illusion. La partie se terminera sur un score de 2-1 pour Godoy Cruz, et l’addition aurait pu être nettement plus salée pour le rival de Boca. Résultat : River occupe toujours la dernière place du championnat.
08/12/2008
Programme de la journée, un foot avec Pablo, un psychologue rencontré lors de la soirée chez Pauline. Romain et Thomas attrapent un taxi en direction de Sarmiento. Nous retrouvons l’organisateur du match entouré de quelqu’un de ses amis et c’est reparti pour un 5 vs 5 très physique sur un synthétique. Le niveau est très élevé, surtout pour Thomas qui fatigue très vite. Une heure de jeu intense… petit ponts, roulettes, talonnades se succèdent à toute allure. Les buts s’enchainent et le tableau d’affichage atteint vite la dizaine de buts. La partie se termine sur un score serré. Le temps de boire un petit jus de fruit puis nous repartons à l’appartement.
09/12/2008 :
Aurélien et Thomas décident de visiter la réserve écologique de Bs.As. située près de Puerto Madero. Ce havre de paix de 350 ha est idéal pour s’aérer l’esprit et les bronches dans cette mégalopole, aux pollutions multiples, dont la signification, « bons vents », n’est plus d’actualité…. Gros lézards, ragondins, tortues de lagune, oiseaux (dont certains grands rapaces, les Caranchos, de l’ordre des falconiformes, qui se laissent approcher de très près) sont les principaux représentants de la faune observée par Thomas et Aurélien.



10/12/2008 :
Direction le district de Nuñez afin de visiter l’imposant stade du CA River Plate : le Monumental. Inauguré en 1938, ce complexe sportif accueille le concert de Madonna. De ce fait, il nous est impossible de le visiter. Aussi, nous nous contenterons d’en faire le tour et de prendre quelques clichés.

Le 12/12/2008 :
Ce soir, nous nous dirigeons vers le café Tortoni. Cet endroit établi en 1860 est un symbole de la ville. Il était le lieu de rendez-vous des artistes portenos qui venaient siroter un café ou un chocolat sous la verrière de ce lieu magique à la décoration fine. Outre le côté historique, ce « café de Flore » argentin est reconnu pour son chocolat ainsi que pour ses spectacles de Tango. Et oui ! Un voyage en Argentine sans assister à une des danses les plus célèbres d’Amérique du Sud, c’est comme faire un tour en France sans manger un bon coulommiers avec un bon bordeaux (humm...) : ça n’est pas envisageable. Nous nous engouffrons donc dans la cave du café pour assister au show. C’est alors toute une histoire qui nous est contée par des comédiens illustrant les propos par des séquences de cette fameuse danse sensuelle. Le tout est porté par un orchestre de très haut niveau (un piano, un bandonéon, une contrebasse et un violon). Un moment magique !


Le 14/12/2008 :
L’épisode de « MaisVousEtesFoot » en appartement se termine aujourd’hui. En effet, nous rendons les clés dans la matinée pour nous diriger, ensuite, vers une auberge de jeunesse non loin de là (le Gecko) où logea d’ailleurs Julie. Après avoir déposé les affaires, nous nous préparons à vivre un événement extraordinaire : assister à un match de Boca Juniors dans le stade favori de Diego Maradona, la Bombonera. Quelque chose d’immanquable lorsque l’on passe à Buenos Aires et surtout quand on effectue un tour du monde sur le thème du football ! Il n’est malheureusement pas évident de réaliser ce souhait même lorsque l’on s’y prend à l’avance.
Nous retournons sur nos pas (à l’adresse de l’appartement) afin d’attendre un transport collectif particulier. Au bout d’une demi-heure d’attente, nous perdons espoir, mais nous nous résignons cependant à attendre. Quinze minutes plus tard, voila la camionnette tant désirée qui arrive. C’est Mariano, le « G.O » qui nous accueille. Dans le minibus, nous saluons deux anglais et une singapourienne. S’en suivent plusieurs arrêts pour embarquer d’autres passagers, l’ultime arrêt étant ponctué par une séance express de photographie. Clic ! Clac ! Chacun a droit à son portrait bien qu’aucun n’en comprenne la finalité. Quelques minutes plus tard s’offre à nous l’objet de ce petit voyage organisé. Ce bâtiment mythique qui doit son nom à sa forme de boîte de chocolat : LA BOMBONERA !!

