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jeudi, mars 18 2010

L'Inde (du Nord), ça commence fort ! Par Thomas

Dimanche 08 novembre

Après un voyage en avion assez éprouvant, nous arrivons vers minuit à New Delhi, capitale du deuxième pays le plus peuplé au monde, l’Inde. Fatigués, nous sortons de l’aéroport pour grimper à l’intérieur d’un taxi semblant dater de l’époque de Nehru. Une fois les bagages casés dans le véhicule, le chauffeur, agrippé à son volant, amorce une véritable course contre la montre digne d’un Gran Tourismo sur PSP : se rendre en un temps record dans le quartier de Main Market, situé non loin du centre ville, tel est l’objectif stupide et suicidaire du taximan. Assis confortablement à l’arrière du véhicule, nous observons le paysage défiler à toute allure et serrons nos petites fesses musclées, en priant pour que le véhicule ne sorte pas des routes vétustes. Après avoir absorbé plusieurs G, nous arrivons sains et saufs à Main Market, le quartier routard de New Delhi. Le spectacle et le choc culturel sont considérables. Les rues sont quasi vides à l’exception de quelques vaches broutant les détritus tapissant le sol et de quelques vagabonds aux allures peu rassurantes. Nous voici en Inde, deux touristes fraichement débarqués à la quête d’un hôtel…

Après une petite heure à errer dans le quartier, nous dénichons enfin une chambre pour une poigné de roupies. C’est loin d’être le grand luxe mais l’important, est que l’on puisse dormir. La chambre est à l’image des rues du quartier : crade au point de partager notre cellule avec une famille de souris. Et impossible de chasser l’odeur nauséabonde qui flotte dans la chambre car l’unique fenêtre dont nous disposons donne sur le couloir de l’hôtel qui regorge de détritus. Bref, la nuit s’annonce bien. Après une courte douche froide (je me passerai de décrire la salle de bain !), les deux voyageurs se faufilent à l’intérieur de leurs sacs de couchage pour se laisser tomber dans les bras de Morphée.

Lundi 09 novembre

C’est en début d’après midi que les deux cousins quittent l’hôtel pour visiter les lieux. La première visite du quartier est assez violente culturellement parlant, rien à voir avec les pays précédents. En déambulant dans les allées grouillantes de la capitale, Thomas a cette étrange sensation d’être un spectateur de la vie des Indiens. Tous les recoins de la ville fourmillent de locaux s’adonnant à des activités inattendues et dans des conditions parfois extrêmes ou rigolotes. Cheminer dans les innombrables rues de la capitale, sous un soleil écrasant, est un exercice aussi étonnant visuellement qu’épuisant physiquement. Dans le fouillis des ruelles, les cris aigus des marchands ambulants se mêlent au brouhaha des passants. Les vendeurs de pacotilles, postés aux alentours de leur petite échoppe débordant de marchandises en tout genre, sont à l’affut des touristes. Pas loin du Main Market, notre QG, se situe la vieille ville, une rencontre inattendue, un joyau ancien, dans lequel la marche devient une sorte d’errance indéfinissable dans le temps. Face à nous et pour commencer cette visite dans le passé, se dresse l’imposant fort rouge d’architecture Moghole construit par Shah Jahan entre 1636 et 1648. Ce gigantesque complexe aux murs d'enceinte coiffés de tours comprend de nombreux palais impériaux, d’édifices en marbre et une mosquée. Malheureusement pour nous, la forteresse est fermée au public le lundi. Et vlan !

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Après quelques clichés, nous reprenons notre marche sous la brûlure insistante du soleil en direction de la grande mosquée Jama Masjid, la plus grande du pays, elle peut accueillir jusqu'à 25 000 personnes (quand même !!). C’est du haut de ses multiples minarets, trapus ou élancés, qui s’inscrivent sur le ciel de la ville, que s’élève la voix du Muezzin. Cet appel à la prière traverse la Capitale plusieurs fois par jour depuis des centaines de siècles. Au pied de ce bâtiment religieux, s’étend une large place où des enfants crasseux jouent au milieu des ordures, où s’entassent des bidonvilles au milieu d’un océan de détritus. Les jeunes s'amusent de peu de choses : faire rouler un pneu avec une baguette, tirer sur les singes avec des lance-pierres ou ramasser de la bouse avec les mains pour en faire des galettes. Ici comme partout en Inde, les animaux vivent au plus près des hommes. Chiens, vaches, cochons, singes et humains cohabitent le plus naturellement du monde.

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Après la visite de la mosquée, nous quittons l’enceinte religieuse pour nous perdre dans l’entrelacs des rues tortueuses du quartier musulman. Ecrasées par la lumière orangée du soleil, les ruelles débordent du flux de la foule grouillante. Se côtoient des femmes voilées de noir, des dames habillées en Sari, des jeunes demoiselles en jeans basket, un véritable patchwork de couleurs et de costumes. Nous vagabondons dans le cœur du quartier (je crois !!), assaillis par le bruit, l’odeur des épices, à la recherche de la sortie ; mais l’enchevêtrement et l’étroitesse des ruelles nous obligent à héler un cyclorickshaw (sorte de charrette tracté par un vélo) pour trouver l’issue. Une fois arrivés à notre point de départ, soit le Fort Rouge, nous regagnons la bouche de métro la plus proche en direction de notre hôtel.

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Mardi 10 novembre

Aujourd’hui, c’est la journée foot car nous sommes fous de foot chez MaisVousEtesFoot ! Après avoir contacté M.Bathia, secrétaire général de la fédération de football de Delhi, ce dernier nous invite à le rencontrer sur un terrain qui porte le nom légèrement singulier de « Air Force Ground » situé à coté de Raj Path Avenue. Rien à voir, avec l’armée Américaine ou avec le film Top Gun, pas de volley ball, ici, on joue au football ! Le tout, sur les terrains de l’armée de l’air indienne !

Pour en avoir le cœur net, nous hélons un autorickshaw (tuktuk indien) puis traversons la moitié de la capitale pour ensuite pénétrer dans un des quartiers les plus prisés de la métropole. De grandes avenues dégagées, bordées par de magnifiques monuments qui font office de ministères ou d’ambassades. On y trouve aussi de nombreux bâtiments officiels, des musées, dont le très riche National Muséum célèbre pour ses collections archéologiques et le Indira Gandhi National Centre for Arts. Evidemment, le quartier est d’une propreté exemplaire, pas de chewing gum collé sur le sol, nulle canette d’une fameuse marque de soda (Coca pour ne pas la citer) ne traîne sur les trottoirs…rien, nada, à croire que M.Propre a bien fait son travail !

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Parmi ces imposants bâtiments en tous genres, se situe Air force Ground. Nous accédons dans l’enceinte, attirons au passage le regard des GI’ Indien, qui doivent nous considérer comme des espions britanniques, puis terminons notre promenade aux abords d’un terrain de foot ! Après quelques informations soutirées auprès des coachs et des spectateurs, il semblerait que se déroule sur ce terrain, la sélection de la sélection de l’équipe de New Delhi (pour les moins de 16 ans)… oui, je sais ce n’est pas clair mais c’est ça. C’est devant un match fort intéressant que nous attendons patiemment l’arrivée du secrétaire général de la fédération de foot de Delhi. Les minutes défilent, le soleil décline et M.Bathia arrive enfin. Soit pas loin d’une bonne heure de retard. Le peu de lumière oblige les journalistes amateurs à remettre l’interview à demain. Le RDV est pris autour d’une délicieuse tasse de chaï, le thé indien.

Entre temps, le soleil a disparu derrière la ligne d’horizon de notre belle planète pour laisser place à la lune, plongeant ainsi la ville dans le noir. C’est donc à la lumière des lampadaires que nous quittons Air Force Ground, mais sur la route, nous rencontrons quelques jeunes gaillards mordus de foot qui ont participé à la sélection. Après quelques bavardages, ces derniers nous invitent à taper la balle au sein même de leur école. Evidemment, nous acceptons. Le RDV est pris !

Mercredi 11 novembre

On repart pour une matinée touristique en direction du fort rouge et, comme à chaque fois, une excursion dans la capitale demande une énergie considérable. Par conséquent, nous commençons notre périple par une collation au restaurant situé à quelques mètres de notre hôtel. Après cette pause gastronomique, les deux touristes sont prêts à se faufiler dans les ruelles inextricables de la ville, à supporter sa circulation anarchique (et la pollution qui va avec), et surtout à faire face aux harcèlements incessants des vendeurs ambulants. Une heure et quelques gouttes de sueurs plus tard, nous voila au pied de la forteresse, en face de la porte de Lahore. Armés de leur caméra et de leur appareil photo, les deux cousins partent en expédition à l’intérieur de ce fort rouge et sont bien décidés à en percer tous les secrets.

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Comme dans tous les complexes royaux des moghols, le fort abrite deux grandes salles d'audience, l'une publique et l'autre privée. Dans le Diwan i Am, l'empereur, assis sur un siège de marbre orné de pierres précieuses, recueillait les doléances des habitants. Dans le Diwan i Khas, il recevait ses intimes depuis son « trône du paon », siège en or et pierres précieuses qui fut emporté en Iran par Nadir Shah en 1739. Un peu plus loin se trouve le Rang Mahal, palais des couleurs, qui abritait les épouses du souverain. Le plafond était recouvert d'or et se reflétait dans un beau bassin en marbre. Aujourd'hui il ne reste que le bassin en marbre, toutes les peintures, incrustations de pierres précieuses ont été volées au cours des saccages du fort après la chute des empereurs moghols.

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Evidemment, il serait trop long de décrire les autres trésors dont regorge ce joyau. Par conséquent le narrateur de ce blog préfère inviter ses lecteurs à se documenter par eux même. Voila, ça, c’est fait.

Suite à cette matinée plutôt agréable, nous continuons notre route vers le stade Dr Ambedkar Stadium pour y rencontrer M.Bathia, notre secrétaire général de la fédération de foot de Delhi. Une fois sur place, une grande surprise nous attend. Le terrain est complètement colonisé par une infinité de jeunes filles, toutes habillées en tenue d’écolière et dansant sur une musique bien locale. Tous leurs mouvements sont parfaitement coordonnés. Ca swing à Delhi. Evidemment, notre personnalité du foot est en retard, nous patientons alors, agréablement, en regardant les danseuses balancer leur corps sur le rythme mélodieux d’une musique indienne. Une heure plus tard, M.Bathia, qui semble avoir un léger problème pour être à l’heure, fait irruption. Il nous invite à patienter de nouveau, le temps de rédiger une lettre en utilisant la bonne vieille méthode : la machine à écrire. Eh oui, ce serait intéressant de voir sa montre ! En tout cas, Thomas n’a pas pu s’empêcher de faire une bonne petite blague qui n’a fait rire que son créateur… (Une blague bien maline donc…)

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Une fois, l’interview terminée, le secrétaire général nous invite à assister à l’entrainement d’une équipe féminine non loin de notre QG. Nous grimpons dans la voiture usée de notre hôte pour ensuite nous fondre dans la circulation infernale de New Delhi. Une fois sur place, les joueuses sont aux vestiaires, l’entrainement est terminé. Zut nous arrivons trop tard ! A la surprise générale, M.Bathia interpelle l’équipe et demande de reprendre l’entrainement, pour qu’on puisse capturer leurs exploits sportifs en vidéos. Moment délicat puisque les filles étaient sur le départ…malgré cela, les joueuses remettent leurs maillots et pénètrent à nouveau sur le terrain. Elles jouent, nous filmons et les remercions…quand même, nous avons une réputation de Don Juan à tenir, nous les Français !

