Mais vous êtes foot !

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mardi, mars 9 2010

La Thaïlande, on la recommande ! Par Thomas

Samedi 31 octobre

Après avoir quitté le fabuleux royaume des mille éléphants, nous revoilà en Thaïlande, direction Chang Mai, la seconde plus grande ville du pays. Nous grimpons dans un mini bus puis traversons le triangle d’or, région tristement réputée pour sa production d’opium et coincée entre le Laos, la Birmanie et la Thaïlande. A l’instar de son activité peu glorieuse, ce grand bout de terre recèle un paysage magnifique composé essentiellement de montagnes recouvertes d’une végétation colorée et peuplées par de vieilles tribus montagnardes. Bienvenue au bout du monde, dépaysement garanti…

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Quelques heures après, nous voila enfin arrivés à Chang Mai, soit la métropole la plus riche du pays, culturellement parlant. La ville comprend, à l’intérieur de ses grandes murailles de pierre, un nombre de temples bouddhistes impressionnants. Parmi ces trésors architecturaux, se dresse au cœur de la ville, le Wat Chiang Man, le temple le plus ancien, qui abrite deux images du Bouddha : le Phra Sila (un Bouddha de marbre) et le Phra Satang Man (un Bouddha en cristal).

Après une visite succincte de la vieille ville, nous regagnons notre hôtel pour y passer une bonne nuit.

Dimanche 01 novembre

Aujourd’hui, les deux cousins se livrent au plaisir du farniente. Au programme, visite de la ville, du stade suivi d’un repos bien mérité.

Dans la soirée, armés de notre caméra et notre appareil photo, nous partons en expédition dans la ville car c’est une semaine un peu spéciale à Chang Mai, c’est la période du Loy Krathong, la fête de la lumière. Cette célébration trouve ses origines en Inde, dérivant de la fête Hindoue de Divali, durant laquelle la déesse du Gange est remerciée par des lanternes flottantes pour avoir dispensé la vie tout au long de l’année. Cette festivité est aujourd’hui considérée par les Thaïlandais comme une cérémonie en l’honneur du Bouddha. Cette vénération du Bouddha est exprimée par la lumière d’où la fête de la lumière (eh oui). La population s’adonne à des rituels comme le lâcher de Kratongs (sorte de petits radeaux) qui symbolise l'abandon des rancunes, de la colère et des souillures afin de pouvoir repartir d’un bon pied. D’autres participants se coupent les ongles et les cheveux, car ils symbolisent les aspects négatifs de soi, et les placent sur les radeaux. Nombreux sont les Thaïs qui pensent que faire flotter un Kratong leur portera bonheur et ils le font pour honorer et remercier Phra Mae Khongkha, l’équivalent thaï de la déesse Hindoue des eaux. Oui, je sais, c’est compliqué à comprendre…

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Néanmoins, le spectacle est saisissant, la population festoie dans les rues et le lâcher de lampions, couplé à de fabuleux feux d’artifices, se mélange parfaitement au ciel déjà parsemé d’une infinité d’étoiles, l’ensemble envoutant à jamais l’esprit des jeunes baroudeurs.

Lundi 02 novembre

Après une telle soirée et pour se remettre de ce spectacle de toute beauté, un petit foot parait être une bonne solution. Direction, le stade de la ville pour y trouver des footeux. Une fois arrivés, le complexe sportif est essentiellement occupé par de jeunes athlètes qui s’adonnent à toute sorte d’activité mais aucun ne tripote le ballon. Nous paressons un court instant sur le terrain en attente de joueurs qui ne viendront d’ailleurs jamais. Les deux cousins abandonnent donc le stade et gagnent les alentours. Après une courte promenade, nous rencontrons enfin des footballeurs. La partie a déjà commencé et le terrain est plutôt atypique puisqu’il s’agit d’un parking dont les trottoirs jouent le rôle de ligne de touche. Les buts, eux, sont signalés par des pneus usés. A notre gauche, un temple bouddhiste, à notre droite, un établissement scolaire d’où sortent de nombreux écoliers en uniforme. Romain intègre l’une des deux équipes majoritairement composées d’adolescents et la partie recommence dans la joie et la bonne humeur. Après une bonne heure de jeu, le match se termine aussi rapidement qu’il a commencé et nous quittons par conséquent les lieux.

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Une fois de retour à l’hôtel, nous regagnons l’artère principale de la ville où se déroule un défilé en l’honneur du Loy Krathong puis sur la place principale de la ville qui s’est transformée en véritable plate forme de tir de lampions. Certains prennent parfaitement leur envol pour se mélanger par la suite avec les étoiles, d’autres par contre, connaissent une trajectoire plus incertaine et terminent leur course folle contre un obstacle.

Mardi 03 novembre

Levés tôt car aujourd’hui, débute pour nous un trek de deux jours dans les environs de Chang Mai. Et c’est partit mon kiki ! Tout d’abord, l’expédition commence par la visite d’un jardin où s’entasse une multitude d’orchidées d’une beauté incroyable. L’aventure continue par un show de serpents. Le concept est simple et l’idée pas très révolutionnaire, « un show man » s’amuse avec des cobras, se baigne dans un bassin avec un python ou fait peur à son public à l’aide de ses reptiles aux allures plutôt menaçantes. Un show pour touristes en quête de frisson mais finalement plutôt rigolo.

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Début d’après midi, le trek débute enfin, nous laçons nos grosses chaussures de montagne et entamons une marche de plusieurs kilomètres. L’exercice ne présente aucune grosse difficulté mais le paysage que nous traversons est sublime. On se faufile entre la végétation pour atterrir au pied d’une petite montagne recouvert d’un léger tapis vert. Une fois l’ascension effectuée, nous pénétrons dans un petit village niché sur le pan de la colline dont les constructions sont essentiellement de vieilles habitations en bois vétustes. C’est ici que nous faisons escale pour la nuit. Bercés par le son mélodieux d’une guitare et par le crépitement d’un feu mourant, nous tombons dans un sommeil lourd et bien mérité.

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Mercredi 04 novembre

Après un léger petit déjeuner, nous reprenons la route en direction de la base des éléphants située à quelques kilomètres. A l’aide de nos pieds puissants, nous redescendons la montagne, longeons un torrent, traversons quelques planches de bois branlant qui font guise de pont puis atteignons en quelques heures notre objectif. Thomas est content, il va réaliser son souhait, chevaucher un des plus gros pachydermes du monde.

Après un déjeuner composé essentiellement de riz et de poulet, nous grimpons sur nos destriers dotés d’une grosse trompe et amorçons notre promenade. Evidement, cet animal pas très malin dont le cerveau n’est pas plus gros qu’un haricot à besoin d’une carotte pour le faire avancer. Ici, la carotte, est constituée de bananes. A chaque effort, soit tous les 3 mètres, le pachyderme réclamait sa récompense en arquant sa trompe, soufflant au passage une odeur suffisamment pestilentielle pour engourdir tous nos muscles pendant quelques secondes.

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Après une bonne demi-heure, nous redescendons de notre destrier avec l’estomac un peu ballotant et regagnons le groupe pour attaquer la prochaine activité : le rafting. Et c’est reparti, à peine remis de nos émotions, nous sautons sur le zodiac puis commençons la longue traversée aquatique. A première vu, cela ressemble plus à une croisière pour retraités qu’à du rafting excepté les rares moments où le torrent se déchaine suffisamment pour chahuter très légèrement l’embarcation.

Arrivés au milieu du parcours, nous troquons notre zodiac pour un radeau de fortune composé de bambous puis achevons la fin du trajet les fesses dans l’eau. Une fois les pieds sur la terre ferme, une jeep nous ramène à Chang Mai et nous passons la soirée à jouir une dernière fois des beautés architecturales de cette métropole.

Jeudi 05 novembre

Départ fin d’après midi pour Bangkok. La route est longue puisqu’il faut environ 10 bonnes heures pour s’y rendre.

Vendredi 06 novembre

C’est en début de matinée que nous foulons les terres de la capitale. Par chance, le bus nous dépose à proximité du centre ville et nous évite ainsi de perdre du temps et de l’argent en taxi. Nous retournons au même hôtel que précédemment et, une fois les sacs posés, nous poussons une petite sieste car ce soir nous rencontrons Eric Decroix, le directeur technique de JMG Thaïlande avec qui nous avons partagé, quelques mois auparavant, une belle aventure footballistique.

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Une fois les forces reprises, Thomas décide de boire des bières avec des routards français alors que Romain part photographier l’un des deux stades majeurs de Bangkok : le Supachalasai National Stadium. Là bas, il découvre avec surprise que se tient actuellement la Coupe d’Asie… De football féminin ! Et des moins de 16 ans ! Des jeunes filles en short donc, qui se disputent un ballon dans l’un des plus grands stades d’Asie. Inhabituel ! Après cet intermède fort divertissant, Romain rejoint son cousin et tous deux partent à la rencontre d’Eric. En sa compagnie, ils passeront une agréable soirée à bavarder foot et voyage.

Samedi 07 novembre

Dernière journée en Asie du sud est, pour Thomas, c’est travail sur le blog et pour Romain c’est une nouvelle visite du stade, cette fois, avec un pass officiel de journaliste ! Deux nouveaux matchs de cette coupe d’Asie, un bon moment, de belles photos et puis dodo !

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Dimanche 08 novembre

Et voila, direction l’aéroport international de Bangkok pour attraper notre avion à destination l’Inde. Nouveau pays, nouvelle culture, autre histoire…

mercredi, janvier 6 2010

le Laos, c'est tranquilos... Par Thomas

Lundi 12 octobre

7h, le bus pénètre enfin dans la république démocratique et populaire du Laos, considérée jadis comme l’ancien royaume du « million d’éléphants ». De la frontière Vietnamienne jusqu'à Vientiane, la capitale du Laos, quelques heures de routes sont nécessaires, ainsi, chaque passager du bus s’occupe à sa façon. Ecouteurs collés à ses oreilles, Thomas opte pour la musique tandis que Romain, lui préfère terminer sa nuit en poussant un petit roupillon… Et il a bien raison ce petit gars car il faut être en forme pour débarquer dans une capitale asiatique. Mais Vientiane n’est pas une métropole ordinaire car dans cette ville, à taille humaine, flotte une atmosphère paisible qui la différencie complètement de la frénésie des autres capitales de la région. Très peu de trafic et par conséquent, une pollution sonore quasi inexistante (qui fera économiser à Thomas quelques Doliprane) et des locaux d’une gentillesse légendaire (ce qui évitera à Romain de grogner à gogo). Bref, vous l’aurez compris, le contraste avec Hanoi est saisissant.

Mais pas le temps de flâner pour les deux cousins… Une fois les sacs de 20kg déposés à l’hôtel, nous sautons à bord d’un tuk tuk jumbo en direction de l’ambassade d’Inde afin d’obtenir le précieux visa nécessaire pour fouler les terres indiennes. Pas de chance, le service est fermé l’après midi. Du coup, la gentille demoiselle nous invite à repasser demain matin. Merci m’dame.

Une fois à l’hôtel, nous retrouvons nos amis connus dans le bus, à savoir, Jeremy, un geek Anglais et Olivia, une charmante globe trotteuse, puis partons vers un restaurant situé sur le toit d’un immeuble et planté sur les bords du Mékong. Au programme, un bon burger, une bonne bière (La Beerlao), une bonne discussion et un splendide coucher de soleil engloutissant le bar d’une douce lumière jaunâtre. Après avoir dégusté ce diner pas très local, nous sommes rejoints par Tony, un inconditionnel du ballon rond accompagné de sa femme, originaire de Vientiane, tous deux rencontrés aussi pendant le voyage. Et voila, la troupe est au complet, la fête peut enfin commencer… mais évidemment, avec modération.

Mardi 13 octobre

Levés de bonne heure, à savoir 10h pour nous rendre à l’ambassade d’Inde située à une poignée de kilomètres de notre merveilleux hôtel. Une fois les paperasses remplies, la gentille demoiselle, qui, à première vue n’est pas très indienne à en juger les traits de son visage, nous informe que le visa sera disponible vendredi. Ah ouais, quand même…

Nous quittons ce bâtiment diplomatique pour en rejoindre un autre, celui de notre tendre et beau pays, celui de la France, où nous devons rencontrer Jeff, le responsable de la procédure. Pour quoi faire allez-vous me dire ? Pour parler foot ! Cet expatrié français, amoureux du Laos, est aussi joueur de football amateur, fin connaisseur de ce sport et particulièrement de sa pratique à Vientiane. Et pour cause, il est membre d’une équipe constituée principalement de falangs (étranger en laotien) et joue plusieurs fois par semaine contre des clubs locaux. Assis confortablement dans le hall de l’ambassade, Jeff nous fait partager sa connaissance footballistique du pays et son constat est net : un championnat professionnel peu structuré, un manque d’infrastructure indéniable et une forte centralisation de ce sport dans la capitale. Sympa tout ça… Après avoir absorbé ces informations fortes utiles, il nous semble préférable de rallonger notre séjour à Vientiane. La rencontre avec Jeff se termine mais avant d’abandonner notre cher compagnon, ce dernier nous convie à intégrer son équipe mercredi soir. Evidemment, nous acceptons l’invitation.

