Mais vous êtes foot !

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dimanche, novembre 22 2009

Goooood morning Vietnam!!! Par Thomas

Mardi 15 septembre

Après quelques bonnes heures de route intense, Thomas, d’un œil encore mal réveillé, observe le bus s’enfoncer dans les immenses avenues de Ho chi Minh et serre les fesses, par la même occasion, car il y a de quoi paniquer ici. Eh oui, comme dans toute bonne grosse ville asiatique, la circulation est complètement désordonnée. Comptez environ une voiture pour cent scooters, roulants à toute allure sur les majestueuses avenues goudronnées de la mégalopole en ignorant bien sur les pauvres piétons désirant traverser. Viennent se conjuguer à ce grave problème, des trottoirs transformés en parking complètement colonisés par ces montures en acier. Et le plus incroyable dans tout ça, ce sont ces pauvres Vietnamiens condamnés à déambuler sur le bas coté de la route sans toutefois stresser ou s’énerver. Contrairement à notre belle vieille capitale, la police comme le code de la route sont insignifiants voire inexistants, sauf quand il s’agit d’encaisser un petit pot de vin. Les feux rouges semblent être un objet décoratif, les panneaux de signalisation des vestiges datant de l’Indochine et les policiers, juste des braves gars avec qui les gens du coin aiment papoter. Bref, l’œil dorénavant réveillé de Thomas regarde ce spectacle chaotique et se demande non pas quand il va manger son bol de riz quotidien mais comment il va faire pour se reposer dans une telle atmosphère…

Le bus stoppe en plein milieu du centre ville, nous attrapons nos gros sacs puis prenons d’assaut un restaurant occupant le coin d’une petite rue. Thomas prend son hamburger hebdomadaire (quand ce n’est pas quotidien) et Romain fait son plein de viande rouge. Une fois les ventres bien garnis, nous hélons un taxi en direction de l’académie SCAVI Rocheteau et, guidé au téléphone par Henri Atamaniuk, le cher et gentil chauffeur nous amène à destination…évidemment, il se perd au passage histoire de faire tourner le compteur ! D’un coté, pas facile de trouver le centre de football puisqu’il est nécessaire d’emprunter une petite rue située à la périphérie de la ville. Si on ne connaît pas, alors c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin : ardu.

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Enfin, la prestigieuse académie de foot SCAVI Rocheteau fait son apparition et nous apercevons aussitôt la silhouette d’Henri Atamaniuk, le directeur technique. A ses cotés, se dresse un drôle de personnage qui répond au nom de Daniel et qui assure temporairement le rôle de coach adjoint. C’est dans une ambiance joviale que le staff de l’académie nous fait visiter les lieux. A notre disposition, une piscine, des cours de tennis, un restaurant et bien évidemment une poignée de terrains de foot de qualité irréprochable. Clou du spectacle : une chambre d’hôtel digne d’un quatre étoiles, réquisitionnée pour les illustres membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». A l’intérieur, trois lits. Un pour le président râleur, un pour le trésorier mangeur de riz et un autre pour le secrétaire déserteur. C’est avec regret et nostalgie que nous apprenons à nos hôtes cette triste nouvelle « nous avons perdu notre secrétaire en Amérique Centrale, il est retourné en France pour retrouver son troupeau de marcassins ». So long bro !

Jusqu’à 15h, nous discutons avec Henri et Daniel. Ces derniers se montrent particulièrement sympathiques et l’ambiance au sein des locaux de SCAVI Rocheteau est plus que joviale. Malheureusement, cette joie de vivre ne pourra être aperçue sur les terrains aujourd’hui. En effet, l’association « MaisVousEtesFoot ! » a apporté avec elle le mauvais temps. C’est donc une pluie torrentielle qui s’abat sur l’ancienne Saigon, obligeant Henri, pour la troisième fois en deux ans, à annuler l’entrainement quotidien. Quelle tristesse ! Nous devrons donc attendre encore une journée supplémentaire avant de voir les académiciens balle au pied !

Généralement, quand le rédacteur de ce blog écrit le mot « lit », c’est généralement pour avertir les lecteurs assidus que les protagonistes vont terminer leur journée par un gros dodo. Mais aujourd’hui, malgré la journée plutôt rude et chargée, les deux petits loulous partent, en compagnie d’Henri et de Daniel, casser la croute dans un bouiboui situé prés du Ben Thanh Market, soit au cœur même de la ville. Pas de dodo avant un bon diner, c’est la nouvelle règle instaurée par le président et approuvée par le trésorier. et au menu ce soir, toutes sortes de fruits de mer incroyablement bien cuisinés et accompagnés, bien évidemment, de boissons non alcoolisées tel que du jus de soja. Un esprit sain dans un corps sain, ne l’oublions pas !

Après ce festin, la joyeuse troupe se ballade dans les ruelles charmantes du quartier, observe les échoppes du marché avant de rejoindre une heure après leurs lits douillets.

Mercredi 16 septembre

Lever tardif pour les journalistes apprentis puisque les académiciens ne s’entrainent pas le matin…eh oui, c’est l’école qui occupe la majorité de leur matinée. Du coup, voila le meilleur moment pour nous reposer et découvrir les lieux.

Vers 11h30, comme tout bon français qui se respecte, nous partageons le traditionnel apéro avec Henri et Daniel. Eh oui, c’est derrière un verre de jus de banane que nous débâtons sur de grandes questions existentielles pour ensuite aboutir sur une discussion plus sérieuse : le football. Henri nous raconte son parcours professionnel ainsi que ses expériences chez Eurodisney en tant que directeur des activités sportives du parc. Oui, vu comme ça, le lien entre le monde du football et celui de Mickey est assez confus et pourtant il en existe un. C’est grâce à ce personnage charismatique et à son large carnet d’adresse que les stars du ballon rond comme Zidane sont venues dans le royaume enchanté de Mickey, souvent à des fins caritatives. Après quelques années de bons et loyaux services au sein de cette multinationale, le coach a laissé cet univers imaginaire derrière lui pour revenir à un monde bien plus réel, celui du football. Une expérience malheureuse au Cameroun tout d’abord, suivi d’un petit break réparateur en France et aujourd’hui, cet homme quinquagénaire est à la tête du centre SCAVI Rocheteau.

La discussion est vite interrompue par l’arrivée des académiciens. Agés de 14 à 15 ans, les futures stars du ballon rond se positionnent les uns à coté des autres, comme pour former un mur humain, puis, avec le sourire, saluent en chœur les coachs : « Bonjour monsieur, bon appétit monsieur ! » et en français svp ! Surprenant non ? Une fois les échanges de politesse terminés, chacun disparaît derrière son bol de riz.

Après un repas succulent, il est temps de passer aux choses sérieuses. L’entrainement pardi ! La journée continue donc avec la séance quotidienne sous un ciel bien orageux. Nous découvrons alors le niveau exceptionnel de ces footballeurs en herbe qui taquinent le ballon aussi bien que Tiger Wood le fait avec la balle de golf. Eh oui, certain de ses joueurs auront la chance d’évoluer au sein de l’équipe nationale Vietnamienne mais avant, il faut s’entrainer car se déroule samedi un match important : l’académie SCAVI Rocheteau VS la sélection nationale de moins de 16 ans. Boulot boulot donc !

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Courageusement, Romain a enfilé son beau maillot jaune de Nantes afin de taper la balle avec les académiciens. Dans un premier temps, il participe aux exercices en compagnie des enfants et surprend Henri par la précision de ses passes magiques. Mais l’étonnement du coach de Scavi n’a pas fini de s’étonner puisque la fin de l’entrainement est marquée par la mise en place d’un match à onze contre onze. Et, en plus du vieillard de 27 ans, les jeunes vietnamiens se voient obligés de jouer aussi avec Daniel, défenseur durant sa carrière, mais aujourd’hui reconverti attaquant ! Sous une pluie battante, les deux « vieux » sur le terrain vont se donner corps et âmes et bien sur, livrer une prestation digne des plus grands footballeurs contemporains. Le tout, malgré les rires tonitruants d’Henri qui, en compagnie de Thomas, ne cessera pas de rigoler pendant toute la séance en observant Rominho et DaniDan courir dans tous les sens.

17h, fin de la rigolade et pas le temps de déglutir pour les deux cousins car nous devons nous rendre en centre ville rencontrer Fréderic Rault, un expatrié français accessoirement inconditionnel du ballon rond. Et c’est parti, nous grimpons dans l’un des taxis blancs qui vagabondent dans les rues de la ville et comme toujours, serrons les fesses. Une main sur le volant, l’autre sur le klaxon, le chauffeur commence sa chevaleresque traversée de la ville en zigzaguant entre les innombrables mobylettes. Et bien sur, notre Sébastien Loeb vietnamien hésite pas à user de l’avertisseur sonore à tout va…même quand la route se révèle aussi vide que le cerveau de Britney Spears…Sait-on jamais, un Viet pourrait surgir d’une ruelle pour se jeter comme un damné sur la route. Eh oui, vaut mieux prévenir que guérir.

Nous atteignons tout de même le point de rendez vous situé dans un hôtel basé à proximité du magnifique théâtre construit par les Français sous la période Indochinoise. Notre invité, enfin trouvé, nous invite à contourner le gigantesque monument culturel pour atteindre enfin un petit troquet design. Une fois la caméra installée sur le super trépied acheté 5€ à Singapour, nous débutons l’interview. Fréderic se livre et nous confie, entre deux gorgées d’une succulente bière, que le football lui a permis de s’intégrer aisément dans la culture du pays car à son arrivée, son réseau d’ami était aussi maigre qu’une vache anorexique. Mais Frédéric a surtout été le premier footballeur français à jouer dans le championnat professionnel vietnamien. Une belle aventure qui a duré deux ans et qu’il a partagée en compagnie d’un autre français. Tout ceci l’a conduit à faire la rencontre d’Henri et un peu plus tard, de participer à un match amical entre les anciens de l’équipe de France (avec notamment Karembeu, Rocheteau, Loko et autres noms ronflants) et le Vietnam ! Une bien belle histoire ! Aujourd’hui, Fréderic a créé un club essentiellement composé d’expatriés, démultiplié son carnet d’adresse et tissé des liens profonds avec certains camarades de son équipe. Pour lui c’est clair, « dès que tu arrives dans un pays que tu connais pas, la première chose à faire est de trouver une équipe de foot. Après, tu sympathises naturellement avec quelques joueurs et tout devient plus facile ». Voila une belle histoire à raconter aux voyous qui crachent sur le football…

Une fois cet agréable entretien bouclé, nous montons dans l’un de ces taxis que nous redoutons tant pour ensuite se laisser aller dans les bras de Morphée.

Jeudi 17 septembre

La journée débute à 11h30 par le traditionnel apéro et c’est au tour de Daniel de se livrer. Cet homme quinquagénaire qui, comme Henri, possède un sens de l’humour hors norme nous fait partager sa passion du foot. Ancien joueur de Saint Lô, cet individu gouailleur a quitté son pays natal pour dépanner Henri, son meilleur ami, qui l’avait autrefois coaché. En effet, Mr Atamaniuk ayant vu l’un de ses adjoints prendre la poudre d’escampette pour une durée d’un mois, Daniel (Dan pour les intimes) s’est vu nommé entraineur adjoint de l’académie. La grande classe donc. Mais pas seulement puisque Dan est ici à titre bénévole. Pas d’argent, pas de souci. Juste la passion du foot qu’il aime transmettre aux plus jeunes. Sa chope de jus de fraise à la main, il nous relate sa première rencontre avec le coach Henri, qui remonte à quelques dizaines d’années, jusqu'à son arrivée au sein de l’académie. Cette histoire touchante est interrompue par l’arrivée en fanfare des joueurs. Même rituel, les apprentis du ballon rond saluent le staff en français pour ensuite disparaitre à toute vitesse derrière leur bol de … nouilles cette fois-ci.

La journée continue avec la rencontre et l’interview d’Oleksandr Dobvii, ukrainien, entraineur du centre de formation « Promotion fund of Vietnamese football talents ». Ce dernier, à la carrure imposante et coiffé d’une casquette usée, maitrise seulement le russe ce qui complique (juste un peu) la discussion. Plutôt que d’impressionner son interlocuteur avec son niveau de russe, El Presidente fait alors appel à l’une des traductrices mises à disposition de l’ukrainien. Mais cette dernière semble rencontrer quelques difficultés à traduire nos questions…Dans un premier temps, l’entraineur soviétique s’agace mais curieusement, retrouve très vite le sourire. Et pour cause, Romain a sorti aujourd’hui le plus beau de tous ses t-shirt, celui que toute personne de l’ex URSS aimerait posséder dans sa garde-robe. Oui, mesdames et messieurs, un T-shirt avec l’effigie de Lénine ! La classe… Bref, après ce petit intermède bien rigolo, nous stoppons l’interview jugée certes intéressante mais tout de même un peu compliquée à réaliser pour cause d’incompréhension entre ce coach, ancien du Mettalursk Donetsk, et l’association « MaisVousEtesFoot ! ».