La journée se termine dans notre cellule où flotte une odeur de crotte de souris mais Thomas, rusé, met en pratique ses talents de baroudeur et bloque l’accès à la chambre aux petits rongeurs à l’aide d’un simple paquet de Marlboro contrefait !! Eh ouais, malin ce gaillard… (Il ferait mieux d’arrêter de fumer le gaillard…)

Jeudi 12 novembre

Au programme de la journée, visite du Qutb Minar, situé à 15km de Delhi. Pour s’y rendre, il faut attraper le bus 505. Et c’est parti, nous récoltons les informations contradictoires des locaux puisque nous ignorons où se trouve l’arrêt de ce fameux bus 505. Une fois trouvé, nous grimpons à l’intérieur du véhicule délabré et commençons un long voyage où la voisine de Romain lui fera l’honneur de vomir par la fenêtre. Quelques dizaines de minutes écoulées, nous voila au pied de « la tour de victoire » plus connu par les locaux sous le nom de Qutb Minar. Il a la particularité d’être le minaret le plus haut d’Inde, et le troisième mondial (après celui de la mosquée Hassan de Casablanca) avec une hauteur de 72 mètres. Pour accéder à son sommet, il faut emprunter un escalier de 379 marches et posséder une bonne bouteille d’eau car son ascension risque d’être fatigante ! Aujourd’hui, cet exploit sportif est interdit au public à la suite de plusieurs suicides. Dommage pour les fous de l’association « MaisVousEtesFoot ! » qui auraient bien tenté l’aventure.

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La visite s’achève au milieu de l’après midi mais nous restons dans les alentours car nous devons rencontrer Arup Das de l’assocation India Youth Soccer Association. Leur but : utiliser le football pour promouvoir le fair play, l’éducation et amuser les enfants des villages pauvres de Delhi. Le local, situé à une heure de la capitale, dans une école, regroupe majoritairement les enfants des villages alentours, tous issus d’un milieu défavorisé. Nous partageons un moment humain et une partie de foot incroyable avec les jeunes du centre. Une expérience très touchante. Suite à ce match folklorique avec ces enfants attendrissants, nous bavardons avec les différents coachs de l’académie pour en connaitre davantage sur cette très belle initiative.

La journée s’achève à l’hôtel devant un bon petit film de Ben Stiller!

Vendredi 13 novembre

Comme convenu, nous attrapons le métro pour nous rendre en direction de l’école Bahrat, situé à la périphérie de New Delhi. Une fois sur place, nous contactons les élèves rencontrés lors de la sélection à Air Force Ground ; ils nous invitent aussitôt à taper la balle en compagnie du coach de football, de handball (un sikh avec son turban traditionnel) et des jardiniers ! Une partie de foot débute alors sous une pluie fine et sous le regard curieux de certains écoliers. Suite à ce match original, nous paressons un long moment dans le bureau de la directrice à échanger sur nos cultures respectives.

Samedi 14 novembre

Direction le stade de foot de New Delhi pour le mitrailler de photos. Seul hic, le complexe sportif est en construction, il est donc impossible de le visiter sans une autorisation signée. Après avoir reçu des informations contradictoires des gardiens postés tout autour du stade, nous contournons, sous un soleil cuisant, deux fois l’enceinte sportive sans trouver la personne pouvant nous délivrer ce fameux sésame. Aussi, nous décidons de capituler et hélons un autorickshaw pour nous rendre au temple Baha'i connu sous l’appellation de « temple de Lotus ».

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L’originalité de cet immense sanctuaire vient de son architecture étonnante. Sa forme évoque une fleur de lotus blanche semi-ouverte qui ressemble étrangement au somptueux opéra de Sydney. Inauguré en 1986, il a été construit par la secte Baha'i qui se veut un mouvement religieux universel et tolérant : le temple est ouvert aux croyants et non-croyants de tous horizons. Après que Romain ait percé tous les secrets architecturaux de ce majestueux bâtiment, nous désertons les lieux pour nous rendre à notre QG situé à Main Market et préparer nos bagages car demain, nous reprenons la route pour rejoindre la ville de Le Corbusier : Chandigarh.

Dimanche 15 novembre

Lever matinal pour les deux cousins qui doivent se rendre à Chandigarh, ville située à environ 250km au nord de New Delhi. Après avoir bien galéré pour obtenir un billet de bus, le véhicule quitte la gare routière vers 12H. Installés confortablement à l’avant du bus, les deux cousins tentent vainement de s’occuper car la route risque d’être assez longue, environ 4H…Si tout se passe bien. Mais malheureusement pour nous, il nous faudra bien plus de temps pour atteindre la ville nouvelle de Chandigarh.

Deux heures après notre départ, le bus s’échappe enfin des interminables bouchons de la capitale et s’élance à pleine vitesse sur l’autoroute, la circulation semble être fluide, enfin ! Mais, il ne faut pas se réjouir trop vite car en Inde tout est possible! En effet, quelques minutes après, autre mauvaise surprise : notre véhicule percute une voiture. Cette dernière termine précipitamment sa course contre un muret en béton tandis que notre bus stoppe au milieu de la voie rapide, exécute une magnifique marche arrière pour ensuite se ranger sur le bas coté (et tout ça dans la bonne humeur et sans stress particulier). Les passagers, curieux pour la plupart, se ruent hors du bus, pour constater les dégâts. Heureusement, personne n’est blessé, juste de la tôle froissée. Après un arrangement à l’amiable qui dure une bonne heure, le bus reprend sa route avec de légères avaries qui le condamnent à rouler doucement. Le trajet risque d’être plus long que prévu. Une heure passe, mais les dommages subis obligent le chauffeur à s’arrêter de toute urgence. Une fois sur le bas coté, le tas de ferraille délivre sa dernière parole en crachant un épais nuage de fumée noirâtre avant de s’éteindre pour toujours. RIP petit bus, repose en paix. Du coté des voyageurs, tous compatissent à cette mort tragique. Désemparé, le chauffeur rembourse à chacun le prix du billet pour ensuite disparaitre à l’intérieur de son bus et tenter de le réanimer, mais en vain ! Les passagers, désireux de continuer leur route, s’empressent de rejoindre le bas coté de l’autoroute afin de trouver une âme charitable susceptible de les amener à bon port. Après un court moment d’attente, nous dégottons un mini bus qui accepte de nous embarquer. Cette fois-ci, le trajet se passera sans problème majeur ! Nous arriverons vers minuit.

Une fois à destination, débute un autre problème : celui de l’hôtel ! Tous proposent des prix inabordables et pour cause, Chandigarh est l’une des villes les plus chers d’Inde. Après avoir erré une bonne heure dans les rues sombres de la ville à la recherche d’un toit, nous décidons de nous écarter du centre ville en espérant dégotter une chambre à un bon prix. Avec l’aide d’un Indien, nous trouvons un hôtel à un prix raisonnable dans un quartier populaire ! Il est deux heures du matin, nous sommes morts d’épuisement mais contents d’être enfin arrivés.

Lundi 16 novembre

Grasse matinée pour les deux cousins, qui l’ont bien mérité, suivi d’une visite expresse de cette étonnante ville planifiée par l’architecte Le Corbusier.

Chandigarh, créée à la suite de l'Indépendance de l'Inde, se voulait, par ses créateurs, être une ville modèle, à la fois belle, fonctionnelle, et citoyenne. Le Corbusier, architecte, urbaniste de nationalité suisse naturalisé Français en 1930, essaya notamment d’allier technologie avancée et culture indienne afin de représenter un idéal aux yeux de tous les pays du Tiers-monde. Il renonce au concept de la ville verticale qu‘il a souvent préconisé et opte pour une cité horizontale divisée en plusieurs secteurs, désignés par un numéro de 1 à 60 (Le Corbusier fit omettre le 13). (Merci internet)

En plus de concevoir une ville "de marche et de voitures", dans laquelle véhicules motorisés et piétons ne devaient pas se croiser, ce grand architecte tente de faire de Chandigarh une ville verte en aménageant de nombreux espaces verts inconstructibles.

Malheureusement, cette ville nouvelle, conçue pour abriter 500 000 âmes, compte aujourd’hui, avec sa proche périphérie, environ un million. Résultats: la ville étouffe sous la pollution et le manque d’eau. Les logements manquent aussi d’où une prolifération de bidonvilles et d’abris précaires construits à l’emplacement de ce qui devait constituer des espaces verts.

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Avec grand plaisir notre architecte Romain, scrute chaque détail de cette ville hors norme mais le temps presse car les deux aventuriers doivent se rendre à l’académie de Chandigarh pour y rencontrer Harjinder Singh, ancien international indien et aujourd’hui coach. Une fois sur place, nous rencontrons les académiciens, les entraineurs avec qui nous bavardons un long moment. Harjinder Singh, nous invite à revenir demain pour taper la balle avec les joueurs. Evidement, une telle proposition ne se refuse pas.

Mardi 17 novembre

Lever matinal pour les cousins car ils doivent se rendre dans le quartier qui héberge le complexe du Capitole conçu par Le Corbusier, pour y admirer ses œuvres gargantuesques. Mais avant de pouvoir pénétrer dans le centre administratif et politique de la cité, il est nécessaire de se procurer un document officiel nous autorisant à visiter les bâtiments. En route donc pour le secteur 1 à la recherche du précieux sésame. Après s’être fait balader de service en service, nous obtenons enfin l’autorisation.

Une fois a l’entrée de la zone ultra protégée, nous apercevons trois imposants bâtiments en béton armé, le matériau de prédilection de Le Corbusier. Munis de notre document officiel, nous franchissons plusieurs postes de sécurité, subissons une fouille et sommes escortés par un militaire tout le long de la visite. Ca ne plaisante pas ici et pour cause, l’immense monument est à usage gouvernemental, dans une région proche de l’instable frontière pakistanaise. Après avoir cheminé dans les innombrables couloirs du bâtiment, notre GI’, reconverti en guide muni d’une mitraillette, nous conduit sur le toit de ce chef d’œuvre architectural. Romain bombarde le monument de photos, tandis que Thomas contemple le magnifique paysage.

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Après cette visite sous haute surveillance, nous continuons notre route vers l’Assemblée. Une fois le document remis à la personne concernée, nous sommes une nouvelle fois escortés par une sorte de guide qui nous conduit dans la sublime salle du conseil. Grand moment de méditation pour les deux cousins face à cet ouvrage hors du commun. Même Thomas, pourtant ignare en architecture, reste bouche bée devant une telle splendeur. Emus, nous quittons l’Assemblée, en direction de l’académie de foot de Chandigarh.

Sur la route, Romain fait partager à son cousin, ses impressions sur les œuvres colossales de Le Corbusier et le constat est clair : les deux réalisations de l’architecte Français sont dans un triste état à cause du manque d’entretien. Il faut dire que le béton armé n’était pas réellement le matériau idéal pour une ville où les effets de la chaleur, conjugués à ceux de l’humidité, accélèrent la dégradation des édifices.

Pour Thomas, les austères bâtiments du Capitol Complex, couplés aux innombrables postes de sécurité, de fils de fer, et d’un parking grillagé près de la Haute Cour de justice évoquent plus l’ère de la Guerre froide que les espoirs d’une démocratie naissante… Débat donc dans le rickshax qui nous mène à l’académie de Chandigarh. Une fois arrivé, Romain fixe ses crampons, revêt son beau maillot jaune du « FC loose » et c’est parti pour un match d’anthologie avec les académiciens et ce, jusqu'à la tombée de la nuit.