Plus tard dans la soirée, les deux cousins retrouvent leurs amis de voyage pour avaler un bon plat au même restaurant que la veille. En face de nous, se déroule le majestueux Mékong qui fait guise de frontière entre le Laos et la Thaïlande, tous deux reliés par le pont de l’amitié. Assis tranquillement sur nos chaises à papoter sur des thèmes divers, nous contemplons par la même occasion le soleil décliner doucement, inondant au passage la ville d’une couleur orangée presque dramatique, pour ensuite terminer sa course derrière la ligne d’horizon noirâtre. Dur d’imaginer plus beau spectacle qu’un tel coucher de soleil… Le diner se prolonge puis nous rentrons à l’hôtel vers 23h.

Mercredi 14 octobre

Journée plutôt touristique pour se familiariser avec les lieux car notre séjour à Vientiane risque d’être plus long que prévu. Il faut savoir que cette capitale asiatique, comparée à ses voisines, est minuscule puisqu’elle accueille seulement 600 000 âmes et possède par conséquent un centre ville à taille humaine renfermant des trésors architecturaux d’une valeur inestimable. La liste est longue mais on peut citer le Wat Sisaket, un temple érigé par le roi Anouvong en 1818 et construit dans le style Siamois, ou encore le Wat Simuang, le temple le plus vénéré de la ville car il abrite le pilier tutélaire (le Lak Muang). Selon la légende, cette lourde pierre aurait été plantée dans la terre en écrasant une jeune femme enceinte qui, parait-il s’était offerte en sacrifice. Aujourd’hui, on y vient pour prier et y faire un vœu.

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Mais le Laos n’a pas été seulement baigné par la culture Siamoise puisque que l’arrivée des Français vers la fin du 19ème siècle a permis au pays d’hériter d’anciens bâtiments coloniaux construits principalement sur le modèle des villas du midi de la France. Cette alchimie d’architecture donne à la ville un aspect singulier vraiment charmant.

Bref, après une visite express de la ville, nous enfilons nos belles tenues footballistiques puis partons nous positionner au point de rendez vous fixé avec Jeff, soit devant un restaurant Français qui, selon la carte, propose des plats succulents mais à des prix qui le sont moins. Ainsi, nous passons dix bonnes minutes à baver devant le menu en attendant notre ami. 19h, la voiture de Jeff fait irruption tel un missile Tomawak puis s’arrête à notre hauteur. Une fois à l’intérieur, nos pensées envahies d’images culinaires s’estompent pour être remplacées par le futur match de football dont le coup d’envoi est imminent. Dans la voiture, Jeff nous fait un court récit de sa vie, de son travail et de ses péripéties footballistiques jusqu'à ce qu’on atteigne enfin le terrain. A en juger les tribunes vides, aucun joueur n’est arrivé. Aussi, nous patientons sagement qu’ils veuillent bien pointer le bout de leur nez. Plusieurs dizaines de minutes après, la dream team composée majoritairement d’étrangers est enfin réunie. C’est sous la lumière des lampadaires que les deux équipes pénètrent sur le terrain. Au tableau, un club laotien VS une équipe multinationale.

Le début du match est lancé, Romain, assis sur les maigres tribunes observe la partie tandis que Thomas, armé de sa super caméra full HD, filme la rencontre. Pas de doute, les premières minutes révèlent une large domination de la part des locaux, plus rapides, plus tactiques et mieux positionnés sur le terrain. Les étrangers sont à la dérive et le score le prouve puisque ils sont menés 2-0 à la première mi-temps. La deuxième partie du match débute mais cette fois-ci, Rominho est sur le terrain. Sera-t-il le messie, le joueur qui relèvera cette équipe en déroute ? Eh non, les locaux ne perdent pas la tête face aux dribles prodigieux du petit Nantais et se permettent même le luxe d’inscrire quelques buts supplémentaires. « Que se passe t-il ? » beugle Thomas tout paniqué… La fin du match est enfin sifflée et le score est sans appel mais le rédacteur de ce blog ne préfère pas l’évoquer. Malgré le gardien de but handicapé du club adverse, qui possède une jambe plus grande que l’autre, l’équipe des expatriés n’a inscrit aucun but… mais peu importe le résultat ! C’est avec le sourire que les falangs sortent du terrain et trouvent même la force de s’autocritiquer et de balancer des boutades. Tout le monde rigole, vous l’avez compris, ici, on joue avant tout pour se faire plaisir.

Suite à ce match fort éprouvant, la dream team quitte le terrain pour se diriger vers le bar karaoké du coin qui borde la pelouse. Et là, surprise ! Il semble que les expatriés manient beaucoup mieux le lever de chope que le ballon. Les bières défilent aussi vite que les buts encaissés durant le match au point que la table semble être trop petite, et pourtant ! Bref, au fur et à mesure que la lune arrive à son apothéose, le bar se vide à petit feu et nous quittons donc les lieux dans la voiture de Jeff qui nous ramène à notre hôtel.

Jeudi 15 octobre

Aujourd’hui, c’est la journée football. Après avoir ingurgité un bon petit déjeuner « made in France », les deux journalistes en herbe partent dans un café qui fait le coin avec une grande avenue pour y rencontrer Viphet, le manager de l’équipe nationale du Laos. A la base, « MaisVousEtesFoot ! » devait rencontrer le président de la fédération mais celui-ci s’est finalement rétracté, débordé par la préparation des Sea Games (les Jeux d’Asie du Sud Est) qui se tiendront en décembre 2009 à Vientiane. Nous avions donc été dirigés par le président vers son secrétaire général qui lui, a décliné de la même manière, dans la mesure où il devait se rendre à un congrès de la FIFA en Suisse…Ce qui nous mène finalement à Viphet ! Peu à l’aise face à nos questions, ce dernier nous invite à rencontrer l’équipe nationale coachée par un ancien joueur du FC Metz et de l’Austria Wien: Alfred Riedl. Par chance, l’entrainement se déroule dans le stade situé à coté de notre hôtel. Le temps d’avaler un bon burger (pour Thomas), une salade (pour Romain) et nous voila aux portes du complexe sportif. Nous retrouvons Viphet puis expliquons notre projet à l’entraineur qui à en juger par sa réponse « nous sommes peut être une petite nation du foot mais nous ne sommes pas un club de rue », ne semble pas très chaud pour nous laisser jouer...Mais bon, faut le comprendre Alfred ! Il est chargé de mener ces joueurs laotiens de moins de 23 ans au minimum en demi-finale des SEA Games…vaste tache ! Au moins, nous avons l’autorisation de filmer à condition de rester dans le périmètre autorisé, soit interdiction de poser un pas sur la pelouse sous peine de se faire réprimander par le coach. Attention, ça ne rigole pas ici.

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Après l’entrainement, nous consacrons une petite heure à interviewer Alfred Riedl, cet entraineur atypique ayant consacré un bout de sa vie à coacher des clubs comme l’OCK, un club marocain, l’Austria Wien en Autriche ou encore l’équipe nationale du Vietnam.

Après cette rencontre très enrichissante, nous retournons à l’hôtel pour retrouver Tony, notre ami Anglais et Seb, un français amoureux du Laos avec qui nous bavardons jusque tard dans la nuit.

Vendredi 16 octobre

Après un petit tour rapide à l’ambassade de l’Inde afin d’y récupérer les visas, les deux cousins louent un scooter et partent en compagnie de Tony, dénicher un terrain de foot pour taper le plastique. Mais il faut faire vite car le temps est contre nous, le soleil commence à montrer des signes de faiblesses et, dans une petite heure, il aura disparu derrière la ligne d’horizon. Et c’est parti, nous sautons sur nos montures en acier puis passons au peigne fin le centre ville. Nous traversons de multiples temples, sillonnons les grandes avenues qui découpent le centre ville en quartiers mais aucun signe ne nous indique la présence d’un terrain de foot… quand tout à coup, le regard de Romain est happé par un groupe de jeunes qui semble gesticuler. Nous quittons la route goudronnée pour rejoindre une piste en terre toute défoncée et atteignons notre objectif. Manque de chance, ces jeunes gaillards jouent au Kator (sorte de foot volley avec une balle tressée)! Nous continuons tout de même notre route pour arriver sur la rive laotienne du Mékong. Ne sait-on jamais, ça pourrait être un beau spot pour un petit foot. Evidemment, personne, juste quelques couples main dans la main regardant le spectaculaire coucher de soleil tout en se chuchotant des mots doux. Déçus, nous rebroussons chemin mais Thomas, assis derrière Tony, pense avoir décelé au loin les vestiges d’un terrain de foot envahis par de jeunes footballeurs en pleine action… Ca vaut le coup d’œil. Tony, suivi de cousin Romain, mettent tous deux la gomme soulevant au passage un épais nuage de poussière puis bifurquent vers un autre sentier dominé par des bosses et des trous inondés d’eau marâtre. Les « bikers de l’extrême » slaloment ces obstacles avec grâce pour aboutir enfin sur le praticable. Pas de doute, c’est bien un terrain de foot. Nous rangeons nos bécanes avec les autres puis intégrons la partie.

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Le spot est hallucinant. L’air de jeu est situé au bord du Mékong sur un terrain complètement habité par la végétation et le sable. Les buts, eux, sont faits à l’aide de deux tiges de bambou solidement ancrés dans la terre et reliés par une autre branche qui fait guise de barre transversale… hormis la hauteur des cages qui ne dépasse guère le mètre 70, la distance entre les deux poteaux semble être adaptée à la taille du terrain.

Au même moment, à l’horizon, le soleil achève de sombrer de l’autre coté de la ligne indigo de la côte Thaïlandaise et ses derniers feux embrasent le ciel colorant par la même occasion le sable d’une couleur orangé. « Ouaaaaaaah , que c’est beau !» s’exclame Thomas. Mais ce spectacle est aussi annonciateur de fin de match puisque très vite, la lumière commence à manquer. La partie s’interrompt et les joueurs nous invitent très gentiment à revenir demain. « Perfect ! » répondent les « bikers de l’extrême ».

Comme d’habitude, la soirée s’achève à l’hôtel en compagnie de Tony, Seb et d’autres personnes fraichement rencontrées.

Samedi 17 octobre

Fin d’après midi, nous chevauchons nos destriers d’aciers pour nous rendre, cette fois-ci, à l’heure, vers le terrain de foot repéré la veille. Accompagnés de Tony et de Seb, nous intégrons la partie. Encore une fois, mère nature a été clémente avec l’association « MaisVousEtesFoot ! » en lui offrant un merveilleux coucher de soleil digne d’une carte postale. Y a pas de doute, le Laos est le spot idéal pour les amoureux en quête de romantisme. Bref, revenons à cette partie de foot endiablée. Sur le terrain, Tony, Seb, Romain et Thomas. Les trois premiers jouent au foot et le dernier, se ballade sur le terrain avec sa caméra à la main tout en adoptant des positions bizarres afin d’avoir des angles de vues différents. Rajoutez à cet étrange manège un sublime coucher de soleil, des sourires et vous obtenez une partie de foot qui, même si le niveau n’est pas celui de JMG Académie, restera forcement ancrée dans les mémoires des jeunes falangs. La partie s’achève quand la nuit fait son apparition. Nous paressons quelques temps sur le terrain à bavarder avec les joueurs puis rebroussons chemin en direction de l’hôtel.

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Comme chaque soir, nous prenons possession de l’unique table occupant la terrasse de l’hôtel puis parlons jusqu’au bout de la nuit.

Dimanche 18 octobre

Aujourd’hui, l’association « MaisVousEtesFoot ! » se divise en deux. D’un coté, Romain part mitrailler le nouveau stade situé à une bonne vingtaine de kilomètre et spécialement construit pour les SEA games tandis que Thomas, muni de sa caméra, s’en va prendre quelques vidéos de la ville. Au programme, le majestueux temple de Wat Sisaket, qui a la particularité d’abriter plusieurs milliers de statuettes du Bouddha puis d’autres monuments comme le Wat Ong Teu situé au centre d’un ensemble de cinq monastères. Une fois tous ces trésors architecturaux capturés dans la boite noire de la caméra, Thomas retourne à l’hôtel pour y retrouver son cousin. La suite de la journée se poursuit en se rendant sur le terrain de foot pour y prendre quelques clichés suivi du traditionnel apéritif en compagnie de Tony et de quelques voyageurs, venus se greffer tout naturellement à la discussion.

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Lundi 19 octobre

Journée chargée pour les deux français. Tout d’abord, visite du Patuxai, curieux arc de triomphe édifié en 1960, qui sert de monument commémoratif en l’honneur des morts des différentes guerres qu’a connues le Laos. Ensuite, direction le célèbre Wat That Luang, grand stupa sacré doré qui est censé contenir un cheveu du Bouddha et les cendres d’une de ses hanches. Ce monument religieux, le plus important du pays, fait aussi office de résidence pour le chef suprême du Bouddhisme Laotien. Enfin, pour conclure cette belle matinée ensoleillée, nous retournons dans le centre ville pour déjeuner avec Tony. Au menu, poisson grillé accompagné de khao niao, riz gluant cuit à la vapeur et servi dans des petits paniers en raphia… succulent.