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Après cette aventure footballistique un peu folle, nous retrouvons le chemin qui mène vers le terrain où s’entrainent les académiciens de SCAVI Rocheteau. Henri et Daniel coachent leurs protégés et dictent les exercices du jour. Romain troque, avec regret, son beau t-shirt à l’effigie de Lénine pour son maillot jaune fétiche du FC Nantes. Et à entendre les rires bruyants des entraineurs quand « El Presidente » pénètre sur le terrain, peut-être aurait-il mieux fallu qu’il garde son joli t-shirt à l’image de l’ancien chef communiste. Bref, les exercices du jour débutent. Romain est convié à se mélanger aux jeunes footballeurs vietnamiens qui maitrisent parfaitement le ballon. Le petit nantais galère mais se démerde plutôt pas mal compte tenu de l’extrême chaleur mais « pas suffisamment pour qu’il puisse intégrer l’académie. Même contre une grosse somme d’argent » dixit Daniel, qui lui, n’a pas le courage de se joindre à Romain, trop épuisé par le match de la veille. Tout est dit dans cette phrase pourtant « El Presidente » fait preuve d’abnégation, d’application et, contre toute attente, le petit jaune (à ne pas confondre avec notre bon vieux pastis) inscrit un but de toute beauté qui fait sursauter les entraineurs assis confortablement sur le banc de touche… demi volée dans la lucarne, et du droit s’il vous plait ! Malgré ça, les entraineurs quinquagénaires, bien aidés par Thomas, ne cessent de chambrer le courageux président de l’association qui se démène contre ces jeunes footballeurs aux trois poumons. L’entrainement touche à sa fin et tout le monde est impatient de savoir si l’apprenti journaliste/architecte/footballeur va renouveler l’exploit. En jeu, une bouteille de champagne…mais non ! Pas de nouveau miracle. Le match se termine sous un magnifique coucher de soleil qui inonde le terrain d’une lumière séduisante et c’est déjà pas mal.

Une douche et un diner après, il est l’heure d’user le stylo et de travailler. En cette douce soirée de septembre, l’esquisse d’une chronique et du blog verront le jour.

Vendredi 18 septembre

Lever de bonne heure car les baroudeurs ont RDV avec Henri pour visiter la ville. Il leur faut donc d’abord le rejoindre. Un taxi vient nous chercher au centre et c’est reparti pour une bonne vingtaine de minutes de grand n’importe quoi que je ne détaillerais plus. Une fois stoppé, le chauffeur nous adresse un large sourire que nous interprétons comme « c’est bon les gars, vous êtes arrivés, il faut payer maintenant ». Autant le vietnamien est une langue incompréhensible mais ces sourires là, on connait bien leur signification. Une fois le pied posé à terre, nous scrutons les alentours et aucun signe ne nous signale que nous sommes en centre ville…en effet, à notre droite se dresse un stade et généralement, ces monuments sportifs sont rarement au cœur des mégalopoles. Le chauffeur aurait-il mal compris ? Bref, malgré des tentatives de communication en Anglais puis avec les mains pour lui expliquer que ce n’est pas le lieu que nous avons demandé, ce dernier semble ne toujours pas comprendre. En fait, nous devions aller au stade le lendemain. Aussi, notre taxi driver a confondu les journées et donc, les destinations…Une fois payé, il repart tranquillement sans avoir compris son erreur. Nous contactons aussitôt Henri pour le prévenir de nos mésaventures et ce dernier vient nous rejoindre.

Une fois en sa compagnie, notre visite commence en déambulant sur la rue Han Thuyen où se dresse une imposante cathédrale en brique rouge construite entre 1877 et 1883. A droite de ce bâtiment religieux haut de 40 mètres, est positionnée la poste centrale construite sous l’époque française quand Ho chi Minh se nommait encore Saigon. Evidemment, alors que le silence s’impose face à ces chefs d’œuvre olympiens bâtis par la force de l’homme, l’architecte et aussi président de la prestigieuse association « MaisVousEtesFoot ! », ne peut s’empêcher d’apporter un regard critique sur l’architecture. Voila comment casser le plaisir de la visite…

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L’expédition se poursuit en arpentant une longue avenue pour aboutir sur le fastueux théâtre qui, architecturalement parlant, n’a rien a envié aux bâtiments prestigieux du vieux continent. Aux alentours de ce monument culturel qui fait la fierté des Vietnamiens, s’élève l’hôtel de ville d’une beauté stupéfiante. Bref, une bonne heure de spectacle visuel époustouflant (note du président : comme notre cher lecteur l’aura sans doute compris, Thomas a postulé pour participer à la rédaction d’un guide sur Ho Chi Minh Ville). Enfin, l’excursion se termine au marché de Ben Thanh par la contemplation des différentes échoppes colorées qui font de ce marché un lieu incontournable de la mégalopole.

Un jus de canne à sucre vite avalé et nous interpellons un taxi pour nous reconduire au centre de football et y casser la croute.

Début d’après midi, les académiciens, les coachs et les journalistes en herbe se réunissent sur le terrain pour un entrainement « light » car demain, se déroule un match capital. Au programme, quelques exercices d’équilibre, l’un des principaux défauts des joueurs Vietnamiens. En effet, privés d’éducation sportive à l’école, les enfants ont du mal à se déplacer dans l’espace. Allez donc demander à un vietnamien de faire une galipette ou une vrille suivi d’une course et vous allez vous payer quelques bonnes tranches de rigolade. Thomas, abrité derrière son micro plus gros que sa caméra, filme puis se gausse en voyant les acrobaties chaotiques opérées par ces graines de champions. Suite à cette série d’exercices bien originale et comique par la même occasion, l’entrainement s’achève par des petites oppositions disputées dans un rythme tranquille.

Une fois l’entrainement terminé, Thomas file dans la chambre faire ses devoirs (le blog) alors que Romain part fouler les terrains de foot à 5 vs 5 situés à proximité du centre Scavi Rocheteau. Après avoir intégré une équipe et disputé l’intégralité de la rencontre avec des vietnamiens qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, El Presidente est invité à diner par ses nouveaux camarades de jeux. Sauf qu’un repas avec des vietnamiens, qui plus est un vendredi soir, est rarement accompagné de jus de canne à sucre. Romain rentrera donc tardivement, fier d’avoir fait preuve d’une extrême politesse en ayant accepté absolument toutes les bières offertes, comme le veut la coutume vietnamienne. Un bel esprit de sacrifice de la part du Président, que nous tenions à signaler. La soirée se termine plus calmement à l’hôtel, devant un bon film.

Samedi 19 septembre

Aujourd’hui, c’est un jour de la plus haute importance pour deux raisons : tout d’abord se dispute au Clairefontaine Vietnamien une affiche de rêve qui oppose les talentueux footballeurs de l’académie SCAVI Rocheteau à la crème du foot Vietnamien, la sélection nationale de moins de seize ans. Mais c’est aussi et surtout une date célèbre pour l’association « MaisVousEtesFoot ! » car c’est l’anniversaire du trésorier ce qui autorise, exceptionnellement et avec l’approbation du généreux Président, un petit excès financier pour commémorer cet évènement unique. Mais ne sautons pas les étapes car une longue journée attend les cousins avant de célébrer cet anniversaire tant attendu.

Tôt le matin, Romain attrape une mobylette-taxi puis, armé de son courage légendaire, se dirige vers le stade situé à quelques kilomètres du centre. Une fois arrivé, il dégaine son sublime appareil photo puis mitraille le monument sportif sous tous les angles. Ensuite, il se dirige vers un second stade et, surprise, constate que celui-ci est occupé par une flopée d’enfants tout de blanc et rouge vêtus. Et pour cause, cette petite centaine de garnements participe aux stages affiliés au club de foot anglais d’Arsenal. Pendant que le président observe ce drôle de tableau, Thomas, confortablement assis sur son lit rédige une bonne partie du blog de la Thaïlande.

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Une fois les clichés dans la boite noire, l’inconditionnel du FC Nantes gagne à nouveau le centre pour y retrouver son cousin, Henri, Daniel ainsi que les joueurs. Tous sont regroupés dans une salle de l’académie pour un dernier débriefing avant le coup d’envoi. Henri demande en priorité à ses joueurs de prendre du plaisir et d’appliquer les enseignements qu’ils ont acquis durant les entrainements précédents. « Le résultat importe peu » car, Coach Atamaniuk le sait, une victoire de ses protégés est quasi impossible. Et pour cause, son meilleur attaquant ainsi que son meneur, soit les deux piliers de son équipe, porteront le maillot rouge de l’équipe nationale.

Le coup d’envoi est donné, Henri s’égosille sur le terrain pour mieux conseiller ses poulains. Daniel, placé dans les tribunes afin de bénéficier d’une meilleure vision du jeu, regarde le match d’un œil attentif. Le match est d’un niveau élevé, les passes sont propres, les actions nombreuses et l’intelligence de jeu bien présente. Aucune équipe ne domine, les deux formations semblent être au même niveau. Mais au milieu de la première mi-temps, le match va tourner en faveur des académiciens puisqu’ils inscrivent le premier but. Et quel but !!! Sur un long dégagement du gardien, feinte de corps de l’attaquant qui met dans le vent son vis-à-vis et, sur le rebond qui suit, place une frappe des 30 mètres qui lobe le gardien, légèrement avancé ! Waouh ! Suite à cette ouverture du score magnifique, les U16 vont pousser mais la première mi-temps s’achèvera sur le score de 1-0 pour la team d’Henri.

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La deuxième manche débute, du coté des rouges, toute l’équipe a été remplacée par des joueurs frais comme des gardons. Pour l’équipe adverse, celle d’Henri, très peu de changements ont été opéré car l’effectif ne dispose pas de suffisamment de joueurs. Ainsi, le match reprend avec un avantage non négligeable pour l’équipe nationale. Et la suite est facile à deviner. L’équipe au maillot rouge orné d’une étoile dorée au niveau de la poitrine égalise sur un pénalty puis remporte le match en inscrivant un dernier but dans les vingt dernières minutes. Les élèves d’Henri auront beau poussé pour égaliser, ils ne feront que toucher la barre…Résultat : 2-1 en faveur de la sélection nationale. Les académiciens n’ont pas à rougir de cette maigre défaite car ils ont livré une très belle partie.

Après l’effort, le réconfort… accompagnés du staff des deux équipes, nous désertons le centre pour nous diriger vers un restaurant non loin du centre ville. La joyeuse troupe déguste un délicieux steak frite avant de terminer la soirée dans un bar posté dans les alentours. A la surprise du gros Toutoune, un énorme gâteau surmonté de 28 bougies est posé sur l’une des grandes tables du troquet et c’est en chœur que le cortège footballistique, escorté par quelques serveuses, fredonnent un air bien populaire, celui du Happy Birthday. C’est la larme à l’œil que Thomas souffle cette multitude de petites bougies qui semblent se perdre dans l’épaisse crème du gigantesque gâteau. Belle et inoubliable soirée qui se termine vers 2h.

Dimanche 20 septembre

Evidemment, il faut se remettre de la soirée d’hier et donc une grasse mat’ s’impose. Au programme de la journée : rien, juste du repos. Cependant, nous évacuons tout de même les lieux vers 19h afin de rejoindre Henri et Daniel dans un restaurant niché à proximité du vieux théâtre français. Les deux loulous interpellent un taxi qui, a la surprise générale, conduit à une lenteur légendaire. Peut-être valait-il mieux pour nous de s’y rendre à pied !!! Avec une poignée de minutes de retard, nous gagnons en hâte le restaurant puis apercevons nos deux amis. Suite à ce diner, c’est l’heure de procéder à la tache la plus ingrate du voyage, celle des adieux. Avec difficulté et regrets, nous saluons les deux attachants entraineurs pour ensuite disparaître à bord d’un taxi d’un blanc immaculé. Henri, Dan, merci encore pour cette riche semaine pleine de bonheur et d’histoire, une autre page de nos aventures se tourne mais pas le temps de se lamenter car demain, changement de ville, d’académie et d’histoire ! Direction, l’académie JMG du Vietnam.

Lundi 21 septembre

C’est vers 6h du matin et en avion que nous débarquons dans cette modeste ville située près de la frontière Cambodgienne. Rien à voir avec Saigon. Ici, c’est la réplique même d’une petite ville asiatique lambda. Seul un hôtel quatre étoiles surdimensionné par rapport à la petitesse de la métropole semble servir de repère dans la ville.

Bagages à la main, nous sommes accueillis par Guillaume Graechen, le directeur technique de l’académie JMG. Une fois à bord de sa voiture, nous avalons une bonne vingtaine de kilomètres avant d’atteindre notre destination. Situé en pleine campagne, loin du bruit et de la pollution, nous découvrons un véritable havre de paix. Le cœur du centre, composé d’une série d’habitations élégantes est entièrement noyé par un océan de verdure. Le complexe footballistique englobe pas moins de cinq terrains de foot, un praticable couvert et deux piscines de taille plus que correcte. Le tout financé par la plus grande fortune du pays, Doàn Nguyên Duc.