Mercredi 18 novembre

C’est sous la douceur de la brise matinale que nous partons rejoindre l’association Choti Si Asha dont le but est d’accueillir les enfants issus des quartiers défavorisés et de les occuper via le sport, l’art ou l’éducation. Accueillis par Lyssa, à l’origine de cette très belle initiative, nous faisons connaissance avec les occupants du centre dont l’âge est très variable. Après avoir acheté un ballon chez le marchand du coin, nous organisons un foot très comique avec les enfants. Evidemment, le match est totalement décousu mais la joie de pouvoir taper le cuir se lit sur les visages des bambins. C’est un plaisir pour l’association « MaisVousEtesFoot ! » de partager et de donner un moment de bonheur à ces jeunes qui, pour la plupart, connaissent un quotidien souvent difficile. On sympathise, on rigole, on s’attache à ces petits gaillards hors du commun. Très belle leçon de vie et d’humanité.

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Malheureusement, il est l’heure pour nous de quitter les lieux car nous devons rencontrer pour une interview à 15h, Harjinder Singh, le coach de la Chandigarh Academy. Après avoir fait nos adieux avec les occupants du centre, nous disparaissons à bord d’un autorickshaw.

15h, nous voilà sur la pelouse déserte de l’académie. Les joueurs arrivent au compte goutte sur le terrain mais aucune trace du coach. Romain intègre alors l’entrainement aux cotés des académiciens en attendant son arrivée. L’ancien international Indien pointera le bout de son nez à 16h30, soit 1h30 de retard. Une fois l’interview dans la boite noire de notre belle caméra, nous désertons le centre en direction de notre hôtel pour y passer une sacrée soirée (et sans JP, heureusement).

Jeudi 19 novembre

Retour au Complex Capitol pour y passer une bonne partie de la journée. Après quelques difficultés pour franchir le poste de sécurité (avec mitrailleuse sur trépied SVP) de la Haute Cour de Justice, nous découvrons un bâtiment qui reflète bien le génie de Le Corbusier. Des courbes voluptueuses en béton armé, des longs couloirs baignés de lumière naturelle et des pans de murs colorés. Bref, une très belle réalisation qui laisse Romain stupéfait.

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La visite se termine par le Rock Garden, un jardin de sculptures sur 12 hectares conçu par Nek Chand, en 1958. La matière première de ces nombreuses statuettes est constituée de pierres provenant des contreforts de l’Himalaya et d’une multitude de déchets urbains récupérés : fil de fer rouillé, tôle usagée, pièces détachées de bicyclettes, tuyaux abandonnés, bracelets brisés. L'artiste autodidacte Nek Chand a concrétisé son rêve en édifiant un jardin féerique devenu aujourd'hui, le deuxième site d'Inde le plus visité après le Taj Mahal. Quand même !

Après avoir traversé ce monde imaginaire, fruit de l’imagination d’un génie d’une autre époque, nous retournons dans notre belle chambre vétuste pour prendre une petite douche et préparer nos sacs, car demain c’est le départ pour Agra, la ville du Taj Mahal. Mais avant, nous sommes conviés par Lyssa à diner dans un restaurant chic de la ville en compagnie de son mari. Moment très sympathique !

Vendredi 20 novembre

Lever vers 6h pour attraper un bus en direction de New Delhi. Heureusement pour nous, le voyage se déroule sans pépin majeur. Arrivés à la capitale Indienne, nous empruntons les transports publics pour nous rendre à la station de bus située à l’autre bout de la ville. Une fois arrivés, nous grimpons enfin dans un bus en direction d’Agra, puis quittons pour la deuxième fois, la gigantesque ville de New Delhi. Quelques heures après, nous voilà dans l’état de l’Uttar Pradesh, au sud de la capitale et plus précisément à quelques mètres seulement du mythique Taj Mahal. Le pied !

Samedi 21 novembre

Nous amorçons notre séjour dans la ville par l’achat de nos billets de train en direction de Vârânasî, prévu pour lundi soir car en Inde, mieux vaut réserver à l’avance si on veut voyager dans des conditions à la limite du supportable. Tickets en poche, nous partons visiter le centre ville en déambulant dans les avenues congestionnées d’Agra. Le soleil entame son déclin quotidien pour se camoufler rapidement derrière l’enfilade d’habitations aux façades recouvertes d’un léger tapis de pollution. La chaleur qui frappe la ville durant la journée se dissipe peu à peu, rendant l’excursion vivable. Suite à un léger détour dans les quartiers populaires, oubliés des touristes et pourtant fort accueillants, nous regagnons notre hôtel sereinement. Après un petit coca sur le toit de notre hôtel, avec une vue imprenable sur le Taj, nous partons casser la croute dans un restaurant local très appétissant.

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Dimanche 22 novembre

Un court trajet dans un vieux bus local et nous voila à Fatehpur Sikri, ancienne capitale impériale de l’empire moghol de 1571 à 1581 située à environ 40 km d’Agra. Pour bien appréhender la culture Indienne, il faut évidement s’intéresser au passé du pays. Eh oui mes amis ! Commence alors, pour les deux cousins, une longue marche sous une chaleur atroce, sur les pas d’une ancienne civilisation qui occupe beaucoup de pages dans les livres d’histoires Indiens, celle des Moghols.

Fatehpur Sikri est une splendide ville impériale dont les bâtiments de grès rouge sont dans un parfait état de conservation. L’histoire de la naissance de cette mystérieuse cité fait l’objet d’une légende : à Sikri vivait un saint, qu’Akbar, en mal d’héritier, alla consulter ; un fils naîtra l’année suivante et Akbar, reconnaissant, fera construire un palais en ce lieu. Des milliers d’artisans vont alors faire surgir la ville de Sikri, rebaptisée Fatehpur « la ville de la victoire » par Akbar. Mais il l’abandonne, 14 ans après, pour repartir en campagne. Désertée, en raison du cruel manque d’eau, Fatehpur deviendra une ville fantôme.

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Cette magnifique cité-fortifiée, planifiée pour être le centre administratif de l’Empire, montre un mélange unique de différentes traditions architecturales. Bien que la disposition générale et la conception des bâtiments, se conforment au modèle islamique, les bâtiments eux-mêmes, en majorité des palais, et leur ornementation, colonnes, voûtes fleuries, décors sculptés connaissent une influence fortement hindoue.

Après une longue journée de visite, nous désertons ce lieu magique, pour regagner Agra. Nous partageons la fin de soirée avec un couple français, sur la terrasse de l’hôtel, à relater nos aventures respectives.

Lundi 23 novembre

Dernière journée à Agra avant de partir ce soir pour Vârânasî, la capitale sainte de l’Hindouisme. Mais avant de grimper dans le train, une grosse journée nous attend. Au programme : excursion du majestueux et incontournable Taj Mahal suivi de l’imposant fort d’Agra.

Pour commencer, lever à 6h du matin pour admirer la grosse meringue sous la douce lumière naissante du soleil. Aucune ressemblance avec une île flottante ! Mais avant, il faut passer un poste de sécurité plutôt musclé. Ordinateur portable, cigarettes, briquets, piles… sont strictement interdis à l’intérieur du Taj Mahal, ce qui peut énerver certains, mais une fois dans l’enceinte qui abrite la perle blanche, la magie des lieux apaise vite le touriste grognon.

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Le Taj Mahal ! Un rêve d'amour ! Construit en marbre blanc, étincelant sous le soleil de midi, orange au coucher et au lever du soleil, ce bâtiment sublime est une preuve d'amour. L'amour fou que portait l'empereur moghol Shah Jahan à sa femme Mumtaz Mahal morte en mettant au monde son quatorzième enfant (alors qu'elle en avait déjà perdu huit).

Le Taj Mahal est donc un tombeau, le plus magique des mausolées, rendu célèbre par la beauté de ses proportions alliée à une symétrie parfaite. Le monument de forme octogonale, coiffé d'un dôme principal autour duquel sont disposés quatre dômes plus petits, est planté sur une terrasse en marbre blanc d'où jaillissent aux quatre coins, de hauts minarets. De part et d'autre du Taj Mahal, deux édifices en grès rouge complètent harmonieusement l'équilibre de l'ensemble. L'un d'eux est une mosquée. Les jardins, les bassins dans lequel le Taj se reflète, accentuent encore l'effet de symétrie.

Dès qu’on arrive sur les lieux, on aperçoit, dans l'embrasure d'une porte ogivale, se dessiner le mausolée. Lointain, irréel d'abord, fidèle à l'image qu'on attend. Quand on s'approche, il prend de l'épaisseur, il révèle des détails, incrustation de pierres semi-précieuses, sculpture en relief, ciselure du marbre, versets du Coran…

Dès que le soleil commence son ascension pour venir se loger entre deux hauts minarets du Taj, qui s’inscrivent sur un ciel orangé dramatique propre au petit matin Indien, la magie est à son apothéose, qu'importe l'angle duquel on se place, la beauté de la grosse meringue est époustouflante. Vient se conjuguer à cette douce lumière naissante, une légère brume enveloppant la perle blanche de l’Asie lui donnant un coté féérique et surnaturel. Pas étonnant que ce chef d’œuvre, vision matérielle de l’amour d’un empereur déchu, soit considéré comme l’une des sept merveilles du monde.

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A l'intérieur se trouvent les deux cénotaphes (répliques des tombeaux) de Shah Jahan et son épouse Mumtaz Mahal enfermés par un treillage en marbre d'une grande beauté. Les tombeaux originaux sont à l'abri sous la crypte. A l'origine, le Taj Mahal n'avait été prévu que pour abriter la seule tombe de Mumtaz Mahal. L'empereur ayant commencé, pour lui-même, la construction d'une réplique du Taj en marbre noir, n’a pas été achevée car il fut emprisonné dans le fort rouge par son fils Aurangzeb, qui lui arracha le pouvoir après avoir tué ses trois frères. L’empereur passera ses dernières années à contempler par-delà la rivière Yamuna, le Taj Mahal où repose sa bien-aimée. A sa mort, le fils jugeant inutile de faire continuer les travaux du mausolée noir, fit mettre son père aux côtés de son épouse dans le mausolée blanc cassant alors la symétrie parfaite de l’ensemble.

La visite se termine en fin de matinée.

Après avoir avalé un bon plat traditionnel, les deux cousins se rendent à l’intérieur du fort rouge d’Agra à l’aide d’un autorickshaw. Situé sur la rive nord du fleuve Yamuna, de l'autre côté du Taj Mahal, la construction de cette forteresse en grès rouge commença en 1565, sous le règne de l'empereur Akbar, et s'acheva en 1571, sous le règne de Shah Jahan, petit-fils d'Akbar. A l'intérieur de ces murailles ont été édifiés plusieurs palais et mosquées, de grès rouge et de marbre blanc. C'est un véritable labyrinthe de bâtiments qui forme une petite ville dans la ville. Ces monuments abritaient en leur temps des chambres, des halls de réception privés et publics, des appartements d'été et d'hiver ainsi que des lieux de prière. La meilleure façon de visiter cette citadelle est de se perdre dans les entrelacs des ruelles qui découpent cette forteresse en de nombreux quartiers, abritant chacun des bâtiments au style impérial Moghol d’une beauté rare.

Une fois la visite terminée, nous récupérons nos gros sacs à l’hôtel et partons tranquillement à la gare d’Agra pour embarquer en direction de Vârânasî, la ville sainte de l’Hindouisme.