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L’après midi peut alors commencer sous les meilleurs hospices. Les « bikers de l’extrême » reprennent la route. En chef de file Tony et derrière, les deux cousins, tout deux coiffés d’un très joli casque, roulent tranquillement en direction d’un terrain de foot situé à la périphérie de la ville. Quelques dizaines de minutes après, nous atteignons enfin notre destination. Nous garons nos « bike » dans une cour où s’agglutine un tas de camions usés pour se diriger ensuite vers une vieille bâtisse en bois qui fait office de bar. Nous commandons trois jus de banane bien frais puis posons nos fessiers sur des chaises en plastiques qui paraissent bien inconfortables. Coincé entre le Mékong d’un coté et l’amas de camions usés de l’autre, le terrain de foot semble être en attente de joueurs… et nous aussi d’ailleurs. Nous enfilons les crampons, chassons les poules errantes ainsi que les chiens vagabonds de l’air de jeu puis taquinons le ballon en espérant que des inconditionnels de foot fassent irruption et se joignent à nous. Une heure passe, un premier joueur débarque suivi d’un deuxième et d’un troisième. Bon, ils ne sont guère bien âgés mais c’est déjà un bon début. Au final, nous serons à peine cinq à taquiner le ballon mais la moyenne d’âge, quoi doit avoisiner les 14 ans, ne permet pas de réaliser un match. La nuit tombe sur Vientiane, nous évacuons les lieux vers 18h pour atterrir, devinez ou ? À l’hôtel… autour de la table de la « joie ».

Mardi 20 octobre

C’est l’heure de quitter la capitale pour continuer notre périple en direction de Vang Vieng afin d’y rejoindre une vieille connaissance, Andy, ce jeune français avec qui nous avons partagé un bout de nos aventures Thaïlandaises. Cette fois-ci les bikers ont troqué leur scooter pour le bus…jugé plus fiable et plus économique par les deux cousins car 160km séparent les deux villes. Tout de même ! Une fois vautrés dans les fauteuils vieillots du bus, Thomas, écouteurs collés aux oreilles, contemple le paysage. Au fur et à mesure que le véhicule s’enfonce vers le nord du pays, se dessinent au loin, les lignes des imposantes montagnes qui composent les alentours de Viang Vieng. Mais le spectacle est surtout au bord de la route lorsque le bus traverse les villages nichés à flanc de montagne et principalement habités par des Hmong et des Yao, vieilles tribus Laotiennes. Ici, le temps parait s’être figé, rien ne semble avoir changé depuis des millénaires, les hameaux sont 100% authentique, loin des hordes touristiques.

Une fois arrivés et l’hôtel trouvé, les deux cousins partent se familiariser avec les lieux. Tout d’abord, direction un restaurant pour y avaler une petite pizza. Nous déambulons le long de l’avenue principale qui mène au centre puis découvrons le cadre enchanteur de cette ville réputée pour être un bastion de la fête. En arrière fond, se dresse une succession de montagnes verdoyantes peuplées par de vieilles tribus et connue pour ses grottes sacrées, ses falaises vertigineuses, ses cascades prestigieuses et ses pains de sucres calcaires.

Au pied de cette grande barrière rocailleuse, se déroule majestueusement la rivière Nam Song qui semble faire la frontière entre la ville et la nature. Pour la traverser, il est nécessaire d’emprunter un de ces innombrables petits ponts en bois branlants qui donne à la ville un coté charmant et singulier.

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Oui, car une fois dans le centre, le coté enchanteur de Vang Vieng disparaît à tout jamais. Chaque rue est bordée par un alignement de restaurants, d’hôtels et de bars prêts à accueillir les flots touristiques quotidiens. Dans les rues, titubent encore quelques fêtards en manque de sommeil ou en surdose d’alcool dans le sang. Ce n’est pas mieux dans les restaurants puisque les tables sont prises d’assauts par les voyageurs qui ont du mal à décuver de la nuit dernière et s’abrutissent devant de vieilles séries Américaines en espérant faire disparaître leur gueule de bois. D’autres, sans que nous en sachions trop la raison, débarquent dans la ville avec, au bras, une chambre à air de tracteur (des fans de « poking », la méthode de pêche préférée d’Aurélien ?). Bref, tous semblent être complètement lobotomisés, guidés par un même but, celui de faire la fête, de s’enivrer jusqu’au bout de la nuit. Bienvenue dans le monde d’Alice aux pays des merveilles…

Parmi ce flot de zombie, deux petits gaillards, assis dos à la TV et sans se douter de ce qui les attend, croquent leur pizza pour reprendre des forces et ensuite partir à la recherche de leur ami Français. 19h, Andy débarque enfin et quelques accolades après, le grenoblois nous guide vers un petit bar situé sur les bords du Nam Song. A l’intérieur, sont assis Sergio et Julie, deux autres globetrotteurs Français et amis d’Andy. Nous consacrons la soirée à raconter nos aventures respectives derrière une bonne Beerlao et à se remémorer nos péripéties Thaïlandaises.

Mercredi 21 octobre

Aujourd’hui, nous partons explorer l’antre des fêtards, la maison d’Alice. Et pour y accéder, il est nécessaire de réquisitionner un tuk tuk. Le retour, lui, se fera par voie fluviale, en se laissant porter paresseusement sur le Nam Song à l’aide d’une chambre à air de tracteur (la voila l’explication !). Et c’est parti mon kiki pour une après midi de grand n’importe quoi. Une fois les bouées solidement attachées sur le toit du taxi, la délégation française quitte Vang Vieng pour atterrir une dizaine de minute après au pied d’une cabane qui fait office de bar, plantée au bord de la rivière. A droite, un paysage montagneux et sauvage percé par le Nam Song qui se trouve dans un état de préservation remarquable. Bref, la tranquillité incarnée. Des enfants s’amusent dans l’eau et quelques vieillards fument la pipe. A gauche, le monde de la débauche, un Eurodisney version Ibiza, l’univers de la fête… de ce coté, le débit du fleuve semble être largement détrôné par le débit d’alcool car s’étale le long de la rivière une série de bar sur pilotis occupés par des jeunes voyageurs en quête de « fun ». Et le plus drôle dans tout ça, c’est que chaque bar dispose d’activité très intelligente pour occuper sa clientèle déjà bien enivrée : tyrolienne, balançoire, toboggan, volley dans la boue, etc. Evidemment, chaque enseigne dispose d’un mur d’enceintes qui crachent de la musique et tous possèdent un bar bien garni en bouteilles. Voila ! Les ingrédients sont réunis pour passer une bonne après midi. La règle est simple, on doit user des bouées pour circuler de bar en bar et y boire un petit bucket (un seau).Car comme en Thaïlande, ici, on ne boit pas dans des verres, mais dans des seaux ! Facile.

Et c’est parti, les français montent en haut d’un arbre, attrapent un trapèze et se jettent dans le vide, environ 8 mètres, pour atterrir après quelques balancements, dans l’eau tiède et boueuse du fleuve. Nous devons avouer tout de même que cette activité est très plaisante… Ensuite, nous quittons notre premier bar à l’aide de notre bouée respective pour atteindre la deuxième gargote qui doit se situer à environ cinquante mètres. Au milieu de l’après midi, le fleuve est totalement colonisé de bouées noires portant de jeunes gaillards généralement bien saouls tentant de rejoindre désespérément le prochain bar, histoire d’y boire un dernier godet. Bref, nous passons l’après midi entière dans ce spot sorti de nulle part. C’est à la tombée de la nuit, que nous sautons sur nos bouées en direction de Vang Vieng. Bercés par les petites vagues et le débit du fleuve, nous paressons paisiblement sur nos bouées en scrutant la voute étoilée et en écoutant chantonner le doux bruit des milliers de cigales, entrecoupé parfois de quelques beuglements poussés par de jeunes fêtards à la dérive.

La soirée s’achève tranquillement dans un bar situé à proximité de notre hôtel où nous y rencontrons un autre groupe de français dont Magalie, une parisienne voyageant à travers l’Asie du Sud Est.

Jeudi 22 octobre

Allez, aujourd’hui, c’est la journée foot ! Mais avant, il faut trouver des joueurs valides qui n’ont pas trop taquiné la bouteille. Tache ardue. Nous partons dans le bar fréquenté la veille puis expliquons notre problème aux serveurs que nous connaissons un peu. Peut être pourront-ils nous constituer une équipe. Une fois sur place, le propriétaire dégaine son téléphone et contacte ses amis. Une petite heure plus tard, nous voila sur le terrain. Les joueurs arrivent au compte gouttes et les premiers arrivés s’échauffent en pratiquant une petite pétanque (sport très populaire au Laos). Une fois les deux équipes constituées, la partie peut commencer. D’un coté les locaux et de l’autre l’association « MaisVousEtesFoot ! », Andy, Sergio, un Irlandais (!) et quelques employés du bar. Le spot est agréable puisque le terrain, qui appartient au commissariat central, est enveloppé par une ceinture montagneuse percée par la douce lumière du soleil. Le match est rude pour les européens puisque qu’ils sont menés dès la première mi-temps. L’explication ? Elle est assez simple : face à eux, une équipe locale qui à l’habitude de jouer ensemble et qui leur a gentiment fait cadeau de ses pires joueurs.

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Malgré tout, les européens résistent tant bien que mal. Andy fait des malheurs avec ses dribbles chaloupés et Sergio, pourtant pieds nus, défend bec et ongles. Mais très vite, la délégation française s’épuise plus rapidement…peut-être est ce du aux dernières nuits un peu trop agitées ? Nous ne le saurons jamais. Bref, la partie se termine par une victoire des locaux, sur le score tout de même honorable de 5-3.

Après une bonne douche, nous partageons notre dernière soirée en compagnie d’Andy, Sergio et Julie car demain c’est le départ pour Luang Prabang, notre ultime étape au Laos.

Vendredi 23 octobre

Départ à 11h à Luang Prabang, troisième ville du pays par sa taille mais première par sa beauté. A tel point qu’elle a été classée au patrimoine mondial par l’Unesco en 1996. Ancienne capitale du Laos, cette ville de 40 000 habitants, chargée d’histoire, abrite un nombre de monument religieux considérable. Le cadre urbain de Luang Prabang est exceptionnel puisqu’elle s’étend sur une langue de terre, au confluent du Mékong et de la rivière Nam Kane et les constructions sont pour la plupart horizontales. Ici, les vieilles bâtisses coloniales Françaises cohabitent parfaitement avec les imposants temples bouddhistes qui donnent à la ville un aspect vieillot et sacré. Au niveau naturel, la vieille métropole, plantée à 600m d’altitude, est enveloppée de collines verdoyantes et de monts couverts de forêts tropicales. Bref, ici, on se sent bien, la vie semble être vraiment tranquille.

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Nous débarquons dans la ville à la fin d’après midi puis dégottons un hôtel situé au cœur de Luang Prabang.

Samedi 24 octobre

Repos et promenade dans la ville.

Dimanche 25 octobre

Après la petite ballade de la veille, les deux aventuriers ont découverts un charmant terrain situé à deux pas de leur hôtel. C’est parti, Thomas chausse ses beaux souliers en peau de kangourou puis s’en va taper la balle tandis que Romain s’occupe de filmer les exploits footballistiques de son cousin. Après un (très court) échauffement, Thomas intègre le 7vs7, il est chaud et son regard respire cette envie de marquer. Malheureusement, ses pieds n’auront pas la technique nécessaire pour le faire. Il faut signaler tout de même que le terrain est dans un piteux état. Bosses, trous, touffes d’herbes sauvages rendant les contrôles de balles et les passes du Français désastreuses. Pour une fois dans sa vie, Thominho a l’impression d’avoir deux pieds gauche, et pour un droitier, c’est plutôt contraignant… Bref, il sort du terrain à la mi-temps, rapidement remplacé par un local. Une fois la partie achevée, les joueurs nous invitent à revenir le lendemain…

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La soirée se termine tranquillement au restaurant puis à l’hôtel.

Lundi 26 octobre

Exceptionnellement, les deux cousins se lèvent à 6h du matin pour assister au rituel immuable de la ville : le « reras » ou l’aumône des bonzes si vous préférez. Chaque matin, un cortège constitué de jeunes moines, vêtus de la robe safran, sillonne la rue principale de la ville, pieds nus et en silence, pour mendier leur nourriture. Selon l’usage, les habitants donnent une boulette de riz gluant ou des fruits aux moines avant que ceux-ci ne regagnent leurs temples respectifs. Ce rite bouddhique est une vivante illustration de la dimension spirituelle de la ville. Malheureusement, cette tradition est menacée par la présence en masse de touriste qui n’hésite pas à se greffer au cortège pour y prendre des photos.