Et oui, n’ayant pas réussi à obtenir de billets pour assister à un match, nous avons opté pour la solution collective avec transports et billets inclus. Au programme Boca-Juniors VS Colon. Il s’agit de la dernière journée de championnat Argentin et Boca peut espérer finir premier si les deux autres équipes (San Lorenzo et Tigre) perdent leur match respectif. En effet, c’est une première historique : trois clubs peuvent prétendre au titre au vu de leur parfaite égalité. (À préciser que le campeonato argentin ne se préoccupe pas du goal-average). De notre côté, notre espérance est d’assister au sacre du club le plus populaire du pays : le Club Atletico de Boca Juniors.
Nous prenons alors place et réalisons que nous nous trouvons du côté des supporters de Colon : première déception. Autour de nous, quelques argentins et beaucoup de touristes : deuxième déception. Ils sont tous parqués ici au troisième niveau du stade, en face des bruyants et festifs supporters de Boca avec une vue imprenable sur la cancha. Le soleil tape et pas une moindre trace d’ombre. Cela ne freine pas les ardeurs des Xeilennenses qui, une heure avant le match, mettent déjà le feu à la Bombonera. Les timides réponses de Colon, font presque peine à voir.

Enfin, les deux équipes rentrent sur la pelouse et les sauts des supporters de Boca se font ressentir jusque sous nos fesses, qui vibrent au diapason du stade, semblant danser sur des vérins antisismiques ! L’ambiance est incroyable ! Au tableau d’affichage, nous pouvons voir que les trois matchs (San Lorenzo/Argentino Juniors ; Tigre/Benfield et Boca/Colon) débutent au même moment, tout est encore possible ! Ce sera d’abord les Xeneizes (Joueurs de Boca) qui ouvriront la marque, apportant son lot de folie dans les gradins Bosteros. Puis le deuxième but de la part de la même équipe. Il y a 2-0. Colon arrivera à percer la défense de Boca pour aller inscrire le but du 2-1. Enfin, Boca répond derechef et prend le pas sur le score (3-1). Colon trouvera la volonté d’inscrire le but du 3-2 et le score en restera là à la fin de la partie. Pendant ce temps, les 2 autres leaders ont également remporté leur match. Nous ne verrons donc pas Boca célébrer la pole position aujourd’hui. Malgré tout, nous avons droit à un beau cadeau, puisque l’homme le plus populaire au monde, celui qui a fait rêver tant de personnes de pays différents et qui est un des seuls (le seul ?) être humain vivant érigé en véritable dieu, avec plusieurs lieux de culte où il est vénéré quotidiennement, est dans le stade ! « Diez », « el pibe de oro », Diego Maradona se situe dans les gradins sur notre droite et nous pouvons l’observer tranquillement, avec les zooms de notre caméra et appareil photo…

Après le match, retour à l’auberge de jeunesse en compagnie des autres touristes et de Mariano, l’organisateur, avec qui l’on convient d’une rencontre footballistique lors de notre prochaine visite à Buenos Aires, soit dans trois semaines. En attendant, nous allons tenter de dormir dans le dortoir de huit de notre backpacker, malgré le bar ouvert 24h sur 24, la musique à fond et le rire hystérique de certains voyageurs. Le genre qui écume toutes les auberges de jeunesse d’Amérique du Sud sans vraiment voir du pays, avec coucher à 8h du matin et levé à 15h de l’après midi et qui finit son voyage plus fatigué qu’avant de partir. Enfin, chacun ses envies ! De notre côté, nous devrons nous lever à 6h du matin afin de prendre le bateau-bus, direction l’Uruguay.