Comme à chaque fois en Inde, prendre le train se révèle être une aventure qui commence dès que l’on pénètre dans la gare. Malgré l’heure tardive, le hall grouille encore de monde. Il y a bien quelques bancs, mais c’est surtout assis ou allongés par terre que les passagers préfèrent attendre leur train. Certains dorment à même le sol, tellement immobiles qu’ils paraissent morts et pas même les effluves âcres du restaurant voisin ne semblent perturber leur sommeil. Armés de nos gros sacs, nous longeons le train à la recherche de notre wagon sans échapper évidement à la curiosité des badauds indiens qui nous dévisagent. Les premiers wagons de places assisses de seconde classe sont pris d’assaut par une marée humaine que la promiscuité ne semble pas déranger outre mesure. Viennent ensuite les secondes classes sleepers (soit 8 couchettes par compartiment), au confort plutôt rudimentaire avec des lits 100% métalliques recouverts d’un léger matelas rudimentaire. C’est dans un wagon de ce type que nous voyagerons.

Une fois installés, le train part enfin. Avant de sombrer dans les bras de Morphée, les deux cousins s’organisent car l’étroitesse des couchettes demande une très bonne logistique. Nous glissons nos gros sacs sous la banquette du bas et positionnons nos sacs à dos sous nos têtes en guise d’oreiller. Une fois allongés et bercés par le bruit du train et par les ronflements incessants des passagers, on finit enfin par s’endormir en se demandant dans quelle galère on s’est encore embarqué. Le matin, les deux cousins se réveillent aux cris des vendeurs ambulants qui arpentent le train de long en large, pour y vendre du chai (thé indien), de l’eau ou du samossa (beignet de légumes). L’avantage avec ce système, c’est qu’on n’a pas besoin de s’embarrasser de provision pour le voyage. On trouve toujours de quoi se sustenter dans les trains Indiens.

En ce qui concerne le passe-temps, il suffit de pivoter la tête en direction de la fenêtre pour admirer le paysage défiler à vive allure. Une véritable fête pour les yeux. On y voit des grandes étendues vertes colonisées par les agriculteurs, des enfants qui s’amusent, des chèvres et des vaches qui broutent les détritus qui tapissent les abords de la voie ferrée. Mais aussi, se mêlant au flot des voyageurs, tout le petit peuple vivant autour des trains et de leurs passagers : vendeurs d’eau, de thé, de café, de beignets, mendiants infirmes etc.… Bref, on ne s’ennuie pas !!

Mardi 24 novembre

Nous arrivons en gare de Vârânasî vers 11h, les passagers quittent leurs wagons respectifs pour former rapidement une marée humaine dans le hall de la gare, identique à celle d’Agra. Les deux cousins, compressés entre un Indien transportant des kilos de valises et une famille de quatre enfants, trouvent enfin la sortie. Nous attrapons un autorickshaw et disparaissons dans la circulation insoutenable de la ville sainte.

Avec avoir cheminé dans les méandres des étroites ruelles du centre de Vârânasî, nous dégottons un hôtel à proximité des Ghats et, surprise, Thomas voit apparaitre, sur le registre, le nom de Noémie et Anne Cécile, deux de ses amies de France. Nous grimpons sur le toit de l’hôtel, qui fait guise de restaurant et qui offre une vue imprenable sur la ville, puis rencontrons les deux tourangelles, installées tranquillement à une des tables. Après quelques embrassades et plusieurs sourires, nous restons un moment ensemble pour raconter nos aventures respectives et obtenir quelques nouvelles de la France. Ah ouais, que ca fait du bien de voir des amis ! Quelques instants après, apparaissent derrière l’embrassure de la porte, quatre têtes familières, rencontrées un mois auparavant au Laos. Quatre français qui baroudent depuis quelques mois en Asie. L’occupation Française débute !

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Les heures défilent et nous décidons de profiter des derniers rayons de soleil pour admirer la ville sainte. C’est sur les bords des Ghats, berges recouvertes de marches de pierre qui permettent aux dévots hindous de descendre dans le Gange, que la visite commence. A proximité de notre hôtel, se trouve le ghât Manikarnika, celui de la crémation, le plus ancien et le plus sacré de Bénarès (nom donné sous l’occupation britannique).

Selon la mythologie hindoue, un corps brûlé ici échappe au cycle des renaissances, les cinq éléments dont il est composé retournent à leur place par le feu. Se trouvant au centre des cinq « lieux saints », Manikarnika Ghât symbolise la création et la destruction. A Manikarnika Ghât, les âmes des restes mortels confiés aux flammes avec des prières, reposent dans la paix éternelle, et espèrent ainsi atteindre le nirvana. Pour l’hindou, la mort est vue comme une libération.

Environ 200 crémations quotidiennes, le corps met aux alentours de 3 heures à se consumer entièrement et nécessite 350 kg de bois. Le bois le plus recherché (bois de santal) peut coûter jusqu’à plus de 150 roupies le Kg. Ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir un tel bucher peuvent opter pour un bois de classe inférieure, beaucoup moins cher, mais qui se consume mal, à environ 5 à 8 roupies le kg. A Bénarès, il existe un autre ghât où un crématorium électrique a été construit il y a une vingtaine d’années, il est réservé aux personnes plus pauvres. Une crémation revient chère pour l’Indien car il doit payer en plus du bois (environ 900 euros), le sari, le feu éternel... Somme exorbitante quand on sait que le salaire moyen journalier d’un Indien est de 1,5€.

Les femmes n’assistent pas aux crémations, leurs pleurs et lamentations risquant d’empêcher l’âme du défunt d’atteindre le nirvana. Il n’y a encore pas si longtemps, la tradition voulait que la veuve se laisse brûler vive sur le bûcher de son mari, de façon plus ou moins consentie. Les autorités britanniques mirent fin à cette coutume barbare en 1829.

Une fois la crémation terminée selon un rite bien défini, l’homme qui s’occupe d’attiser le feu, jette les cendres du défunt dans le fleuve, puisque l’âme du mort a enfin rejoint le ciel.

Selon un indien, rencontré au bord du crématorium, les Sadhus, grands sages coiffés de dreadlocks et considérés comme saints en vertu de leur savoir spirituel, les enfants de moins de 11 ans, les femmes enceintes, les malades de la variole, les victimes de morsure de cobra et les vaches sont considérés comme purs et donc dispensés de la purification par le feu. A leur mort, ces derniers seront immergés dans le Gange, une pierre attachée autour du cou pour éviter que le cadavre ne flotte a la surface de l'eau.

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Après une petite heure à observer ce macabre spectacle, nous arpentons le long des Ghats, il est évident, à la vu des imposants monuments qui bordent le Gange et de la population qui colonise ces escaliers en pierre que Vârânasî est une ville fascinante qui regorge d’un grand nombre de richesses, aussi bien culturelles qu’architecturales. Selon Mark Twain: "Bénarès est plus vieille que l'histoire, plus vieille que la tradition, même plus vieille que la légende, et elle a l'air d'être plus vieille que toutes les trois ensemble."

Une fois la nuit tombée, nous regagnons l’hôtel et partageons la soirée avec nos amis français.

Mercredi 25 novembre

Lever vers 4h30 pour assister au lever du soleil sur les bords des Ghâts, qui selon quelques sources, est un spectacle à ne pas manquer. Nous affrétons une barque puis longeons les bords de la vieille ville. Tandis que le soleil commence sa longue ascension vers les cieux, bombardant la capitale sainte d’une douce lumière nacrée, les fidèles, eux, descendent les ghâts pour saluer l’astre qui se lève. Les marches raides qui conduisent jusqu’au fleuve sacré prennent alors progressivement vie, on aperçoit des personnes prenant leur bain pour se purifier, des prêtres pratiquant la méditation, le yoga et offrant le puja, sorte de rituel dont le but est d’établir, avec les mondes subtils, un lien de communication psychique. En plus des baigneurs, il y a des dhobi qui lavent des vêtements en les frappant contre des pierres plates au bord du fleuve.

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Les saris de couleurs vives, conjugués à la lumière du soleil levant, ainsi que la présence des Sadhus, colorent un peu plus les Ghats. Un tel ballet de couleur est un véritable plaisir visuel.

La ballade terminée, nous regagnons l’hôtel pour y prendre le petit déjeuner, se reposer et se perdre dans l’entrelacs des ruelles de la ville sainte en prenant garde à ne pas déraper sur une bouse de vache.

Jeudi 26 novembre

Contactés la veille par Shamsuddin, le directeur du centre, nous partons, tôt le matin, à Varanasi Football Academy pour participer à l’entrainement. Une fois sur place, Romain endosse, une nouvelle fois son beau maillot jaune du FC Loose puis intègre l’équipe. Au programme : course, mini-match puis un tennis ballon. Le soleil se lève mais reste tapi derrière une légère couche de pollution, baignant le terrain d’une ambiance estivale. S’ajoute à cette bizarrerie climatique, une légère brume matinale qui parait jaillir de la pelouse fraiche du terrain. L’entraînement terminé, nous désertons le centre pour nous rendre, dans l’après midi, chez Shamsuddin, afin de procéder à une interview. Celui-ci se prête parfaitement au jeu.

Enfin, pour conclure cette lourde journée, nous partons en compagnie de Noémie et Anne Cécile, au cinéma, voir un très bon film Indien dont le nom m’a échappé. (Le président n’ayant pas oublié, lui, ce film s’appelle Kurban et traite du terrorisme dans les milieux islamistes indiens)

Vendredi 27 novembre

Repos et visite de la ville.

Samedi 28 novembre

Dernière journée à Vârânasî avant de quitter l’inde du nord car demain, nous partons vers Mumbay, la ville de Bollywood. Mais avant, petite escale dans un quartier de Vârânasî pour faire du shopping. Après s’être perdus dans un dédale de petites rues, nous atteignons enfin la boutique recherchée. Nous consacrons un bon moment à examiner les précieuses denrées du marchand et achetons, après un long moment de réflexion, quelques écharpes en Pashmina ainsi qu’en soie. Le deal bouclé, nous flânons dans les ruelles du quartier, hors des sentiers touristiques, et découvrons un autre visage de l’Inde. Enfin, nous pouvons nous promener sans être harcelés par des marchands ambulants ou sans être alpagués par des chauffeurs d’autorickshaw. Ici, les relations sont simples et saines, quel plaisir !

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Dimanche 29 novembre

Après un léger détour cher le marchand d’écharpes pour récupérer nos achats de la veille, direction la gare de Vârânasî. Deux jours de train sont nécessaires pour traverser 1600 km. Voila le prix à payer pour pouvoir se rendre à Mumbay, la ville d’Inde la plus peuplée du pays. Bye bye l’Inde du nord, good morning l’Inde du sud !

mardi, mars 9 2010

La Thaïlande, on la recommande ! Par Thomas

Samedi 31 octobre

Après avoir quitté le fabuleux royaume des mille éléphants, nous revoilà en Thaïlande, direction Chang Mai, la seconde plus grande ville du pays. Nous grimpons dans un mini bus puis traversons le triangle d’or, région tristement réputée pour sa production d’opium et coincée entre le Laos, la Birmanie et la Thaïlande. A l’instar de son activité peu glorieuse, ce grand bout de terre recèle un paysage magnifique composé essentiellement de montagnes recouvertes d’une végétation colorée et peuplées par de vieilles tribus montagnardes. Bienvenue au bout du monde, dépaysement garanti…

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Quelques heures après, nous voila enfin arrivés à Chang Mai, soit la métropole la plus riche du pays, culturellement parlant. La ville comprend, à l’intérieur de ses grandes murailles de pierre, un nombre de temples bouddhistes impressionnants. Parmi ces trésors architecturaux, se dresse au cœur de la ville, le Wat Chiang Man, le temple le plus ancien, qui abrite deux images du Bouddha : le Phra Sila (un Bouddha de marbre) et le Phra Satang Man (un Bouddha en cristal).