6h30, nous voila sur l’avenue principale, à patienter sagement avant l’arrivée des moines. Mais, à en croire les rues désertes, il semble que l’aumône soit déjà terminée. Super ! Apparemment, le cortège a du décider de le faire plus tôt afin d’éviter les hordes touristiques. Pas grave, nous retenterons notre chance demain.

Déçus, nous partons déguster un délicieux petit déjeuner français situé sur l’avenue Sakarine dans un restaurant avec en prime, la possibilité de feuilleter « Le Monde ». La classe ! Après cette collation fort appréciable, nous partons visiter quelques temples dont le Wat Sene Soukharam, gardé par deux tigres en pierre. Aussi nommé « le temple des 100 000 trésors », ce bâtiment érigé en 1718 par le roi Kitsarath est composé d’un toit à trois pans et de 100 000 pierres du Mékong. Incroyable non ?

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Dans l’après midi, c’est la visite du Wat Tham Phousi situé en haut du mont Phousi, planté au cœur de la ville. Pour s’y rendre, nous devons emprunter 328 marches pour ensuite atterrir sur une grande terrasse avec une vue imprenable sur la ville. Au milieu de la petite esplanade, se dresse le stupa That Wat Chomsi, haut de 20 mètres construit au début du 19ème siècle. D’ici, part un étroit sentier qui traverse la montagne pour enfin aboutir au Wat Tham Phousi, sorte de grotte qui abrite un bouddha en méditation.

Une fois arrivés au pied de la montagne, en sueur, retour à l’hôtel pour assister au fameux coucher de soleil. Romain décide de se rendre au terrain de foot pour le mitrailler de photo tandis que Thomas préfère observer le déclin de notre astre en se positionnant sur les quais du Mékong. Et là, moment magique… tapi de moitié derrière la montagne, le soleil envoie ses derniers rayons, peignant l’eau boueuse du fleuve en une palette de couleur chaude qui vient contraster avec les longues péniches amarrées.

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La soirée se termine en compagnie de Magalie, une française rencontrée à Vang Vieng. Au programme, petit cocktail dans un bar Belge suivi d’une longue discussion sur les bords du Mékong en compagnie d’autres Français rencontrés le soir même. Guitare à la main, Thomas chantonne de vieux airs populaires sous la douce lumière de la lune pendant que Romain s’égosille à conter nos longues péripéties à nos amis francophones. Moment incroyable (surtout la guitare).

Mardi 27 octobre

Pas de grasse matinée puisque nous devons nous lever de très bonne heure pour assister à l’aumône, soit à 5h30 et cette fois-ci, les moines sont au rendez vous. Pas Thomas, qui a préféré rester dans les bras de Morphée…Caché pour ne pas gêner le cortège, Romain prend plusieurs clichés. Un par un, en file indienne, chaque « monk » reçoit sa boulette de riz et ses fruits quotidiens. Une fois le rituel terminé, la ville s’éveille tout doucement…tout comme Toutoune qui rejoint son cousin en fin de matinée.

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Après une journée tranquille, et comme chaque jour en début de soirée, l’avenue principale de la ville se transforme en véritable marché où se mélangent des stands en tout genre. Sandwiches, sacs, vêtements, pièces de tissus à motifs traditionnels… on y trouve absolument de tout. Mais ce regroupement de petits magasins se révèle être, par la même occasion, un très bon spot photo puisque chaque stand, délimité par de grandes bâches colorées, est illuminé à l’aide de petits lampions qui vacillent au gré du vent. Vu d’en haut, la rue Sisavang ressemble à un immense patchwork de couleurs où flotte une sensation de bien être incroyable.

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Mercredi 28 octobre

Journée visite et détente car un long voyage débute demain. Celui vers la Thaïlande via le Mékong.

Jeudi 29 octobre

Levés tôt car c’est l’heure d’attraper notre bateau pour le petit village de Houeisai, porte d’entrée pour la Thaïlande. Le voyage dure deux jours avec une escale en mi-chemin à Packbeng, petite bourgade perché sur les bords du Mékong. Une fois installés inconfortablement sur l’un des petits bancs en bois qui meuble la frêle embarcation, le voyage peut commencer. Par chance, la péniche ne transporte que très peu de passagers ce qui nous permet de prendre nos aises et même d’aménager un lit de fortune grâce à des banquettes en mousses laissées vacantes. Le bateau quitte enfin Luang Prabang laissant derrière elle un léger nuage de fumée. C’est parti pour douze heures de voyage à voguer paisiblement sur les eaux boueuses du Mékong. Accoudés sur le rebord de l’embarcation, les passagers contemplent le paysage défiler à une allure suffisamment lente pour qu’on puisse observer les moindres petits détails. Par moment, le Mékong semble se rétrécir, obligeant le capitaine de la maigre embarcation à exécuter des manœuvres délicates afin d’emprunter un étroit couloir pour pouvoir continuer sa route. Une fois sortis de cet entonnoir, le fleuve reprend sa largeur normale et le voyage peut continuer en toute sérénité jusqu’au prochain obstacle.

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Les heures s’écoulent et personne ne semble s’ennuyer…pas étonnant car le paysage qui borde le fleuve est en perpétuelle mutation, ce qui rend le voyage fort agréable et divertissant. Au fur et à mesure que la péniche s’éloigne de Luang Prabang, les abords du majestueux fleuve se transforment en paysage montagneux recouvert d’une épaisse végétation luxuriante où sont perchés, à flanc de montagne, des villages de pécheurs. Au pied de chaque hameau, solidement ancrés dans le sable, se tiennent une série de pirogues nécessaires pour aller récupérer les filets de pêches, généralement fixés à des rocs noirs aiguisés qui émergent de l’eau. Bref, un petit gout de bout du monde plane au dessus de nous.

20h, soit 12h après notre départ, nous atteignons enfin la petite bourgade de Packbeng, située à mi chemin entre Houeisai et Luang Prabang. Ce village Hmong, accroché à flanc de montagne, ne possède qu’une rue principale le long de laquelle se répartissent les habitations et les commerces construits généralement en bois et en bambou et posés sur pilotis. Nous débarquons éreintés puis dégotons un hôtel pour le prix imbattable de … 3€ la chambre. A l’intérieur, deux lits, une salle de bain impeccable avec eau chaude (incroyable). Bref, le luxe…

Mais la nuit sera courte puisque notre péniche reprend la route à 8h…

Vendredi 30 octobre

Et c’est reparti pour 10 heures de traversée… Pour Thomas, cette fois-ci, le temps se fait long, les paysages se répètent, la faim tiraille son petit estomac et la batterie de son Ipod est presque morte… que faire ? Un jeu de carte ? Non, tout seul, ce n’est pas drôle. Parler avec son cher cousin ? Non, surtout pas le matin. Jouer de l’harmonica ? Non, il pourrait finir le voyage à la nage. Pousser un petit roupillon ? Ah ouais… Thomas collecte et empile quelques banquettes pour éviter un mal de fesses (pourtant bien grasses) puis s’allonge tranquillement sur son nouveau lit. Bercé par le vrombissement du moteur, Thomas s’endort enfin… mais la douce voix de son cousin le réveille aussitôt, l’informant que le moteur de l’embarcation a lâché. Malgré les tentatives ratées de la part du capitaine pour ranimer l’engin, les passagers doivent changer d’embarcation… « Bah oui » réplique Thomas « mais où est-elle ? ». Au même moment, apparaît derrière les rochers, comme un cadeau directement envoyé par Dieu lui même, la silhouette de la coque flambant neuf de notre nouvelle embarcation. Yeahhh la classe les gars, comme quoi, tout est possible, même au milieu du Mékong ! Les passagers embarquent, Thomas jette un dernier regard sur son lit de fortune dont il était si fier et disparaît de la péniche pour rejoindre ses compagnons de voyage.

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La fin du trajet se déroule sans problème et nous atteignons Houeisai vers 17h45, soit quinze minutes avant la fermeture des frontières. Malgré notre rapidité légendaire, nous arrivons trop tard au poste frontalier et sommes condamnés à dormir dans ce petit bled reculé du monde. De l’autre coté du Mékong se trouve la Thaïlande, la porte d’un nouveau pays et le début d’une nouvelle histoire pour l’association « MaisVousEtesFoot ! »…

dimanche, novembre 22 2009

Goooood morning Vietnam!!! Par Thomas

Mardi 15 septembre

Après quelques bonnes heures de route intense, Thomas, d’un œil encore mal réveillé, observe le bus s’enfoncer dans les immenses avenues de Ho chi Minh et serre les fesses, par la même occasion, car il y a de quoi paniquer ici. Eh oui, comme dans toute bonne grosse ville asiatique, la circulation est complètement désordonnée. Comptez environ une voiture pour cent scooters, roulants à toute allure sur les majestueuses avenues goudronnées de la mégalopole en ignorant bien sur les pauvres piétons désirant traverser. Viennent se conjuguer à ce grave problème, des trottoirs transformés en parking complètement colonisés par ces montures en acier. Et le plus incroyable dans tout ça, ce sont ces pauvres Vietnamiens condamnés à déambuler sur le bas coté de la route sans toutefois stresser ou s’énerver. Contrairement à notre belle vieille capitale, la police comme le code de la route sont insignifiants voire inexistants, sauf quand il s’agit d’encaisser un petit pot de vin. Les feux rouges semblent être un objet décoratif, les panneaux de signalisation des vestiges datant de l’Indochine et les policiers, juste des braves gars avec qui les gens du coin aiment papoter. Bref, l’œil dorénavant réveillé de Thomas regarde ce spectacle chaotique et se demande non pas quand il va manger son bol de riz quotidien mais comment il va faire pour se reposer dans une telle atmosphère…

Le bus stoppe en plein milieu du centre ville, nous attrapons nos gros sacs puis prenons d’assaut un restaurant occupant le coin d’une petite rue. Thomas prend son hamburger hebdomadaire (quand ce n’est pas quotidien) et Romain fait son plein de viande rouge. Une fois les ventres bien garnis, nous hélons un taxi en direction de l’académie SCAVI Rocheteau et, guidé au téléphone par Henri Atamaniuk, le cher et gentil chauffeur nous amène à destination…évidemment, il se perd au passage histoire de faire tourner le compteur ! D’un coté, pas facile de trouver le centre de football puisqu’il est nécessaire d’emprunter une petite rue située à la périphérie de la ville. Si on ne connaît pas, alors c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin : ardu.

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Enfin, la prestigieuse académie de foot SCAVI Rocheteau fait son apparition et nous apercevons aussitôt la silhouette d’Henri Atamaniuk, le directeur technique. A ses cotés, se dresse un drôle de personnage qui répond au nom de Daniel et qui assure temporairement le rôle de coach adjoint. C’est dans une ambiance joviale que le staff de l’académie nous fait visiter les lieux. A notre disposition, une piscine, des cours de tennis, un restaurant et bien évidemment une poignée de terrains de foot de qualité irréprochable. Clou du spectacle : une chambre d’hôtel digne d’un quatre étoiles, réquisitionnée pour les illustres membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». A l’intérieur, trois lits. Un pour le président râleur, un pour le trésorier mangeur de riz et un autre pour le secrétaire déserteur. C’est avec regret et nostalgie que nous apprenons à nos hôtes cette triste nouvelle « nous avons perdu notre secrétaire en Amérique Centrale, il est retourné en France pour retrouver son troupeau de marcassins ». So long bro !

Jusqu’à 15h, nous discutons avec Henri et Daniel. Ces derniers se montrent particulièrement sympathiques et l’ambiance au sein des locaux de SCAVI Rocheteau est plus que joviale. Malheureusement, cette joie de vivre ne pourra être aperçue sur les terrains aujourd’hui. En effet, l’association « MaisVousEtesFoot ! » a apporté avec elle le mauvais temps. C’est donc une pluie torrentielle qui s’abat sur l’ancienne Saigon, obligeant Henri, pour la troisième fois en deux ans, à annuler l’entrainement quotidien. Quelle tristesse ! Nous devrons donc attendre encore une journée supplémentaire avant de voir les académiciens balle au pied !

Généralement, quand le rédacteur de ce blog écrit le mot « lit », c’est généralement pour avertir les lecteurs assidus que les protagonistes vont terminer leur journée par un gros dodo. Mais aujourd’hui, malgré la journée plutôt rude et chargée, les deux petits loulous partent, en compagnie d’Henri et de Daniel, casser la croute dans un bouiboui situé prés du Ben Thanh Market, soit au cœur même de la ville. Pas de dodo avant un bon diner, c’est la nouvelle règle instaurée par le président et approuvée par le trésorier. et au menu ce soir, toutes sortes de fruits de mer incroyablement bien cuisinés et accompagnés, bien évidemment, de boissons non alcoolisées tel que du jus de soja. Un esprit sain dans un corps sain, ne l’oublions pas !

Après ce festin, la joyeuse troupe se ballade dans les ruelles charmantes du quartier, observe les échoppes du marché avant de rejoindre une heure après leurs lits douillets.