Patron de la société Hoàng Anh Gia Lai, petit atelier de fabrication de tables et de chaises d'écoles, Doàn Nguyên Duc et ses collaborateurs ont travaillé d’arrache pied pour transformer ce modeste atelier en un groupe industriel d'envergure opérant dans divers secteurs dont le reboisement, la transformation du bois, l’immobilier, le tourisme et bien sur le football. Aujourd’hui, le centre abrite, en plus de l’académie JMG, son fameux club de foot Gia Lai ainsi qu’une seconde école de football. Vous l’aurez compris, ce milliardaire fou de foot est à l’origine de ce lieu gigantesque et moderne.

Bref, Guillaume nous fait visiter les lieux puis nous affecte dans l’une des confortables chambres du centre. Nous profitons de la matinée pour terminer notre nuit en exécutant un petit roupillon jusqu’à l’heure du déjeuner, prévu vers 12h. Évidemment, cette matinée détente est exceptionnelle puisque c’est la seule journée de la semaine où les académiciens ne s’entrainent pas le matin. Suite à cette sieste un poil trop courte, les deux cousins abandonnent leurs lits pour gagner la cantine. Une fois à l’intérieur, plusieurs dizaines d’enfants issus de l’académie JMG et de l’école de Gia Lai interrompent leur collation pour venir nous saluer. Un par un, chaque enfant se présente devant nous pour nous souffler leur nom et procéder à une poignée de main en guise de salutation. Sympa les petits loulous ! Après ces présentations, nous rallions la table où sont installés Guillaume et les coachs adjoints puis avalons un bol de riz accompagné de légumes et de viandes.

Ensuite, direction le café du centre pour y siroter un café froid avec des glaçons (très courant ici, beaucoup plus populaire que le café chaud) en compagnie de Guillaume. Ce dernier nous raconte son parcours footballistique notamment sa carrière au sein du club de Romorantin dans lequel il a évolué pendant quelques années avant de devenir directeur technique de l’académie JMG du Vietnam. Aujourd’hui marié à une jeune et jolie vietnamienne, ce personnage d’une trentaine d’année semble s’être entièrement fondu dans la culture du pays.

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Mais pas le temps de flâner devant notre café froid car l’entrainement débute dans quelques minutes. Nous désertons alors les lieux en direction du terrain où sont regroupés les académiciens. Vêtus de leur maillot blanc et rouge aux couleurs d’Arsenal (partenaire de l’académie), les enfants, comme dans toute académie JMG, sont dispatchés en deux groupes en fonction de leur âge. D’un coté, les 12-13 ans, et de l’autre les 14-15 ans. L’entrainement débute par une série d’exercices concoctés par Guillaume.

Fort de notre expérience passée au sein des autres académies JMG, c’est sans surprise que nous observons, d’un œil amusé, le génie de ces gamins qui semblent avoir déjà complètement apprivoisés le ballon rond. Postés aux abords du coach, ce dernier nous dresse le profil de chacun afin que nous puissions les connaitre plus rapidement. Une fois l’entrainement terminé, nous paressons un moment sur le terrain à discuter avec les coachs et les élèves pour ensuite disparaître dans notre chambre en attendant le souper.

Après le diner avec les académiciens, les deux voyageurs, fatigués de cette longue journée regagnent leurs chambres pour s’affaler comme deux gros steaks sur leurs lits.

Mardi 22 septembre

Comme tous les jours, nous assistons à l’entrainement du matin. Les enfants débutent la séance en effectuant une série de jonglages, fidèles à la politique de JMG. Une fois échauffés, les futures stars du ballon rond peuvent enfin procéder aux exercices élaborés la veille par coach Guillaume. Exercices qu’ils assimilent d’ailleurs très rapidement. Privés de chaussures, c’est sous un léger crachin que les enfants tapotent la balle.

La journée se poursuit par le déjeuner suivi de notre désormais habituel café froid en compagnie de Guillaume, avec qui nous entretenons de très bonnes discussions puis par l’entrainement de l’après midi.

Dès notre retour à la chambre, une personne de la comptabilité du centre nous interpelle et nous informe que la police de ce charmant pays communiste nous invite à évacuer les lieux. La raison ? La lourdeur bureaucratique… le centre a omis de signaler notre présence au gouvernement. Aussi, nous devons déguerpir ce soir si nous ne voulons pas avoir affaire a ces charmants bonhommes en uniforme. Blazés de quitter cet endroit plutôt sympathique, nous sautons dans la voiture de Guillaume qui nous achemine vers l’hôtel le plus classe de la ville, celui dont la taille semble être surdimensionnée par rapport à la petitesse de la ville. Par chance, ce château de béton quatre étoiles appartient à la compagnie Gai Lai, nous sommes donc entièrement pris en charge par le club. Cool !

Mercredi 23 septembre

Vers 8h, Guillaume vient chercher les deux journalistes mal réveillés pour ensuite gagner le centre sportif afin d’y préparer l’entrainement. Pendant ce temps, les deux cousins s’occupent devant internet ou profitent de leurs temps libre pour prendre quelques clichés de l’académie. Une fois l’entrainement terminé, Guillaume nous conduit dans le centre ville et nous partons explorer, en compagnie de sa femme, les étroites ruelles qui découpent l’immense marché artisanal de la petite métropole. Ensuite, c’est dans le restaurant de notre hôtel que nous dégustons de bons plats locaux pour, enfin, revenir quelques heures plus tard au centre JMG. L’entrainement se déroule comme d’habitude en début d’après midi pour se terminer deux bonnes heures plus tard sous une ondée. Nous rentrons avec notre ami Guillaume puis passons une agréable nuit dans nos gros lits douillets.

Jeudi 24 septembre

Même planning, entrainement du matin et tennis ballon pour Romain (en équipe avec l’un des adjoints de Guillaume), suivi de la séance de l’après midi. Pour rassurer les lecteurs et lectrices de ce blog quant au niveau footballistique des membres de l’association, je tiens tout de même à décrire furtivement quelques lignes de l’entrainement qui se déroulait en cette belle journée pluvieuse de septembre. Au menu du jour, petit match entre académiciens, les futures stars de foot, en compagnie de quelques coachs, les anciennes stars, et du Camarade Romain, l’inconditionnel du méchant Lénine. A lire cette malheureuse dernière phrase, il est tristement facile de trouver l’intrus et pourtant mesdames et messieurs, Romain et son équipe ont joués comme des gladiateurs téméraires combattant une horde de lions féroces. Personne ne pouvait les dérouter, pas même les coachs adjoints qui ont pourtant tout fait pour gagner ont du s’incliner… oui lecteurs et lectrices, c’est bien Romain et son équipe qui ont remporté la coupe ! Etant témoin de la scène, je dois avouer qu’el Presidente s’est forgé une réputation de joueur talentueux (oui, le récit est lourdement exagéré mais bon…). Après un tel spectacle et une telle lutte, une petite douche pour nettoyer les muscles encore bandés du fait de l’effort physique intense engendré par le match est vitale pour notre président.

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Nous terminons la soirée chez Guillaume qui nous a gentiment conviés à diner chez lui. Le coach profite de notre présence pour skyper le directeur technique de JMG Thaïlande, Eric Decroix, que nous avions rencontré un bon mois auparavant et avec qui nous échangeons quelques nouvelles. Suite à cette agréable rencontre téléphonique, nous passons à table afin de déguster les mets délicatement cuisinés par la femme de Guillaume. Après ce succulent repas, nous rebroussons chemin pour nous caler confortablement dans nos lits.

Vendredi 25 septembre

Dernière journée à l’académie et certainement la plus chargée puisque c’est un jour un peu spécial pour les académiciens. Eh oui, c’est l’heure de la fameuse présentation. En fonction du niveau, chaque enfant doit valider une série d’exercices de jongle pour pouvoir par la suite accéder au degré supérieur. Les moins avancés doivent exécuter un nombre de jonglages définis et les plus expérimentés doivent eux réaliser des jonglages sur une distance en un temps donné…bref, autant dire que la tache n’est pas facile.

Mais avant, la journée débute dans les bureaux de Guillaume qui nous annonce sa méthode de travail puis les outils qu’ils utilisent pour gérer sa base de données. Eh oui, tout intéresse l’association « MaisVousEtesFoot ! ». Suite à ces explications, c’est l’heure de l’entrainement du matin. Au programme, un tennis ballon.

Romain, accoutré de son maillot jaune pour impressionner ses petits camarades innocents fait aujourd’hui équipe non pas avec l’un des coachs, mais avec un élève qui ne sait pas encore ce qui l’attend. L’exercice débute et dure une bonne heure. Évidemment, je ne détaillerais pas une nouvelle fois les acrobaties faramineuses que le Nantais a exécutées…Après l’entrainement vient la pause-déjeuner puis la fameuse et tant redoutée présentation.

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Les académiciens sont sous pression. Chacun d’eux doit réussir une série d’exercices afin d’accéder au degré suivant. Si l’apprenti footballeur échoue à l’un des exercices, alors il quitte la pelouse, c’est maintenant terminé pour lui et il devra attendre la semaine prochaine pour retenter sa chance. Et ça sera le cas pour un grand nombre d’entre eux. Seulement deux académiciens accomplissent les exercices parfaitement, leur permettant ainsi de gravir une marche supplémentaire dans leur formation de footballeur. Pendant ce temps, Romain participera à diverses séries de tirs au but en compagnie des académiciens ayant échoué dans leur présentation.

Une fois le test terminé, il est temps de procéder une nouvelle fois à des adieux déchirants ! Nous saluons et remercions Guillaume pour son accueil. Il est évident que ce court séjour au sein de l’académie demeurera longtemps gravé dans nos mémoires. Mais avant de quitter les lieux, ils nous restent une bonne heure à partager avec les enfants. Eh oui, nous avons décidé d’optimiser notre dernière journée à l’académie en assistant à leur cours d’anglais. Retour à l’école pour les deux diplômés. Cette fois-ci, Thomas s’installe, non pas derrière un pupitre mais derrière sa caméra et filme la leçon d’anglais. Silence absolue dans la classe, entrecoupé par intermittence par la voix de l’institutrice. Les élèves, très studieux, écoutent attentivement la prof au point de laisser Thomas bouche bée lui qui, au même âge, était plutôt un élève soit, surdoué, mais légèrement agité (note du président : le trésorier de l’association semble garder une mémoire confuse et erronée de ses études). Le cours s’achève, nous échangeons les adresses mails puis saluons avec émotion les élèves. Accompagnés de l’institutrice, nous montons dans un taxi qui nous ramène à notre hôtel.

Samedi 26 septembre

C’est l’heure de quitter ce bourg pour en rejoindre un autre situé sur le golfe du Tonkin : Hoi An. Après quelques changements de véhicule, nous atteignons notre objectif à la tombée de la nuit.

Située dans la province de Quang Nam, à trente kilomètres de Danang, sur la rivière de Thu Bong, cette petite ville charmante abritant environ 75 000 habitants est classée au patrimoine mondial de l’UNECSO. Pas étonnant, puisque Hoi An dissimule entre ses murs des trésors architecturaux impressionnants. 844 bâtiments sont répertoriés pour leur intérêt historique et architectural. Chiffre étonnant quand on songe à la modeste superficie de la ville.

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Au centre de Hoi An, baignent une multitude de maisons aux façades colorées de jaune et aux volets turquoises. Certaines sont coiffées d’une toiture composée de centaines de tuiles concaves et convexes, de style yin et yang. Plus excentré, se trouve le sublime pont-pagode Japonais, un pont couvert construit en 1593 pour relier les quartiers habités par les communautés chinoises et japonaises. Mais le spectacle est aussi au rendez vous à la tombée de la nuit quand toutes les façades des boutiques du vieux centre ville sont balayées par une douce lumière émanant des lampions situés sur les bords des routes. Vient se mélanger à cette magie, le rire et les sourires des locaux pour envouter à tout jamais l’esprit de ces petits baroudeurs. (Note du président : Wow ! Thomas vient de s’enflammer de façon incroyable. Mesdames et messieurs de l’Académie Française, préparez un siège pour cousin Toutoune !)

Après une brève excursion de la ville, nous rebroussons chemin pour retrouver notre hôtel situé sur le bord de la rivière Quang Nam.

Dimanche 27 septembre

C’est à une heure assez matinale (10h) et sous un grand soleil que nous foulons les petites rues goudronnées de Hoi An. Aujourd’hui, c’est journée pépère. Au programme, shopping chez le tailleur du coin, déjeuner dans un restaurant niché en face du très pittoresque marché aux poissons puis visite de la ville pour mieux apprivoiser les lieux. Non loin de la poste, se situe le terrain de foot où séjournent vaches et poules qui, vers 17h, disparaissent pour laisser place aux sportifs désireux de taper la balle.