Après une visite succincte de la vieille ville, nous regagnons notre hôtel pour y passer une bonne nuit.

Dimanche 01 novembre

Aujourd’hui, les deux cousins se livrent au plaisir du farniente. Au programme, visite de la ville, du stade suivi d’un repos bien mérité.

Dans la soirée, armés de notre caméra et notre appareil photo, nous partons en expédition dans la ville car c’est une semaine un peu spéciale à Chang Mai, c’est la période du Loy Krathong, la fête de la lumière. Cette célébration trouve ses origines en Inde, dérivant de la fête Hindoue de Divali, durant laquelle la déesse du Gange est remerciée par des lanternes flottantes pour avoir dispensé la vie tout au long de l’année. Cette festivité est aujourd’hui considérée par les Thaïlandais comme une cérémonie en l’honneur du Bouddha. Cette vénération du Bouddha est exprimée par la lumière d’où la fête de la lumière (eh oui). La population s’adonne à des rituels comme le lâcher de Kratongs (sorte de petits radeaux) qui symbolise l'abandon des rancunes, de la colère et des souillures afin de pouvoir repartir d’un bon pied. D’autres participants se coupent les ongles et les cheveux, car ils symbolisent les aspects négatifs de soi, et les placent sur les radeaux. Nombreux sont les Thaïs qui pensent que faire flotter un Kratong leur portera bonheur et ils le font pour honorer et remercier Phra Mae Khongkha, l’équivalent thaï de la déesse Hindoue des eaux. Oui, je sais, c’est compliqué à comprendre…

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Néanmoins, le spectacle est saisissant, la population festoie dans les rues et le lâcher de lampions, couplé à de fabuleux feux d’artifices, se mélange parfaitement au ciel déjà parsemé d’une infinité d’étoiles, l’ensemble envoutant à jamais l’esprit des jeunes baroudeurs.

Lundi 02 novembre

Après une telle soirée et pour se remettre de ce spectacle de toute beauté, un petit foot parait être une bonne solution. Direction, le stade de la ville pour y trouver des footeux. Une fois arrivés, le complexe sportif est essentiellement occupé par de jeunes athlètes qui s’adonnent à toute sorte d’activité mais aucun ne tripote le ballon. Nous paressons un court instant sur le terrain en attente de joueurs qui ne viendront d’ailleurs jamais. Les deux cousins abandonnent donc le stade et gagnent les alentours. Après une courte promenade, nous rencontrons enfin des footballeurs. La partie a déjà commencé et le terrain est plutôt atypique puisqu’il s’agit d’un parking dont les trottoirs jouent le rôle de ligne de touche. Les buts, eux, sont signalés par des pneus usés. A notre gauche, un temple bouddhiste, à notre droite, un établissement scolaire d’où sortent de nombreux écoliers en uniforme. Romain intègre l’une des deux équipes majoritairement composées d’adolescents et la partie recommence dans la joie et la bonne humeur. Après une bonne heure de jeu, le match se termine aussi rapidement qu’il a commencé et nous quittons par conséquent les lieux.

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Une fois de retour à l’hôtel, nous regagnons l’artère principale de la ville où se déroule un défilé en l’honneur du Loy Krathong puis sur la place principale de la ville qui s’est transformée en véritable plate forme de tir de lampions. Certains prennent parfaitement leur envol pour se mélanger par la suite avec les étoiles, d’autres par contre, connaissent une trajectoire plus incertaine et terminent leur course folle contre un obstacle.

Mardi 03 novembre

Levés tôt car aujourd’hui, débute pour nous un trek de deux jours dans les environs de Chang Mai. Et c’est partit mon kiki ! Tout d’abord, l’expédition commence par la visite d’un jardin où s’entasse une multitude d’orchidées d’une beauté incroyable. L’aventure continue par un show de serpents. Le concept est simple et l’idée pas très révolutionnaire, « un show man » s’amuse avec des cobras, se baigne dans un bassin avec un python ou fait peur à son public à l’aide de ses reptiles aux allures plutôt menaçantes. Un show pour touristes en quête de frisson mais finalement plutôt rigolo.

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Début d’après midi, le trek débute enfin, nous laçons nos grosses chaussures de montagne et entamons une marche de plusieurs kilomètres. L’exercice ne présente aucune grosse difficulté mais le paysage que nous traversons est sublime. On se faufile entre la végétation pour atterrir au pied d’une petite montagne recouvert d’un léger tapis vert. Une fois l’ascension effectuée, nous pénétrons dans un petit village niché sur le pan de la colline dont les constructions sont essentiellement de vieilles habitations en bois vétustes. C’est ici que nous faisons escale pour la nuit. Bercés par le son mélodieux d’une guitare et par le crépitement d’un feu mourant, nous tombons dans un sommeil lourd et bien mérité.

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Mercredi 04 novembre

Après un léger petit déjeuner, nous reprenons la route en direction de la base des éléphants située à quelques kilomètres. A l’aide de nos pieds puissants, nous redescendons la montagne, longeons un torrent, traversons quelques planches de bois branlant qui font guise de pont puis atteignons en quelques heures notre objectif. Thomas est content, il va réaliser son souhait, chevaucher un des plus gros pachydermes du monde.

Après un déjeuner composé essentiellement de riz et de poulet, nous grimpons sur nos destriers dotés d’une grosse trompe et amorçons notre promenade. Evidement, cet animal pas très malin dont le cerveau n’est pas plus gros qu’un haricot à besoin d’une carotte pour le faire avancer. Ici, la carotte, est constituée de bananes. A chaque effort, soit tous les 3 mètres, le pachyderme réclamait sa récompense en arquant sa trompe, soufflant au passage une odeur suffisamment pestilentielle pour engourdir tous nos muscles pendant quelques secondes.

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Après une bonne demi-heure, nous redescendons de notre destrier avec l’estomac un peu ballotant et regagnons le groupe pour attaquer la prochaine activité : le rafting. Et c’est reparti, à peine remis de nos émotions, nous sautons sur le zodiac puis commençons la longue traversée aquatique. A première vu, cela ressemble plus à une croisière pour retraités qu’à du rafting excepté les rares moments où le torrent se déchaine suffisamment pour chahuter très légèrement l’embarcation.

Arrivés au milieu du parcours, nous troquons notre zodiac pour un radeau de fortune composé de bambous puis achevons la fin du trajet les fesses dans l’eau. Une fois les pieds sur la terre ferme, une jeep nous ramène à Chang Mai et nous passons la soirée à jouir une dernière fois des beautés architecturales de cette métropole.

Jeudi 05 novembre

Départ fin d’après midi pour Bangkok. La route est longue puisqu’il faut environ 10 bonnes heures pour s’y rendre.

Vendredi 06 novembre

C’est en début de matinée que nous foulons les terres de la capitale. Par chance, le bus nous dépose à proximité du centre ville et nous évite ainsi de perdre du temps et de l’argent en taxi. Nous retournons au même hôtel que précédemment et, une fois les sacs posés, nous poussons une petite sieste car ce soir nous rencontrons Eric Decroix, le directeur technique de JMG Thaïlande avec qui nous avons partagé, quelques mois auparavant, une belle aventure footballistique.

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Une fois les forces reprises, Thomas décide de boire des bières avec des routards français alors que Romain part photographier l’un des deux stades majeurs de Bangkok : le Supachalasai National Stadium. Là bas, il découvre avec surprise que se tient actuellement la Coupe d’Asie… De football féminin ! Et des moins de 16 ans ! Des jeunes filles en short donc, qui se disputent un ballon dans l’un des plus grands stades d’Asie. Inhabituel ! Après cet intermède fort divertissant, Romain rejoint son cousin et tous deux partent à la rencontre d’Eric. En sa compagnie, ils passeront une agréable soirée à bavarder foot et voyage.

Samedi 07 novembre

Dernière journée en Asie du sud est, pour Thomas, c’est travail sur le blog et pour Romain c’est une nouvelle visite du stade, cette fois, avec un pass officiel de journaliste ! Deux nouveaux matchs de cette coupe d’Asie, un bon moment, de belles photos et puis dodo !

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Dimanche 08 novembre

Et voila, direction l’aéroport international de Bangkok pour attraper notre avion à destination l’Inde. Nouveau pays, nouvelle culture, autre histoire…

mercredi, janvier 6 2010

le Laos, c'est tranquilos... Par Thomas

Lundi 12 octobre

7h, le bus pénètre enfin dans la république démocratique et populaire du Laos, considérée jadis comme l’ancien royaume du « million d’éléphants ». De la frontière Vietnamienne jusqu'à Vientiane, la capitale du Laos, quelques heures de routes sont nécessaires, ainsi, chaque passager du bus s’occupe à sa façon. Ecouteurs collés à ses oreilles, Thomas opte pour la musique tandis que Romain, lui préfère terminer sa nuit en poussant un petit roupillon… Et il a bien raison ce petit gars car il faut être en forme pour débarquer dans une capitale asiatique. Mais Vientiane n’est pas une métropole ordinaire car dans cette ville, à taille humaine, flotte une atmosphère paisible qui la différencie complètement de la frénésie des autres capitales de la région. Très peu de trafic et par conséquent, une pollution sonore quasi inexistante (qui fera économiser à Thomas quelques Doliprane) et des locaux d’une gentillesse légendaire (ce qui évitera à Romain de grogner à gogo). Bref, vous l’aurez compris, le contraste avec Hanoi est saisissant.

Mais pas le temps de flâner pour les deux cousins… Une fois les sacs de 20kg déposés à l’hôtel, nous sautons à bord d’un tuk tuk jumbo en direction de l’ambassade d’Inde afin d’obtenir le précieux visa nécessaire pour fouler les terres indiennes. Pas de chance, le service est fermé l’après midi. Du coup, la gentille demoiselle nous invite à repasser demain matin. Merci m’dame.

Une fois à l’hôtel, nous retrouvons nos amis connus dans le bus, à savoir, Jeremy, un geek Anglais et Olivia, une charmante globe trotteuse, puis partons vers un restaurant situé sur le toit d’un immeuble et planté sur les bords du Mékong. Au programme, un bon burger, une bonne bière (La Beerlao), une bonne discussion et un splendide coucher de soleil engloutissant le bar d’une douce lumière jaunâtre. Après avoir dégusté ce diner pas très local, nous sommes rejoints par Tony, un inconditionnel du ballon rond accompagné de sa femme, originaire de Vientiane, tous deux rencontrés aussi pendant le voyage. Et voila, la troupe est au complet, la fête peut enfin commencer… mais évidemment, avec modération.

Mardi 13 octobre

Levés de bonne heure, à savoir 10h pour nous rendre à l’ambassade d’Inde située à une poignée de kilomètres de notre merveilleux hôtel. Une fois les paperasses remplies, la gentille demoiselle, qui, à première vue n’est pas très indienne à en juger les traits de son visage, nous informe que le visa sera disponible vendredi. Ah ouais, quand même…

Nous quittons ce bâtiment diplomatique pour en rejoindre un autre, celui de notre tendre et beau pays, celui de la France, où nous devons rencontrer Jeff, le responsable de la procédure. Pour quoi faire allez-vous me dire ? Pour parler foot ! Cet expatrié français, amoureux du Laos, est aussi joueur de football amateur, fin connaisseur de ce sport et particulièrement de sa pratique à Vientiane. Et pour cause, il est membre d’une équipe constituée principalement de falangs (étranger en laotien) et joue plusieurs fois par semaine contre des clubs locaux. Assis confortablement dans le hall de l’ambassade, Jeff nous fait partager sa connaissance footballistique du pays et son constat est net : un championnat professionnel peu structuré, un manque d’infrastructure indéniable et une forte centralisation de ce sport dans la capitale. Sympa tout ça… Après avoir absorbé ces informations fortes utiles, il nous semble préférable de rallonger notre séjour à Vientiane. La rencontre avec Jeff se termine mais avant d’abandonner notre cher compagnon, ce dernier nous convie à intégrer son équipe mercredi soir. Evidemment, nous acceptons l’invitation.