Mercredi 16 septembre

Lever tardif pour les journalistes apprentis puisque les académiciens ne s’entrainent pas le matin…eh oui, c’est l’école qui occupe la majorité de leur matinée. Du coup, voila le meilleur moment pour nous reposer et découvrir les lieux.

Vers 11h30, comme tout bon français qui se respecte, nous partageons le traditionnel apéro avec Henri et Daniel. Eh oui, c’est derrière un verre de jus de banane que nous débâtons sur de grandes questions existentielles pour ensuite aboutir sur une discussion plus sérieuse : le football. Henri nous raconte son parcours professionnel ainsi que ses expériences chez Eurodisney en tant que directeur des activités sportives du parc. Oui, vu comme ça, le lien entre le monde du football et celui de Mickey est assez confus et pourtant il en existe un. C’est grâce à ce personnage charismatique et à son large carnet d’adresse que les stars du ballon rond comme Zidane sont venues dans le royaume enchanté de Mickey, souvent à des fins caritatives. Après quelques années de bons et loyaux services au sein de cette multinationale, le coach a laissé cet univers imaginaire derrière lui pour revenir à un monde bien plus réel, celui du football. Une expérience malheureuse au Cameroun tout d’abord, suivi d’un petit break réparateur en France et aujourd’hui, cet homme quinquagénaire est à la tête du centre SCAVI Rocheteau.

La discussion est vite interrompue par l’arrivée des académiciens. Agés de 14 à 15 ans, les futures stars du ballon rond se positionnent les uns à coté des autres, comme pour former un mur humain, puis, avec le sourire, saluent en chœur les coachs : « Bonjour monsieur, bon appétit monsieur ! » et en français svp ! Surprenant non ? Une fois les échanges de politesse terminés, chacun disparaît derrière son bol de riz.

Après un repas succulent, il est temps de passer aux choses sérieuses. L’entrainement pardi ! La journée continue donc avec la séance quotidienne sous un ciel bien orageux. Nous découvrons alors le niveau exceptionnel de ces footballeurs en herbe qui taquinent le ballon aussi bien que Tiger Wood le fait avec la balle de golf. Eh oui, certain de ses joueurs auront la chance d’évoluer au sein de l’équipe nationale Vietnamienne mais avant, il faut s’entrainer car se déroule samedi un match important : l’académie SCAVI Rocheteau VS la sélection nationale de moins de 16 ans. Boulot boulot donc !

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Courageusement, Romain a enfilé son beau maillot jaune de Nantes afin de taper la balle avec les académiciens. Dans un premier temps, il participe aux exercices en compagnie des enfants et surprend Henri par la précision de ses passes magiques. Mais l’étonnement du coach de Scavi n’a pas fini de s’étonner puisque la fin de l’entrainement est marquée par la mise en place d’un match à onze contre onze. Et, en plus du vieillard de 27 ans, les jeunes vietnamiens se voient obligés de jouer aussi avec Daniel, défenseur durant sa carrière, mais aujourd’hui reconverti attaquant ! Sous une pluie battante, les deux « vieux » sur le terrain vont se donner corps et âmes et bien sur, livrer une prestation digne des plus grands footballeurs contemporains. Le tout, malgré les rires tonitruants d’Henri qui, en compagnie de Thomas, ne cessera pas de rigoler pendant toute la séance en observant Rominho et DaniDan courir dans tous les sens.

17h, fin de la rigolade et pas le temps de déglutir pour les deux cousins car nous devons nous rendre en centre ville rencontrer Fréderic Rault, un expatrié français accessoirement inconditionnel du ballon rond. Et c’est parti, nous grimpons dans l’un des taxis blancs qui vagabondent dans les rues de la ville et comme toujours, serrons les fesses. Une main sur le volant, l’autre sur le klaxon, le chauffeur commence sa chevaleresque traversée de la ville en zigzaguant entre les innombrables mobylettes. Et bien sur, notre Sébastien Loeb vietnamien hésite pas à user de l’avertisseur sonore à tout va…même quand la route se révèle aussi vide que le cerveau de Britney Spears…Sait-on jamais, un Viet pourrait surgir d’une ruelle pour se jeter comme un damné sur la route. Eh oui, vaut mieux prévenir que guérir.

Nous atteignons tout de même le point de rendez vous situé dans un hôtel basé à proximité du magnifique théâtre construit par les Français sous la période Indochinoise. Notre invité, enfin trouvé, nous invite à contourner le gigantesque monument culturel pour atteindre enfin un petit troquet design. Une fois la caméra installée sur le super trépied acheté 5€ à Singapour, nous débutons l’interview. Fréderic se livre et nous confie, entre deux gorgées d’une succulente bière, que le football lui a permis de s’intégrer aisément dans la culture du pays car à son arrivée, son réseau d’ami était aussi maigre qu’une vache anorexique. Mais Frédéric a surtout été le premier footballeur français à jouer dans le championnat professionnel vietnamien. Une belle aventure qui a duré deux ans et qu’il a partagée en compagnie d’un autre français. Tout ceci l’a conduit à faire la rencontre d’Henri et un peu plus tard, de participer à un match amical entre les anciens de l’équipe de France (avec notamment Karembeu, Rocheteau, Loko et autres noms ronflants) et le Vietnam ! Une bien belle histoire ! Aujourd’hui, Fréderic a créé un club essentiellement composé d’expatriés, démultiplié son carnet d’adresse et tissé des liens profonds avec certains camarades de son équipe. Pour lui c’est clair, « dès que tu arrives dans un pays que tu connais pas, la première chose à faire est de trouver une équipe de foot. Après, tu sympathises naturellement avec quelques joueurs et tout devient plus facile ». Voila une belle histoire à raconter aux voyous qui crachent sur le football…

Une fois cet agréable entretien bouclé, nous montons dans l’un de ces taxis que nous redoutons tant pour ensuite se laisser aller dans les bras de Morphée.

Jeudi 17 septembre

La journée débute à 11h30 par le traditionnel apéro et c’est au tour de Daniel de se livrer. Cet homme quinquagénaire qui, comme Henri, possède un sens de l’humour hors norme nous fait partager sa passion du foot. Ancien joueur de Saint Lô, cet individu gouailleur a quitté son pays natal pour dépanner Henri, son meilleur ami, qui l’avait autrefois coaché. En effet, Mr Atamaniuk ayant vu l’un de ses adjoints prendre la poudre d’escampette pour une durée d’un mois, Daniel (Dan pour les intimes) s’est vu nommé entraineur adjoint de l’académie. La grande classe donc. Mais pas seulement puisque Dan est ici à titre bénévole. Pas d’argent, pas de souci. Juste la passion du foot qu’il aime transmettre aux plus jeunes. Sa chope de jus de fraise à la main, il nous relate sa première rencontre avec le coach Henri, qui remonte à quelques dizaines d’années, jusqu'à son arrivée au sein de l’académie. Cette histoire touchante est interrompue par l’arrivée en fanfare des joueurs. Même rituel, les apprentis du ballon rond saluent le staff en français pour ensuite disparaitre à toute vitesse derrière leur bol de … nouilles cette fois-ci.

La journée continue avec la rencontre et l’interview d’Oleksandr Dobvii, ukrainien, entraineur du centre de formation « Promotion fund of Vietnamese football talents ». Ce dernier, à la carrure imposante et coiffé d’une casquette usée, maitrise seulement le russe ce qui complique (juste un peu) la discussion. Plutôt que d’impressionner son interlocuteur avec son niveau de russe, El Presidente fait alors appel à l’une des traductrices mises à disposition de l’ukrainien. Mais cette dernière semble rencontrer quelques difficultés à traduire nos questions…Dans un premier temps, l’entraineur soviétique s’agace mais curieusement, retrouve très vite le sourire. Et pour cause, Romain a sorti aujourd’hui le plus beau de tous ses t-shirt, celui que toute personne de l’ex URSS aimerait posséder dans sa garde-robe. Oui, mesdames et messieurs, un T-shirt avec l’effigie de Lénine ! La classe… Bref, après ce petit intermède bien rigolo, nous stoppons l’interview jugée certes intéressante mais tout de même un peu compliquée à réaliser pour cause d’incompréhension entre ce coach, ancien du Mettalursk Donetsk, et l’association « MaisVousEtesFoot ! ».

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Après cette aventure footballistique un peu folle, nous retrouvons le chemin qui mène vers le terrain où s’entrainent les académiciens de SCAVI Rocheteau. Henri et Daniel coachent leurs protégés et dictent les exercices du jour. Romain troque, avec regret, son beau t-shirt à l’effigie de Lénine pour son maillot jaune fétiche du FC Nantes. Et à entendre les rires bruyants des entraineurs quand « El Presidente » pénètre sur le terrain, peut-être aurait-il mieux fallu qu’il garde son joli t-shirt à l’image de l’ancien chef communiste. Bref, les exercices du jour débutent. Romain est convié à se mélanger aux jeunes footballeurs vietnamiens qui maitrisent parfaitement le ballon. Le petit nantais galère mais se démerde plutôt pas mal compte tenu de l’extrême chaleur mais « pas suffisamment pour qu’il puisse intégrer l’académie. Même contre une grosse somme d’argent » dixit Daniel, qui lui, n’a pas le courage de se joindre à Romain, trop épuisé par le match de la veille. Tout est dit dans cette phrase pourtant « El Presidente » fait preuve d’abnégation, d’application et, contre toute attente, le petit jaune (à ne pas confondre avec notre bon vieux pastis) inscrit un but de toute beauté qui fait sursauter les entraineurs assis confortablement sur le banc de touche… demi volée dans la lucarne, et du droit s’il vous plait ! Malgré ça, les entraineurs quinquagénaires, bien aidés par Thomas, ne cessent de chambrer le courageux président de l’association qui se démène contre ces jeunes footballeurs aux trois poumons. L’entrainement touche à sa fin et tout le monde est impatient de savoir si l’apprenti journaliste/architecte/footballeur va renouveler l’exploit. En jeu, une bouteille de champagne…mais non ! Pas de nouveau miracle. Le match se termine sous un magnifique coucher de soleil qui inonde le terrain d’une lumière séduisante et c’est déjà pas mal.

Une douche et un diner après, il est l’heure d’user le stylo et de travailler. En cette douce soirée de septembre, l’esquisse d’une chronique et du blog verront le jour.

Vendredi 18 septembre

Lever de bonne heure car les baroudeurs ont RDV avec Henri pour visiter la ville. Il leur faut donc d’abord le rejoindre. Un taxi vient nous chercher au centre et c’est reparti pour une bonne vingtaine de minutes de grand n’importe quoi que je ne détaillerais plus. Une fois stoppé, le chauffeur nous adresse un large sourire que nous interprétons comme « c’est bon les gars, vous êtes arrivés, il faut payer maintenant ». Autant le vietnamien est une langue incompréhensible mais ces sourires là, on connait bien leur signification. Une fois le pied posé à terre, nous scrutons les alentours et aucun signe ne nous signale que nous sommes en centre ville…en effet, à notre droite se dresse un stade et généralement, ces monuments sportifs sont rarement au cœur des mégalopoles. Le chauffeur aurait-il mal compris ? Bref, malgré des tentatives de communication en Anglais puis avec les mains pour lui expliquer que ce n’est pas le lieu que nous avons demandé, ce dernier semble ne toujours pas comprendre. En fait, nous devions aller au stade le lendemain. Aussi, notre taxi driver a confondu les journées et donc, les destinations…Une fois payé, il repart tranquillement sans avoir compris son erreur. Nous contactons aussitôt Henri pour le prévenir de nos mésaventures et ce dernier vient nous rejoindre.

Une fois en sa compagnie, notre visite commence en déambulant sur la rue Han Thuyen où se dresse une imposante cathédrale en brique rouge construite entre 1877 et 1883. A droite de ce bâtiment religieux haut de 40 mètres, est positionnée la poste centrale construite sous l’époque française quand Ho chi Minh se nommait encore Saigon. Evidemment, alors que le silence s’impose face à ces chefs d’œuvre olympiens bâtis par la force de l’homme, l’architecte et aussi président de la prestigieuse association « MaisVousEtesFoot ! », ne peut s’empêcher d’apporter un regard critique sur l’architecture. Voila comment casser le plaisir de la visite…

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L’expédition se poursuit en arpentant une longue avenue pour aboutir sur le fastueux théâtre qui, architecturalement parlant, n’a rien a envié aux bâtiments prestigieux du vieux continent. Aux alentours de ce monument culturel qui fait la fierté des Vietnamiens, s’élève l’hôtel de ville d’une beauté stupéfiante. Bref, une bonne heure de spectacle visuel époustouflant (note du président : comme notre cher lecteur l’aura sans doute compris, Thomas a postulé pour participer à la rédaction d’un guide sur Ho Chi Minh Ville). Enfin, l’excursion se termine au marché de Ben Thanh par la contemplation des différentes échoppes colorées qui font de ce marché un lieu incontournable de la mégalopole.

Un jus de canne à sucre vite avalé et nous interpellons un taxi pour nous reconduire au centre de football et y casser la croute.