Vers 18h, le soleil est remplacé par la nuit et un orage fait irruption. De retour à l’hôtel, nous rencontrons un couple d’Australiens âgés d’une cinquantaine d’années en pleine lune de miel (eh oui !). Armés d’une bouteille de Cointreau, en raison de l’anniversaire de la gentille australienne, ces derniers nous invitent à s’enivrer de ce liquide 100% made in France. Coincés à l’hôtel à cause d’une forte averse, nous acceptons l’invitation et sirotons ce breuvage pour réchauffer nos corps frileux. Une longue discussion s’instaure alors entre les Oz et les Frenchies. Conversation qui se terminera deux bonnes heures plus tard dans un étale du coin lors de la dégustation d’un bon pho (plat traditionnel vietnamien).

Lundi 28 septembre

Après une grasse matinée, nous partons récupérer notre garde robe auprès de notre tailleur. A savoir, deux costards, quelques pantalons et deux blousons, le tout taillé sur mesure et pour un prix défiant toute concurrence. Paquet sous la main, nous regagnons notre hôtel sous un vent violent et une pluie terrible. A en croire les habitants, un typhon arrive…et pas n’importe lequel, celui qui a ravagé les Philippines quelques jours auparavant et qui porte le nom bizarre de Ketsana. N’écoutant que notre courage et avant d’être complètement isolés du reste du monde, nous partons diner. Et c’est parti, nous enfilons nos blousons imperméables et franchissons la porte de l’hôtel. Au passage, la propriétaire nous susurre d’une voix quelque peu alarmante : « pouvez vous revenir assez tôt car je dois barricader la porte à cause de l’arrivée du typhon », « Voui m’dame » ripostent les deux morfales.

Un repas vite avalé et comme promis, les deux cousins reviennent à l’hôtel à une heure plus que raisonnable. Une fois rentrés, le bâtiment est en état de siège, portes et fenêtres sont condamnées par des planches de bois couplées à des tiges de fer et des chaises. En gros, ça ne rigole pas… Interdiction de sortir, l’état d’alerte est en place. Comme prévu, la nuit est quelque peu agitée…

Mardi 29 septembre

9h, Thomas se lève pour constater les dégâts engendrés par ce typhon. La surprise et l’étonnement sont de taille puisqu’en ouvrant la porte de sa chambre, il constate que le premier étage de l’hôtel est inondé mais pas le rez-de-chaussée ! « Quelle drôle de bizarrerie » murmure le trésorier. Vêtu de son plus beau pantalon acheté en Bolivie, Thomas continue sa ronde en se rendant à l’accueil de l’hôtel où s’active le staff. Tous, seau à la main, balai dans l’autre, se démènent pour faire face a cette drôle d’inondation survenu au premier étage. Avec le vent qui a soufflé toute la nuit, de nombreuses tuiles ont pris la poudre d’escampette et il n’est guère étonnant que l’eau se soit infiltrée par les innombrables interstices présents sur le toit. Pourtant, ce n’est pas la pluie qui nous inquiète. Non, le danger provient plutôt de la rivière. Le niveau de cette dernière à dangereusement augmenté annonçant une inondation du rez-de-chaussée certaine. En gros, « dans quelques heures, le bâtiment sera totalement sous l’eau rendant l’hôtel peu sûr » annonce diplomatiquement la propriétaire à ses occupants. Aussi, « nous devons évacuer les lieux vers un endroit mieux protégé, vous avez 30 minutes pour boucler vos sacs » complète t-elle. Panique à bord, les occupants se ruent vers leurs chambres pour exécuter les ordres de la pauvre dame débordée à déménager son rez-de-chaussée. Et très vite, l’eau grignote doucement la base des portes de l’édifice. Une fois tout le monde au pied de guerre, l’évacuation commence. Tous les clients de l’hôtel, chargés comme des mules, plongent leur pied dans l’eau boueuse et glaciale (déjà plus de 40 cm dans la rue) puis tâtonnent les alentours à la recherche d’une marche, éventuellement camouflée par l’épaisse couche d’eau. Avant de voir partir le dernier occupant de l’hôtel, la propriétaire nous rassure en beuglant « dépêchez vous car l’œil du cyclone arrive dans 15 minutes »…merci m’dame.

Ainsi, l’exode commence. La troupe de réfugiés déambule dans les rues inondées sous une pluie violente et un vent puissant qui courbe les palmiers. Sur le bas coté des rues que l’eau n’a pas encore colonisées, sont éparpillés des planches, des tuiles, des branches, des toits en taules arrachés par les bourrasques, rendant le paysage vraiment chaotique. Bref, un avant gout de fin du monde ici. Personne n’ose s’aventurer dans les rues, par peur de se faire décapiter par un morceau de taule ou une tuile vagabonde, excepté une petite troupe de joyeux touristes qui se promène pieds nus alors que le cyclone arrive à son apothéose. Mais rien ne pourra entraver le courage de ces irréductibles voyageurs. « El Presidente » fera d’ailleurs ce trajet en jonglant tranquillement avec un ballon, son sac à dos de 20kg bien vissé sur ses épaules et la caisse contenant nos costards posée sur ses bras musclés.

Enfin, après quelques minutes, nous atteignons notre nouveau campement. Celui-ci est beaucoup plus sûr et possède aussi bigrement plus d’étoiles. D’un hôtel ravagé par les eaux, nous pénétrons dans un hôtel grand luxe avec piscine (no comment) et des chambres classes pour le même prix, soit 12$. Une fois dans les chambres, interdiction d’en sortir car les coursives qui enveloppent l’hôtel sont considérées trop dangereuses. En effet, notre garçon de chambre (oui monsieur !), s’est pris un débris de verre sur le pied en voulant apporter notre déjeuner. Pas de chance pour lui, une tuile a heurté une fenêtre qui s’est brisé alors qu’il portait précieusement nos soupes de nouilles. Rassurez vous, ce dernier n’a été ni balafré, ni éborgné.

Sans électricité, nous essayons de nous occuper comme nous pouvons….Pas facile. Par chance, l’hôtel dispose d’un groupe électrogène qui permet de fournir de l’électricité à ses occupants à partir de 19h rendant la fin de journée un poil plus agréable.

Mercredi 30 septembre

Le cyclone sévit toujours mais à perdu de son intensité. Nous restons un long moment, séquestrés dans notre chambre, à observer cette bizarrerie de la nature. En fin d’après midi, nous tentons une excursion express de la ville afin d’user nos rares dongs restants (la monnaie vietnamienne) dans l’achat d’eau et de gâteaux. Par chance, une boutique avait ré-ouvert ses portes.

Une fois de retour dans notre prison dorée, le constat est clair : les deux détenus sont condamnés à prolonger leur séjour, le temps de se réapprovisionner en argent (les distributeurs sont, fort logiquement, hors service) puis d’attraper un bus car sans électricité, pas de dong et sans dong, pas de bus. Aussi, nous occupons notre fin d’après midi à picorer nos gâteaux…

Jeudi 01 octobre

Enfin, le ciel grisâtre a disparu pour laisser place à un grand ciel bleu azur. Nous décampons de notre hôtel pour faire un bilan des dégâts et tenter de retirer du cash. La vie reprend son cours normal dans la petite ville de Hoi An sauf que les voitures ont été remplacées par des pirogues « taxi » donnant un aspect singulier au village. Sur l’allée principale, le niveau de l’eau atteint la hauteur de nos épaules (et donc submerge les locaux) rendant difficile tout déplacement.

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Évidemment, l’électricité est toujours coupée et les distributeurs toujours hors d’usage. Impossible donc de se procurer de l’argent et par conséquent, de partir loin d’ici. Après avoir croisé un terrain envahi par des porcins (dédicace au marcassin joyeux), nous continuons notre ronde par le terrain de foot qui lui, ne semble ne pas avoir souffert du cyclone. Les vaches sont toujours en train de mâchouiller paisiblement de la verdure et les poules en recherche constante du moindre prétexte pour galoper à travers cette grande étendue d’herbe. Habillés en footballeurs, nous attendons sereinement l’arrivée des joueurs. L’aiguille indique 17h et le terrain est toujours aussi vide. Il semblerait que le typhon ait emporté les joueurs ! 17h10 : un groupe de jeune pénètre enfin sur le terrain, slalome les bouses de vaches et commence à tapoter le ballon. Camarade Romain s’intègre au jeu et un match se met en place par la suite. Au programme, un 3vs3 avec comme poteau de but, un globe de notre belle vieille planète (le hasard fait bien les choses non ?). La partie s’achève à la tombée de la nuit et les joueurs disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés.

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Soif et faim, les deux cousins partent à la recherche d’un resto qui pourrait apaiser leurs estomacs. Au bord du stade, coincé entre deux imposants bâtiments, se trouve un petit étale alimenté en électricité par un groupe électrogène. Nous prenons place à l’une des tables du resto puis dépensons nos derniers dongs pour casser la croute. Au menu…on ne sait pas trop ! En effet, la carte est rédigée en vietnamien. Du coup, nous laissons le hasard choisir pour nous. Tout en sirotant notre bière, un groupe de jeunes bien éméchés nous interpelle et nous invite à se joindre à eux. Une fois à leur table, commence une discussion de sourd entre ces alcooliques fêtards et la sobre association « MaisVousEtesFoot ! ». Entre deux bières, la serveuse pose notre plat sur la table et nous découvrons enfin notre commande. D’un regard stupéfait, les deux cousins fixent l’assiette blanche ornée de maigres cuisses de canard laqué. Perdu dans le plat, blottie entre les nombreuses pattes, se dresse fièrement la tête cuite de l’animal ! Hmmm quel bon choix ! Dorénavant, nous ne ferons plus confiance au hasard.

Après avoir avalé ce met « local », nous prenons congés de nos amis pour disparaître dans l’obscurité de la nuit. Direction, un autre restaurant afin de se sustenter correctement. Tout de même quand même ! Une fois nourris, retour à l’hôtel.

Vendredi 02 octobre

L’eau se retire doucement pour laisser place au bitume et l’électricité refait son apparition en fin d’après midi. Nous profitons de cette journée ensoleillée pour refaire le plein d’argent, redécouvrir la ville, booker notre bus pour Hanoi, accomplir quelques taches administratives (l’envoi des costards) et échouer dans notre tentative d’intégrer un match de football.

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Samedi 03 octobre

Départ 14h en direction d’Hanoi. La destination finale est la petite île de Cat ba, perdue dans la baie d’Halong. Mais avant, nous devons subir un long voyage à bord d’un bus dont l’état est vraiment miteux. Tout commence à Hoi an, notre car débarque, avec un léger retard, aux portes de notre hôtel. Thomas grimpe le premier et affiche un large sourire car, pour la première fois depuis notre départ de France, le bus dispose de véritables lits. Nous commençons à prendre nos aises quand le chauffeur nous informe que nos places se trouvent être les deux pauvres sièges situés derrière celui du conducteur et dont les dossiers semblent quelque peu défectueux. Derrière nous, l’enfilade de lits est prise d’assaut par les locaux. Ca sent l’entourloupe tout ça…Bref, le trajet dure 18h.

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Avec une crampe à chaque fesse et une faim intolérable, nous débarquons enfin, vers 8h, à Hanoi, la capitale, pour attraper dans la foulée, un mini van en direction de Halong city. Et c’est reparti pour 3h de folie… tous serrés comme dans un sac à patate, nous traversons des villages, des villes ainsi que des montagnes pour arriver à Halong City vers 13h. Le mini van dépose ses passagers sur le bord du périph (!!!) pour ensuite continuer sa route. C’est en compagnie de deux Israéliennes que nous poursuivons notre folle aventure vers cette petite île logée au milieu d’un paysage fort sympathique. Avant d’en fouler la terre de nos pieds musclés et poilus, nous devons dégoter un bateau susceptible de nous y amener. Les ferrys ayant déjà tous quittés le port, nous affrétons, en contrepartie de plusieurs dizaines de dollars, un gigantesque bateau privé. A bord : les deux israéliennes fraichement rencontrées et les deux membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». Let’s go to Cat Ba, nous naviguons une bonne heure et observons, allongés sur des transats, défiler un paysage sublime. Au milieu de la mer, s’élèvent d’énormes pics rocailleux qui semblent s’être égarés d’un tableau. Vient se conjuguer à cette beauté naturelle, un couché de soleil orangé dramatique qui donne un aspect magique à ce lieu réputé du Vietnam. Vers 17h30, les quatre passagers débarquent pour grimper dans un mini bus en direction du plus grand village qui porte le nom… de Cat Ba. Pendant le trajet, nous faisons la connaissance de trois Français, Nicolas, Delphine et Benjamin.

Après une bonne douche, la délégation française et israélienne part avaler un succulent plat de riz dans un restaurant situé sur le bord de mer. La soirée se termine dans un bouiboui du coin en ingurgitant quelques Tiger, la bière qui rend heureux.