Plus tard dans la soirée, les deux cousins retrouvent leurs amis de voyage pour avaler un bon plat au même restaurant que la veille. En face de nous, se déroule le majestueux Mékong qui fait guise de frontière entre le Laos et la Thaïlande, tous deux reliés par le pont de l’amitié. Assis tranquillement sur nos chaises à papoter sur des thèmes divers, nous contemplons par la même occasion le soleil décliner doucement, inondant au passage la ville d’une couleur orangée presque dramatique, pour ensuite terminer sa course derrière la ligne d’horizon noirâtre. Dur d’imaginer plus beau spectacle qu’un tel coucher de soleil… Le diner se prolonge puis nous rentrons à l’hôtel vers 23h.

Mercredi 14 octobre

Journée plutôt touristique pour se familiariser avec les lieux car notre séjour à Vientiane risque d’être plus long que prévu. Il faut savoir que cette capitale asiatique, comparée à ses voisines, est minuscule puisqu’elle accueille seulement 600 000 âmes et possède par conséquent un centre ville à taille humaine renfermant des trésors architecturaux d’une valeur inestimable. La liste est longue mais on peut citer le Wat Sisaket, un temple érigé par le roi Anouvong en 1818 et construit dans le style Siamois, ou encore le Wat Simuang, le temple le plus vénéré de la ville car il abrite le pilier tutélaire (le Lak Muang). Selon la légende, cette lourde pierre aurait été plantée dans la terre en écrasant une jeune femme enceinte qui, parait-il s’était offerte en sacrifice. Aujourd’hui, on y vient pour prier et y faire un vœu.

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Mais le Laos n’a pas été seulement baigné par la culture Siamoise puisque que l’arrivée des Français vers la fin du 19ème siècle a permis au pays d’hériter d’anciens bâtiments coloniaux construits principalement sur le modèle des villas du midi de la France. Cette alchimie d’architecture donne à la ville un aspect singulier vraiment charmant.

Bref, après une visite express de la ville, nous enfilons nos belles tenues footballistiques puis partons nous positionner au point de rendez vous fixé avec Jeff, soit devant un restaurant Français qui, selon la carte, propose des plats succulents mais à des prix qui le sont moins. Ainsi, nous passons dix bonnes minutes à baver devant le menu en attendant notre ami. 19h, la voiture de Jeff fait irruption tel un missile Tomawak puis s’arrête à notre hauteur. Une fois à l’intérieur, nos pensées envahies d’images culinaires s’estompent pour être remplacées par le futur match de football dont le coup d’envoi est imminent. Dans la voiture, Jeff nous fait un court récit de sa vie, de son travail et de ses péripéties footballistiques jusqu'à ce qu’on atteigne enfin le terrain. A en juger les tribunes vides, aucun joueur n’est arrivé. Aussi, nous patientons sagement qu’ils veuillent bien pointer le bout de leur nez. Plusieurs dizaines de minutes après, la dream team composée majoritairement d’étrangers est enfin réunie. C’est sous la lumière des lampadaires que les deux équipes pénètrent sur le terrain. Au tableau, un club laotien VS une équipe multinationale.

Le début du match est lancé, Romain, assis sur les maigres tribunes observe la partie tandis que Thomas, armé de sa super caméra full HD, filme la rencontre. Pas de doute, les premières minutes révèlent une large domination de la part des locaux, plus rapides, plus tactiques et mieux positionnés sur le terrain. Les étrangers sont à la dérive et le score le prouve puisque ils sont menés 2-0 à la première mi-temps. La deuxième partie du match débute mais cette fois-ci, Rominho est sur le terrain. Sera-t-il le messie, le joueur qui relèvera cette équipe en déroute ? Eh non, les locaux ne perdent pas la tête face aux dribles prodigieux du petit Nantais et se permettent même le luxe d’inscrire quelques buts supplémentaires. « Que se passe t-il ? » beugle Thomas tout paniqué… La fin du match est enfin sifflée et le score est sans appel mais le rédacteur de ce blog ne préfère pas l’évoquer. Malgré le gardien de but handicapé du club adverse, qui possède une jambe plus grande que l’autre, l’équipe des expatriés n’a inscrit aucun but… mais peu importe le résultat ! C’est avec le sourire que les falangs sortent du terrain et trouvent même la force de s’autocritiquer et de balancer des boutades. Tout le monde rigole, vous l’avez compris, ici, on joue avant tout pour se faire plaisir.

Suite à ce match fort éprouvant, la dream team quitte le terrain pour se diriger vers le bar karaoké du coin qui borde la pelouse. Et là, surprise ! Il semble que les expatriés manient beaucoup mieux le lever de chope que le ballon. Les bières défilent aussi vite que les buts encaissés durant le match au point que la table semble être trop petite, et pourtant ! Bref, au fur et à mesure que la lune arrive à son apothéose, le bar se vide à petit feu et nous quittons donc les lieux dans la voiture de Jeff qui nous ramène à notre hôtel.

Jeudi 15 octobre

Aujourd’hui, c’est la journée football. Après avoir ingurgité un bon petit déjeuner « made in France », les deux journalistes en herbe partent dans un café qui fait le coin avec une grande avenue pour y rencontrer Viphet, le manager de l’équipe nationale du Laos. A la base, « MaisVousEtesFoot ! » devait rencontrer le président de la fédération mais celui-ci s’est finalement rétracté, débordé par la préparation des Sea Games (les Jeux d’Asie du Sud Est) qui se tiendront en décembre 2009 à Vientiane. Nous avions donc été dirigés par le président vers son secrétaire général qui lui, a décliné de la même manière, dans la mesure où il devait se rendre à un congrès de la FIFA en Suisse…Ce qui nous mène finalement à Viphet ! Peu à l’aise face à nos questions, ce dernier nous invite à rencontrer l’équipe nationale coachée par un ancien joueur du FC Metz et de l’Austria Wien: Alfred Riedl. Par chance, l’entrainement se déroule dans le stade situé à coté de notre hôtel. Le temps d’avaler un bon burger (pour Thomas), une salade (pour Romain) et nous voila aux portes du complexe sportif. Nous retrouvons Viphet puis expliquons notre projet à l’entraineur qui à en juger par sa réponse « nous sommes peut être une petite nation du foot mais nous ne sommes pas un club de rue », ne semble pas très chaud pour nous laisser jouer...Mais bon, faut le comprendre Alfred ! Il est chargé de mener ces joueurs laotiens de moins de 23 ans au minimum en demi-finale des SEA Games…vaste tache ! Au moins, nous avons l’autorisation de filmer à condition de rester dans le périmètre autorisé, soit interdiction de poser un pas sur la pelouse sous peine de se faire réprimander par le coach. Attention, ça ne rigole pas ici.

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Après l’entrainement, nous consacrons une petite heure à interviewer Alfred Riedl, cet entraineur atypique ayant consacré un bout de sa vie à coacher des clubs comme l’OCK, un club marocain, l’Austria Wien en Autriche ou encore l’équipe nationale du Vietnam.

Après cette rencontre très enrichissante, nous retournons à l’hôtel pour retrouver Tony, notre ami Anglais et Seb, un français amoureux du Laos avec qui nous bavardons jusque tard dans la nuit.

Vendredi 16 octobre

Après un petit tour rapide à l’ambassade de l’Inde afin d’y récupérer les visas, les deux cousins louent un scooter et partent en compagnie de Tony, dénicher un terrain de foot pour taper le plastique. Mais il faut faire vite car le temps est contre nous, le soleil commence à montrer des signes de faiblesses et, dans une petite heure, il aura disparu derrière la ligne d’horizon. Et c’est parti, nous sautons sur nos montures en acier puis passons au peigne fin le centre ville. Nous traversons de multiples temples, sillonnons les grandes avenues qui découpent le centre ville en quartiers mais aucun signe ne nous indique la présence d’un terrain de foot… quand tout à coup, le regard de Romain est happé par un groupe de jeunes qui semble gesticuler. Nous quittons la route goudronnée pour rejoindre une piste en terre toute défoncée et atteignons notre objectif. Manque de chance, ces jeunes gaillards jouent au Kator (sorte de foot volley avec une balle tressée)! Nous continuons tout de même notre route pour arriver sur la rive laotienne du Mékong. Ne sait-on jamais, ça pourrait être un beau spot pour un petit foot. Evidemment, personne, juste quelques couples main dans la main regardant le spectaculaire coucher de soleil tout en se chuchotant des mots doux. Déçus, nous rebroussons chemin mais Thomas, assis derrière Tony, pense avoir décelé au loin les vestiges d’un terrain de foot envahis par de jeunes footballeurs en pleine action… Ca vaut le coup d’œil. Tony, suivi de cousin Romain, mettent tous deux la gomme soulevant au passage un épais nuage de poussière puis bifurquent vers un autre sentier dominé par des bosses et des trous inondés d’eau marâtre. Les « bikers de l’extrême » slaloment ces obstacles avec grâce pour aboutir enfin sur le praticable. Pas de doute, c’est bien un terrain de foot. Nous rangeons nos bécanes avec les autres puis intégrons la partie.

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Le spot est hallucinant. L’air de jeu est situé au bord du Mékong sur un terrain complètement habité par la végétation et le sable. Les buts, eux, sont faits à l’aide de deux tiges de bambou solidement ancrés dans la terre et reliés par une autre branche qui fait guise de barre transversale… hormis la hauteur des cages qui ne dépasse guère le mètre 70, la distance entre les deux poteaux semble être adaptée à la taille du terrain.

Au même moment, à l’horizon, le soleil achève de sombrer de l’autre coté de la ligne indigo de la côte Thaïlandaise et ses derniers feux embrasent le ciel colorant par la même occasion le sable d’une couleur orangé. « Ouaaaaaaah , que c’est beau !» s’exclame Thomas. Mais ce spectacle est aussi annonciateur de fin de match puisque très vite, la lumière commence à manquer. La partie s’interrompt et les joueurs nous invitent très gentiment à revenir demain. « Perfect ! » répondent les « bikers de l’extrême ».

Comme d’habitude, la soirée s’achève à l’hôtel en compagnie de Tony, Seb et d’autres personnes fraichement rencontrées.

Samedi 17 octobre

Fin d’après midi, nous chevauchons nos destriers d’aciers pour nous rendre, cette fois-ci, à l’heure, vers le terrain de foot repéré la veille. Accompagnés de Tony et de Seb, nous intégrons la partie. Encore une fois, mère nature a été clémente avec l’association « MaisVousEtesFoot ! » en lui offrant un merveilleux coucher de soleil digne d’une carte postale. Y a pas de doute, le Laos est le spot idéal pour les amoureux en quête de romantisme. Bref, revenons à cette partie de foot endiablée. Sur le terrain, Tony, Seb, Romain et Thomas. Les trois premiers jouent au foot et le dernier, se ballade sur le terrain avec sa caméra à la main tout en adoptant des positions bizarres afin d’avoir des angles de vues différents. Rajoutez à cet étrange manège un sublime coucher de soleil, des sourires et vous obtenez une partie de foot qui, même si le niveau n’est pas celui de JMG Académie, restera forcement ancrée dans les mémoires des jeunes falangs. La partie s’achève quand la nuit fait son apparition. Nous paressons quelques temps sur le terrain à bavarder avec les joueurs puis rebroussons chemin en direction de l’hôtel.