Début d’après midi, les académiciens, les coachs et les journalistes en herbe se réunissent sur le terrain pour un entrainement « light » car demain, se déroule un match capital. Au programme, quelques exercices d’équilibre, l’un des principaux défauts des joueurs Vietnamiens. En effet, privés d’éducation sportive à l’école, les enfants ont du mal à se déplacer dans l’espace. Allez donc demander à un vietnamien de faire une galipette ou une vrille suivi d’une course et vous allez vous payer quelques bonnes tranches de rigolade. Thomas, abrité derrière son micro plus gros que sa caméra, filme puis se gausse en voyant les acrobaties chaotiques opérées par ces graines de champions. Suite à cette série d’exercices bien originale et comique par la même occasion, l’entrainement s’achève par des petites oppositions disputées dans un rythme tranquille.

Une fois l’entrainement terminé, Thomas file dans la chambre faire ses devoirs (le blog) alors que Romain part fouler les terrains de foot à 5 vs 5 situés à proximité du centre Scavi Rocheteau. Après avoir intégré une équipe et disputé l’intégralité de la rencontre avec des vietnamiens qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, El Presidente est invité à diner par ses nouveaux camarades de jeux. Sauf qu’un repas avec des vietnamiens, qui plus est un vendredi soir, est rarement accompagné de jus de canne à sucre. Romain rentrera donc tardivement, fier d’avoir fait preuve d’une extrême politesse en ayant accepté absolument toutes les bières offertes, comme le veut la coutume vietnamienne. Un bel esprit de sacrifice de la part du Président, que nous tenions à signaler. La soirée se termine plus calmement à l’hôtel, devant un bon film.

Samedi 19 septembre

Aujourd’hui, c’est un jour de la plus haute importance pour deux raisons : tout d’abord se dispute au Clairefontaine Vietnamien une affiche de rêve qui oppose les talentueux footballeurs de l’académie SCAVI Rocheteau à la crème du foot Vietnamien, la sélection nationale de moins de seize ans. Mais c’est aussi et surtout une date célèbre pour l’association « MaisVousEtesFoot ! » car c’est l’anniversaire du trésorier ce qui autorise, exceptionnellement et avec l’approbation du généreux Président, un petit excès financier pour commémorer cet évènement unique. Mais ne sautons pas les étapes car une longue journée attend les cousins avant de célébrer cet anniversaire tant attendu.

Tôt le matin, Romain attrape une mobylette-taxi puis, armé de son courage légendaire, se dirige vers le stade situé à quelques kilomètres du centre. Une fois arrivé, il dégaine son sublime appareil photo puis mitraille le monument sportif sous tous les angles. Ensuite, il se dirige vers un second stade et, surprise, constate que celui-ci est occupé par une flopée d’enfants tout de blanc et rouge vêtus. Et pour cause, cette petite centaine de garnements participe aux stages affiliés au club de foot anglais d’Arsenal. Pendant que le président observe ce drôle de tableau, Thomas, confortablement assis sur son lit rédige une bonne partie du blog de la Thaïlande.

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Une fois les clichés dans la boite noire, l’inconditionnel du FC Nantes gagne à nouveau le centre pour y retrouver son cousin, Henri, Daniel ainsi que les joueurs. Tous sont regroupés dans une salle de l’académie pour un dernier débriefing avant le coup d’envoi. Henri demande en priorité à ses joueurs de prendre du plaisir et d’appliquer les enseignements qu’ils ont acquis durant les entrainements précédents. « Le résultat importe peu » car, Coach Atamaniuk le sait, une victoire de ses protégés est quasi impossible. Et pour cause, son meilleur attaquant ainsi que son meneur, soit les deux piliers de son équipe, porteront le maillot rouge de l’équipe nationale.

Le coup d’envoi est donné, Henri s’égosille sur le terrain pour mieux conseiller ses poulains. Daniel, placé dans les tribunes afin de bénéficier d’une meilleure vision du jeu, regarde le match d’un œil attentif. Le match est d’un niveau élevé, les passes sont propres, les actions nombreuses et l’intelligence de jeu bien présente. Aucune équipe ne domine, les deux formations semblent être au même niveau. Mais au milieu de la première mi-temps, le match va tourner en faveur des académiciens puisqu’ils inscrivent le premier but. Et quel but !!! Sur un long dégagement du gardien, feinte de corps de l’attaquant qui met dans le vent son vis-à-vis et, sur le rebond qui suit, place une frappe des 30 mètres qui lobe le gardien, légèrement avancé ! Waouh ! Suite à cette ouverture du score magnifique, les U16 vont pousser mais la première mi-temps s’achèvera sur le score de 1-0 pour la team d’Henri.

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La deuxième manche débute, du coté des rouges, toute l’équipe a été remplacée par des joueurs frais comme des gardons. Pour l’équipe adverse, celle d’Henri, très peu de changements ont été opéré car l’effectif ne dispose pas de suffisamment de joueurs. Ainsi, le match reprend avec un avantage non négligeable pour l’équipe nationale. Et la suite est facile à deviner. L’équipe au maillot rouge orné d’une étoile dorée au niveau de la poitrine égalise sur un pénalty puis remporte le match en inscrivant un dernier but dans les vingt dernières minutes. Les élèves d’Henri auront beau poussé pour égaliser, ils ne feront que toucher la barre…Résultat : 2-1 en faveur de la sélection nationale. Les académiciens n’ont pas à rougir de cette maigre défaite car ils ont livré une très belle partie.

Après l’effort, le réconfort… accompagnés du staff des deux équipes, nous désertons le centre pour nous diriger vers un restaurant non loin du centre ville. La joyeuse troupe déguste un délicieux steak frite avant de terminer la soirée dans un bar posté dans les alentours. A la surprise du gros Toutoune, un énorme gâteau surmonté de 28 bougies est posé sur l’une des grandes tables du troquet et c’est en chœur que le cortège footballistique, escorté par quelques serveuses, fredonnent un air bien populaire, celui du Happy Birthday. C’est la larme à l’œil que Thomas souffle cette multitude de petites bougies qui semblent se perdre dans l’épaisse crème du gigantesque gâteau. Belle et inoubliable soirée qui se termine vers 2h.

Dimanche 20 septembre

Evidemment, il faut se remettre de la soirée d’hier et donc une grasse mat’ s’impose. Au programme de la journée : rien, juste du repos. Cependant, nous évacuons tout de même les lieux vers 19h afin de rejoindre Henri et Daniel dans un restaurant niché à proximité du vieux théâtre français. Les deux loulous interpellent un taxi qui, a la surprise générale, conduit à une lenteur légendaire. Peut-être valait-il mieux pour nous de s’y rendre à pied !!! Avec une poignée de minutes de retard, nous gagnons en hâte le restaurant puis apercevons nos deux amis. Suite à ce diner, c’est l’heure de procéder à la tache la plus ingrate du voyage, celle des adieux. Avec difficulté et regrets, nous saluons les deux attachants entraineurs pour ensuite disparaître à bord d’un taxi d’un blanc immaculé. Henri, Dan, merci encore pour cette riche semaine pleine de bonheur et d’histoire, une autre page de nos aventures se tourne mais pas le temps de se lamenter car demain, changement de ville, d’académie et d’histoire ! Direction, l’académie JMG du Vietnam.

Lundi 21 septembre

C’est vers 6h du matin et en avion que nous débarquons dans cette modeste ville située près de la frontière Cambodgienne. Rien à voir avec Saigon. Ici, c’est la réplique même d’une petite ville asiatique lambda. Seul un hôtel quatre étoiles surdimensionné par rapport à la petitesse de la métropole semble servir de repère dans la ville.

Bagages à la main, nous sommes accueillis par Guillaume Graechen, le directeur technique de l’académie JMG. Une fois à bord de sa voiture, nous avalons une bonne vingtaine de kilomètres avant d’atteindre notre destination. Situé en pleine campagne, loin du bruit et de la pollution, nous découvrons un véritable havre de paix. Le cœur du centre, composé d’une série d’habitations élégantes est entièrement noyé par un océan de verdure. Le complexe footballistique englobe pas moins de cinq terrains de foot, un praticable couvert et deux piscines de taille plus que correcte. Le tout financé par la plus grande fortune du pays, Doàn Nguyên Duc.

Patron de la société Hoàng Anh Gia Lai, petit atelier de fabrication de tables et de chaises d'écoles, Doàn Nguyên Duc et ses collaborateurs ont travaillé d’arrache pied pour transformer ce modeste atelier en un groupe industriel d'envergure opérant dans divers secteurs dont le reboisement, la transformation du bois, l’immobilier, le tourisme et bien sur le football. Aujourd’hui, le centre abrite, en plus de l’académie JMG, son fameux club de foot Gia Lai ainsi qu’une seconde école de football. Vous l’aurez compris, ce milliardaire fou de foot est à l’origine de ce lieu gigantesque et moderne.

Bref, Guillaume nous fait visiter les lieux puis nous affecte dans l’une des confortables chambres du centre. Nous profitons de la matinée pour terminer notre nuit en exécutant un petit roupillon jusqu’à l’heure du déjeuner, prévu vers 12h. Évidemment, cette matinée détente est exceptionnelle puisque c’est la seule journée de la semaine où les académiciens ne s’entrainent pas le matin. Suite à cette sieste un poil trop courte, les deux cousins abandonnent leurs lits pour gagner la cantine. Une fois à l’intérieur, plusieurs dizaines d’enfants issus de l’académie JMG et de l’école de Gia Lai interrompent leur collation pour venir nous saluer. Un par un, chaque enfant se présente devant nous pour nous souffler leur nom et procéder à une poignée de main en guise de salutation. Sympa les petits loulous ! Après ces présentations, nous rallions la table où sont installés Guillaume et les coachs adjoints puis avalons un bol de riz accompagné de légumes et de viandes.

Ensuite, direction le café du centre pour y siroter un café froid avec des glaçons (très courant ici, beaucoup plus populaire que le café chaud) en compagnie de Guillaume. Ce dernier nous raconte son parcours footballistique notamment sa carrière au sein du club de Romorantin dans lequel il a évolué pendant quelques années avant de devenir directeur technique de l’académie JMG du Vietnam. Aujourd’hui marié à une jeune et jolie vietnamienne, ce personnage d’une trentaine d’année semble s’être entièrement fondu dans la culture du pays.

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Mais pas le temps de flâner devant notre café froid car l’entrainement débute dans quelques minutes. Nous désertons alors les lieux en direction du terrain où sont regroupés les académiciens. Vêtus de leur maillot blanc et rouge aux couleurs d’Arsenal (partenaire de l’académie), les enfants, comme dans toute académie JMG, sont dispatchés en deux groupes en fonction de leur âge. D’un coté, les 12-13 ans, et de l’autre les 14-15 ans. L’entrainement débute par une série d’exercices concoctés par Guillaume.

Fort de notre expérience passée au sein des autres académies JMG, c’est sans surprise que nous observons, d’un œil amusé, le génie de ces gamins qui semblent avoir déjà complètement apprivoisés le ballon rond. Postés aux abords du coach, ce dernier nous dresse le profil de chacun afin que nous puissions les connaitre plus rapidement. Une fois l’entrainement terminé, nous paressons un moment sur le terrain à discuter avec les coachs et les élèves pour ensuite disparaître dans notre chambre en attendant le souper.

Après le diner avec les académiciens, les deux voyageurs, fatigués de cette longue journée regagnent leurs chambres pour s’affaler comme deux gros steaks sur leurs lits.

Mardi 22 septembre

Comme tous les jours, nous assistons à l’entrainement du matin. Les enfants débutent la séance en effectuant une série de jonglages, fidèles à la politique de JMG. Une fois échauffés, les futures stars du ballon rond peuvent enfin procéder aux exercices élaborés la veille par coach Guillaume. Exercices qu’ils assimilent d’ailleurs très rapidement. Privés de chaussures, c’est sous un léger crachin que les enfants tapotent la balle.

La journée se poursuit par le déjeuner suivi de notre désormais habituel café froid en compagnie de Guillaume, avec qui nous entretenons de très bonnes discussions puis par l’entrainement de l’après midi.

Dès notre retour à la chambre, une personne de la comptabilité du centre nous interpelle et nous informe que la police de ce charmant pays communiste nous invite à évacuer les lieux. La raison ? La lourdeur bureaucratique… le centre a omis de signaler notre présence au gouvernement. Aussi, nous devons déguerpir ce soir si nous ne voulons pas avoir affaire a ces charmants bonhommes en uniforme. Blazés de quitter cet endroit plutôt sympathique, nous sautons dans la voiture de Guillaume qui nous achemine vers l’hôtel le plus classe de la ville, celui dont la taille semble être surdimensionnée par rapport à la petitesse de la ville. Par chance, ce château de béton quatre étoiles appartient à la compagnie Gai Lai, nous sommes donc entièrement pris en charge par le club. Cool !