Dimanche 04 octobre

Grasse matinée suivie d’une séance bronzette sur une des plages de l’ile en compagnie de nos amis français connus la veille. La journée se poursuit et nous profitons de cette soirée un peu spéciale pour savourer une petite bouteille de champagne ramenée pour célébrer l’anniversaire de Nicolas. Vers minuit, bercés par le claquement de nos verres en plastique et sous un magnifique ciel étoilé, nous chantonnons un happy birthday à Nicolas.

Lundi 05 octobre

Tandis que nos compatriotes partent faire un trek, nous nous dirigeons vers un terrain de foot qui se dresse au milieu de la ville. A notre arrivée, une partie a déjà commencé. Par conséquent, nous serons, aujourd’hui, seulement spectateurs. Bref, journée repos…

Mardi 06 octobre

13h, Voila le moment que les deux cousins redoutent le plus mais ce sont les lois du voyage, celui des adieux, tout d’abord aux français qui partent vers Hue, puis aux israéliennes qui s’en vont vers le nord du pays. Une fois le bus disparu, Camarade Romain retourne à l’hôtel pour enfiler son beau maillot rouge à l’effigie du club Singapourien de Home United et chausser ses chaussures aux crampons usés. Thomas, pour sa part, attrape la caméra et son appareil photo puis tout deux partent gaiement vers le terrain de foot. A notre arrivée, le praticable est complètement vide, pas de vache qui broute l’herbe ou de poule qui court aléatoirement sur le praticable. Juste deux français qui ont faim de foot.

17h, les joueurs, montés sur leurs fidèles destriers en acier, débarquent enfin et pénètrent aussitôt sur le terrain. Deux équipes de onze sont facilement créées. Une fois ces dernières constituées, le match débute au son d’un discours incompréhensible craché par les hauts parleurs qui occupent les quatre coins du terrain. Surélevé par rapport a l’aire de jeu, est positionné, sur un large trottoir, un groupe de curieux qui observe la partie. Et à en juger par leur sourire en coin, le fait qu’un occidental soit dans le match semble beaucoup les amuser.

La rencontre s’achève vers la tombée de la nuit, les joueurs nous invitent à disputer une troisième mi-temps dans un bar localisé derrière le terrain. Nous acceptons l’invitation puis buvons une série de jus de grenadine. Une fois terminés, nous regagnons notre hôtel pour y passer une soirée paisible et reposante.

Mercredi 07 octobre

Aujourd’hui, les deux loulous partent en expédition, à la recherche d’un terrain de foot « incroyable » qu’ils ont entraperçu lors de leur arrivée sur l’ile. Comme tout bon vietnamien qui se respecte, nous louons un scooter puis quittons la ville en direction de la campagne. A la périphérie de Cat Ba, s’étend une longue langue de terre qui, parfois, se transforme en terrain de foot. C’est exactement cet endroit que nous cherchions mais il est un peu tôt pour guetter l’arrivée des joueurs. Ainsi, les deux motards du mercredi enfourchent une nouvelle fois leur bécane et roulent sans trop savoir où aller. Nous traversons l’île sur toute sa longueur, traversons des hameaux, des montagnes puis revenons deux bonnes heures après sur le lieu pour y disputer un foot. Mais ce soir, les joueurs ne seront pas au rendez vous et la langue de terre restera vacante. Nous restons tout de même sur place pour y admirer un merveilleux coucher de soleil.

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Jeudi 08 octobre

Et voila, nous abandonnons l’ile de Cat Ba ainsi que ses immenses pics rocheux qui semblent embrasser le ciel pour rejoindre Hanoi, une ville qui parait ne jamais s’endormir. Un ferry et un bus plus tard, nous voici au cœur de la tumultueuse capitale. Notre arrivée tardive repousse la visite de la métropole à demain. Juste le temps d’ingurgiter un hamburger et de retrouver nos lits.

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Vendredi 09 octobre

La journée débute par un crochet à l’ambassade du Laos située à quelques blocs de notre hôtel pour y faire faire nos visas puis direction le stade de la capitale afin d’en prendre quelques clichés. Une fois la mission accomplie, nous repassons à l’ambassade du Laos pour y récupérer nos passeports. Et voila, la page du Vietnam va bientôt se tourner car dimanche nous quittons ce pays.

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Samedi 10 octobre

Journée visite de la ville.

Dimanche 11 octobre

19h, assis confortablement dans nos sièges, le bus quitte Hanoi. A l’intérieur, se trouve Tony, un Anglais qui vit à Vientiane ainsi que Jeremy et Olivia, deux voyageurs avec qui nous sympathisons. Les discussions s’estompent rapidement pour faire place à un grand silence. Bercés par le vrombissement du moteur, la joyeuse troupe de voyageurs entame un gros dodo qui prendra fin tôt le lendemain matin. Le bus, lui, continue sa route en direction de la frontière laotienne.

Lundi 12 octobre

6h du matin, nous voici à la frontière. Il faut patienter une trentaine de minutes avant l’ouverture. Armés d’un café, nous sirotons ce liquide chaud pour faire le plein d’énergie et pour réchauffer nos corps endormis. Tony, ballon au pied, nous invite à taper la balle et pour cause, bloqué entre un imposant bâtiment douanier et un poste de surveillance, s’étend un petit terrain de foot. Sans hésiter, nous tapons la balle avec notre ami en présence de quelques locaux…

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mercredi, novembre 4 2009

Nouvelles chroniques

Avec un peu de retard, nous venons de publier six nouvelles chroniques sur le site ! Pour la lecture, RDV dans la section actualité ! A bientôt pour le prochain billet, sur le Vietnam !

dimanche, octobre 25 2009

L'éloge du Cambodge... Par Matthieu le goldorak et Thomas la fripouille!!!!

Samedi 22 Août

Départ matinal de l’île de Ko Chang pour la joyeuse troupe. Pas même la possibilité pour ce pauvre Thomas d’entamer sa journée par son bol de riz quotidien, non. Bien entendu, à l’approche de ces 3 occidentaux aux allures de routards, ça ne manque pas, un taxi nous propose de nous emmener au port pour le ferry. Le sourire narquois ; le trésorier de l’association « Mais vous êtes foot !» demande le prix et banjo (pas banco !) ; c’est 600 Bats sinon t’y vas à la nage... Pour une fois le président, lui, prend la « blague » avec légèreté et nous montons dans un autre taxi quelques minutes plus tard pour un prix 10 fois moins cher (si, si). Arrivés dans le bateau, sieste pour tout le monde (ben ouais, oh, on vient de passer 3 jours sans trop de prises de têtes alors le réveil à 6heures du mat, pas top !) On prend quand même le temps de regarder l’itinéraire et là, ça va être chaud ! Il faut nous rendre au Cambodge en remontant la frontière vers le nord et en passant par Chatambury. Toutoune, à qui le réveil n’a pas ôté la rapidité du crotale en rut, saute du Tuk-tuk qui nous ramène du port dès qu’il aperçoit un bus qui se rend dans la bonne direction. Ni une, ni deux, les deux autres loulous sautent aussitôt dehors avant de se faire alpaguer par le chauffeur du dit Tuk-tuk qui demande 20 Bats pour 15 mètres… Grognement du président, mais bon en même temps, si on saute dans ce bus de l’autre côté de la rue, y’a moyen de gagner un sacré paquet de temps et, qui sait, rêvons éveillés, d’être au Cambodge (et plus précisément proche d’Angkor Wat) dès ce soir…

Arrivée à Chatambury à 11h50. Bonne nouvelle, le bus suivant vers Poipet et son poste frontière est à 13 heures. Pile poile le temps de déjeuner tranquillement et nous voilà repartis, décidément cette journée s’annonce bien, même pour une journée de transport. On va y être ce soir on vous l’dit! Départ vers la frontière, dans le bus, scène assez irréelle, majoritairement des asiatiques (là c’est juste pour Matthieu que c’est encore irréel après une semaine en Asie), mais surtout le contraste frappant d’un militaire, qui, à chaque fois qu’il passe le long d’un temple dédié à sa religion, prie dans le bus. C’est pas nos militaires qui prendraient un chapelet dès qu’ils passent devant une église Fieu ! La piste se révèle quelque peu défoncée et le chauffeur ne ralentit pas. Ici pas de sac pour taper un renard, y’a même intérêt à être prêt si on veut monter ou descendre ! Pas d’arrêt de bus pour les futurs voyageurs, c’est un coup de klaxon ; 2 qui montent, 2 qui descendent et en avant Guingamp ! En même temps, le chauffeur a l’air assez fan de son appareil car tout le monde prend ! Les piétons sur le bord de la route comme les voitures qui ne roulent pas assez vite (à allure normale en somme). Arrivée à Sa Kaeo 3 heures plus tard, là ça commence à faire long, il est 16 heures dans le chef lieu de cette province déclarée comme telle en 1993 et mitoyenne du Cambodge. Quand on vous dit qu’on se rapproche !

Arrivée à la frontière de Poipet à 19h30. On s’arrête pas en si bon chemin et tout en espérant que l’on ne va pas passer 3 plombes pour le visa, on se motive à chercher un Tuk-tuk jusqu’au poste frontière. Las, ce mécréant nous fait bifurquer vers un endroit ou 4 thaïlandais nous proposent de faire des visas pour pas chers. Fort de son expérience passée (ben ouais « il a fait le tour du monde lui » dixit Toutoune), le président sent l’entourloupe. Pas un pigeon à se faire arnaquer au boneto le Roroo ! Evidemment une fois les doigts dans le processus et pas de tuk-tuk pour vous sortir de là, ça sent la mélasse ! Après quelques discussions « houleuses », on finit par avoir les visas (sans même être sûr de leur validité une fois à la frontière) pour un poil moins cher. Direction le poste frontière où nous passons sans problèmes. Nous voilà au Cambodge ! Génial ! Evidemment, n’y tenant plus, les joyeux lurons demandent le prix d’un visa délivré directement au poste, conclusion : 20% moins cher ! Grrrr ! On traverse et là, stupeur, celui qui nous a entourloupé nous attend de l’autre côté !!!!! (Explique-nous l’utilité d’un visa alors ?!) Il nous propose même de nous emmener à la gare routière ou de nous présenter un de ses copains qui nous emmènerait en taxi à Siem Reap, la ville la plus proche des ruines d’Angkor Wat, notre prochaine destination. Un mal pour un bien, nous essayons la gare routière où évidemment les bus ne fonctionnent plus jusqu’au lendemain matin. Là, c’est décidé, on dégage en vitesse à pied histoire de semer notre Némésis (ben ouais il nous a pourri une journée bien lancée le bougre !), puis après avoir trouvé une « Guest House » modique, nous nous rendons pour un dernier dîner dans cette ville qui semble ne vivre que, et pour, le poste frontière. Toutoune jamais rassasié et ne désirant pas rester sur un échec trouve enfin un bus le lendemain matin, 8 heures, pour nous rendre à Siem Reap. La prochaine et dernière destination du jour devient alors vite très claire, au pieu !

Dimanche 23 Août

Re-levé 6 heures du matin pour choper le bus. Un bol de riz pour Thomas et nous voilà dans le bus grâce à 3 Cambodgiens, sans qui grâce à leur traduction, nous n’aurions jamais su qu’un changement doit se faire à Phumi Phnum Liep (allez comprendre ça en Khmer vous !). Après un changement dans la ville précédemment citée, nous arrivons enfin à Siem Reap, il est midi et il nous reste du temps pour la journée, parfait ! Le trésorier, toujours dans les bons coups, saute dans un Tuk-tuk et disparait tandis que le Président et le membre honoraire discutent entre eux. Retour de Thomas 15 minutes plus tard qui vient de trouver une Guest House à 2 dollars la nuit (oui au Cambodge on ne retire que des dollars, la monnaie étant encore trop dévaluée et étalonnée sur la devise de l’Oncle Sam). En guest : internet et des films gratuits sur la télé du bar! La classe ! Déjeuner puis visite de la ville de Siem Reap qui ne vit majoritairement que grâce au tourisme. C’est en effet le départ obligé pour l’endroit le plus touristique du Cambodge, les ruines d’Angkor Wat ! Nous décidons de rester ici 3 jours. On ne refera sans doute jamais ça ; hors de question de le faire à la va-vite ! Le temps d’une négo avec un chauffeur de Tuk-tuk et emballé c’est pesé, Mr Sambo, notre chauffeur, nous guidera durant 3 jours. De son vrai nom Taveing (« Homme long » ndlr), il nous guidera à travers les différents temples situés à quelques 6 kilomètres de là… Dîner rapide et discussion au houblon pour Thomas et Matthieu ; le Président travaille alors faut pas le déranger…