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Comme chaque soir, nous prenons possession de l’unique table occupant la terrasse de l’hôtel puis parlons jusqu’au bout de la nuit.

Dimanche 18 octobre

Aujourd’hui, l’association « MaisVousEtesFoot ! » se divise en deux. D’un coté, Romain part mitrailler le nouveau stade situé à une bonne vingtaine de kilomètre et spécialement construit pour les SEA games tandis que Thomas, muni de sa caméra, s’en va prendre quelques vidéos de la ville. Au programme, le majestueux temple de Wat Sisaket, qui a la particularité d’abriter plusieurs milliers de statuettes du Bouddha puis d’autres monuments comme le Wat Ong Teu situé au centre d’un ensemble de cinq monastères. Une fois tous ces trésors architecturaux capturés dans la boite noire de la caméra, Thomas retourne à l’hôtel pour y retrouver son cousin. La suite de la journée se poursuit en se rendant sur le terrain de foot pour y prendre quelques clichés suivi du traditionnel apéritif en compagnie de Tony et de quelques voyageurs, venus se greffer tout naturellement à la discussion.

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Lundi 19 octobre

Journée chargée pour les deux français. Tout d’abord, visite du Patuxai, curieux arc de triomphe édifié en 1960, qui sert de monument commémoratif en l’honneur des morts des différentes guerres qu’a connues le Laos. Ensuite, direction le célèbre Wat That Luang, grand stupa sacré doré qui est censé contenir un cheveu du Bouddha et les cendres d’une de ses hanches. Ce monument religieux, le plus important du pays, fait aussi office de résidence pour le chef suprême du Bouddhisme Laotien. Enfin, pour conclure cette belle matinée ensoleillée, nous retournons dans le centre ville pour déjeuner avec Tony. Au menu, poisson grillé accompagné de khao niao, riz gluant cuit à la vapeur et servi dans des petits paniers en raphia… succulent.

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L’après midi peut alors commencer sous les meilleurs hospices. Les « bikers de l’extrême » reprennent la route. En chef de file Tony et derrière, les deux cousins, tout deux coiffés d’un très joli casque, roulent tranquillement en direction d’un terrain de foot situé à la périphérie de la ville. Quelques dizaines de minutes après, nous atteignons enfin notre destination. Nous garons nos « bike » dans une cour où s’agglutine un tas de camions usés pour se diriger ensuite vers une vieille bâtisse en bois qui fait office de bar. Nous commandons trois jus de banane bien frais puis posons nos fessiers sur des chaises en plastiques qui paraissent bien inconfortables. Coincé entre le Mékong d’un coté et l’amas de camions usés de l’autre, le terrain de foot semble être en attente de joueurs… et nous aussi d’ailleurs. Nous enfilons les crampons, chassons les poules errantes ainsi que les chiens vagabonds de l’air de jeu puis taquinons le ballon en espérant que des inconditionnels de foot fassent irruption et se joignent à nous. Une heure passe, un premier joueur débarque suivi d’un deuxième et d’un troisième. Bon, ils ne sont guère bien âgés mais c’est déjà un bon début. Au final, nous serons à peine cinq à taquiner le ballon mais la moyenne d’âge, quoi doit avoisiner les 14 ans, ne permet pas de réaliser un match. La nuit tombe sur Vientiane, nous évacuons les lieux vers 18h pour atterrir, devinez ou ? À l’hôtel… autour de la table de la « joie ».

Mardi 20 octobre

C’est l’heure de quitter la capitale pour continuer notre périple en direction de Vang Vieng afin d’y rejoindre une vieille connaissance, Andy, ce jeune français avec qui nous avons partagé un bout de nos aventures Thaïlandaises. Cette fois-ci les bikers ont troqué leur scooter pour le bus…jugé plus fiable et plus économique par les deux cousins car 160km séparent les deux villes. Tout de même ! Une fois vautrés dans les fauteuils vieillots du bus, Thomas, écouteurs collés aux oreilles, contemple le paysage. Au fur et à mesure que le véhicule s’enfonce vers le nord du pays, se dessinent au loin, les lignes des imposantes montagnes qui composent les alentours de Viang Vieng. Mais le spectacle est surtout au bord de la route lorsque le bus traverse les villages nichés à flanc de montagne et principalement habités par des Hmong et des Yao, vieilles tribus Laotiennes. Ici, le temps parait s’être figé, rien ne semble avoir changé depuis des millénaires, les hameaux sont 100% authentique, loin des hordes touristiques.

Une fois arrivés et l’hôtel trouvé, les deux cousins partent se familiariser avec les lieux. Tout d’abord, direction un restaurant pour y avaler une petite pizza. Nous déambulons le long de l’avenue principale qui mène au centre puis découvrons le cadre enchanteur de cette ville réputée pour être un bastion de la fête. En arrière fond, se dresse une succession de montagnes verdoyantes peuplées par de vieilles tribus et connue pour ses grottes sacrées, ses falaises vertigineuses, ses cascades prestigieuses et ses pains de sucres calcaires.

Au pied de cette grande barrière rocailleuse, se déroule majestueusement la rivière Nam Song qui semble faire la frontière entre la ville et la nature. Pour la traverser, il est nécessaire d’emprunter un de ces innombrables petits ponts en bois branlants qui donne à la ville un coté charmant et singulier.

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Oui, car une fois dans le centre, le coté enchanteur de Vang Vieng disparaît à tout jamais. Chaque rue est bordée par un alignement de restaurants, d’hôtels et de bars prêts à accueillir les flots touristiques quotidiens. Dans les rues, titubent encore quelques fêtards en manque de sommeil ou en surdose d’alcool dans le sang. Ce n’est pas mieux dans les restaurants puisque les tables sont prises d’assauts par les voyageurs qui ont du mal à décuver de la nuit dernière et s’abrutissent devant de vieilles séries Américaines en espérant faire disparaître leur gueule de bois. D’autres, sans que nous en sachions trop la raison, débarquent dans la ville avec, au bras, une chambre à air de tracteur (des fans de « poking », la méthode de pêche préférée d’Aurélien ?). Bref, tous semblent être complètement lobotomisés, guidés par un même but, celui de faire la fête, de s’enivrer jusqu’au bout de la nuit. Bienvenue dans le monde d’Alice aux pays des merveilles…

Parmi ce flot de zombie, deux petits gaillards, assis dos à la TV et sans se douter de ce qui les attend, croquent leur pizza pour reprendre des forces et ensuite partir à la recherche de leur ami Français. 19h, Andy débarque enfin et quelques accolades après, le grenoblois nous guide vers un petit bar situé sur les bords du Nam Song. A l’intérieur, sont assis Sergio et Julie, deux autres globetrotteurs Français et amis d’Andy. Nous consacrons la soirée à raconter nos aventures respectives derrière une bonne Beerlao et à se remémorer nos péripéties Thaïlandaises.

Mercredi 21 octobre

Aujourd’hui, nous partons explorer l’antre des fêtards, la maison d’Alice. Et pour y accéder, il est nécessaire de réquisitionner un tuk tuk. Le retour, lui, se fera par voie fluviale, en se laissant porter paresseusement sur le Nam Song à l’aide d’une chambre à air de tracteur (la voila l’explication !). Et c’est parti mon kiki pour une après midi de grand n’importe quoi. Une fois les bouées solidement attachées sur le toit du taxi, la délégation française quitte Vang Vieng pour atterrir une dizaine de minute après au pied d’une cabane qui fait office de bar, plantée au bord de la rivière. A droite, un paysage montagneux et sauvage percé par le Nam Song qui se trouve dans un état de préservation remarquable. Bref, la tranquillité incarnée. Des enfants s’amusent dans l’eau et quelques vieillards fument la pipe. A gauche, le monde de la débauche, un Eurodisney version Ibiza, l’univers de la fête… de ce coté, le débit du fleuve semble être largement détrôné par le débit d’alcool car s’étale le long de la rivière une série de bar sur pilotis occupés par des jeunes voyageurs en quête de « fun ». Et le plus drôle dans tout ça, c’est que chaque bar dispose d’activité très intelligente pour occuper sa clientèle déjà bien enivrée : tyrolienne, balançoire, toboggan, volley dans la boue, etc. Evidemment, chaque enseigne dispose d’un mur d’enceintes qui crachent de la musique et tous possèdent un bar bien garni en bouteilles. Voila ! Les ingrédients sont réunis pour passer une bonne après midi. La règle est simple, on doit user des bouées pour circuler de bar en bar et y boire un petit bucket (un seau).Car comme en Thaïlande, ici, on ne boit pas dans des verres, mais dans des seaux ! Facile.

Et c’est parti, les français montent en haut d’un arbre, attrapent un trapèze et se jettent dans le vide, environ 8 mètres, pour atterrir après quelques balancements, dans l’eau tiède et boueuse du fleuve. Nous devons avouer tout de même que cette activité est très plaisante… Ensuite, nous quittons notre premier bar à l’aide de notre bouée respective pour atteindre la deuxième gargote qui doit se situer à environ cinquante mètres. Au milieu de l’après midi, le fleuve est totalement colonisé de bouées noires portant de jeunes gaillards généralement bien saouls tentant de rejoindre désespérément le prochain bar, histoire d’y boire un dernier godet. Bref, nous passons l’après midi entière dans ce spot sorti de nulle part. C’est à la tombée de la nuit, que nous sautons sur nos bouées en direction de Vang Vieng. Bercés par les petites vagues et le débit du fleuve, nous paressons paisiblement sur nos bouées en scrutant la voute étoilée et en écoutant chantonner le doux bruit des milliers de cigales, entrecoupé parfois de quelques beuglements poussés par de jeunes fêtards à la dérive.

La soirée s’achève tranquillement dans un bar situé à proximité de notre hôtel où nous y rencontrons un autre groupe de français dont Magalie, une parisienne voyageant à travers l’Asie du Sud Est.

Jeudi 22 octobre

Allez, aujourd’hui, c’est la journée foot ! Mais avant, il faut trouver des joueurs valides qui n’ont pas trop taquiné la bouteille. Tache ardue. Nous partons dans le bar fréquenté la veille puis expliquons notre problème aux serveurs que nous connaissons un peu. Peut être pourront-ils nous constituer une équipe. Une fois sur place, le propriétaire dégaine son téléphone et contacte ses amis. Une petite heure plus tard, nous voila sur le terrain. Les joueurs arrivent au compte gouttes et les premiers arrivés s’échauffent en pratiquant une petite pétanque (sport très populaire au Laos). Une fois les deux équipes constituées, la partie peut commencer. D’un coté les locaux et de l’autre l’association « MaisVousEtesFoot ! », Andy, Sergio, un Irlandais (!) et quelques employés du bar. Le spot est agréable puisque le terrain, qui appartient au commissariat central, est enveloppé par une ceinture montagneuse percée par la douce lumière du soleil. Le match est rude pour les européens puisque qu’ils sont menés dès la première mi-temps. L’explication ? Elle est assez simple : face à eux, une équipe locale qui à l’habitude de jouer ensemble et qui leur a gentiment fait cadeau de ses pires joueurs.