Mercredi 23 septembre

Vers 8h, Guillaume vient chercher les deux journalistes mal réveillés pour ensuite gagner le centre sportif afin d’y préparer l’entrainement. Pendant ce temps, les deux cousins s’occupent devant internet ou profitent de leurs temps libre pour prendre quelques clichés de l’académie. Une fois l’entrainement terminé, Guillaume nous conduit dans le centre ville et nous partons explorer, en compagnie de sa femme, les étroites ruelles qui découpent l’immense marché artisanal de la petite métropole. Ensuite, c’est dans le restaurant de notre hôtel que nous dégustons de bons plats locaux pour, enfin, revenir quelques heures plus tard au centre JMG. L’entrainement se déroule comme d’habitude en début d’après midi pour se terminer deux bonnes heures plus tard sous une ondée. Nous rentrons avec notre ami Guillaume puis passons une agréable nuit dans nos gros lits douillets.

Jeudi 24 septembre

Même planning, entrainement du matin et tennis ballon pour Romain (en équipe avec l’un des adjoints de Guillaume), suivi de la séance de l’après midi. Pour rassurer les lecteurs et lectrices de ce blog quant au niveau footballistique des membres de l’association, je tiens tout de même à décrire furtivement quelques lignes de l’entrainement qui se déroulait en cette belle journée pluvieuse de septembre. Au menu du jour, petit match entre académiciens, les futures stars de foot, en compagnie de quelques coachs, les anciennes stars, et du Camarade Romain, l’inconditionnel du méchant Lénine. A lire cette malheureuse dernière phrase, il est tristement facile de trouver l’intrus et pourtant mesdames et messieurs, Romain et son équipe ont joués comme des gladiateurs téméraires combattant une horde de lions féroces. Personne ne pouvait les dérouter, pas même les coachs adjoints qui ont pourtant tout fait pour gagner ont du s’incliner… oui lecteurs et lectrices, c’est bien Romain et son équipe qui ont remporté la coupe ! Etant témoin de la scène, je dois avouer qu’el Presidente s’est forgé une réputation de joueur talentueux (oui, le récit est lourdement exagéré mais bon…). Après un tel spectacle et une telle lutte, une petite douche pour nettoyer les muscles encore bandés du fait de l’effort physique intense engendré par le match est vitale pour notre président.

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Nous terminons la soirée chez Guillaume qui nous a gentiment conviés à diner chez lui. Le coach profite de notre présence pour skyper le directeur technique de JMG Thaïlande, Eric Decroix, que nous avions rencontré un bon mois auparavant et avec qui nous échangeons quelques nouvelles. Suite à cette agréable rencontre téléphonique, nous passons à table afin de déguster les mets délicatement cuisinés par la femme de Guillaume. Après ce succulent repas, nous rebroussons chemin pour nous caler confortablement dans nos lits.

Vendredi 25 septembre

Dernière journée à l’académie et certainement la plus chargée puisque c’est un jour un peu spécial pour les académiciens. Eh oui, c’est l’heure de la fameuse présentation. En fonction du niveau, chaque enfant doit valider une série d’exercices de jongle pour pouvoir par la suite accéder au degré supérieur. Les moins avancés doivent exécuter un nombre de jonglages définis et les plus expérimentés doivent eux réaliser des jonglages sur une distance en un temps donné…bref, autant dire que la tache n’est pas facile.

Mais avant, la journée débute dans les bureaux de Guillaume qui nous annonce sa méthode de travail puis les outils qu’ils utilisent pour gérer sa base de données. Eh oui, tout intéresse l’association « MaisVousEtesFoot ! ». Suite à ces explications, c’est l’heure de l’entrainement du matin. Au programme, un tennis ballon.

Romain, accoutré de son maillot jaune pour impressionner ses petits camarades innocents fait aujourd’hui équipe non pas avec l’un des coachs, mais avec un élève qui ne sait pas encore ce qui l’attend. L’exercice débute et dure une bonne heure. Évidemment, je ne détaillerais pas une nouvelle fois les acrobaties faramineuses que le Nantais a exécutées…Après l’entrainement vient la pause-déjeuner puis la fameuse et tant redoutée présentation.

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Les académiciens sont sous pression. Chacun d’eux doit réussir une série d’exercices afin d’accéder au degré suivant. Si l’apprenti footballeur échoue à l’un des exercices, alors il quitte la pelouse, c’est maintenant terminé pour lui et il devra attendre la semaine prochaine pour retenter sa chance. Et ça sera le cas pour un grand nombre d’entre eux. Seulement deux académiciens accomplissent les exercices parfaitement, leur permettant ainsi de gravir une marche supplémentaire dans leur formation de footballeur. Pendant ce temps, Romain participera à diverses séries de tirs au but en compagnie des académiciens ayant échoué dans leur présentation.

Une fois le test terminé, il est temps de procéder une nouvelle fois à des adieux déchirants ! Nous saluons et remercions Guillaume pour son accueil. Il est évident que ce court séjour au sein de l’académie demeurera longtemps gravé dans nos mémoires. Mais avant de quitter les lieux, ils nous restent une bonne heure à partager avec les enfants. Eh oui, nous avons décidé d’optimiser notre dernière journée à l’académie en assistant à leur cours d’anglais. Retour à l’école pour les deux diplômés. Cette fois-ci, Thomas s’installe, non pas derrière un pupitre mais derrière sa caméra et filme la leçon d’anglais. Silence absolue dans la classe, entrecoupé par intermittence par la voix de l’institutrice. Les élèves, très studieux, écoutent attentivement la prof au point de laisser Thomas bouche bée lui qui, au même âge, était plutôt un élève soit, surdoué, mais légèrement agité (note du président : le trésorier de l’association semble garder une mémoire confuse et erronée de ses études). Le cours s’achève, nous échangeons les adresses mails puis saluons avec émotion les élèves. Accompagnés de l’institutrice, nous montons dans un taxi qui nous ramène à notre hôtel.

Samedi 26 septembre

C’est l’heure de quitter ce bourg pour en rejoindre un autre situé sur le golfe du Tonkin : Hoi An. Après quelques changements de véhicule, nous atteignons notre objectif à la tombée de la nuit.

Située dans la province de Quang Nam, à trente kilomètres de Danang, sur la rivière de Thu Bong, cette petite ville charmante abritant environ 75 000 habitants est classée au patrimoine mondial de l’UNECSO. Pas étonnant, puisque Hoi An dissimule entre ses murs des trésors architecturaux impressionnants. 844 bâtiments sont répertoriés pour leur intérêt historique et architectural. Chiffre étonnant quand on songe à la modeste superficie de la ville.

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Au centre de Hoi An, baignent une multitude de maisons aux façades colorées de jaune et aux volets turquoises. Certaines sont coiffées d’une toiture composée de centaines de tuiles concaves et convexes, de style yin et yang. Plus excentré, se trouve le sublime pont-pagode Japonais, un pont couvert construit en 1593 pour relier les quartiers habités par les communautés chinoises et japonaises. Mais le spectacle est aussi au rendez vous à la tombée de la nuit quand toutes les façades des boutiques du vieux centre ville sont balayées par une douce lumière émanant des lampions situés sur les bords des routes. Vient se mélanger à cette magie, le rire et les sourires des locaux pour envouter à tout jamais l’esprit de ces petits baroudeurs. (Note du président : Wow ! Thomas vient de s’enflammer de façon incroyable. Mesdames et messieurs de l’Académie Française, préparez un siège pour cousin Toutoune !)

Après une brève excursion de la ville, nous rebroussons chemin pour retrouver notre hôtel situé sur le bord de la rivière Quang Nam.

Dimanche 27 septembre

C’est à une heure assez matinale (10h) et sous un grand soleil que nous foulons les petites rues goudronnées de Hoi An. Aujourd’hui, c’est journée pépère. Au programme, shopping chez le tailleur du coin, déjeuner dans un restaurant niché en face du très pittoresque marché aux poissons puis visite de la ville pour mieux apprivoiser les lieux. Non loin de la poste, se situe le terrain de foot où séjournent vaches et poules qui, vers 17h, disparaissent pour laisser place aux sportifs désireux de taper la balle.

Vers 18h, le soleil est remplacé par la nuit et un orage fait irruption. De retour à l’hôtel, nous rencontrons un couple d’Australiens âgés d’une cinquantaine d’années en pleine lune de miel (eh oui !). Armés d’une bouteille de Cointreau, en raison de l’anniversaire de la gentille australienne, ces derniers nous invitent à s’enivrer de ce liquide 100% made in France. Coincés à l’hôtel à cause d’une forte averse, nous acceptons l’invitation et sirotons ce breuvage pour réchauffer nos corps frileux. Une longue discussion s’instaure alors entre les Oz et les Frenchies. Conversation qui se terminera deux bonnes heures plus tard dans un étale du coin lors de la dégustation d’un bon pho (plat traditionnel vietnamien).

Lundi 28 septembre

Après une grasse matinée, nous partons récupérer notre garde robe auprès de notre tailleur. A savoir, deux costards, quelques pantalons et deux blousons, le tout taillé sur mesure et pour un prix défiant toute concurrence. Paquet sous la main, nous regagnons notre hôtel sous un vent violent et une pluie terrible. A en croire les habitants, un typhon arrive…et pas n’importe lequel, celui qui a ravagé les Philippines quelques jours auparavant et qui porte le nom bizarre de Ketsana. N’écoutant que notre courage et avant d’être complètement isolés du reste du monde, nous partons diner. Et c’est parti, nous enfilons nos blousons imperméables et franchissons la porte de l’hôtel. Au passage, la propriétaire nous susurre d’une voix quelque peu alarmante : « pouvez vous revenir assez tôt car je dois barricader la porte à cause de l’arrivée du typhon », « Voui m’dame » ripostent les deux morfales.

Un repas vite avalé et comme promis, les deux cousins reviennent à l’hôtel à une heure plus que raisonnable. Une fois rentrés, le bâtiment est en état de siège, portes et fenêtres sont condamnées par des planches de bois couplées à des tiges de fer et des chaises. En gros, ça ne rigole pas… Interdiction de sortir, l’état d’alerte est en place. Comme prévu, la nuit est quelque peu agitée…

Mardi 29 septembre

9h, Thomas se lève pour constater les dégâts engendrés par ce typhon. La surprise et l’étonnement sont de taille puisqu’en ouvrant la porte de sa chambre, il constate que le premier étage de l’hôtel est inondé mais pas le rez-de-chaussée ! « Quelle drôle de bizarrerie » murmure le trésorier. Vêtu de son plus beau pantalon acheté en Bolivie, Thomas continue sa ronde en se rendant à l’accueil de l’hôtel où s’active le staff. Tous, seau à la main, balai dans l’autre, se démènent pour faire face a cette drôle d’inondation survenu au premier étage. Avec le vent qui a soufflé toute la nuit, de nombreuses tuiles ont pris la poudre d’escampette et il n’est guère étonnant que l’eau se soit infiltrée par les innombrables interstices présents sur le toit. Pourtant, ce n’est pas la pluie qui nous inquiète. Non, le danger provient plutôt de la rivière. Le niveau de cette dernière à dangereusement augmenté annonçant une inondation du rez-de-chaussée certaine. En gros, « dans quelques heures, le bâtiment sera totalement sous l’eau rendant l’hôtel peu sûr » annonce diplomatiquement la propriétaire à ses occupants. Aussi, « nous devons évacuer les lieux vers un endroit mieux protégé, vous avez 30 minutes pour boucler vos sacs » complète t-elle. Panique à bord, les occupants se ruent vers leurs chambres pour exécuter les ordres de la pauvre dame débordée à déménager son rez-de-chaussée. Et très vite, l’eau grignote doucement la base des portes de l’édifice. Une fois tout le monde au pied de guerre, l’évacuation commence. Tous les clients de l’hôtel, chargés comme des mules, plongent leur pied dans l’eau boueuse et glaciale (déjà plus de 40 cm dans la rue) puis tâtonnent les alentours à la recherche d’une marche, éventuellement camouflée par l’épaisse couche d’eau. Avant de voir partir le dernier occupant de l’hôtel, la propriétaire nous rassure en beuglant « dépêchez vous car l’œil du cyclone arrive dans 15 minutes »…merci m’dame.

Ainsi, l’exode commence. La troupe de réfugiés déambule dans les rues inondées sous une pluie violente et un vent puissant qui courbe les palmiers. Sur le bas coté des rues que l’eau n’a pas encore colonisées, sont éparpillés des planches, des tuiles, des branches, des toits en taules arrachés par les bourrasques, rendant le paysage vraiment chaotique. Bref, un avant gout de fin du monde ici. Personne n’ose s’aventurer dans les rues, par peur de se faire décapiter par un morceau de taule ou une tuile vagabonde, excepté une petite troupe de joyeux touristes qui se promène pieds nus alors que le cyclone arrive à son apothéose. Mais rien ne pourra entraver le courage de ces irréductibles voyageurs. « El Presidente » fera d’ailleurs ce trajet en jonglant tranquillement avec un ballon, son sac à dos de 20kg bien vissé sur ses épaules et la caisse contenant nos costards posée sur ses bras musclés.