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Lundi 24 Août

Première journée à Angkor Wat. Départ plus tardif comparé aux précédentes matinées. Nous y sommes ! Armés des caméras, des appareils photos et de moults batteries nous entamons les visites. Et à 20 dollars les 3 jours, on ne va pas faire les fainéants ! Bien évidemment, nous commençons par le haut du panier, le temple d’Angkor Wat lui-même. Construit au début du 12ème siècle par le monarque Suryavarman II, il s’agit du plus grand temple de toutes les ruines d’Angkor ! Avec un mur externe de 36 kilomètres (excusez du peu), il est le temple le mieux conservé de tous et est resté, malgré toute l’histoire du Cambodge, un important centre religieux pour le pays. Au début hindou, puis bouddhiste, il est maintenant le Cambodge de part son architecture Khmer mais aussi sa symbolique ; au point d’être présent sur le drapeau national. Et on peut dire que ce n’est pas immérité. Malgré le poids des années, on se met à imaginer cette structure au milieu de la jungle, 9 siècles auparavant et le moins qu’on puisse dire c’est que ça en jette quand même sacrément! Une fois à l’intérieur, rien n’est moins impressionnant. Les bas-reliefs se succèdent le long des galeries, les étages des trois galeries rectangulaires construites les unes au dessus des autres donnent une majesté qui n’a rien à envier à nos Versailles, Chambord ou autres trésors culturels. Une fois ce premier – et très majestueux – endroit visité ; Sambo nous emmène vers Angkor Thom. Nous y visitons les temples de Bayon, Baphuon Phimeanakas, Leper King avant de finir par la « terrace of Elephants », sacrée journée ! Ces temples tous situés dans le même endroit forment la deuxième partie des ruines d’Angkor, et bien qu’étant moins majestueuses que leur voisine Angkor Wat, elles n’ont rien à lui jalouser. Nous retrouvons Sambo à la terrasse d’un resto et Thomas trouve un créneau pour prendre en photo un gamin se baladant le long des ruines. Hop, le trésorier de l’association règle le focus et nous fait un beau cliché. Ce sur quoi une jeune fille s’approche de lui et lui demande… 5 dollars ! Ben ouais c’est son frère et même au Cambodge y’a un droit à l’image ! L’ami Toutoune ne se démonte pas et refuse poliment la demande, ce qui lui vaudra de beaux noms d’oiseaux qui, même si on ne les a pas compris, sont bien chargés de sens…

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Repartis dans le Tuk-tuk de Sambo, on enchaîne sur les temples du « petit tour » par Ta Keo, Ta Phrom et Bantey Kolei (ou la piscine royale). A vrai dire un étang assez large pour une baignoire… Mais bon c’est ça le Cambodge, démesure des temps passés ! Là encore, enfants qui nous mettent le grappin dessus à doses de « bonjour monsieur » (en français dans le texte ndlr) avant de nous proposer des bracelets et autres breloques à acheter… Nous cédons et prenons donc une bouteille d’eau (enfin une bière pour Thieu). Revoilà Sambo, qui, se réveille encore comateux et nous ramène à l’hôtel. Notre cher chauffeur commence à exaspérer la troupe à dormir entre 2 de nos visites, on le paye pas à dormir le faignant ! Nous rentrons tout de même à l’hôtel bien ravis de cette belle journée. C’est décidé, nous passerons 3 jours à Angkor (Numb ? Spéciale dédicace pour Jay-Z) !! Petit dîner à Siem Reap une fois rentrés puis une nuit de sommeil bien méritée pour tout le monde.

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Mardi 25 Août

Le temps d’avaler un excellent petit déjeuner à la terrasse de notre « Guest House » que Sambo nous attend en haut de son Tuk-tuk favori. Y’a juste le matin où il ne dort pas en réalité l’animal ! De toute façon, pas question de continuer sur d’autres bases. La troupe a un emploi du temps bien chargé. Au programme, le top of the pop de la crème des temples Khmer avec Pre Rup, East Mebon, Neak Pean, Preah Khan et Ta Som. Rappelez-vous ces temples dans lesquels Angélina Jolie en tenue courte se dandine en tirant sur les méchants à tout va! Pas bête d’avoir tourné là-bas car le cadre est vraiment irréel ! La jungle a repris ses droits sur ces créations humaines et les racines transpercent nombre de monuments ; leur donnant une majesté très particulière. Thomas manque de mourir lorsqu’un serpent lui file entre les pattes, Romain se fait hypnotiser par une gamine qui veut lui vendre des bracelets (à 5 dollareeeeeeeeee) et Sambo nous attend toujours en train de dormir dans son véhicule ; commence à nous courir celui-là ! Encore une fois bien contents de ce début de journée, nous repartons en direction de l’hôtel avant de sortir grignoter un morceau pour déjeuner. Angkor est peut être fini pour la journée mais ce n’est pas la seule chose à voir ou à faire dans la région.

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En effet, rappelez-vous que nous logeons à Siem Reap. Et la ville qui vit du tourisme d’Angkor Wat se situe à quelques kilomètres du lac de Tonle Sap, le plus grand lac d’eau douce d’Asie du sud-est (rien que ça). Une superficie de plus de 2700 m², avec une profondeur d’un mètre environ qui va se multiplier quasiment par six (!!) lors de la saison des moussons. Et comme on est juste après la saison des pluies, autant dire que le lac s’étend à perte de vue ! L’idée nous a pris de tenter le coucher de soleil sur le lac. Notre cher chauffeur nous emmène donc en Tuk-tuk au bord de ce dernier. Bon, là autant dire que les bateaux s’agglutinent et qu’évidemment, notre ami chauffeur connaît des copains. Après une mini négociation qui nous laisse clairement l’impression de s’être fait arnaquer, nous montons dans notre chaloupe en direction du lac. Le delta est bien rempli et nous tombons donc sur le village de pêcheurs qui vivote au grès du niveau de l’eau. En effet, en saison sèche, le lac voit son niveau baisser puisque ce dernier, avant de rejoindre Phnom Penh, retrouve sur sa route le Mékong (au sud pour les fans de géographie). A ce moment de l’année, les pêcheurs sont donc tout proches de Siem Reap. Plus tard dans l’année, il est possible de retrouver ces itinérants du monde marins bien plus au sud du pays.

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Le soleil se couche lentement derrière de beaux nuages (grrrrr). Les photos ne seront donc pas forcément au goût de Thomas. Mais avec les personnes qui vivent de cet écosystème, nous ne serons pas décus. Elevage de crocodile (si,si), petites buvettes qui tanguent avec le reflux et aussi, un nombre assez important de mutilés qui, sur leurs esquifs aussi frêles que dangereux (bassines, bacs de polystyrènes ???) viennent mendier quelques dollars aux toubabs en bateaux… Image assez surprenante de ces enfants (pour la grande majorité) qui cherchent par tous les moyens à se faire de l’argent. Nous rencontrons même une jeune fille tentant de nous vendre un serpent (d’eau douce espérons) encore en vie. Bon, au final, ce sera coca pour tout le monde puis retour à l’hôtel. Soirée courte et couchage matinal, demain le réveil sonne tôt.

Mercredi 26 Août

Dernier jour à Angkor, alors on va optimiser. Levés 5 heures histoire de (re) faire Angkor Wat mais cette fois-ci au lever de soleil (après le coucher raté de la veille, pas question de louper ça). Bon, le seul truc c’est qu’on est pas tout seul en arrivant et ça sent vraiment le piège à toubabs… Malgré cela, la majesté du moment et les images qu’il en reste valent vraiment le coup ! On se dit même qu’il est hors de question de ne pas vraiment aller jusqu’au bout et décidons de partir pour des temples un peu plus reculés, Bakong, Preah Ko et Lokei, tous trois temples bouddhistes dont le dernier se targue de posséder 60 fidèles. Les enfants aux crânes rasés courent le long des charriots en allant récolter les légumes avec les gosses du coin.

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Et oui, un moine bouddhiste a interdiction de travailler ! En tous cas c’est sûr ce fait établi que nous visitons le troisième temple et rencontrons un moine balbutiant quelques mots d’anglais. Nous passons une petite heure avec ce dernier qui nous apprend que malgré son choix de vie spirituelle, il souhaiterait retourner étudier et devenir professeur ! Curieuse nouvelle et apparemment pas forcément du goût de ses frères religieux qui nous regardent d’un drôle d’œil… Au final, le temps de le « parrainer » pour ses livres et cahiers (ou la restauration du temple on ne saura jamais), nous repartons en direction de notre hôtel. Moins touristiques et en pleines restaurations, ces temples plus typiques nous ont permis de souffler davantage en comparaison des jours précédents. Journée faste aussi pour notre président qui reprend le crayon et se pose à faire quelques croquis pendant que Matthieu et Thomas commencent à discuter un peu plus avec Sambo. Après un échange autour d’un coca, notre chauffeur commence à délier sa langue et à se livrer un peu plus sur l’histoire de son pays et l’inévitable impact sur sa famille. Autant dire que là, c’est pas ‘Amour, Gloire et Beauté’ ! Famille déplacée hors de leurs terres d’origines par le régime de Pol pot ; cousins emprisonnés, parents disparus… Cette discussion cristallise bien l’horreur vécue par le peuple Khmer durant les années 70-80. Du coup, c’est avec un regard quelque peu différent sur notre guide-chauffeur que nous rentrons à notre hôtel dans l’après midi. Nous saluons Sambo et montons faire nos sacs. Le reste de la journée est calme et consiste pour nous à faire les derniers préparatifs pour notre départ de demain : Phnom Penh.

Jeudi 27 Août

Direction la capitale. Nous trouvons un bus qui va nous y emmener. Evidemment c’est Sambo qui va nous déposer à la gare routière car celle-ci se situe à perpète ! Hors de questions d’y aller par nous-mêmes bien évidemment. Nous grimpons dans notre bus vers 11h et partons pour 6 heures de trajet vers la capitale. Nous y arrivons en fin d’après-midi et sommes de suite alpagués par des dizaines de cambodgiens demandant un « Tuk-tuk Sir », « Vous allez où ? » (en français dans le texte), « Guest House Sir ? ». Mais là, on a la technique... Armés de nos plus beaux sourires, nous déclinons ces invitations pour nous poser 20 mètres plus loin le temps de siroter un coca et regarder notre guide pour les hôtels. Autant dire que nos amis Khmers ne souhaitant en aucun cas délaisser leurs fières montures motorisées, nous pouvons réfléchir tranquillement à notre nouveau point de chute. Après quelques brèves discussions, c’est décidé, nous optons pour une Guest House non loin de là… que nous ne trouverons malheureusement jamais. Tant pis, ce n’est pas ce qui manque et le prix d’une chambre à trois pour les compères défie toute concurrence ! Nous avons même la télé et une possibilité de regarder un match du championnat brésilien, ce qui rappelle aux deux cousins un temps pas si lointain lorsqu’ils foulaient l’Amérique latine accompagné du marcassin joyeux.

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Dans la soirée, Thomas reçoit un coup de téléphone d’un de ses amis français qui nous propose de sortir avec lui pour retrouver d’autres expatriés. Le trésorier de l’association, n’étant pas chaud à l’idée de partir seul sans ses amis, pousse Romain et Matthieu à l’accompagner. Nous trouvons donc un restaurant (indien…) sur le chemin du point de rendez-vous en attendant Régis. Celui-ci nous retrouve vers la fin du repas et nous emmène dans un bar qu’il fréquente avec d’autres expats. Le temps de papoter avant de changer d’endroit, nous passons une bonne soirée et rentrons ensuite contents, pas trop tard mais bien fatigués tout de même par cette journée. Après tout, il ne faut pas se lever tard demain, c’est la dernière journée complète de l’ami Thieu et nous devons faire quelques visites avant son départ.