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Malgré tout, les européens résistent tant bien que mal. Andy fait des malheurs avec ses dribbles chaloupés et Sergio, pourtant pieds nus, défend bec et ongles. Mais très vite, la délégation française s’épuise plus rapidement…peut-être est ce du aux dernières nuits un peu trop agitées ? Nous ne le saurons jamais. Bref, la partie se termine par une victoire des locaux, sur le score tout de même honorable de 5-3.

Après une bonne douche, nous partageons notre dernière soirée en compagnie d’Andy, Sergio et Julie car demain c’est le départ pour Luang Prabang, notre ultime étape au Laos.

Vendredi 23 octobre

Départ à 11h à Luang Prabang, troisième ville du pays par sa taille mais première par sa beauté. A tel point qu’elle a été classée au patrimoine mondial par l’Unesco en 1996. Ancienne capitale du Laos, cette ville de 40 000 habitants, chargée d’histoire, abrite un nombre de monument religieux considérable. Le cadre urbain de Luang Prabang est exceptionnel puisqu’elle s’étend sur une langue de terre, au confluent du Mékong et de la rivière Nam Kane et les constructions sont pour la plupart horizontales. Ici, les vieilles bâtisses coloniales Françaises cohabitent parfaitement avec les imposants temples bouddhistes qui donnent à la ville un aspect vieillot et sacré. Au niveau naturel, la vieille métropole, plantée à 600m d’altitude, est enveloppée de collines verdoyantes et de monts couverts de forêts tropicales. Bref, ici, on se sent bien, la vie semble être vraiment tranquille.

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Nous débarquons dans la ville à la fin d’après midi puis dégottons un hôtel situé au cœur de Luang Prabang.

Samedi 24 octobre

Repos et promenade dans la ville.

Dimanche 25 octobre

Après la petite ballade de la veille, les deux aventuriers ont découverts un charmant terrain situé à deux pas de leur hôtel. C’est parti, Thomas chausse ses beaux souliers en peau de kangourou puis s’en va taper la balle tandis que Romain s’occupe de filmer les exploits footballistiques de son cousin. Après un (très court) échauffement, Thomas intègre le 7vs7, il est chaud et son regard respire cette envie de marquer. Malheureusement, ses pieds n’auront pas la technique nécessaire pour le faire. Il faut signaler tout de même que le terrain est dans un piteux état. Bosses, trous, touffes d’herbes sauvages rendant les contrôles de balles et les passes du Français désastreuses. Pour une fois dans sa vie, Thominho a l’impression d’avoir deux pieds gauche, et pour un droitier, c’est plutôt contraignant… Bref, il sort du terrain à la mi-temps, rapidement remplacé par un local. Une fois la partie achevée, les joueurs nous invitent à revenir le lendemain…

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La soirée se termine tranquillement au restaurant puis à l’hôtel.

Lundi 26 octobre

Exceptionnellement, les deux cousins se lèvent à 6h du matin pour assister au rituel immuable de la ville : le « reras » ou l’aumône des bonzes si vous préférez. Chaque matin, un cortège constitué de jeunes moines, vêtus de la robe safran, sillonne la rue principale de la ville, pieds nus et en silence, pour mendier leur nourriture. Selon l’usage, les habitants donnent une boulette de riz gluant ou des fruits aux moines avant que ceux-ci ne regagnent leurs temples respectifs. Ce rite bouddhique est une vivante illustration de la dimension spirituelle de la ville. Malheureusement, cette tradition est menacée par la présence en masse de touriste qui n’hésite pas à se greffer au cortège pour y prendre des photos.

6h30, nous voila sur l’avenue principale, à patienter sagement avant l’arrivée des moines. Mais, à en croire les rues désertes, il semble que l’aumône soit déjà terminée. Super ! Apparemment, le cortège a du décider de le faire plus tôt afin d’éviter les hordes touristiques. Pas grave, nous retenterons notre chance demain.

Déçus, nous partons déguster un délicieux petit déjeuner français situé sur l’avenue Sakarine dans un restaurant avec en prime, la possibilité de feuilleter « Le Monde ». La classe ! Après cette collation fort appréciable, nous partons visiter quelques temples dont le Wat Sene Soukharam, gardé par deux tigres en pierre. Aussi nommé « le temple des 100 000 trésors », ce bâtiment érigé en 1718 par le roi Kitsarath est composé d’un toit à trois pans et de 100 000 pierres du Mékong. Incroyable non ?

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Dans l’après midi, c’est la visite du Wat Tham Phousi situé en haut du mont Phousi, planté au cœur de la ville. Pour s’y rendre, nous devons emprunter 328 marches pour ensuite atterrir sur une grande terrasse avec une vue imprenable sur la ville. Au milieu de la petite esplanade, se dresse le stupa That Wat Chomsi, haut de 20 mètres construit au début du 19ème siècle. D’ici, part un étroit sentier qui traverse la montagne pour enfin aboutir au Wat Tham Phousi, sorte de grotte qui abrite un bouddha en méditation.

Une fois arrivés au pied de la montagne, en sueur, retour à l’hôtel pour assister au fameux coucher de soleil. Romain décide de se rendre au terrain de foot pour le mitrailler de photo tandis que Thomas préfère observer le déclin de notre astre en se positionnant sur les quais du Mékong. Et là, moment magique… tapi de moitié derrière la montagne, le soleil envoie ses derniers rayons, peignant l’eau boueuse du fleuve en une palette de couleur chaude qui vient contraster avec les longues péniches amarrées.

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La soirée se termine en compagnie de Magalie, une française rencontrée à Vang Vieng. Au programme, petit cocktail dans un bar Belge suivi d’une longue discussion sur les bords du Mékong en compagnie d’autres Français rencontrés le soir même. Guitare à la main, Thomas chantonne de vieux airs populaires sous la douce lumière de la lune pendant que Romain s’égosille à conter nos longues péripéties à nos amis francophones. Moment incroyable (surtout la guitare).

Mardi 27 octobre

Pas de grasse matinée puisque nous devons nous lever de très bonne heure pour assister à l’aumône, soit à 5h30 et cette fois-ci, les moines sont au rendez vous. Pas Thomas, qui a préféré rester dans les bras de Morphée…Caché pour ne pas gêner le cortège, Romain prend plusieurs clichés. Un par un, en file indienne, chaque « monk » reçoit sa boulette de riz et ses fruits quotidiens. Une fois le rituel terminé, la ville s’éveille tout doucement…tout comme Toutoune qui rejoint son cousin en fin de matinée.

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Après une journée tranquille, et comme chaque jour en début de soirée, l’avenue principale de la ville se transforme en véritable marché où se mélangent des stands en tout genre. Sandwiches, sacs, vêtements, pièces de tissus à motifs traditionnels… on y trouve absolument de tout. Mais ce regroupement de petits magasins se révèle être, par la même occasion, un très bon spot photo puisque chaque stand, délimité par de grandes bâches colorées, est illuminé à l’aide de petits lampions qui vacillent au gré du vent. Vu d’en haut, la rue Sisavang ressemble à un immense patchwork de couleurs où flotte une sensation de bien être incroyable.

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Mercredi 28 octobre

Journée visite et détente car un long voyage débute demain. Celui vers la Thaïlande via le Mékong.

Jeudi 29 octobre

Levés tôt car c’est l’heure d’attraper notre bateau pour le petit village de Houeisai, porte d’entrée pour la Thaïlande. Le voyage dure deux jours avec une escale en mi-chemin à Packbeng, petite bourgade perché sur les bords du Mékong. Une fois installés inconfortablement sur l’un des petits bancs en bois qui meuble la frêle embarcation, le voyage peut commencer. Par chance, la péniche ne transporte que très peu de passagers ce qui nous permet de prendre nos aises et même d’aménager un lit de fortune grâce à des banquettes en mousses laissées vacantes. Le bateau quitte enfin Luang Prabang laissant derrière elle un léger nuage de fumée. C’est parti pour douze heures de voyage à voguer paisiblement sur les eaux boueuses du Mékong. Accoudés sur le rebord de l’embarcation, les passagers contemplent le paysage défiler à une allure suffisamment lente pour qu’on puisse observer les moindres petits détails. Par moment, le Mékong semble se rétrécir, obligeant le capitaine de la maigre embarcation à exécuter des manœuvres délicates afin d’emprunter un étroit couloir pour pouvoir continuer sa route. Une fois sortis de cet entonnoir, le fleuve reprend sa largeur normale et le voyage peut continuer en toute sérénité jusqu’au prochain obstacle.

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Les heures s’écoulent et personne ne semble s’ennuyer…pas étonnant car le paysage qui borde le fleuve est en perpétuelle mutation, ce qui rend le voyage fort agréable et divertissant. Au fur et à mesure que la péniche s’éloigne de Luang Prabang, les abords du majestueux fleuve se transforment en paysage montagneux recouvert d’une épaisse végétation luxuriante où sont perchés, à flanc de montagne, des villages de pécheurs. Au pied de chaque hameau, solidement ancrés dans le sable, se tiennent une série de pirogues nécessaires pour aller récupérer les filets de pêches, généralement fixés à des rocs noirs aiguisés qui émergent de l’eau. Bref, un petit gout de bout du monde plane au dessus de nous.

20h, soit 12h après notre départ, nous atteignons enfin la petite bourgade de Packbeng, située à mi chemin entre Houeisai et Luang Prabang. Ce village Hmong, accroché à flanc de montagne, ne possède qu’une rue principale le long de laquelle se répartissent les habitations et les commerces construits généralement en bois et en bambou et posés sur pilotis. Nous débarquons éreintés puis dégotons un hôtel pour le prix imbattable de … 3€ la chambre. A l’intérieur, deux lits, une salle de bain impeccable avec eau chaude (incroyable). Bref, le luxe…

Mais la nuit sera courte puisque notre péniche reprend la route à 8h…

Vendredi 30 octobre

Et c’est reparti pour 10 heures de traversée… Pour Thomas, cette fois-ci, le temps se fait long, les paysages se répètent, la faim tiraille son petit estomac et la batterie de son Ipod est presque morte… que faire ? Un jeu de carte ? Non, tout seul, ce n’est pas drôle. Parler avec son cher cousin ? Non, surtout pas le matin. Jouer de l’harmonica ? Non, il pourrait finir le voyage à la nage. Pousser un petit roupillon ? Ah ouais… Thomas collecte et empile quelques banquettes pour éviter un mal de fesses (pourtant bien grasses) puis s’allonge tranquillement sur son nouveau lit. Bercé par le vrombissement du moteur, Thomas s’endort enfin… mais la douce voix de son cousin le réveille aussitôt, l’informant que le moteur de l’embarcation a lâché. Malgré les tentatives ratées de la part du capitaine pour ranimer l’engin, les passagers doivent changer d’embarcation… « Bah oui » réplique Thomas « mais où est-elle ? ». Au même moment, apparaît derrière les rochers, comme un cadeau directement envoyé par Dieu lui même, la silhouette de la coque flambant neuf de notre nouvelle embarcation. Yeahhh la classe les gars, comme quoi, tout est possible, même au milieu du Mékong ! Les passagers embarquent, Thomas jette un dernier regard sur son lit de fortune dont il était si fier et disparaît de la péniche pour rejoindre ses compagnons de voyage.

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La fin du trajet se déroule sans problème et nous atteignons Houeisai vers 17h45, soit quinze minutes avant la fermeture des frontières. Malgré notre rapidité légendaire, nous arrivons trop tard au poste frontalier et sommes condamnés à dormir dans ce petit bled reculé du monde. De l’autre coté du Mékong se trouve la Thaïlande, la porte d’un nouveau pays et le début d’une nouvelle histoire pour l’association « MaisVousEtesFoot ! »…

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