Enfin, après quelques minutes, nous atteignons notre nouveau campement. Celui-ci est beaucoup plus sûr et possède aussi bigrement plus d’étoiles. D’un hôtel ravagé par les eaux, nous pénétrons dans un hôtel grand luxe avec piscine (no comment) et des chambres classes pour le même prix, soit 12$. Une fois dans les chambres, interdiction d’en sortir car les coursives qui enveloppent l’hôtel sont considérées trop dangereuses. En effet, notre garçon de chambre (oui monsieur !), s’est pris un débris de verre sur le pied en voulant apporter notre déjeuner. Pas de chance pour lui, une tuile a heurté une fenêtre qui s’est brisé alors qu’il portait précieusement nos soupes de nouilles. Rassurez vous, ce dernier n’a été ni balafré, ni éborgné.

Sans électricité, nous essayons de nous occuper comme nous pouvons….Pas facile. Par chance, l’hôtel dispose d’un groupe électrogène qui permet de fournir de l’électricité à ses occupants à partir de 19h rendant la fin de journée un poil plus agréable.

Mercredi 30 septembre

Le cyclone sévit toujours mais à perdu de son intensité. Nous restons un long moment, séquestrés dans notre chambre, à observer cette bizarrerie de la nature. En fin d’après midi, nous tentons une excursion express de la ville afin d’user nos rares dongs restants (la monnaie vietnamienne) dans l’achat d’eau et de gâteaux. Par chance, une boutique avait ré-ouvert ses portes.

Une fois de retour dans notre prison dorée, le constat est clair : les deux détenus sont condamnés à prolonger leur séjour, le temps de se réapprovisionner en argent (les distributeurs sont, fort logiquement, hors service) puis d’attraper un bus car sans électricité, pas de dong et sans dong, pas de bus. Aussi, nous occupons notre fin d’après midi à picorer nos gâteaux…

Jeudi 01 octobre

Enfin, le ciel grisâtre a disparu pour laisser place à un grand ciel bleu azur. Nous décampons de notre hôtel pour faire un bilan des dégâts et tenter de retirer du cash. La vie reprend son cours normal dans la petite ville de Hoi An sauf que les voitures ont été remplacées par des pirogues « taxi » donnant un aspect singulier au village. Sur l’allée principale, le niveau de l’eau atteint la hauteur de nos épaules (et donc submerge les locaux) rendant difficile tout déplacement.

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Évidemment, l’électricité est toujours coupée et les distributeurs toujours hors d’usage. Impossible donc de se procurer de l’argent et par conséquent, de partir loin d’ici. Après avoir croisé un terrain envahi par des porcins (dédicace au marcassin joyeux), nous continuons notre ronde par le terrain de foot qui lui, ne semble ne pas avoir souffert du cyclone. Les vaches sont toujours en train de mâchouiller paisiblement de la verdure et les poules en recherche constante du moindre prétexte pour galoper à travers cette grande étendue d’herbe. Habillés en footballeurs, nous attendons sereinement l’arrivée des joueurs. L’aiguille indique 17h et le terrain est toujours aussi vide. Il semblerait que le typhon ait emporté les joueurs ! 17h10 : un groupe de jeune pénètre enfin sur le terrain, slalome les bouses de vaches et commence à tapoter le ballon. Camarade Romain s’intègre au jeu et un match se met en place par la suite. Au programme, un 3vs3 avec comme poteau de but, un globe de notre belle vieille planète (le hasard fait bien les choses non ?). La partie s’achève à la tombée de la nuit et les joueurs disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés.

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Soif et faim, les deux cousins partent à la recherche d’un resto qui pourrait apaiser leurs estomacs. Au bord du stade, coincé entre deux imposants bâtiments, se trouve un petit étale alimenté en électricité par un groupe électrogène. Nous prenons place à l’une des tables du resto puis dépensons nos derniers dongs pour casser la croute. Au menu…on ne sait pas trop ! En effet, la carte est rédigée en vietnamien. Du coup, nous laissons le hasard choisir pour nous. Tout en sirotant notre bière, un groupe de jeunes bien éméchés nous interpelle et nous invite à se joindre à eux. Une fois à leur table, commence une discussion de sourd entre ces alcooliques fêtards et la sobre association « MaisVousEtesFoot ! ». Entre deux bières, la serveuse pose notre plat sur la table et nous découvrons enfin notre commande. D’un regard stupéfait, les deux cousins fixent l’assiette blanche ornée de maigres cuisses de canard laqué. Perdu dans le plat, blottie entre les nombreuses pattes, se dresse fièrement la tête cuite de l’animal ! Hmmm quel bon choix ! Dorénavant, nous ne ferons plus confiance au hasard.

Après avoir avalé ce met « local », nous prenons congés de nos amis pour disparaître dans l’obscurité de la nuit. Direction, un autre restaurant afin de se sustenter correctement. Tout de même quand même ! Une fois nourris, retour à l’hôtel.

Vendredi 02 octobre

L’eau se retire doucement pour laisser place au bitume et l’électricité refait son apparition en fin d’après midi. Nous profitons de cette journée ensoleillée pour refaire le plein d’argent, redécouvrir la ville, booker notre bus pour Hanoi, accomplir quelques taches administratives (l’envoi des costards) et échouer dans notre tentative d’intégrer un match de football.

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Samedi 03 octobre

Départ 14h en direction d’Hanoi. La destination finale est la petite île de Cat ba, perdue dans la baie d’Halong. Mais avant, nous devons subir un long voyage à bord d’un bus dont l’état est vraiment miteux. Tout commence à Hoi an, notre car débarque, avec un léger retard, aux portes de notre hôtel. Thomas grimpe le premier et affiche un large sourire car, pour la première fois depuis notre départ de France, le bus dispose de véritables lits. Nous commençons à prendre nos aises quand le chauffeur nous informe que nos places se trouvent être les deux pauvres sièges situés derrière celui du conducteur et dont les dossiers semblent quelque peu défectueux. Derrière nous, l’enfilade de lits est prise d’assaut par les locaux. Ca sent l’entourloupe tout ça…Bref, le trajet dure 18h.

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Avec une crampe à chaque fesse et une faim intolérable, nous débarquons enfin, vers 8h, à Hanoi, la capitale, pour attraper dans la foulée, un mini van en direction de Halong city. Et c’est reparti pour 3h de folie… tous serrés comme dans un sac à patate, nous traversons des villages, des villes ainsi que des montagnes pour arriver à Halong City vers 13h. Le mini van dépose ses passagers sur le bord du périph (!!!) pour ensuite continuer sa route. C’est en compagnie de deux Israéliennes que nous poursuivons notre folle aventure vers cette petite île logée au milieu d’un paysage fort sympathique. Avant d’en fouler la terre de nos pieds musclés et poilus, nous devons dégoter un bateau susceptible de nous y amener. Les ferrys ayant déjà tous quittés le port, nous affrétons, en contrepartie de plusieurs dizaines de dollars, un gigantesque bateau privé. A bord : les deux israéliennes fraichement rencontrées et les deux membres de l’association « MaisVousEtesFoot ! ». Let’s go to Cat Ba, nous naviguons une bonne heure et observons, allongés sur des transats, défiler un paysage sublime. Au milieu de la mer, s’élèvent d’énormes pics rocailleux qui semblent s’être égarés d’un tableau. Vient se conjuguer à cette beauté naturelle, un couché de soleil orangé dramatique qui donne un aspect magique à ce lieu réputé du Vietnam. Vers 17h30, les quatre passagers débarquent pour grimper dans un mini bus en direction du plus grand village qui porte le nom… de Cat Ba. Pendant le trajet, nous faisons la connaissance de trois Français, Nicolas, Delphine et Benjamin.

Après une bonne douche, la délégation française et israélienne part avaler un succulent plat de riz dans un restaurant situé sur le bord de mer. La soirée se termine dans un bouiboui du coin en ingurgitant quelques Tiger, la bière qui rend heureux.

Dimanche 04 octobre

Grasse matinée suivie d’une séance bronzette sur une des plages de l’ile en compagnie de nos amis français connus la veille. La journée se poursuit et nous profitons de cette soirée un peu spéciale pour savourer une petite bouteille de champagne ramenée pour célébrer l’anniversaire de Nicolas. Vers minuit, bercés par le claquement de nos verres en plastique et sous un magnifique ciel étoilé, nous chantonnons un happy birthday à Nicolas.

Lundi 05 octobre

Tandis que nos compatriotes partent faire un trek, nous nous dirigeons vers un terrain de foot qui se dresse au milieu de la ville. A notre arrivée, une partie a déjà commencé. Par conséquent, nous serons, aujourd’hui, seulement spectateurs. Bref, journée repos…

Mardi 06 octobre

13h, Voila le moment que les deux cousins redoutent le plus mais ce sont les lois du voyage, celui des adieux, tout d’abord aux français qui partent vers Hue, puis aux israéliennes qui s’en vont vers le nord du pays. Une fois le bus disparu, Camarade Romain retourne à l’hôtel pour enfiler son beau maillot rouge à l’effigie du club Singapourien de Home United et chausser ses chaussures aux crampons usés. Thomas, pour sa part, attrape la caméra et son appareil photo puis tout deux partent gaiement vers le terrain de foot. A notre arrivée, le praticable est complètement vide, pas de vache qui broute l’herbe ou de poule qui court aléatoirement sur le praticable. Juste deux français qui ont faim de foot.

17h, les joueurs, montés sur leurs fidèles destriers en acier, débarquent enfin et pénètrent aussitôt sur le terrain. Deux équipes de onze sont facilement créées. Une fois ces dernières constituées, le match débute au son d’un discours incompréhensible craché par les hauts parleurs qui occupent les quatre coins du terrain. Surélevé par rapport a l’aire de jeu, est positionné, sur un large trottoir, un groupe de curieux qui observe la partie. Et à en juger par leur sourire en coin, le fait qu’un occidental soit dans le match semble beaucoup les amuser.

La rencontre s’achève vers la tombée de la nuit, les joueurs nous invitent à disputer une troisième mi-temps dans un bar localisé derrière le terrain. Nous acceptons l’invitation puis buvons une série de jus de grenadine. Une fois terminés, nous regagnons notre hôtel pour y passer une soirée paisible et reposante.

Mercredi 07 octobre

Aujourd’hui, les deux loulous partent en expédition, à la recherche d’un terrain de foot « incroyable » qu’ils ont entraperçu lors de leur arrivée sur l’ile. Comme tout bon vietnamien qui se respecte, nous louons un scooter puis quittons la ville en direction de la campagne. A la périphérie de Cat Ba, s’étend une longue langue de terre qui, parfois, se transforme en terrain de foot. C’est exactement cet endroit que nous cherchions mais il est un peu tôt pour guetter l’arrivée des joueurs. Ainsi, les deux motards du mercredi enfourchent une nouvelle fois leur bécane et roulent sans trop savoir où aller. Nous traversons l’île sur toute sa longueur, traversons des hameaux, des montagnes puis revenons deux bonnes heures après sur le lieu pour y disputer un foot. Mais ce soir, les joueurs ne seront pas au rendez vous et la langue de terre restera vacante. Nous restons tout de même sur place pour y admirer un merveilleux coucher de soleil.

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Jeudi 08 octobre

Et voila, nous abandonnons l’ile de Cat Ba ainsi que ses immenses pics rocheux qui semblent embrasser le ciel pour rejoindre Hanoi, une ville qui parait ne jamais s’endormir. Un ferry et un bus plus tard, nous voici au cœur de la tumultueuse capitale. Notre arrivée tardive repousse la visite de la métropole à demain. Juste le temps d’ingurgiter un hamburger et de retrouver nos lits.

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Vendredi 09 octobre

La journée débute par un crochet à l’ambassade du Laos située à quelques blocs de notre hôtel pour y faire faire nos visas puis direction le stade de la capitale afin d’en prendre quelques clichés. Une fois la mission accomplie, nous repassons à l’ambassade du Laos pour y récupérer nos passeports. Et voila, la page du Vietnam va bientôt se tourner car dimanche nous quittons ce pays.

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Samedi 10 octobre

Journée visite de la ville.

Dimanche 11 octobre

19h, assis confortablement dans nos sièges, le bus quitte Hanoi. A l’intérieur, se trouve Tony, un Anglais qui vit à Vientiane ainsi que Jeremy et Olivia, deux voyageurs avec qui nous sympathisons. Les discussions s’estompent rapidement pour faire place à un grand silence. Bercés par le vrombissement du moteur, la joyeuse troupe de voyageurs entame un gros dodo qui prendra fin tôt le lendemain matin. Le bus, lui, continue sa route en direction de la frontière laotienne.

Lundi 12 octobre

6h du matin, nous voici à la frontière. Il faut patienter une trentaine de minutes avant l’ouverture. Armés d’un café, nous sirotons ce liquide chaud pour faire le plein d’énergie et pour réchauffer nos corps endormis. Tony, ballon au pied, nous invite à taper la balle et pour cause, bloqué entre un imposant bâtiment douanier et un poste de surveillance, s’étend un petit terrain de foot. Sans hésiter, nous tapons la balle avec notre ami en présence de quelques locaux…

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