Vendredi 28 Août

Nous nous levons tranquillement dans la matinée et décidons de commencer par le tristement célèbre musée S21. Autant dire que comme début de matinée, les 3 amis ont connu mieux ! Appelé aussi Tuol Sleng ou encore « Musée du crime génocidaire » il s’agit d’une ancienne école de l’époque coloniale française reconvertie à partir d’avril 1975 en camp de torture et de détention par Pol Pot et ses sbires. Et comme si l’intro ne suffisait pas, les Khmers rouges ont eu la bonne idée de stocker toutes leurs archives telles les photographies, films et tableaux représentant des scènes de tortures et autres ravissantes archives… De 75 à 79, les Khmers rouges vont torturer et assassiner plus de 10000 personnes (!!) dans ce lieu. Ouvert ensuite en tant que musée en 1979 après la chute du régime, on retrouve dans le premier bâtiment toutes les photos et portraits des prisonniers passés. 4 salles en enfilades les unes des autres remplies de photos (…) Le ton est donné et nous tous restons évidemment bien silencieux… Aux étages, rien de plus sympathique non plus entre cellules exigües où certains prisonniers attendaient leurs sorts, ou encore d’autres cellules plus larges pas forcément plus funkies… Si l’on rajoute à priori 20000 enfants passés par le camp (et pas retrouvés), le résultat devient réellement horrifique! Et dire que mis à part Pol-pot (décédé), les Khmers rouges ne sont toujours pas tous jugés ; certains étant même toujours présents dans les plus hautes sphères de l’Etat…

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Après cette première visite bien glauque mais tout de même nécessaire afin de cerner les souffrances de ce peuple, nous passons à la visite du vieux palais de la capitale. Du coup, avec un peu plus de soleil et des temples n’ayant rien à envier à ceux de Bangkok, la journée change rapidement de visage. Construit en 1866 par le roi Norodom, il fut inauguré 4 ans plus tard (rapides les gars, pas mal). Inspirés de la culture Khmère, les constructions furent réalisées par des architectes français et khmers. On retrouve d’ailleurs dans une des salles des fleurs de lys au sol, preuve que nos ancêtres travaillèrent bien en collaboration avec les Cambodgiens de l’époque. Comme à Bangkok, le temple est composé de plusieurs bâtiments dont la salle du trône, un pavillon artistique mais aussi de grands jardins. Malheureusement toute cette belle brochette de lieux à visiter est fermée au public et n’ouvre ses portes que lors de manifestations royales. Les frenchies se dirigent donc dans le sens de la file (oui nous sommes respectueux, même en tant que Français) et finissons par arriver dans la pagode principale – ou Pagode d’Argent. A l’intérieur se trouve des tonnes de différents Bouddhas dont le principal tout en émeraude. Il s’agit aussi du sanctuaire des cendres royales. Y’a plus dégueu comme tombeau… En continuant la visite, nous tombons aussi sur le pavillon de fer, ou un cadeau d’une des femmes de Napoléon III au roi Norodom 1er. Genre de tas de métal qui jure bien avec le reste des lieux mais assez typique de ces relations entretenues si longtemps entre notre Mère Patrie et le Cambodge. Nous repartons tout de même un peu déçus par le nombre d’endroits fermés au public. On aurait bien aimé, nous, marcher dans les parcs et flâner un peu plus.

Mais pas le temps de se reposer de toute façon car il nous reste une bonne visite à faire. En l’occurrence plus proche du shopping de toubabs qu’autre chose, puisque nous prenons la direction du marché Russe. Héritage de la patrie d’Andreï Archavine (ou de Sergeï Semak pour les fans du PSG… au choix), cet endroit est LE lieu où l’on trouve de tout. Et en le visitant, nul doute que cette réputation n’est pas infondée. Nous passons successivement des étales de fruits aux grillades de poissons puis des étoffes aux bols de riz avant de continuer entre produits ménagers et carrosseries ! On comprend mieux les centaines de Tuk-tuk (Sir ?) entassées à la sortie. Le temps donc pour les trois amigos de faire quelques courses (on est devenu pas mauvais en négo et en plus sans râler…), nous retrouvons un véhicule avant de rentrer nous poser à l’hôtel. Régis nous propose de débuter le week end par une soirée typiquement « cambodgienne ». Nous ne le retrouverons jamais ce soir-là ; mais n’en passerons pas moins une soirée mémorable.

Samedi 29 Août

Ca y est, après un levé (très) tardif, l’ami Thieu prépare ses valises et s’en va sur son… Tuk-tuk. Et oui ! Il est temps pour les deux cousins de saluer l’ami depuis le lointain avec un petit pincement au cœur (et après moults bisous). Pour lui les vacances sont finies et le retour sera sans doute difficile. Bye l’ami et merci pour ta venue ! Après des adieux déchirants, les deux cousins regagnent leur chambre et se reposent tranquillement dans leur hôtel situé derrière l’imposant marché central.

Dimanche 30 aout

Matinée repos et travail.

Plus tard dans l’après midi, nous désertons l’hôtel pour nous rendre au stade olympique. La pluie a laissé place à un soleil encore très timide mais suffisamment présent pour arroser la ville d’une lumière séduisante. Après avoir négocié sévère le prix du tuk-tuk, le chauffeur nous conduit vers le complexe sportif érigé sous l’ère du roi Norodom Sihanouk dans les années 60.

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Faisant partie intégrante du patrimoine historique du pays, cet imposant monument sportif situé au cœur de la capital est le lieu de rendez vous d’une multitude de jeunes qui s’adonnent à leurs hobby préféré. De la boxe en passant par la natation, ce bâtiment possède toutes les infrastructures sportives nécessaires pour ravir la population.

Pour les deux cousins, ca sera plus une après midi « découverte » des lieux et photos.

Lundi 31 aout

Après une bonne grasse mat’, nous abandonnons notre hôtel en direction du K-West, un café situé le long du quai Sisowath. C’est dans ce lieu huppé de Phnom Penh que nous devons rencontrer Baptiste, un cambodgien qui a longtemps habité en France. Par conséquent, ce dernier manie parfaitement la langue de Molière ce qui facilite grandement la discussion. Passionné du ballon rond, cet ancien lyonnais nous dévoile tous les secrets footballistiques de son pays. Et Baptiste connaît bien ce milieu puisqu’il tape régulièrement la balle avec d’autres mordus du ballon rond. Après avoir bavardé une bonne heure, ce fou de foot, désireux de nous aider dans notre quête footballistique, nous communique les coordonnées de Buddhapong Norodom, neveu de l’actuel roi, ainsi que celles du prince Amarithivong Norodom, alias Nal, le frère de ce dernier et accessoirement ancien joueur dans l’équipe nationale.

Nous évacuons les lieux tard dans la journée en direction d’un restaurant pour avaler un bon plat de riz gluant.

Mardi 01 septembre

Une pluie torrentielle s’abat sur cette capitale considérée jadis comme « la perle de l’Asie du sud est » privant ainsi les cousins de toute possibilité de sortir. Ca sera donc une journée placée sous le signe du travail et du repos. Nous profitons aussi de notre temps libre pour préparer nos prochaines journées en contactant Buddhapong Norodom (alias Chep) puis Amarithivong Norodom (alias Nal).

Mercredi 02 septembre

C’est par une journée ensoleillée que les deux baroudeurs partent rencontrer Chep, le petit fils de l’ancien roi Sihanouk. Le point de rendez vous: son bureau, dans les locaux d’une chaine de TV cambodgienne où il occupe le poste de journaliste sportif. Une fois sur les lieux, Chep nous accueille en nous adressant un grand sourire et nous invite par la suite à prendre nos aises dans un des innombrables bureaux de la chaine. Tout comme Baptiste, le membre de la famille royale pratique le français parfaitement. Quelle chance pour les membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». L’entretien dure une bonne heure, le contenu de la discussion est extrêmement riche et nous permet ainsi d’obtenir, en plus des informations fournis par Baptiste, une excellente vision du football cambodgien (qui fera probablement l’objet d’une chronique de la part de cousin Romain…). Par la suite, Chep nous invite à se joindre à lui dans l’après midi pour assister à un match de la Cambodian Premiere League entre Khemara Keila, le club historique de la royauté, et Preah Khan Reach, le club de la gendarmerie. Evidemment, nous répondons présents.

14h, Romain et Thomas pénètrent dans le stade olympique et la surprise est au rendez vous… Les alentours de l’enceinte sportive sont entièrement colonisés par de jeunes footballeurs qui ont fragmentés l’immense surface goudronnée en une myriade de petits terrains. Nous zigzaguons entre les poteaux généralement signalés par une tongue ou un t-shirt puis accédons à l’intérieur du stade. Chep, déjà sur place nous interpelle puis nous présente à Scott O’Donell un Australien qui occupe la prestigieuse place de sélectionneur de l’équipe nationale Khmère. Ce dernier, enchanté par notre projet, accepte de nous donner rendez vous le lendemain, pour une interview dans un restaurant situé en ville.

Le match se termine sur une victoire de Khemara Keila par le score de 3 buts à 1. Suite à cette partie, c’est maintenant aux globe-trotters de chausser les crampons et d’intégrer l’une des multiples équipes présentes aux abords du stade. Nous quittons Chep pour retrouver d’autres inconditionnels du ballon rond. Les deux cousins contournent l’imposant bâtiment sportif pour aboutir sur un terrain bien original. En effet, le praticable est facilement remarquable car au milieu de celui-ci, se dresse un immense lampadaire comme égaré du paysage urbain. Le praticable, recouvert d’un tapis de terre est aujourd’hui une véritable piscine boueuse et pour cause, il pleut presque tous les jours sur la capitale Khmère, saison des pluies oblige. Malheureusement pour les deux cousins, il est difficile pour eux de s’insérer dans le match car les équipes sont complètes. Après avoir soutiré quelques renseignements de la bouche des spectateurs qui regardent le match d’un œil amusé, nous sommes invités à revenir demain vers 16h. Parfait.

Un tuk-tuk plus tard, nous voilà à notre hôtel…prêts à aller ingurgiter notre bol de riz quotidien.

Jeudi 03 septembre

En route vers notre point de rendez vous avec Scott, le sélectionneur de l’équipe Cambodgienne. Le tuk-tuk stoppe devant un restaurant qui fait le coin avec l’avenue de l’indépendance et une petite rue dont le nom m’a échappé… mais évidemment ce défaut de mémoire n’affectera pas la bonne compréhension de ce blog. Logés confortablement dans les chaises de l’enseigne, nous patientons un court moment avant de voir apparaître la silhouette imposante du coach. L’entretien démarre et cette fois-ci la langue utilisée est celle de Shakespeare que nous avons aujourd’hui fort bien apprivoisé (of course my dear). Comme lors des précédentes rencontres, notre interlocuteur nous apporte des informations clés qui permettent un meilleur déchiffrage du football Khmer, cette fois vu depuis l’œil d’un Aussie.

Une fois l’interview achevée, le Raymond Domenech cambodgien se propose de nous conduire en jeep jusqu’au stade olympique. Evidemment nous acceptons l’invitation, cela nous évite de perdre 10 minutes à négocier un tuk-tuk et on le sait, le temps c’est précieux.

Quelques minutes sont nécessaires pour atteindre notre destination. Les alentours du terrain sont vides. Seuls quelques chiens errants occupent les lieux et n’hésitent pas à se faire remarquer en urinant un peu partout. Heureusement, cette fois ci, nous n’aurons pas à attendre bien longtemps puisque très vite, commencent à défiler une ribambelle de scooters tunés, portant sur leur selle de jeunes Cambodgiens gominés prêts, à en croire leurs maillots et leurs chaussures, à taquiner la balle. Les aboiements incessants des chiens vagabonds ont laissé place aux rires poussés par ces inconditionnels de foot.

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L’aiguille tourne et indique pas loin de 16h. Les abords du stade sont pris d’assauts par de jeunes footeux à une vitesse fulgurante, laissant ainsi peu de chance aux malheureux retardataires de trouver un coin de bitume pour taper la balle. Ici, passé une certaine heure, le m² disponible est une denrée aussi rare que le m² parisien. Par chance, les deux cousins ont prévu le coup et sont arrivés bien en avance. De fait, Romain peut intégrer une équipe. Le match est sur le point de débuter, le ballon est placé à coté du lampadaire car ce dernier occupe le point d’engagement. L’arbitre siffle le début du match et aussitôt le ballon fuse… et parfois même effectue des changements de trajectoire soudain en rebondissant régulièrement sur cette obstacle peu ordinaire. Après le foot volley, voici le foot flipper mais ceci ne parait guère gêner les joueurs qui semblent complètement obnubilés par la partie. Ici, ça dribble dur, roulettes, petits ponts, talonnades… et même le poteau qui trône au milieu du terrain comme serait une chaise au milieu du désert a droit à « des passements de jambes ». Bref, nous sommes au milieu de la partie et les buts s’enchainent à belle allure mais la pluie s’invite au match transformant le terrain en bouillasse qui ravirait les catcheuses Américaines. Pas question de stopper ou de troquer les crampons pour des bottes car ici, au stade olympique, rien ne peut arrêter une partie de foot, à part le chronomètre. Et c’est le cas. Quelques minutes après le début de l’averse, le temps est écoulé, il est l’heure de quitter le terrain. Romain, ravi de sa partie avoue tout de même « au début, je n’ai pas beaucoup touché la balle car ici, si tu ne beugles pas hello, personne ne te voit. Mais sinon c’était sympa ». Aussi, cette précieuse info en poche, nous décidons de revenir le lendemain et cette fois-ci, El Presidente mettra en exécution son plan « hello » en espérant évidemment que cela fonctionnera.

Sur le chemin du retour, nos regards sont happés par un match quelque peu « exotique ». En effet, se dispute au pied du stade un match 100% africain. Tous sont des immigrés, pour la plupart du Nigéria, venus tenter leur chance dans le championnat cambodgien. Certains y viennent débuter une carrière, d’autres cherchent à signer un dernier contrat avant de rentrer au pays. En attendant, tous se réunissent quotidiennement aux abords du stade, dans le but de se maintenir en forme et éventuellement, d’attirer l’œil des recruteurs susceptibles de passer dans le coin…bon courage les gars ! Attirés par l’ambiance joviale qui règne autour de l’aire de jeux africaine, nous venons discuter quelques minutes avec les joueurs qui patientent tranquillement sur la touche. Ceux-ci nous invitent à revenir demain 17h ! Cool, un zest d’Afrique au Cambodge !

Vendredi 04 septembre

Levés vers 8h car nous avons rendez vous à 10h avec Ravy Khek, l’ancien président de la fédération de football Cambodgienne. Aujourd’hui chef d’entreprise, ce personnage a été l’un des principaux artisans de l’émergence du football au Cambodge. Il a notamment été à l’origine de la venue du sélectionneur australien Scott O’Donell. C’est donc une rencontre très intéressante pour les deux cousins qui profitent pleinement de ces 60 minutes de discussion avec Ravy pour emmagasiner d’autres renseignements aussi bien footballistiques que culturels.

Une fois l'interview achevée, les deux cousins grimpent dans un tuk-tuk en direction du stade olympique. Nous traversons la surface bétonnée qui enveloppe le stade puis patientons sagement l’arrivé des joueurs.

16h, même lieu et même cinéma qu’hier, une horde de scooters à la « easy riders » déferle sur l’esplanade, tachetant le ciel azur d’un nuage grisâtre chargé de CO2. Chaque motorbike pouvant transporter un, deux, trois voire même quatre joueurs (eh oui, on rentabilise l’essence ici) les équipes sont ainsi vite constituées. La partie débute alors assez rapidement. Après un toro improvisé avec les joueurs, Romain prend sa place dans le 11 de départ avec la ferme intention de mettre à exécution son plan « hello ». Pourtant, très vite, il se rend compte que les joueurs vont très peu le solliciter. La faute surement, à un niveau de jeu trop faible à ce poste inhabituel d’attaquant, mais aussi à une excessive habitude de ses partenaires à porter la balle en permanence… Aussi, malgré les beuglements incessants d’El Presidente « hello ! Hello ! hellloooooooo ! », celui-ci va prendre tellement peu de plaisir durant la première mi-temps qu’il décide de quitter la partie afin de rejoindre les nigérians.

Les deux baroudeurs du dimanche contournent donc le stade pour s’adonner à une nouvelle partie de foot mais cette fois-ci, avec des coéquipiers autrement plus souriants et…plus joueurs ! Même lieu, même décor que précédemment sauf qu’ici, les joueurs passent plus de temps à parlementer et à crier qu’à jouer… Nous contemplons cette scène joviale d’un œil amusé comme si nous avions déjà vécu ces moments auparavant. Ahhh l’Afrique, c’est ça qu’on aime ! Romain parviendra même à intégrer une équipe et à obtenir la balle sans beugler « hello » à tout bout de champ…quel bonheur ! La journée touche à sa fin et nous rentrons épuisés à l’hôtel vers 19h.

Samedi 05 septembre

Aujourd’hui, direction le vieux stade national pour assister à un match amical de l’équipe première du Royal Bassac FC. Celle-ci est entrainée par Nal qui en est aussi le capitaine au poste de milieu offensif. Buddhapong est aussi de la partie, aligné quant à lui au poste de milieu défensif. Malheureusement, aujourd’hui, l’association « MaisVousEtesFoot ! » sera seulement spectatrice. En effet, l’équipe démarre le championnat bientôt et il n’est donc pas possible pour Romain d’intégrer l’effectif. Mais à défaut de tapoter la baballe avec la famille royale en cette journée nuageuse, Buddhapong nous convie le lendemain à intégrer l’équipe B du Royal Bassac FC. Ainsi, nous disputerons un dernier match avant de quitter la capitale Khmère. Bonne nouvelle ! La journée s’achève par une petite bière avec Régis dans un petit pub situé non loin de l’hôtel.

Dimanche 06 septembre

13h, c’est au croisement d’un carrefour que les deux cousins guettent l’arrivée de Baptiste. Ce dernier, joueur indéboulonnable de l’équipe du Royal Bassac FC, doit nous emmener sur les lieux du match. Quelque minutes après, l’imposante jeep aux fenêtres teintés pointe le bout de son pare choc. Nous grimpons à l’intérieur pour ensuite nous diriger vers le terrain qui se situe assez loin de la ville. Une fois sur place, le spot est très attrayant. Pour y accéder, il est nécessaire de franchir une sorte de pré où cohabitent poules et vaches tout en contournant des creux inondés d’eau. Suite à cette traversé périlleuse, nous aboutissons enfin sur le terrain. Au loin, quelques temples Khmères, tapissés d’une peinture aux couleurs claires viennent contraster avec un ciel bien gris, annonciateur d’une pluie certaine. Sur le bord droit du praticable, un préau vétuste servait jadis de tribune pour la famille royale. Aujourd’hui, elle est colonisée par les spectateurs curieux. Sur le coté gauche, se dresse une grande bâtisse où se déroulait les plus grands combats de coqs du pays. Dorénavant, cet édifice a perdu sa fonction d’origine, cette activité ayant été interdite par le gouvernement cambodgien.

Sur le terrain, s’échauffent les joueurs de l’équipe adverse tandis que les joueurs du Royal Bassac FC arrivent, comme la pluie, au compte goutte. Une fois sous les tribunes, les gouttes se transforment en une véritable averse diluvienne inondant le terrain et les alentours. Une fois les membres de l’équipe royale en tenue, la partie commence. Malgré les conseils avisés du coach Nal, le capitaine du Royal Bassac équipe A, son équipe est en déroute. Pas facile de jouer avec de telles conditions climatiques. Chaque passe, pourtant bien dosée, aboutit soit dans une flaque d’eau, soit directement dans les pieds de l’adversaire. Vous l’aurez compris, le terrain est une vraie piscine et l’eau mélangée à la terre rend le praticable extrêmement glissant. Il est certes très drôle de contempler une telle partie surtout quand Romain, rentré pour la seconde période avec ses belles chaussures sans crampons, court pour ensuite finir la tête la première dans la boue. Ici, la difficulté première n’est pas forcement d’attraper le ballon mais de rester debout. Pourtant, l’équipe adverse semble être mieux préparée et fait vibrer le filet de nombreuse fois. Il faut tout de même signaler que le goal, de petite taille, est une vraie passoire. Ainsi, cette partie de foot « version Benny Hill » prend fin…en même temps que l’averse ! Bref, le Royal Bassac FC s’incline sur un score… honorable (que nous ne mentionnerons pas, ;)). Nous remercions Nal, les joueurs et surtout notre guide footballistique, Baptiste, de leur précieuse aide puis retournons à l’hôtel.

Lundi 07 septembre

Nous abandonnons la vie trépidante de la capitale pour rejoindre la modeste ville de Kampot. Quelques heures de bus sont nécessaires pour atteindre notre destination mais une mauvaise surprise attend ses passagers puisque la vieille cité coloniale est complètement engloutie sous les eaux. Et pour cause, un barrage (Made by Chinese) situé à proximité de la ville a éclaté causant donc les inondations. Au cœur de la ville, le niveau de l’eau atteint par moment la hauteur des cuisses des locaux sans pour autant geler la circulation. Heureusement pour nous d’ailleurs puisque nous empruntons un tuk-tuk pour gagner notre hôtel.

Une fois installés, le maître des lieux, nous invite, quelques heures après, à déménager au premier étage, dans une chambre« VIP ». La raison ? Un léger tapis d’eau inonde le rez-de-chaussée de l’hôtel, dont notre belle chambre. Ravis, les deux cousins s’exécutent puis gagnent le niveau supérieur du bâtiment… Plus de luxe pour le même prix…cool !!!!

Mardi 08 septembre

Après une bonne grasse mat’, les deux voyageurs partent à la découverte de Kampot. Le niveau de l’eau ayant légèrement augmenté durant la nuit, Thomas troque son jean pour son maillot tandis que Romain chausse ses super sandales en cuir adaptées pour ce genre d’intempérie. Et c’est parti ! Nous plongeons nos pieds poilus dans l’eau glaciale puis déambulons, sous une légère pluie, dans les rues inondés de cette charmante petite ville. Après un déjeuner dans un bouiboui du coin (au menu, riz et œufs, pour changer), les cousins découvrent le stade qui, évidemment, est recouvert d’une épaisse nappe d’eau. L’idée de disputer un match de foot endiablé avec les locaux est vite remplacée par l’envie de quitter cette ville car il est clair que dans ces conditions, la vie dans ce bourg, habituellement paisible, va rapidement devenir un brin ennuyeuse. Cependant, après une discussion hautement philosophique, nous décidons tout de même de rester et d’en profiter pour rattraper notre retard sur le blog et les chroniques.

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Mercredi 09 septembre

Evidemment, vu le contexte actuel, les deux cousins restent dans leur chambre « VIP » pour taquiner le stylo. Une chronique et une petite partie du blog verra le jour en cette sombre journée de septembre.

Jeudi 10 septembre

Le niveau de l’eau à considérablement baissé et le ciel gris a laissé sa place à un soleil éclatant. Les deux ermites sortent alors de leur trou pour faire une petite ballade à vélo. Direction, Kep, une petite station balnéaire créée en 1908 par les Français, située à 25 km de Kampot. La route est d’une beauté inouïe. Nous traversons la verdoyante campagne Khmère qui, de par son atmosphère et le rythme tranquille des travaux, semble n’avoir pas changé depuis l’ère angkorienne. De longues rizières, occupés par une multitude de villageois coiffés du traditionnel chapeau pointus composent ce paysage sublime. Vient s’ajouter à ce spectacle visuel incroyable, la gentillesse des locaux qui n’hésitent pas à nous saluer spontanément par un large sourire ou par un grand « heeeello ». Bref, la découverte de ces quelques villages Chams bourrés de vie : un très bon moment.

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Nous rentrons à l’hôtel en fin d’après midi.

Vendredi 11 septembre

Repos puis visite de la ville sous un soleil éclatant.

Samedi 12 septembre

Aujourd’hui, c’est le grand départ via Phnom Penh pour Ho Chi Minh, (anciennement Saigon), la capitale économique située au sud du Vietnam. Une fois arrivés à la gare routière de la capitale Khmère, le chauffeur du bus pour Ho chi Minh, nous invite poliment à quitter son véhicule. Et pour cause, nous n’avons pas de visa, juste un papier délivré par les autorités Vietnamiennes qui nous permet d’en obtenir un à la frontière. Après une relecture minutieuse du document, cette autorisation est valable seulement si nous arrivons par les airs or ce n’est pas le cas. Ainsi, notre départ pour Saigon est avorté et remis à plus tard le temps de gérer cet imprévu.

Un peu déprimé par ce contretemps fâcheux, nous réalisons que nous ne serons pas en mesure de quitter le Cambodge avant lundi soir. Ceci dans le meilleur des cas car tout dépendra de la rapidité avec laquelle l’ambassade du Vietnam pourra nous délivrer un visa. Nous regagnons donc l’hôtel où nous avions fait nos adieux à Matthieu et boudons pour le reste de la journée…

Dimanche 13 septembre

Nous profitons de cette journée pour visiter le camp d’extermination de Choeung Ek, situé à 15 km de Phnom Penh. Exploité pendant trois ans par les Khmers rouges, c’est ici qu’étaient amenés les prisonniers de Tuol Sleng pour être liquidés. Aujourd’hui, on dénombre au total 129 charniers dont seulement 80 ont été mis à jour permettant ainsi de retrouver les ossements d’environ 9000 personnes, soit la moitié du nombre de victimes estimé. A l’entrée du site, se dresse un imposant mémorial en forme de stupa abritant des milliers de crânes entassés sur des étagères. Comme la prison S21, ce site impose un silence absolu surtout quand l’on sait les atrocités qui se sont déroulées dans ce lieu tristement célèbre.

Après cette « visite » quelque peu traumatisante, un tuk-tuk nous ramène au centre ville en direction du Capitol, un restaurant de routard où nous devons rencontrer Régis, notre ami de Paris, afin déguster un bon steak frite à 1$. Une fois le ventre plein, les deux cousins rentre à leur QG se jeter dans les bras de Morphée.

Lundi 14 septembre

Dernière journée au Cambodge. Au programme, un réveil matinal pour investir l’ambassade du Vietnam et y faire la demande de visa. Là bas, surprise ! le visa sera délivré dans la journée ! Youhou ! Nous pourrons donc partir demain et arriver à Saigon en début d’après midi ! C’est avec le sourire que nous allons donc prendre notre collation du matin pour ensuite enchainer sur la gare routière afin de réserver nos billets de bus. Collation de midi puis sieste. Tuk-tuk, ambassade du Vietnam, re-tuk-tuk et retour à l’hôtel pour y préparer nos sacs. Demain, le départ est prévu à 6h, ce sera donc une soirée calme et sans évènement particulier.

Mardi 15 septembre

Nous quittons difficilement ce merveilleux pays en direction d’un autre : le Vietnam où nous attendent depuis deux jours déjà (retard oblige) les enfants de l’académie SCAVI Rocheteau, managée par Henri Attamaniuk. Mais ça, c’est une autre histoire…

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